La traque aux syndicats a commencé

Dans quel pays la dérive a t’elle atteint le point où la police en civil, assistée d’une vingtaine de véhicules pleins de robocops, met à sac un local syndical ? Si la police a besoin de perquisitionner, elle le fait sur réquisition du préfet, même en période d’état d’urgence. En l’occurrence, rien de tel. Aucune justification n’a été produite pour autoriser le saccage des locaux de la CNT de Lille. Comme si pour la police, «etat d’urgence» signifiait période de non-droit.

Guère étonnant alors de voir fleurir l’affiche de la CGT et de plus en plus de slogans anti-police. Elle s’est pourtant montrée brillante lors des heures sombres de 2015, mais elle a dilapidé bien rapidement son capital sympathie par des comportements stupides, tant individuels que collectifs. Pour avoir été sur les devants lors des premières manifestations contre la «loi travail» à Lyon, je peux affirmer que les charges opérées sur la place Bellecour n’avaient d’autres raisons que de semer volontairement le désordre, de pousser la jeunesse à la faute. Faire passer l’agressé en agresseur est une méthode qui contente l’opinion publique plutôt vieillissante et conservatrice.

Dégradations par de jeunes casseurs ? Non, par des policiers casseurs...J’attends donc avec impatience la condamnation de ces actes ignobles par les habitués droitards de l’exercice, toujours prompt à dégainer lors des débordement de cette jeunesse qui ne naît pas du bon côté de la rue, ou de salariés qui, en perdant leur emploi, voient concomitamment leur retraite leur échapper… Il est un minimum compréhensible que ces gens soient aigris et se défendent, et d’autant plus que la dégradation de leur niveau de vie et les privations engendrées résultent d’indélicatesses et parfois d’illégalités.

A l’heure de la publication de ce billet, 2 personnes sont encore en garde à vue. Le passage devant le juge va encore déboucher sur une condamnation de l’action syndicale. Elle peut être rude par moment, mais elle n’est qu’une réaction face aux violences policières disproportionnée et aux agissement patronaux outranciers et parfois illégaux qui détruisent le contrat social. Pour ces derniers, pas de sanctions, mais une savante alchimie destinée à faire passer une fois de plus l’agresseur en agressé. Toujours et encore.

Le 28 avril, je serai en grève et en manif…
Et j’en ai marre d’être sage.

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Rendez-vous dans la rue

Puisque rien n’a fondamentalement changé ces derniers jours, puisque le projet de loi, dit «travail» porté par un gouvernement dit «de gauche» continue d’être le texte de trop, je serai à nouveau dans la rue ce samedi 9 avril. Bien que peu concerné à priori puisque fonctionnaire d’Etat, du moins à court terme, je ne peux que me mobiliser contre la précarisation du monde du travail et la transformation d’une société aboutissant à l’asservissement systématique du salarié.

Parce qu’en fin de compte, les enjeux sont moins une enième reforme du travail qu’une profonde transformation de la société dans laquelle le système dominant convertirait chaque travailleur en un être d’une souplesse incroyable. Vous avez des souhaits, des besoins, des compétences, des exigences ? Oubliez-les ! Seul le MEDEF sait ce qui est bon pour vous, et surtout pour lui. Ainsi pour vous utiliser, et grâce à un gouvernement socialiste, nul besoin de votre accord, ni même de réfléchir, et encore moins de vous plaindre si votre nouveau Maître ne respectait pas le peu de réglementation qui reste… Et ne parlons pas de salaire, estimez vous juste heureux de travailler un peu, par ci, par là, car la denrée est rare.

Séparation de l'Etat et du MEDEFEt surtout, ne pensez pas qu’il s’agisse d’une caricature. Comme pour la fraude fiscale ou l’ampleur révélée chaque jour qui passe dépasse l’entendement, notre environnement professionnel vire lentement mais sûrement, dans des proportions dont nous peinons à mesurer toutes les conséquences. Dans le même temps, les montants mis au frais dans les paradis fiscaux sont délirants jusqu’à l’écoeurement quand on les mets en perspective des efforts et autres chantages demandés aux salariés dans les différentes mesures de sauvegarde de l’emploi ou de flexibilité exacerbée.

Ainsi, pendant que vous renoncez chaque année à vos droits élémentaires, quand votre salaire est diminué sous de vils prétextes, quand vos protections sociales sont révisées à la baisse et détricotées chaque année davantage, des milliards naviguent au loin pour constituer des sociétés fictives en charge d’évaporer la fortune des puissants au yeux du monde.

Juste un rapide rappel : le déficit de la France s’élevait à 85,7 milliards d’Euros en 2014, et 77,4 en 2015. Pile poil le montant estimé de la fraude fiscale française chaque année. Ce qui voudrait dire que sans voyous financiers, il n’y aurait aucun déficit, ni pour les caisses de retraire, de sécurité sociale et de chômage… Le problème est bien que dans cette très petite minorité qui se livre à ce pillage de fonds publics, on trouve quelques dirigeants politiques mais surtout nombre de sympathisants du MEDEF et de décideurs qui sont à l’origine de lois indignes comme la loi El Khomri. Au train ou vont les choses, l’étape suivante s’appelle le retour à l’esclavage.

Le samedi 9 avril est le moment pour exprimer cette colère sourde et de rappeler quelques vérités fondamentales. Et il y a vraiment besoin de le faire en nombre. Les motifs ne manquent pas. Si seulement toutes les victimes du système que sont les précaires, les chômeurs, ainsi que tout ceux qui se sentent opprimés, brimés ou harcelés par leur hiérarchie, dont les conditions de travail sont détestables, qui font l’objet de chantage à l’emploi, ou qui simplement se sentent mal à l’aise pour se mettre en grève en semaine, si tout ce monde pouvait venir défiler ensemble plutôt que de faire ses courses dans les temples du dieu fric.

Samedi, il n’y a plus d’excuse, on est libre. Pour l’heure, les loups ne gardent pas encore le troupeau. Quand ils seront installés, ce sera nettement plus difficile.

Allons esclave, debout, debout

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Il faudra vivre avec

Une journée de plus sans qu’il ne sorte un mot tant la gorge était serrée. Une journée de plus, que la bêtise humaine a marqué à jamais du sang d’infortunés anonymes, juste coupables de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. A chaque secousse, les mesures de sécurité apparaissent à chaque fois plus draconiennes, dans une escalade sans fin, sans empêcher le moins du monde le jeu de massacre de se perpétuer. Il faudra donc se résoudre à vivre désormais avec cet état de fait.

Et demain ? Côté sécurité, rien ne changera. Le niveau d’alerte du plan Vigipirate est écarlate depuis des lustres. Désormais, il faut s’attendre à ce que l’état d’urgence suive le même chemin et devienne l’ordinaire. Dans cet espace hyper contrôlé, avec des robocops surarmés à chaque coin de rue, rien n’arrêtera la poignée de terroristes pseudo-religieux fanatisés et jusqu’au-boutistes. Il suffit qu’un seul traverse les mailles du filet pour ébranler durablement nos sociétés. Aussi fin soit ce filet, la parade universelle face aux attentats n’existe pas, quoi qu’en disent les responsables politiques.

Un avenir flou se dresse devant nousIl faudra donc vivre avec cette menace continue comme une nouvelle constante. Ca ne va pas arranger l’ambiance générale, passablement plombée par un individualisme de plus en plus prégnant qui dégrade beaucoup le «vivre ensemble» jusqu’alors accepté. On a beau clamer qu’on n’a pas peur, qu’ils ne gagneront jamais, mais nos comportements ont déjà changé. On s’épie, on se surveille, chacun d’entre nous devient une menace potentielle. Le quotidien a déjà migré : on annule des événements, des manifestations, on s’autocensure. Le moindre pétard dans la rue, la moindre vibration de la rame de métro rend l’entourage irrationnel, à la limite de l’hystérisme. Forcée d’abandonner les libertés fondamentales et une certaine sécurité, la société prend un bien vilain virage et s’engage durablement sur un chemin sans retour qui est tout sauf rassurant. Un chacun pour soi bien policé.

Il faudra donc vivre avec. L’occident dans sa globalité, dit civilisé, ne fait que payer la manière dont il s’est amusé avec le proche et moyen orient, mais aussi avec l’Afrique. Les années Bush père et fils y ont largement contribué, mais ils ne sont pas les seuls. On a semé un peu partout des armes plutôt que des tableaux noirs, qui nous reviennent à la figure sous le couvert d’une religion. Il serait bon, un moment donné, de reconnaître que dans ce chaos en développement, nous avons une part non négligeable de responsabilité. Cela ne règle évidemment pas le problème, et n’adoucit en rien les quotidiens incertains qui arrivent. Quoi qu’il en soit, c’est trop tard.

Je n’ai pas peur, je dois être anesthésié. Ou déjà vacciné. Mais je vois sans peine s’effilocher derrière moi un mode de vie plutôt doux malgré la crise, et il me semble que je ne le retrouverai pas de sitôt. La suite sera constellée de plus de police encore, d’interdits, de fouilles, de contrôle, d’injonctions, de surveillance, partout, à toute heure du jour ou de la nuit, et de temps en temps des victimes tomberont sous les bombes de fanatiques, toujours et encore. Alors on pleure nos disparus, ceux des nos voisins et amis. On pleure Bruxelles à chaudes larmes. Par contre, quand le feu de Daesh tombe à Kaboul, Bagdad, Istanbul, Ouagadougou et Jakkarta, rien qu’en 2016, on ne retrouve guère un élan de compassion comparable. Et pourtant, les morts sont tout autant victimes du terrorisme, où qu’ils tombent. Cherchez l’erreur. On a un réel problème de société qui ressemble à l’égoïsme.

Et ce n’est que le début.

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Une bête blessée

Le monde paysan est en ébullition. Ca brûle de toutes parts, et l’image de gens désespérés, prêts à tout, fait froid dans le dos. Visiblement, le modèle économique dans lequel évoluent principalement les éleveurs a provoqué des désordres irrémédiables jusqu’à mettre en péril leur activité. C’est donc guère étonnant de les voir interpeller avec force les personnalités politiques afin qu’ils mettent en oeuvre des mesures leur permettant de percevoir une rémunération juste.

Je vais me risquer à donner mon avis de citadin, salarié, auto-entrepreneur à ses heures, et observateur plutôt attentif du monde qui m’entoure. C’est d’une certaine manière que qu’attendent les manifestants. En s’agitant bruyamment, en bloquant les routes et rocades, en jouant ça et là du coup de poing, ils relatent leur difficulté et espèrent être compris et soutenus face à ce qui est considéré comme un dérèglement grave, voire une injustice.

Salon de l'agriculture 2016Je comprends leur colère. J’entrevois leur vision de l’avenir : dans le système actuel, impossible d’aller à contre-courant sans être irrémédiablement broyé. J’ai l’impression de revoir les toutes ces gueules noires désemparées, tous ces ouvriers sacrifiés des années 70 et suivantes, désormais inutiles qui sont allés gonfler les effectifs de l’ex ANPE sans aucun espoir de rebond. Les penseurs du monde capitaliste globalisé avaient justifié ce massacre en soulignant l’inaptitude de ce prolétariat à s’adapter au nouveau monde du travail.

Pour les agriculteurs, la crise qui les secoue n’est, à mon sens, en rien une surprise, et résulte plus d’une suite d’événements significatifs et annonciateurs d’une fin mouvementée et assez inéluctable. Ce n’est pas une surprise, cette population vote globalement bien à droite. Elle est attachée au dogme libéral avec l’économie de marché comme modèle. Son crédo pour prospérer, il faut exporter et inonder nos voisins. Et pour que ça marche, il faut compenser les baisses de prix nécessaires pour s’aligner sur les prix du moment par des subventions. En même temps, les agriculteurs ont réclamé le statut de «chef d’entreprise», se fichant comme d’une guigne des paysans incapables de s’aligner dans et surtout hors des frontières françaises. Les agriculteurs chefs d’entreprise sont ainsi devenus les principaux bénéficiaires de la politique agricole commune (PAC) mise en place par l’union européenne.

Fini donc cette désignation désuète et péjorative : être chef d’entreprise, cela réclame de disposer de revenus d’une toute autre hauteur que celles d’un paysan. Désormais, on parle «business-plan», rendement, investissement, mécanisation. Qu’importe de perdre ce lien essentiel avec le pays, la terre. Le besoin de développement est tellement fort qu’on feint d’oublier les tonnes de polluants et pesticides devenus indispensables qu’on impose aux sols et qui finissent dans les rivières et les assiettes. On détourne les yeux sur les méthodes ignobles d’élevage du vivant : seul le chiffre compte. Et dire qu’il y en a parmi eux qui déclarent aimer leurs animaux… c’est abjecte.

Mais subventions et marché ne font pas bon ménage. Dans cet exercice permanent d’équilibriste, le système de subventions rajoute une variable artificielle et malsaine dont les plus gros ont su tirer profil au détriment des petites exploitations. Quelques scandales sanitaires retentissants ont fini par modifier les habitudes de consommation d’une population livrée pieds et poings liés à une industrie tentaculaire qui tient désormais aussi le monde de la production. Ces paysans apprentis patrons ont fermé les yeux sur tout et se sont livrés sans réserve aux sirènes du capitalisme. Le réveil est forcément difficile.

Alors on braille, on détruit, on insulte un ministre de l’agriculture, un Président de la République. Ils n’ont aucune solution puisque c’est le marché, libre et non faussé, qui décide toujours. C’est bien ce que ces agriculteurs ont demandé et obtenu des différents gouvernements de droite auxquels ils ont donné majoritairement leurs voix. La FNSEA, les banques et les organismes agricoles sont complices en inscrivant les exploitations dans une fuite en avant sans avenir consistant à les endetter très au delà du raisonnable. C’est irresponsable quand on sait comment les soubresauts des marchés, le climat et le contexte politique influent sur ce secteur d’activité, par nature peu rentable puisque déjà subventionné.

Curieux mélange des choses. Personne ne bruisse quand Xavier Beulin, président de la FNSEA s’exprime sur le malaise paysan, lui qui se trouve être à la tête d’un monopole agricole monstrueux qui écrase le secteur dans un conflit d’intérêt majeur. Personne ne met en avant le rôle des banques et institutions agricoles qui font leur gras sur leurs ouailles. Encore une fois, le monde agricole ferme les yeux, et préfère accuser les normes (et heureusement qu’il y en a), les charges (qui ne sont qu’un salaire différé et une protection sociale), et évidemment les socialistes (qui sont ceux que les français ont majoritairement choisi).

Je comprends leur détresse, mais pas leur violence aveugle à l’encontre du gouvernement. Toute nouvelle aide de sa part serait immédiatement sanctionnée par Bruxelles. Les agriculteurs ne peuvent l’ignorer. C’est le capitalisme. Mais le capitalisme, c’est aussi cela : personne ne vient au secours d’une bête blessée.

Bien que citadin, je dois avouer côtoyer régulièrement non pas des agriculteurs, mais d’authentiques paysans. Impliqué dans des systèmes de circuit court, je peux assurer qu’il existe des paysans riches d’une activité harmonieuse et à taille humaine, fiers de leurs racines, de leur terre et leur production, conscients de leur impact sur l’écologie, et de la nécessite de transmettre aux générations futures un terreau de valeurs. Une chose est sûre : on ne rase pas gratis, tout à un prix, qui correspond au travail fourni. Le baisser artificiellement pour le compenser en subventions revient à tricher.

Et en trichant, on ne gagne qu’un temps.

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Au travail !

Cela devait finir par arriver. Après avoir vu le Parti Socialiste comme parti majoritaire s’éclater en une multitude de courants divers et variés, voilà qu’une partie non négligeable de ses forces vives bruisse. Le projet de Loi de Myriam El Khomri portant réforme du code du travail semble bien être la couleuvre de trop qui finit par briser la fragile allégeance à l’exécutif. En effet, militants, adhérents, secrétaires de section et parlementaires grognent de manière suffisamment significative pour que le recours au 49.3 sur le sujet ressorte de l’ombre, alors même que le texte n’est qu’au stade d’avant-projet.

el-khomri-gattazPour preuve : dans mon entourage «à forte sensibilité de gauche», même les plus ardents défenseurs de la ligne estampillée Valls-Macron semblent embarrassés par la teneur d’un texte dont la raison d’être, outre de régir les contrats de travail, est normalement de protéger la partie la plus faible des outrances propres à la nature humaine. Ce n’est pas le cas. Surtout que ce n’est pas le premier texte dans ce sens. Malgré de belles réalisations, le mandat de François Hollande n’est qu’une suite de reculades et de renoncements incompréhensibles. Que de rendez-vous manqués avec l’Histoire, jusqu’à faire l’inverse des principes et valeurs affirmées lors du fameux discours du Bourget. La lutte des classes, c’est le MEDEF qui l’a gagné, avec la contribution active d’un exécutif de gauche.

J’ai été de ses avocats. C’était jusque là vraiment facile de justifier les actions des gouvernements Hollande tant celles menées par le président précédent avaient été dures et brutales pour les petites gens et les précaires. On avait beau se dire que sous une nouvelle présidence de Sarkozy, débarrassé du besoin de popularité pour être réélu, les choses auraient été encore pires. C’est indéniable tant sa nature complexée est mue par un esprit de vengeance et de rancoeur maladives : ces salauds de pauvres doivent payer. Mais la réalité est aussi que cette gauche m’a fait me pincer le nez de plus en plus souvent, de plus en plus fort, évitant d’en parler ici tant les arguments me manquaient.

On va évidemment ressortir tous les poncifs à la mode, sur l’impossibilité des réformer, sur l’immobilisme maladif du français moyen, peu au fait des impératifs économiques dans un espace mondialisé. « Ne rien changer, c’est nous condamner » s’exclame Manuel Valls. Il n’a pas tort. Mais le problème n’est pas le fait de changer, c’est le contenu du changement qui pose problème. Cela me rappelle la campagne de désinformation qui a accompagné le référendum français de 2005 portant approbation du traité établissant une constitution pour l’Europe. Le «non» qui émergeait a été présenté comme un «non» à l’Europe, en l’imageant sur les conséquences surréalistes d’un tel refus. Or les électeurs ont répondu à la question posée en regard du texte : ils étaient européens convaincus, mais ils ont logiquement repoussé un texte technocratique où le citoyen et la démocratie étaient absents. Oui au changement, mais pas n’importe comment.

On est au même point. Le code du travail a certainement besoin d’être revu, mais pas sous la dictée exclusive de Pierre Gattaz qui obtient pour ses congénères au-delà de ses fantasmes les plus fous sans même avoir à le demander. Joli message envoyé aux chômeurs qui sont désormais à la merci des conséquences de la renégociation en cours des modalités d’assurance chômage. Vous comprenez, les déficits sont abyssaux, les assistés doivent aussi payer. Sauf qu’ils vont payer seuls.

Seulement, si tous ces gens importants contribuaient selon leurs moyens comme le font le commun des mortels, si la fraude fiscale, estimée entre 60 et 80 milliards d’euros par an en fourchette basse, était réduite juste des deux tiers, il n’y aurait plus de déficit,on ne parlerait plus du trou de la sécurité sociale, des caisse de retraite et du chômage… Qu’est ce qu’on attend pour réformer le système fiscal comme promis ?

Je suis stupide, on a déjà renoncé.

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Monologue social

Au lendemain d’une grève de l’ensemble des fonctions publiques, opportunément éclipsée par les agitations violentes des chauffeurs de taxis et des agriculteurs, l’ensemble des questions qui fâchent restent posées. J’ai évidemment fait partie des fonctionnaires en grève. Ce n’était ni par coutume, ni par amusement comme on l’entend ici ou là dans la bouche de communicants peu au fait de la vie, la vraie, celle que l’on subit plus qu’autre chose. C’était juste l’expression d’une profonde colère, bien plus nourrie par l’impossibilité d’exercer les missions de service public que par des problèmes de rémunérations qui demeurent cependant bien réels.

manif-fonctionnaires-01La seule chose vraie que j’ai entendu de la part des observateurs de la vie économique reste cette augmentation exponentielle de la démotivation parmi les serviteurs de l’Etat. Mal considérés, mal utilisés, mal payés, même parmi le personnel d’exécution, les fonctionnaires craignent l’avenir autant que les salariés du secteur privé auxquels on les oppose sans cesse. Mais le travail de sape des décideurs publics comme privés a déjà fait son œuvre : plus personne ne se rend compte des grèves, et les bastions syndicaux à fort pouvoir de nuisance se dissolvent au gré des démantèlements des différents services publics.

Mais le syndicalisme n’est pas encore mort bien qu’il suscite raillerie voire carrément défiance d’une grande part du monde salarié public comme privé. C’est surtout oublier que les syndicats, quels qu’ils soient, ne sont que l’image de ce que les salariés en font. C’est un outil à leur entière disposition afin de faire respecter leurs droits, afin de pouvoir mieux effectuer leurs devoirs. Quand j’entends les interpellations comme «mais que font les syndicats», «les syndicats sont nuls», je réponds juste aux salariés mécontents qu’ils ne contemplent que leur propre reflet. Si tout le monde baisse la tête, les syndicats seront faibles et apparaîtront inutiles. S’il est décidé de ne pas se laisser faire, si les salariés prennent leur part aux luttes, les syndicats interviendront en interlocuteurs incontournables. C’est plutôt simple.

Pas encore mort mais pas loin. S’ils continuent d’être les représentants des salariés dans tous les organes du fameux dialogue social, il faut bien reconnaître que le nombre d’encartés se réduit comme peau de chagrin. Excellente occasion pour le gouvernement de communiquer sur la perte d’influence des syndicats et de mettre à bas le principe de représentativité en instituant «le referundum d’entreprise». Ainsi, le système rendrait plus ou moins la main aux salariés quand les organisation syndicales refusent obstinément les avancées proposées par les décideurs.

A entendre le Medef, chefs d’entreprises, ministres, négociateurs de tous poils, les blocages viennent toujours des syndicats arqueboutés sur des positions d’un autre temps. C’est parfois vrai, mais dans la majorité des cas, on leur demande quand même de valider l’inacceptable : travail dominical, heures supplémentaires sans majoration, baisse de salaire, pour ne pas dire pire encore. La réalité est que la fameuse flexibilité tant réclamée par le Medef vous rend servile corps et âme, et vous exclut de toute vie sociale. Impossible de prévoir une activité sportive ou culturelle régulière. Prendre un rendez-vous chez un médecin devient un casse-tête insoluble. Une telle mise à disposition d’autrui s’appelait naguère l’esclavage. Les syndicats ne le savent que trop. Ne soyez pas étonnés ensuite qu’ils n’acquiescent pas.

Il est naturel de discuter de l’organisation du travail. Mais ce ne sera désormais plus nécessaire. Dans les faits, ce référendum d’entreprise reviendrait simplement à court-circuiter les représentants légitimes afin d’imposer les vues patronales : avec un revolver sur la tempe, le salarié fera évidemment le choix qu’on attend de lui. Voilà comment contourner habilement les principes démocratiques. Combiné au changement de mentalité cher au libéralisme, qui fait la part belle à l’individualisme exacerbé, ou chacun examinera son nombril au regard des consignes et contreparties personnelles promises, nul doute que le mouvement syndical va payer cher. C’est désolant à plus d’un titre : c’est bien un gouvernement de gauche qui est à la manœuvre. Sous Sarkozy, la manoeuvre aurait été immédiatement dénoncée et aurait généré une riposte vigoureuse. Sous Hollande, rien, silence… Une redoutable efficacité. Divisez, et régnez.

Et si on appliquait le même principe à nos représentants les députés ? Chiche !

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Plus fort que la haine…

Mon exemplaire de Charlie Hebdo qui a défile un 11 janvier contre la haine

Je n’oublie rien, je ne pardonne rien. C’est tout. #JeSuisCharlie

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Le dernier privilège

Parce qu'incontestablement, l’assassin court toujours. Bravo Charlie...Personne ne m’en voudra j’espère. Pour la nouvelle année, je vais faire aussi court que 2015 a été longue et pénible. Je ne suis toujours pas remis de l’attentat contre Charlie, contre le Bataclan, contre notre art de vie, contre la musique, contre la liberté sous toutes ses formes, contre l’indispensable fraternité entre les hommes. Rien ne sera plus comme avant. Notre mode de vie mêlé d’un certaine insouciance va s’en trouver durablement influencé. Et pas dans le bon sens : il faudra s’habituer à être surveillé de partout, dans la rue, sur internet, et avoir son voisin à l’oeil, au cas où…

Et ce n’est pas tout. On a même perdu la gauche telle qu’on la concevait jusque là en France. Puisque le parti socialiste est allé jusqu’à envisager de changer de nom, je lui suggérerais bien le nom de « Parti Démocrate », comme aux Etats-Unis. Ainsi, comme là-bas, il n’y aurait plus vraiment de tromperie. Pas sûr que cela suffise pour dégonfler un FN à 40 % par endroit…

Et comme les coups bas volent en escadrille, voilà que Lemmy a décidé de jeter l’éponge. C’en est trop. Reveillez-moi, c’est un vrai cauchemar.

On est en 2016. Ouf ! Bonne année alors. Je vous souhaite d’être heureux, simplement heureux. Dans ce monde de brutes épaisses et incultes qui n’a rien de fraternel, ça va devenir un vrai privilège. Etre heureux, je vous le souhaite du fond du coeur.

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Un goût amer

Les soirées électorales me gavent. Comme d’habitude, chaque camp y va de son commentaire, laissant invariablement apparaître toutes les raisons d’espérer. A écouter les ténors de toutes les couleurs politiques, les vainqueurs et les perdants, tous trouvent des satisfactions diverses dans les chiffres sortis des urnes. «On a perdu, mais on a gagné», «on a fait mieux que prévu», «on a entendu les français», etc…

Pourtant le message envoyé est limpide : on a tous perdu gros. D’abord le clan des bruns Marine qui remporte une belle tête de Toto, lui qui croyait déjà rafler la mise. On ne bouscule cependant pas ainsi la République. Elle réclame d’abord un esprit de rassemblement. C’est l’essence de la société. On ne peut espérer gagner en divisant, en clivant, en opposant les uns aux autres, en oubliant les principes élémentaires des traditions séculaires de la France. Sarkozy a perdu en 2012 en voulant s’en affranchir. La notion de vote d’adhésion tant évoqué lors du premier tour perd un peu de sa substance : mettre l’extrême-droite à la tête d’un gros exécutif reste encore et heureusement hors d’atteinte.

Bertrand et Estrosi rigolent, et vous saluent bien les gauchistesMais il faut avouer que le coup est passé près. Si le FN en a été privé, c’est uniquement le fait des électeurs de gauche et eux seuls qui ont apporté 2, voire 3 régions dans l’escarcelle des républicains, sur les 7 gagnées. Ce n’est guère glorieux pour un parti qui annonçait encore il y a peu vouloir faire une razzia monstrueuse. Dans ces conditions, c’est un râteau monumental que se prend Sarkozy et son mouvement, toujours attaché au «ni-ni» irresponsable de son omnipotent président. Parmi les républicains, seuls Pecresse et Retailleau ont remporté leur région. Morin, en Normandie, est du nouveau centre, Wauquiez en Auvergne-Rhône-Alpes un quasi frontiste.

Le parti socialiste et une partie de la gauche ne masquent pas leur soulagement. Cela aurait effectivement pu être pire selon l’état-major. En fait, c’est catastrophique : 6 ans d’absence dans 2 grandes régions, 5 autres perdues dont Rhône-Alpes et l’emblématique Paris au terme d’une campagne exécrable. On voit mal quelle satisfaction on puisse retirer de ce bilan. Seule consolation du scrutin : jamais on ne pourra imputer à la gauche une quelconque prise du FN. Elle a été la seule à opposer aux extrêmes un front républicain solide et sans ambiguïté là ou il était nécessaire. Car voter Estrosi ou Bertrand était loin d’être simple. La droite libérale n’a jamais été capable d’en faire autant, et pour cause : le front républicain est un piège. Il amène à renoncer à défendre l’idéal qu’on représente, et laisse la porte ouverte à autrui, ce dont la droite a profité. Pas de FN, certes, mais cela reste une consolation au goût amer.

Pour ma part, je ne décolère pas de la manière dont ces régions ont été perdues. Pour avoir dans mon entourage quelques gauchistes, ceux qui se déclarent «purs et durs», ou «vraie gauche», je peux affirmer que le report des voix a très mal fonctionné. Ils se sont encore abstenus, beuglant à qui veut l’entendre, le poing levé en déversant leur logorrhée anti-capitaliste à la limite de la haine, que le PS n’est pas la gauche et ne mérite pas leur voix. Maintenant, grâce à leur silence, c’est mieux : les bébés sarko sont à nouveau dans la place. Cela réglera évidemment leurs gros problèmes de précaires qu’ils sont tous. Il y en a marre de ces révolutionnaires de bac-à sable, qui réclament la démocratie à tue-tête et ne l’utilisent pas quand elle se présente. Quand même, Pecresse la bourgeasse ultime soutenue par la manif-pour-tous, et Wauquiez avec les cathos intégristes présidents de région, ça fait passablement flipper. En Rhône-Alpes, marionnettistes, malades, chômeurs et autres cancers de la société, serrez les fesses… Ca risque de faire très mal en passant. Ici, les écoles privées se frottent déjà les mains.

Il reste que cette campagne, plus que les précédentes encore, a été émaillée de turpitudes et de petites phrases des plus déplacées qui ne grandissent pas les hommes et la fonction politique. Une fois élus quelques-uns ont évoqué aussi le climat de défiance du peuple qui exprime son rejet parfois violent de ses représentants et ses méthodes. Comme quoi le constat est fait. Mais rien ne suit, et surtout pas les préoccupations premières des citoyens, quel que soit le parti et le mandat. Un peu comme pour la COP21 : c’est un bel accord, mais d’un point de vue pratique, il est inutile. Ce qui compte vraiment pour la planète en l’occurrence, ce sont les actes concrets. Comme en politique.

Il reste 18 mois avant l’échéance la plus importante : l’élection présidentielle. Dans ce genre de consultation sans filet, la sanction sera immédiate si toute la gauche continue de la sorte. A quoi rime la belle tirade du «Moi Président» quand on nomme Manuel Macron ministre de l’économie et des finances ? Comment les socialistes ont-ils pu se couper de cette manière de son électorat ? Comment ses alliés naturels peuvent-ils préférer favoriser le camp adverse ? Il reste bien peu de temps pour redresser la barre, mais bien assez pour donner un peu de cohérence au mandat et de l’espoir aux gens.

C’est franchement pas difficile : arrêtez de faire une politique de droite.

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Le Donald Trump à la française

On peut retourner le problème dans tous les sens et dire qu’on a échappé au pire, mais rien n’est plus faux. Pour l’électeur moyen, le paysage politique a été modifié en profondeur en moins de temps qu’il n’en faut pour glisser une enveloppe dans une urne. Les plus opportunistes ont clamé que c’était prévisible, les autres se sont réveillés un lendemain de 1er tour des Régionales avec la tête dans le seau. Il ne reste quasiment qu’une seule question en suspens avant le second tour : comment empêcher le front national de briguer une ou plusieurs régions ?

Dans ce contexte, je fais figure de privilégié. Je ne vote ni dans le nord, ni dans le sud et n’ai donc pas à débattre avec moi-même sur l’opportunité de mettre un bulletin à l’odeur d’excréments l’un comme l’autre dans l’urne. Déjà en 2002, pour empêcher le borgne d’accéder à la Présidence, attraper celui de Chirac sans même parler de l’autre, me fut totalement impossible. Je vote en Rhône-Alpes-Auvergne. Ici, l’officiel du FN n’a aucune chance. La partie se jouera entre Laurent Wauquiez, l’officieux de l’extrême droite et Jean-Jack Queyranne, président PS sortant de l’ex région Rhône-Alpes.

Laurent Wauquiez, gendre idéal, et clown de serviceWauquiez a tout du beau gosse bien né. Fils à papa pas trop dans le besoin, un peu fanfaron sur les bords, perpétuellement 1er partout, surtout sur la photo et sur les bancs de l’église, il a l’air plutôt gentil avec son petit cheveu sur la langue. Mais ce n’est qu’une façade. Incapable de respecter la moindre discipline collective, ses nombreux dérapages en font un personnage qui fait peur même dans son entourage.

Le blondinet n’est pas complètement fou. Avec son bac+17, il a vite compris le monde et les règles du jeu. Voilà que démarre une carrière de haut vol, aux frais du contribuable et de généreux donateurs. Et cela commence fort : prôner à tue-tête la valeur travail alors que celui-ci est non seulement rare, mais ne paie pas, est un rien malsain ! C’est pour cela que Wauquiez fait de la politique : c’est bien plus gratifiant, bien plus rémunérateur.

Dans une lente dérive droitière initiée par son nouveau maître Nicolas Sarkozy, Wauquiez se lâche. Son crédo ? Les protections sociales, l’assistanat, et… les étrangers. De son fauteuil de notable institutionnel, il juge les chômeurs, les précaires, toute cette plèbe grouillante qualifiée sans ambages de «cancer de la société», jusqu’aux malades de ne pas agir en «responsables» en bénéficiant d’arrêts de maladie. Cela donne des déclarations comme : «Aujourd’hui, un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux (sic), peut gagner plus qu’un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au Smic». Mais bien sûr… Mais qui de censé peut croire une telle contre-vérité ?

Cela donne aussi quelques propositions ignobles visant à faire travailler gratuitement les chômeurs et quelques saillies écoeurantes sur les étrangers profiteurs «de nos différents outils de solidarité». Tout un discours qui, à l’image de la stratégie de Nicolas Sarkozy en 2007, se révèle être un pâle copié-collé du parti de l’extrême droite.

En 2014, alors ministre des Affaires européennes, Wauquiez est même allé jusqu’à vanter l’inverse des concepts traditionnels de la droite républicaine : protectionnisme, sortie de Schengen, retour d’une Europe à 6, etc. On est loin du modèle libéral qui guide l’UMP d’alors, mais tout près des thématiques préférées du front national. Jacques Barrot, qui a suivi ses premiers pas en politique, a même fini par dénoncer le «populisme» de son poulain.

Il y a cependant une forme de cohérence dans l’action de Laurent Wauquiez : c’est la surenchère perpétuelle. Il faut toujours aller plus loin, frapper plus fort. Peut-être est-ce une manière de faire allégeance à son maître, à la manière de Pitivier dans la 7ème compagnie. «Pour nager comme vous chef, c’est comme ça les mains ? »

Et plus c’est gros, plus ça passe… La dernière en date est son souhait de voir enfermé préventivement l’ensemble des personnes fichées «S» dans un «Guantanamo» à la française. Sur quelles bases ? Wauquiez n’en a cure. Tous en zonzon. Sur les 22.000 fiches actuelles, il y a pour une large part la mouvance islamique, mais il y a aussi des zadistes, des militants politiques et activistes pas forcément extrémistes, des syndicalistes, des altermondialistes, des supporters de foot… Mais dans sa grande mansuétude, Laurent-le-Sage nous rassure aussitôt : ils ne seront pas torturés. C’est toujours cela de gagné.

Pour un personnage qui vit aux crochets de la société, fustiger d’assistanat serait presque drôle. Ce qui l’est moins, c’est le rôle qu’il peut jouer dans la région s’il en prenait la présidence. La présence sur la liste d’intégristes catholiques en position éligible en dit long sur les hautes valeurs morales de Laurent Wauquiez. Il confirme, s’il en était besoin, son attachement viscéral pour les mouvements proches de l’extrême-droite qui ignorent les valeurs humanistes et laïques fondant l’identité de la république. Cette capacité à l’agitation perpétuelle, à sur-réagir en permanence à l’actualité, à agiter les peurs et à désigner ouvertement les responsables de la crise actuelle parmi les plus défavorisés de la société en font un personnage réellement dangereux, à la lubie mystique, à l’outrance «Trumpesque», à l’image du clan du FN. Une gangrène qui pourrit en profondeur la vie publique.

De grâce, ne remettez pas sur le devant de la scène la clique qu’on a chassé il y a maintenant 3 ans. Pas mal de régions restent gagnables. Je supplie la gauche boudeuse de ne pas laisser autrui décider à sa place et d’aller voter, de faire barrage à Pecresse, Sauvadet, Morin, etc. On aura déjà Bertrand et Estrosi. Ca suffit, le quota est atteint. En Rhône-Alpes-Auvergne, en votant Jean-Jack Queyranne, on votera doublement contre les idées tordues et nauséabondes de Wauquiez et des fachos du FN, et on s’évitera quelques années de galère : on a tous vu la capacité des républicains à respecter les règles (Bygmalion), et la manière dont la France et l’UMP ont été gérée en période sarkozyste… Aux urnes citoyens !

Une dernière pour la route : Wauquiez a annoncé vouloir fermer les «formations fantaisistes» comme celles des métiers du cirque et des marionnettistes. Dans le pays de Guignol – une institution – c’est à peu près tout sauf intelligent, à l’image du reste. Mais le Mickey n’en a pas besoin : comme clown, il est déjà diplômé.

Et ça, il le fait plutôt très bien. mais ce ne sont pas des qualités requises pour être président de région.

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