Incivilité ordinaire

Lors des célébrations de l’armistice de la grande guerre, la der des der comme tout le monde le sait, un petit avion de tourisme a survolé le Mémorial de Notre-Dame de Lorette en tirant une banderole demandant la démission de François Hollande. Cela a bien évidemment fait un instant la une de la plupart des médias, entre Nabilla, les écolos casseurs et quelques voleurs de grand chemin.

Notre-Dame-de-NorettePour reprendre brièvement le clavier, il fallait vraiment que je sois outré : sortir une telle banderole un jour de souvenir et de respect pour ceux qui ont vécu l’enfer et donné leur vie pour notre liberté représente un acte des plus odieux. L’inauguration de cet «anneau de la mémoire» regroupant sans aucune distinction toutes les victimes anonymes de la bêtise humaine n’est en aucun cas le moment de revendiquer quoi que ce soit, sinon la fin des boucheries stupides qui foisonnent toujours de par le monde.

Ce survol est ignoble et revient à cracher sur tous les noms gravés sans aucun égard. Pour le monde libéral, tout est permis : la morale et le bon-sens sont à géométrie douteuse. Et dire que le protagoniste, qui aura mis des moyens assez conséquents dans son geste (il en faut pas mal pour faire voler un avion, sans parler du prix de la bâche), n’en finit pas de manifester pour protester contre l’État, contre Hollande, contre la gauche, contre on ne sait plus trop quoi… Nul doute qu’il doit fulminer régulièrement face à l’impôt spoliateur. Il ne manquerait plus qu’il s’offusque de l’insécurité grandissante et les incivilités quotidiennes, la cohérence étant visiblement le cadet de ses soucis… Et ce sont des gens de cet acabit, parés de respect d’autrui et des règles fondant la société, qui aspirent à exercer demain le pouvoir ? Rappelons-nous d’urgence d’où l’on vient.

Mais le plus grave finalement, c’est le mutisme du Parti Socialiste, incapable de communiquer, de protester et de défendre son propre camp.

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Connaissez vous vraiment TAFTA ?

Pas un jour ne passe sans son alerte sur la fin de notre monde, à ses petits acquis arrachés ça et là, et qui constituent aujourd’hui notre espace plus ou moins démocratique, avec une liberté enviée par tout ceux qui n’en disposent pas.

Cependant, à force de crier à tord ou à raison au loup, l’attention et les mobilisations s’étiolent et les gardes se baissent. Et pourtant, compte-tenu des enjeux et des conséquences sur notre quotidien immédiat, il est vital de s’informer tout en gardant un esprit ouvert et critique. Cela demande souvent des efforts conséquents et le monde politique et des affaires le savent bien : quand un projet rencontre une opposition, il ne suffit que de patienter afin d’atteindre sans se fatiguer le moment ou la résistance disparaîtra d’elle-même faute de combattants.

Pour le «Transatlantic Free Trade Area», ou TAFTA, ou en bon français la «zone de libre-échange transatlantique» ou encore «accord commercial transatlantique», la méthode est identique : secret des négociations, des négociateurs et même du contenu, heureusement éventé par des fuites. D’autres projets aux méthodes et objectifs similaires, comme SOPA, PIPA, et récemment ACTA, ont été repoussés par la vigilance citoyenne et aussi internationale puisque ces tentatives de réglementations sont de plus en plus transfrontalières et s’imposent à nous sans que nous n’ayons notre mot à dire. Ce n’est pas acceptable.

Toutes ces tentatives pour structurer encore plus l’espace mondial globalisé reviennent par vagues et en silence, bien déguisées. TAFTA est la dernière en date : elle est monstrueuse de cynisme et jette ce qui reste de notre monde à des prédateurs implacables que sont les banques et les multinationales. Jetez donc un oeil attentif à ces quelques vidéos qui valent toutes bien mieux que tous les discours.

ou celle-là :

ou celle-là des Anonymous :

ou encore celle-là :

et celle-là :

ou celle-là, très documentée :

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La confiance, ou pas…

On ne connait que trop les écarts entre l’expression du peuple et celle de ses représentants. Comme dans la vraie vie en somme…

Désolé, pas de sondage aujourd'hui.

Et n’hésitez pas à dire pourquoi en commentaire…

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Pour que Internet reste libre et ouvert

Vous avez peut-être remarqué la petite bannière dans le coin en haut à droite. Une roue bien connue y tourne indéfiniment. Elle est le symbole de l’attente de la fin d’un chargement de page lors de nos butinages sur la toile. Et sans une mobilisation de notre part, nous risquons tous de la voir trôner sur nos écrans bien plus que de raison. Lors de nos prochaines sorties sur internet, on va devoir attendre, attendre, encore attendre, à moins de payer…

Pour une fois, les plus contestataires viennent d’outre-atlantique. La-bas, la réalité d’un internet à plusieurs vitesses est sur le point d’aboutir. Dans quelques jours, la Federal Communications Commission (FCC) qui régule entr-autre l’internet américain, rendra un avis lourd de sens en terme de «neutralité du réseau», et qui risque d’avoir des répercussions essentiellement sonnantes et trébuchantes et bien au-delà du simple continent américain.

En clair, le but d’un certain nombre d’acteurs du net est de faire payer les sites web pour permettre un accès optimisé à leurs contenus. Sinon, les débits seront bridées. De l’autre côté, les fournisseurs d’accès pourraient aussi proposer plusieurs offres à leurs clients pour qu’ils puissent accéder plus ou moins rapidement aux pages. On voit sans peine la dérive du système, les filtrages et autres manipulations possibles.

Imaginons que demain, l’accès soit si lent que vos sites préférés soient illisibles. Imaginons les sites d’information obligés de payer, au risque de se faire ralentir si la ligne éditoriale déplaît. Imaginons les données désormais délocalisées quelque part sur un cloud et devenant difficilement (ou plus) accessibles. Imaginons tout ce qui fait le charme du net, les blogs, les sources alternatives, le partage, etc… Invisible, disparu ! Sauf à payer.

Je parle souvent du fondement même d’Internet qu’est la neutralité du réseau. Cette notion un peu ésotérique et qui ne passionne pas le profane est pourtant essentielle, et se résume très rapidement et en termes simples en 4 points :
- transmission de données sans examiner le contenu
- transmission de données sans altérer le contenu
- transmission de données sans examiner la source (qui émet les données) et la destination (qui les reçoit)
- transmission de données sans examiner le protocole (convention de communication).

Quand un seul de ces points est invalidé, le réseau n’est plus neutre, il interagit, ce qui n’est plus l’esprit, le principe de base d’internet. Et dans notre affaire, tous sont invalidés… Un comble au moment ou les appareils mis à la disposition des internautes sont de plus en plus puissants et rapides. D’un côté, on vend de la 4G, des monstres de technologie avec une capacité de calcul telle qu’elle pourrait envoyer une fusée sur la lune, tout en bridant drastiquement les débits.

Ce 10 septembre, beaucoup de sites, et pas des moindres (Vimeo, WordPress, Reddit, Netflix… et Alter-Oueb), vont faire semblant de tourner au ralenti. Le but est d’alerter les internautes du danger que constitue ce nouveau coup de boutoir, de leur faire prendre conscience de cette part de liberté confisquée, et qu’il ne s’agit pas d’un nouveau coup d’épée dans l’eau. D’ailleurs, ce genre de campagne a naguère déjà fait plier les décideurs pour les projets de loi SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act) particulièrement liberticides et scélérats. Dont acte.

Plus d’infos (en anglais) sur www.battleforthenet.com/sept10th/

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On continue ?

Les membres du 4ème gouvernement du quinquennat Hollande seront bientôt connus. A ce stade, je ne sais si on peut parler d’un nouveau positionnement réellement à gauche. C’est trop tôt. Je me rappelle juste qu’il y a un peu plus de deux ans, comme la majorité des français, j’avais placé dans une urne un bulletin qui exprimait un besoin de changement, de progrès, de partage, de solidarité, d’écologie et de respect.

Vaste programme en effet, car au sortir de l’ère du Lider Minimo, toutes ces valeurs n’existaient plus, ou qu’à l’état comateux, consciencieusement piétinées par une politique basée sur l’individualisme triomphant si cher au clan libéral, et à l’adoration sans limite du dieu pognon. Qu’il soit en dollars ou en euros importe peu, l’ivresse de la fortune vite faite reste la même.

gros-tempsParce qu’en ces temps reculés, les différents gouvernements de droite ont toujours agi d’abord pour leur électorat. C’est bien naturel. Le monde de l’entreprise, les professions libérales et supérieures, les retraités des 30 glorieuses, les fortunes diverses et grandes familles bien de souche n’ont pas eu vraiment à se plaindre : ils n’ont guère été impactés par les mesures impopulaires et contraignantes imposées par les schémas économiques du moment. Bernard Arnaud, en 2009, au plus fort de la crise, doublait quasiment sa fortune personnelle pendant que l’économie réelle fauchait les ouvriers à 1200 euros par mois. Quelques 650 milliards d’euros d’argent public ont changé de main, aux ordres d’une droite libérale et décomplexée, sauvant ainsi nos actuels étrangleurs. Cherchez l’erreur.

Devant l’injustice manifeste des choix effectués alors, mais surtout face à la brutalité de ce pouvoir d’où transpirait un imperceptible relent de vengeance, les cartes se sont petit à petit redistribuées. Une immense majorité de communes, de départements, et toutes les régions sauf une, devenaient roses. Même le très conservateur Sénat basculait à gauche pour la première fois de son histoire… Tout était en place pour, enfin, voir des promesses, des vraies et de gauche, se concrétiser. La droite s’était largement servie. Ca allait être notre tour. Enfin.

J’ai attendu. Patiemment. Et encore. J’ai applaudi aussi. Et j’ai surtout pesté. Mais j’ai toujours défendu l’homme et son action. Economiquement, il ne peut pas grand-chose car c’est ailleurs que les dés se jettent. Le système globalisé est bien trop ancré dans le quotidien pour pouvoir l’ébranler. Même l’égratigner semble d’une difficulté absolue. Mais ce n’est pas une raison pour céder ainsi au renoncement généralisé. Comment voter le TSCG alors que peu avant, dans l’opposition, le parti socialiste avait avancé des arguments des plus valables pour le dénoncer. Hollande et le PS, sans opposition, ont gâché tout seuls une bien belle occasion de concilier brillamment la liberté, l’égalité et la fraternité.

Bilan ? 2 ans et demi d’atermoiements pour quasi rien, un électorat dérouté et aigri, des institutions qui retournent à la droite, un monde politique déchiré d’où le FN tente d’émerger en sauveur. L’électeur de gauche, en prime, fait les frais de cette rigueur qui ne dit pas son nom et qui passe par vagues successives. Pire, les mesures prisent sont clairement de nature à flatter l’électorat de l’UMP : des dizaines de milliards d’euros de cadeaux et d’exonérations sans contrepartie, financées par la réduction des dépenses publiques. En clair, on donne aux patrons ce qu’on prend aux fonctionnaires. Evidemment, rien ne va à la création d’emploi ou à l’investissement : la distribution de dividendes a même atteint son plus haut, en augmentant de 30 %…

Je comprends le désarroi des pauvres gens qui se sentent abusés, et qui paient la note. Et partout la même expression jaillit : «je n’irai plus voter, A quoi bon ?» Comment leur en vouloir ? Quand la droite est au pouvoir, elle les tond et les méprise. Quand c’est la gauche, au mieux, elle ne leur offre rien. Et si le Front National y parvenait, on pourra retirer le mot «liberté» des frontons des mairies, et les autres aussi.

Cette ingratitude du PS va coûter très cher au parti et à la gauche en entier. Le discours de politique générale qui indique le cap de la nouvelle équipe gouvernementale risque d’être houleux, et dans le climat de fronde actuel, rien ne dit que la confiance sera votée… Parce que si la gauche perd le pouvoir à ce moment, elle ne le retrouvera pas de sitôt.

Malgré tout, je ne renonce pas. Mon soutien est toujours là. Je sais trop d’où l’on vient. Et compte-tenu qu’aucune famille politique n’est actuellement en état de montrer une image digne et responsable – personne à l’UMP n’a demandé de dissolution – , le PS a une petite chance de rectifier le tir. Il faut la saisir vite, très vite, et entr-autres faire la grande réforme fiscale qui s’impose et la faire entièrement, contre vents et marées s’il le faut. Les aboyeurs seront à droite. Un bon moyen de reconquérir l’électorat de gauche. Monsieur Hollande, vous avec 32 mois.

Sans renoncer une nouvelle fois au milieu du gué.

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Dieu reconnaîtra les siens

Je m’étais pourtant interdit d’en parler. Jamais. Trop passionnel, trop chargé en symboles qui font perdre le discernement le plus élémentaire, et faire passer n’importe qui pour ce qu’il n’est pas. Le seul fait d’évoquer le sujet me semblait aussi dangereux que la visite d’un missile armé dans mon salon. Parce qu’exprimer un simple avis sur le conflit israélo-palestinien dans le sens qui ne convient pas peut exposer à de sérieux ennuis. Donc, je me taisais, gardant pour moi mon indignation. Je me tenais à ma ligne directrice : motus.

Mais parfois, ce n’est plus tenable. Chaque jour nouveau, comment ne pas se révolter devant l’horreur déversée par tout ce qui transporte des images ? Ce ne sont pas les premières. Elles ne seront malheureusement pas les dernières. Et c’est Jacques Kupfer qui m’a fait sauter le rubicon. Après avoir voulu vitrifier l’Iran, ce représentant du Likoud vient, ni plus, ni moins, d’appeler à éradiquer le peuple gazaoui une fois pour toute dans une diatribe qui fait froid dans le dos, à la manière d’Arnaud Amalric décimant l’hérésie cathare il y a bien longtemps : «Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens»… S’il y en a un. Et les commentaires qui suivent sont de la même eau.

dédicaces sur les bombes destinées à Gaza...Donc je vais me lâcher. Tant de haine ne révulse. Monsieur Kupfer, il semble bien que vous n’ayez rien appris des atrocités et des génocides passés. On s’en est pris à vous, à votre communauté, dans un abominable et monstrueux holocauste, avec le monde comme témoin. Les hommes ne peuvent réparer, mais ils ont pleuré avec vous, en hurlant «jamais plus», en luttant chaque jour pour que chacun respecte l’autre. Et pendant qu’on s’escrime quasi tout les jours à rappeler ces horreurs afin qu’elles ne se reproduisent plus, qu’on lutte contre des partis politiques un rien nostalgiques, voilà que vous, le peuple martyr entre tous, vous souhaitez la disparition radicale de votre voisin, votre frère. Rappelez-vous de Jacob, qui prit le nom d’Israël. Son père Isaac était le frère d’Ismaël…

Je n’ai pas de mots pour exprimer mon dégoût. Tout cela parce ce peuple, selon vous, est de race inférieure et dégénérée, parce qu’il n’a pas le même dieu, parce qu’il est certes turbulent, parce qu’il tente maladroitement de défendre la terre qu’on lui a confisqué du jour au lendemain… le tout exprimé sans aucun état-d’âme.

Monsieur Kupfer, avec de tels propos, jamais vous n’aurez la paix. Ne comprenez-vous donc pas que toute cette violence, depuis la naissance de l’État d’Israël, et encore plus depuis 1967, est totalement improductive. Pire, vous finissez tout seul par être le grand responsable de la montée de l’anti-sémitisme un peu partout dans le monde.

C’est un peu facile, cet endoctrinement maladif du péril imminent et perpétuel de votre nation. Effectivement, je ne suis pas menacé par une roquette tirée hasardeusement. Je ne suis pas menacé par quelques barbus vociférants. Mais si je l’étais, je m’y prendrais autrement. La loi du talion n’a jamais rien résolu, et écraser quelques mouches avec un lance-flamme produit forcement des dégâts. Chaque bombe qui décime les familles palestiniennes forge une jeunesse dans le combat et produit à coup sûr les futurs membres du Hamas avec une haine sans limite. Voilà le résultat de votre raisonnement dont je peine à croire qu’il émane d’un esprit humain.

gazaMonsieur Kupfer, si vous tenez vraiment à Israël, il vous faut désamorcer rapidement cette bombe à retardement qui grossit chaque jour davantage. Pourquoi le fait de tendre la main à ces populations que vous méprisez est-elle une faiblesse ? Demandez-vous juste pourquoi les Gazaouis se sont tournés vers le Hamas. Au lieu de les enfermer, leur couper l’eau et l’électricité, de les humilier à chaque passage du mur, ces vrais terroristes, parce que c’est leur véritable nature et que cela ne se discute même pas, sont venus en aide aux populations assiégées. Avant de s’attaquer aux fondements religieux, ils ont pris soin de palier d’abord les manques les plus élémentaires du quotidien : logement, nourriture, aides diverses, soins, petits boulots… qui s’apparentent le plus souvent à de la survie. Le reste vient ensuite tout seul. Vous n’isolerez les extrémistes qu’en venant en aides aux palestiniens. Et ce serait là votre plus grande force, et le monde entier vous en sera reconnaissant.

Israël et la Palestine peuvent vivre ensemble, côte à côte, chacun avec ses spécificités. Certainement pas demain, ni même après-demain. Bien sûr qu’il y aura des heurs et des drames commis par des irréductibles, mais un acte isolé ne doit pas remettre autant de choses en question. Pour cela, il faut que votre espèce, Monsieur Kupfer, et toute cette génération de vieux faucons issus des guerres passées et du Mossad, dont le passe-temps favori était de saboter tous les traités et notamment les accords d’Oslo, s’en aillent, et qu’une nouvelle classe politique moins extrémiste apparaisse et apaise enfin cette terre de providence et de repère de tant de religions. Rappelez-vous, elles sont toutes bienveillantes et respectueuses d’autrui.

Plus que jamais, j’y crois.

D’ailleurs, il ne faut jamais dire jamais.

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Réduire la dépense

Certains l’ont remarqué : je suis loin des blogs en ce moment. Peu de sujets me poussent à rompre cet espèce de détachement de la chose politique qui s’est emparé de moi depuis quelque temps. Même si la période est loin d’être aussi rose que je l’aurais espéré, mes coups de gueule du moment et mes emportements ne se traduisent plus en écrits. Mes proches seraient même enclin à trouver qu’une forme de sagesse toute relative s’est enfin réveillée en moi…

Même Toto 1er en plein écran, tentant pathétiquement de démontrer l’implication du pouvoir socialiste dans sa disgrâce, n’a rien provoqué d’autre qu’un sourire amusé, et pour cause : le chantre de la droite dure va tomber entre-autres par simple application des lois LOPPSI 1 et 2 particulièrement liberticides et qu’il a lui-même fait voter… Joli. La racaille, qu’elle soit de bas-étage ou des beaux quartiers, ça reste de la racaille.

Mon sujet du moment est tout autre. Je suis tombé hier sur une dépêche AFP concernant la réforme de l’État, et plus précisément la refonte de ses services informatiques ainsi que la simplification des mesures administratives pour les particuliers. Ce dossier, qui relevait jusque-là du périmètre de la ministre de la Fonction Publique, Marylise Lebranchu, a été confié récemment à Thierry Mandon, secrétaire d’État qui dépend directement de Matignon.

La chose me parle. Je suis même directement concerné puisque je suis informaticien pour un grand ministère régalien. Je vous passe rapidement le côté simplification du sujet. Depuis des années maintenant, les mesures de simplification des procédures sont devenues une priorité absolue dans l’administration française. On simplifie déjà, et à tout va, on rationalise dans tous les sens, mais bizarrement, jamais le quotidien n’a été autant compliqué…

Pour la partie informatique, il s’agit de mutualiser les ressources informatiques de l’Etat et de favoriser la transparence en rendant accessibles les données publiques partout et pour tout le monde. Et pour y arriver, Thierry Mandon n’y va pas par le dos de la cuillère : «l’Etat produit trop lui-même, il y a plein d’entreprises en France sur plein de sujets qui peuvent apporter énormément de réponses très rapides et très qualifiées». En d’autres termes, on externalise vers les grosses boites du privé la fonction informatique de l’État (et on ferme ces services évidemment).

Je peine réellement à voir le gain de l’opération. S’il est parfois nécessaire d’être assisté par des prestataires sur des points précis, ce qui peut apporter des compétences nouvelles, confier tout ou partie de son activité informatique au secteur privé est une manœuvre dangereuse et sans retour. Outre la fin de son indépendance, l’État deviendrait une vache à lait phénoménale pour les entreprises comme Cap-Gémini, Athos, Accenture et quelques autres de cet acabit, qui réalisent déjà de colossaux profits. Si c’est pour donner un coup de fouet au secteur, pourquoi pas, mais quid des collusions et des copinages dans les attributions de ces marchés, et à quel prix ?

A moins que l’objectif poursuivi soit plus terre-à-terre, plus dogmatique dira t-on. En transférant au privé tout ou partie du système d’information, on va réduire un peu la fameuse dépense de l’État puisque la poignée d’agents qui mettaient ce système en œuvre seront privés de boulot. Mais compte-tenu du coût de fonctionnement global, du niveau de salaires de la fonction publique et du faible nombre de personnels concernés, il ne fait pas l’ombre d’un doute que la facture au final va exploser… Pour le contribuable, ce sera encore plus cher.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle menace se profile. A chaque fois, une certaine forme de raison et la mobilisation des personnels ont empêché l’inexorable. Face aux coûts d’une sous-traitance qui ne remplissait pas toujours les objectifs fixés, mon administration a procédé récemment à des ré-internalisations significatives. D’autant plus que son personnel est qualifié et formé. En tout état de cause, cela m’embêterai assez que ce soit un gouvernement de gauche qui rince ainsi les grosses SSII.

Hasard du calendrier, mon unité vient d’apprendre qu’elle perdait sa mission principale, au motif notamment, qu’on était «sur-qualifié» (sic).

Va comprendre Charles (c’est mon troisième prénom).

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Putain, 2 ans…

La période est certainement mal choisie pour faire preuve d’un optimisme béat en l’avenir. De tous les côtés, l’horizon nous rappelle la grisaille du moment et déverse son flot ininterrompu d’actualités déprimantes. La cour est pleine : chômage, charges, impôts, déficits, et autres dégâts collatéraux de l’économie ultra-libérale saturent l’espace vital, et la nausée est proche. C’est du moins ce que tout le monde affirme…

Aujourd’hui, impossible ou presque de renverser cette tendance. Et le grand responsable est tout désigné : François Hollande. Il y a 2 ans, jour pour jour, il débarquait celui qui, à force de chercher la croissance avec les dents, l’a fait fuir très loin tout en distribuant plus de 600 milliards d’argent public à ses copains du CAC40. Le changement tant attendu était enfin à portée de main.

Putain, 2 ans...Il est clair que ces 2 ans de gouvernance socialiste ont un goût plutôt amer, même s’il existe à mes yeux de grandes réussites. Il n’est pas bien compliqué de comprendre que dans un si court délai, il est impossible d’obtenir quoi que ce soit de tangible tant l’héritage de la décennie précédente était délabré. Comment redistribuer quoi que ce soit quand la caisse a été pillée et qu’on se trouve sous la menace des agences de notation et de traités déséquilibrés ? De surcroît, quand on renonce aussi facilement devant la pression des lobbys, quand on vote ce que l’on a combattu quelques mois auparavant, quand on reforme les retraites à la manière du gouvernement précédent, et que l’on commet de si grossières erreurs de communication, la tâche se complique sérieusement. Empêtrée dans sa volonté de faire simple, la gauche a principalement été incapable de capitaliser et promouvoir ses vrais avancées.

Evidemment que j’ai sauté de joie le 6 mai 2012. C’en était enfin fini de la gouvernance brutale de Sarkozy. Mais je ne savais que trop ce qui allait suivre et les difficultés auxquelles il faudrait faire face. Les solutions ne peuvent venir que de la société dans son ensemble, chacun selon sa position et ses moyens. Malheureusement, il est impossible d’impliquer les plus fortunés dans le redressement économique et social du pays. Cette catégorie a d’ailleurs eu en son temps la peau de Léon Blum et de Pierre Mauroy en asséchant «patriotiquement» les finances de l’Etat par une impressionnante évasion de capitaux. Rien de très surprenant…

Dans la tourmente, on entend alors des bruits réclamant une troisième voie. A les entendre, droite est gauche sont pareils, alors autant essayer autre chose. Sauf que le FN n’a absolument aucun début de solution. Si elles existaient, si elles étaient sans douleur, elles seraient déjà mises en œuvre… Fermer les frontières, revenir au franc, chasser celui qui ne nous ressemble pas finirait à coup sûr de mettre le pays à genoux, la marre de sang en plus.

J’en suis franchement désolé, mais la droite et la gauche, ce n’est pas pareil. Se rend t-on vraiment compte à quoi le pays a échappé en évinçant Sarkozy de l’Elysée, de surcroît libéré de la nécessité du bilan pour la réélection ? Le 6 mai, j’ai, pour une fois, voté pour une personnalité et non contre. En ce jour, je renouvellerai sans aucune hésitation ce geste parce qu’au delà de l’étiquette des partis, des difficultés et des hésitations, je préfère mille fois une politique basée sur la solidarité où l’état est redistributeur et aplanit autant que faire se peut les inégalités, plutôt qu’une politique d’exclusion où l’état est absent et livré à la loi du plus riche, de l’individualisme roi.

Petit retour en arrière…


LE 6 MAI de Jeremy Sahel (EnfinBrefProd)

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Comme des abrutis…

ferry

Rien à ajouter, sauf que je n’aime pas Luc Ferry en tant qu’homme politique, mais il faut bien avouer que je partage son regard désabusé sur cette caste dévoyée.

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Mémoire courte

Et voilà, ça continue. Dans les gros titres de la presse du jour, les propos sont les mêmes que la veille, l’avant veille, la semaine passée, le mois précédent. Entre ces 2 tours de scrutin des municipales, la gauche est une nouvelle fois désavouée. Cette fois, c’est le Conseil Constitutionnel qui a censuré une grande partie de la «Loi Florange» censée protéger certaines entreprises de la prédation financière au nom du «droit de la propriété privée et de la liberté d’entreprendre». En gros, on n’a pas le droit de sanctionner le pauvre propriétaire d’une entreprise rentable qui renvoie ses gens vers Pôle Emploi pour arrondir substantiellement ses fins de mois.

Loi Florange : mal barrée...A droite on jubile, et il y a de quoi. Selon l’UMP qui a saisi l’instance suprême de la République, c’est une nouvelle ligne écrite au passif du gouvernement décidément incapable. Et dans le contexte ambiant, les porte-flingues à droite ne se privent pas de tirer sur l’ambulance et occupent tout l’espace médiatique : en haranguant l’opinion sans cesse de la sorte, on contribue essentiellement à occulter la belle image d’une défense des intérêts des patrons et de la finance au détriment des ouvriers et du chiffre du chômage. Parce qu’en période électorale sur fond de crise, le bruit profite toujours. Le bashing anti Hollande, anti PS, anti gauche est devenu une stratégie absolue, et les slogans martelés depuis deux ans par Copé et ses vassaux sont repris partout en boucle, sans aucune précaution par toute la presse pourtant dénoncée régulièrement pour être à la solde du PS.

On favorise donc les licenciements sans cause en dénonçant dans le même temps l’incapacité du gouvernement à enrayer la montée de la courbe du chômage. «Molex», cette entreprise pourtant rentable en 2009, au plus fort du sarkozysme débridé et triomphant, a été saccagée, pillée de sa technologie, sacrifié eu nom d’une logique boursière scélérate et individualiste. L’affaire est emblématique. Aujourd’hui, cette fermeture est qualifiée de «sans cause réelle et sérieuse» mais le mal est fait : les gens gonflent les chiffres des sans-emplois sans aucun retour possible. Voilà ce que défend l’UMP.

A gauche, c’est un nouveau coup de bâton dans les jambes. Le gouvernement se refuse, et c’est tout à son honneur, de se lamenter sur le passif hérité mais qui continue à plomber lourdement le quotidien et les résultats. Parce que la croissance ne se décrète pas, pas plus à droite qu’à gauche et parce que les recettes ne sont pas françaises mais mondiales… D’ailleurs, ces recettes sont simples : il est interdit d’aider d’une quelconque manière la populace. A chaque fois qu’un projet social ou relevant de la plus élémentaire justice sociale a vu le jour, il a été combattu par de puissants et influents lobbys occupés à défendre leurs privilèges, et par des instances supra-nationales qui infligent amendes et sanctions financières. On peut réformer les retraites, le code du travail, la sécurité sociale mais qu’à la baisse. On peut aussi réduire les impôts des plus riches. C’est tendance. C’est ce qu’a promis le candidat UMP de ma commune, en qualifiant cette mesure de courageuse (sic)… Ca, c’est permis, mais pas l’inverse…

Najat Vallaud-Belkacem a beau déclarer «nous devons tirer de ces municipales une leçon, celle de travailler au redressement du pays, avec plus de rapidité, plus de force, plus de cohérence et de justice sociale.», mais avec quelles marges de manœuvre pour l’exécutif du pays ? Les français demandent un résultat immédiat là ou seules des mesures à long terme peuvent produire des effets. Et sanctionnent. Dans ce contexte, le recours au Front National est au mieux une vaste blague. Certains sont prêts à tenter l’aventure ? On en connaît pourtant le résultat, le changement : Vitrolles, Marignane, Carpentras, Orange, rien que des modèles de gestion et de vertu politique où le clientélisme et l’exclusion sont la règle… Courte mémoire.

Sans aller si loin, a t-on à ce point perdu la mémoire de la gestion UMP du pays, sans même remonter plus loin que le quinquennat entre 2007 et 2012 ? Ne se rappelle t-on plus de la manière dont on a traité les ouvriers à Gandrange, Florange, ceux de Continental, Peugeot et tous les autres, comment on a contribué à faire échapper à l’impôt des plus aisés tout en contraignant tous les autres, comment on a sauvé les copains banquiers, comment le pouvoir s’est protégé de la justice pour se garantir son impunité ? A t-on oublié à ce point les raisons du marasme actuel causé par un système capitaliste dévoyé par la finance et érigé en dieu absolu par l’UMP ? La crise a plombé l’armée des smicards, pas les millionnaires qui continuent à saturer les stations de ski huppées.

Bon sang, même si rien ne semble bouger, ce qui est faux, rappelons-nous d’où l’on vient !

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