Et maintenant, qu’est ce qu’on fait ?

27 mai retraitesLe coup de semonce annoncé par les syndicats le 27 mai a sonné un peu comme un pétard mouillé. Quelques sondages avaient bien prédit une forte mobilisation des français contre le projet de réforme du système de financement des retraites. Mais les chiffres, qu’ils soient de la police ou des syndicats, ne sont guère satisfaisants. Ils ont même fait dire au porte-parole du gouvernement Luc Chatel que la «faible mobilisation» vient «valider la méthode du gouvernement», alors que nombre de manifestants bravaient encore la pluie sur le pavé. Rien que ça. De la provoc à deux balles…

Compte-tenu de l’ampleur du dossier et des enjeux, la douche est froide. Et pourtant, des oppositions, il y en a. Pas une seule journée ou l’on n’entend pas s’exprimer cette rage contre ce qui m’apparait comme une criante injustice.
D’abord, la méthode. Concertation ? Je n’en ai jamais vu le commencement, tellement le gouvernement est dans le dogme, à commencer par le Conseil d’Orientation des Retraites (COR), structure composée de soi-disants «experts», servant uniquement de caution morale.
Ensuite les mesures. Equilibrer financièrement le système par répartition en allongeant la durée de travail et en reculant l’age légal de la retraite ? On sait déjà que cette mesure est très largement insuffisante. Mais le gouvernement sait aussi que dans le contexte durable de croissance actuelle proche du zéro absolu, cela va très sensiblement baisser le niveau des pensions servies, ce qu’il se garde bien de dire. Rappelons ici les effets de la réforme Balladur de 1993, modifiant le mode de calcul aux 25 meilleures années (déjà pour sauver le système), avec pour effet de baisser les pensions de 20 à 22%. Ici se trouve vraisemblablement le nerf de la guerre.
Enfin, la mise en œuvre. Le «c’est pas la rue qui gouverne» cher à Jean-Pierre Raffarin est de plus en plus d’actualité. Les grèves, les manifestations, les protestations devant cette manière fort peu démocratique et décomplexée de gouverner n’ont plus de prise, il suffit d’attendre, de jouer le pourrissement…

La caravane passe, les chiens n’aboient même plus, ils sont fatigués. Fatigués de descendre tous les 2 mois dans la rue pour rien, fatigués de subir, outre la crise et les prix exorbitants des produits alimentaires et de l’énergie, les retenues de salaires, fatigués de constater que le mois est déjà fini le 15 sans avoir fait aucun extra… J’arrive à comprendre ceux qui renoncent. La pression hiérarchique n’est pas une vue de l’esprit, et 50 euros manquants à la fin du mois, ça peut poser pas mal de soucis. Déjà que c’est pas facile.

Et maintenant, la suite ? Parce qu’il faudra bien en parler. Le député UMP Jean-Michel Fourgous, lors d’une émission sur LCP expliquait sans complexe : «le code du travail, les grèves, les 35H00 et l’ISF sont des obstacles à une France moderne». Que devient ce pays soit disant moderne, où l’Etat se montre fort face aux faibles, et faible envers les forts ? Va t’on continuer longtemps dans ce sens ?

Je ne peux m’y résoudre. Parce que nos enfants ne nous pardonneront jamais de leur laisser un tel champ de ruine après ce que nos aïeux ont construit au sortir de la seconde guerre mondiale. Cela s’appelait «les jours heureux», programme monument conçu par le Conseil National de la Résistance en 1944. Tout notre modèle social en est issu. Tout ce qu’on démolit méthodiquement actuellement.

Je viens de reprendre ma carte syndicale. Moi, c’est SUD. Et vous ?

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Que de monde dans la rue

Impossible de ne pas en parler. L’Ipad, la tablette multimédia tactile d’Apple, est disponible ce vendredi dans les boutiques françaises et a fait se lever tôt de nombreux inconditionnels de la marque. Ce lancement en grande pompe, reporté d’un mois faute de stocks suffisants, se veut aussi grandiose que pour celui de l’Iphone. A ce jour, ce sont déjà 1 millions d’Ipad qui se sont vendus aux Etats-Unis en un seul mois, soit un résultat des ventes supérieur à celui de l’Iphone à son lancement.

Ipad AppleApple a toujours su créer la nouveauté : la souris, le bureau, l’USB entre autres, ou l’améliorer en se focalisant sur l’ergonomie logicielle et le design de ses produits. Pour suivre un peu cette pomme depuis 1987 (mon premier Macintosh en 1992, un LCII avec 4Mo de mémoire extensible à 16, un disque dur de 80Mo et un écran couleur 13 pouces, j’étais le roi du pétrole), c’est plutôt réussi, les occasions d’en parler ont été nombreuses et souvent justifiées.

Pour l’Ipad, je suis pourtant partagé. Macophile convaincu, autant par aversion des logiciels de l’oncle Bilou que par la qualité et les innovations de ceux du cousin Steve, je ne lui trouve pas de place, entre l’Iphone, son petit frère, un netbook et un portable 13 pouces plus classique. J’ai du mal à voir ou est le besoin, à part pour les super geeks. A 499 euros la version Wifi ou 799 euros en 3G, ça fait cher le gadget à la mode, fût-il tactile. Cela dit, tous les goûts sont dans la nature, alors pourquoi pas. Pour ma part, je ne suis pas du tout attiré par cette nouvelle mode, comme je n’ai pas cédé à celle de l’Iphone…

Les besoins, la technologie, le bien-être… Et si on réinventait la retraite ?

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Appel pour la défense du droit à l’anonymat sur Internet

Repris sur www.wikio.fr, publié par Pierre le 25 mai 2010 :

Nous tenons à affirmer notre attachement à la liberté d’expression sur Internet, qui a permis à tout un chacun de participer au formidable développement de l’information et des débats sur le réseau.

Une proposition de loi , déposée par le Sénateur Masson , prévoit de remettre en cause le droit à l’anonymat des blogueurs. Il s’agirait de leur imposer la publication de leur nom, de leur adresse mail, et semble-t-il aussi de leur adresse et de leur numéro de téléphone.

Nous considérons qu’une telle loi porterait atteinte à la liberté d’expression sur Internet. Les blogueurs qui choisissent l’anonymat le font pour des raisons liées à leur vie professionnelle ou personnelle. Sans cet anonymat beaucoup arrêteraient de bloguer.

Nous appelons les députés et sénateurs à refuser cette proposition de loi, qui contrairement à ce que prétendent ses auteurs, n’apporterait rien en ce qui concerne la protection contre la diffamation, déjà efficacement assurée par la loi actuelle. Rappelons que la loi LCEN fait obligation aux hébergeurs de blogs de supprimer immédiatement les publications litigieuses sur simple demande, et de communiquer le cas échéant à la justice les coordonnées de l’auteur.
Il n’est donc nul besoin d’une loi supplémentaire qui aurait pour seul effet de brider la liberté d’expression des internautes.

Pierre Chappaz, Pdg Wikio
Jean-Baptiste Clot, Pdg Canalblog
Olivier Creiche, PDG d’EZ Embassy (distributeur du service TypePad)
Jean-François Julliard, secrétaire-général de Reporters sans frontières
Frédéric Montagnon, Pdg Over-blog
Tristan Nitot, Président, Mozilla Europe
Philippe Pinault, Pdg Blogspirit
Jeremie Zimmermann et Philippe Aigrain, La Quadrature du Net

Pour soutenir cet appel, laissez un commentaire signé de votre nom ou de votre pseudo sur wikio.fr (vous pouvez en laisser un ici aussi…), et indiquer l’adresse de votre blog si vous êtes blogueur.
N’hésitez pas à relayer l’initiative sur votre blog, plus nous serons nombreux, plus nous aurons de chances d’être entendus !

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La bourse, c’est pas la vie

bourseIl n’est pas un moment dans la journée ou l’on n’entend pas parler de la bourse, qui monte, qui baisse, qui s’affole. Un peu comme quand on croise un voisin sur le pallier, avec l’invariable remarque du temps qu’il fait. Impossible d’échapper aux bandeaux défilants des écrans de télévision, remplis de chiffres qui n’ont de signification que pour une élite triée sur le volet.

Les sites Internet relatifs à la Bourse fleurissent, avec informations et cotations en temps réel, permettant aux initiés de transformer le coin ordinateur du salon en salle de marchés. D’ailleurs, à l’instant, le CAC est à +2,75%. Ca me fait une belle jambe.

Mais ce qui m’interpelle, c’est son utilité dans la vie quotidienne pour le commun des mortels. C’est surtout en consultant les analyses boursières que les bras m’en tombent. Voici un exemple : «le CAC40 vient de chuter de -11% en moins de 15 jours mais surtout de -5% en 48H (…). Le CAC40 peut reprendre appui sur les 3.635/3.640Pts mais cela ne fera pas disparaître le signal baissier déclenché avec la cassure du support oblique long terme des 3.830Pts… sans oublier un ‘M’ baissier quasi parfait sous les 4.088/4.086Pts qui induit un risque de rechute jusque vers 3.467Pts (‘gap’ du 19 août 2009) puis 3.000Pts». Ce jargon, cette matière, ces indices, ce ne serait que des modèles mathématiques ? L’indice va t’il monter moins uniquement en raison d’ «une résistance oblique baissière court terme» ?

On n’est pas un peu loin de la vraie économie, celle qui résulte du travail de femmes et d’hommes pour produire des biens et services marchands ou non marchands ? Ne donne t’on pas aux intervenants sur ces marchés le bâton pour dépouiller les plus faibles, les moins informés, notamment tous ces particuliers qui ont mis leurs économies en bourse en guise de retraite et qui ont tout perdu ? Qui et quand prendra t’on les mesures de régulation qui s’imposent, et les indispensables mesures de taxation des flux et produits liés à la haute finance au même titre que celles du travail ?

Au vu des évènements récents, tout cela m’apparait comme un barnum «gagnant-gagnant», et c’est pas près de s’arrêter. Une machine à fabriquer du fric, sur rien, mais pour le seul bénéfice d’une poignée. Les banques se sont rudement bien relevées (sauf une, mais elle a été volontairement coulée…), et les responsables des crises actuelles continuent leurs cyniques activités. A l’usure.

La finance et l’écologie, c’est un peu pareil : les pollueurs ne sont toujours pas les payeurs…

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C’est le moment de capitaliser…

Les retraites, il y aurait de quoi en dire sur des dizaines de pages, du constat d’un acquis indispensable mais à bout de souffle, aux solutions les plus extrêmes… Et la blogosphère regorge d’idées et d’avis de tous les bords.

Manifestation retrairesLe jeudi qui vient sera bigrement important. Alors que le projet de réforme des régimes de retraites commence à s’étoffer, officiellement ou par la bande, les principales centrales syndicales (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA) «appellent les salariés, les retraités, les jeunes, les privés d’emploi à une journée nationale de mobilisation le jeudi 27 mai pour interpeller ensemble les pouvoirs publics» et tenter de peser sur les choix à venir…

Pour l’heure, officiellement, rien n’est décidé, mais les pistes étudiées par le gouvernement filtrent dans la presse, volontairement ou pas… C’est en tout cas suffisamment consistant pour se faire une idée de la sauce à laquelle nos vieux jours vont être mangés.

Pour faire très court, c’est clair qu’il faudra travailler plus longtemps, partir plus tard, et rogner un peu sur ses prétentions actuelles et futures… C’est en tout cas se qui se passera si on conserve l’assise et les types des financements actuels. Si la durée de vie, argument imparable, a changé, la société aussi a changé, faisant les fortunes aussi rapidement qu’elle pousse à la rue les ouvriers des entreprises jugées sans avenir par une économie «boursicoteuse» et avide.

Alors, changeons aussi les questions. Taxer les grandes entreprises ? Impossible. Taxer les flux financiers ? Vous n’y pensez pas. Taxer les hauts revenus ? Peut-être, mais à un niveau tel que cela frise le ridicule. Taxer Faire participer les retraités eux-mêmes ? Ca c’est une solution puisqu’ils sont de plus en plus nombreux. Augmenter les cotisations retraites en contrepartie de la réduction des cotisations chômage ? C’est un transfert intéressant, d’autant plus que le chômage baisse (c’est bien la communication du gouvernement). A la sortie, on se retrouve au point de départ : les petites gens paieront.

Reste qu’encore une fois, on ne s’intéresse pas à l’humain. Une vie d’usine, de caissière, d’employé lamba, sans aucune perspective de gagner autre chose que le SMIC ou guère plus, une vie d’infirmière surbookée, publique ou privée, c’est autre chose que celle d’un cadre cravaté qui ne s’éclate qu’à son travail, ne jure que par sa voiture neuve, ses gratifications, et ne prend pas de vacances, trop de travail… Autant les supprimer à tous.

Cliché, bien sûr, comme aime à le faire l’exécutif relayé par les têtes pensantes de l’UMP, en opposant continuellement les salariés publics aux salariés privés, les chômeurs aux actifs, etc…

Ce qui l’est beaucoup moins, c’est que les français sont capables d’accepter une réforme si un certain nombre de vrais privilèges, injustifiés et souvent exorbitants, tous proches du pouvoir, étaient supprimés, ce qui serait tout de même la moindre des choses. Mais surtout, accepter la retraite après 60 ans, ce serait déjà pouvoir travailler jusqu’à 60, ce qui est, pour la majorité des seniors, très loin d’être le cas.

Comme il faut dorénavant se déclarer 48 heures avant, Alter-Oueb sera en grève.

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HALDE à la réforme

Qui se rappelle de la réforme constitutionnelle de 2008 ? Nul n’est censé ignorer la Loi, bien sûr, mais qui sait que le Congrès d’alors créait un Défenseur des droits, une sorte de super-médiateur chargé de veiller au respect des droits et libertés fondamentales destiné remplacer le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants, la Commission nationale de déontologie et de sécurité. De nombreuses personnalités, dont Jack Lang, ont milité pour y intégrer la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (HALDE). Le projet de loi adopté par les sénateurs en commission des lois ce mercredi 19 mai va dans ce sens. Il s’agit en fait de fusionner ces services dans ceux du Médiateur des droits, mais en modifiant au passage quelques unes des prérogatives de cette autorité administrative indépendante.

discriminationLa HALDE est une institution spécialisée dans la lutte contre les discriminations de tous ordres. Créée en 2005, ses compétences ont été renforcées en 2006 jusqu’à donner des crises d’urticaire dans les rangs de la droite, du patronat et même de certains mouvements religieux. En effet, la HALDE, nouvel empêcheur de manager ou d’entreprendre en paix, est fondée à «formuler des recommandations tendant à remédier à tout fait ou à toute pratique qu’elle estime être discriminatoire, ou à en prévenir le renouvellement», ce dont elle ne s’est pas privée en plus de son rapport annuel public. Parmi les recommandations qui firent du bruit, on trouvera notamment celle relative aux «tests ADN pour les candidats au regroupement familial». Le changement de sa présidence courant mars 2010 a d’ailleurs donné lieu à une passe d’arme remarquée, mais sans plus, durant laquelle Malek Boutih alors pressenti pour succéder à Louis Schweitzer, n’était pas jugé suffisamment français (le fameux « corps français traditionnel » asséné par Gérard Longuet).

Trop de pouvoir, trop de liberté, comme pour l’écologie : «ça commence à bien faire»…  Jeannette Bougrab, fraichement nommée, risque de ne pas retrouver la même institution. Si les compétences globales de la HALDE en matière de médiation sont identiques dans la nouvelle entité, son pouvoir de recommandation, sonnant pour le pouvoir actuel comme des critiques parfois virulentes, disparait. Sa dilution dans la nouvelle entité lui fait perdre toute visibilité, ce qui favoriserait du même coup la réduction, voire la suppression de sa mission. Jean-Jacques Hyest, le président de la Commission des lois du Sénat, à l’origine du texte (et qui a un vieux contentieux personnel avec l’institution), fait état d’un budget « trop important au regard des résultats obtenus« . C’est vrai également que le délai d’instruction est trop long et que son mode de fonctionnement est, comme pour toute institution indépendante, un peu opaque… Mais son action a permis à de nombreuses victimes (10.546 saisines en 2009) d’être rétablies dans leurs droits. Preuve surtout que la discrimination est un fait, et qu’en la matière, il ne faut surtout pas baisser la garde. Plus que jamais, il nous faut rester attentif aux manœuvres insidieuses de restriction des protections élémentaires…

Cette semaine, on est en plein dedans…

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Docteur, est-ce grave ?

Le Fond Monétaire International (FMI) a annoncé mercredi 19 mai 2010 avoir multiplié par plus de quatre son bénéfice, hors ventes d’or, lors de son exercice 2009-2010 (clos fin avril), le deuxième consécutif à être bénéficiaire. Cette annonce est restée très discrète dans la presse, et m’interpelle de façon singulière. Comment un tel établissement peut-il faire des bénéfices, de surcroit en période de crise aiguë ?

Né des accords de Bretton Woods en 1944, le FMI a ainsi pour fonction d’assurer la stabilité du système monétaire international et la gestion des crises monétaires. En gros, il est à la fois le pompier et le gendarme du capitalisme actuel, en garantissant la solvabilité par des prêts aux Etats en difficulté, mais en imposant en contrepartie des mesures «d’ajustements structurels» souvent drastiques… Ses ressources sont les quotes-parts des états membres (186 pays) auxquelles s’ajoute la possibilité de recourir à des emprunts envers les grandes puissances économiques. Son rôle d’intermédiaire financier en fait un pseudo banquier qui ne se prive pas d’agir sur les marchés, et participe ainsi assez directement au désordre ambiant.

Son actuel directeur général (et pas président comme on l’entend souvent, peut-être plus tard) Dominique Strauss-Kahn a lui même qualifié son agence de «médecin de l’économie mondiale» (A vous de juger, France2 du 20/05/2010). Le moteur économique mondialisé, le capitalisme actuel, doit être vraiment malade pour que DSK se fende d’une telle déclaration.

En tout cas, certains souffrent moins que d’autres, le docteur en premier… Passer, en résultats provisoires et dans ce contexte, de 126 à 534 millions de dollars de bénéfices pour le dernier exercice, ce n’est pas mal, mais moins bien que les banques à la sortie de la crise financière… Gagner de l’argent  sur le dos d’un malade affaibli, ça me chiffonne un peu. Si c’est le FMI, donc avec l’argent du contribuable (les quotes-parts des états membres), ça m’agaçe. Les chômeurs, retraités, précaires, petits salariés de pays dits riches apprécient et attendent avec une certaine résignation les mesures qui ne tarderont pas à les atteindre dans leur quotidien. Le remède, pour eux, est pire que le mal, d’autant plus qu’ils ne participent à aucune décision et sont vite rattrapés par leur banquier s’ils vivent au dessus de leurs moyens. L’austérité, la rigueur, qu’importe le mot, cela peut fonctionner, mais jusqu’à où, jusqu’à quand ?

Demain, mieux vaut ne pas tomber malade.

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C’est beau la solidarité

defiscaliser

Voici ce que j’ai trouvé, un peu par hasard, au gré de mes balades sur le Net (sur www.sicavonline.fr/pages/campagnes/1005_bourso_defisc/ pour être précis). Cette recherche n’était pas tout à fait innocente, j’étais intrigué par les publicités d’officines financières et immobilières sur les possibilités légales de défiscalisation.

Je ne suis pas né de la dernière pluie, loin s’en faut. Mais là, ça dépasse tout ce que j’avais pu imaginer. Donc, dans cet exemple, on peut vivre sans être gêné aux entournures et ne rien payer à la collectivité. On s’arrange habilement pour générer un déficit (fictif, puisqu’il se transforme en bien) et faire baisser le revenu imposable, et on profite du bouclier fiscal pour amputer une grande part de l’ISF due. De la sorte, on ne paye aucune contribution à l’Etat dont on profite évidemment, en augmentant substantiellement son bien.

En somme, comment la solidarité nationale permet au particulier d’augmenter son patrimoine. Imparable et légal.

A l’heure où tous les débats se focalisent sur le seul mot «déficit», donc sur la manière de les résorber, sur les efforts à consentir et par qui, il me semble que la remise à plat de certaines dispositions est plus qu’urgente. Les solutions existent et cela me paraît normal que tous participent à l’effort demandé. Tous, selon leurs possibilités contributives. En l’occurrence, le ménage de l’exemple le peut beaucoup plus que le mien et l’immense majorité des ménages français, et rien ne lui est demandé. Il y a là une inégalité qui, en ces temps un peu difficiles, ne m’apparait pas vraiment normale et juste. Si en plus on tape sur la tête des fonctionnaires en clamant invariablement qu’ils sont le principal poste de dépense publique, ça devient vite insupportable. L’égalité, ça se gagne, ce n’est pas pour tout le monde.

Fort de ce constat pas vraiment nouveau, je m’en vais remplir mes obligations fiscales qui se résument à signer la feuille, de la glisser dans une enveloppe, puis la déposer dans la boite de mon SIP tout neuf… Peut-être qu’en utilisant la version papier plutôt qu’Internet, on supprimera un peu moins l’emploi des collègues.

Pfff, 135.000 euros pas an, moi, je les déclarerais avec le sourire.

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On se tient tous par la barbichette…

Quelle mouche a piqué Benoit Hamon ? Obnubilé par par son désir maladif d’opposition totale tous azimuts, le porte-parole du PS vient de monter au créneau pour fustiger le gouvernement sur la gestion de la libération de Clotilde Reiss, l’étudiante française retenue en Iran pour espionnage… Un peu à la manière de Frédéric Lefebvre son alter-ego à l’UMP, avec grande maladresse, il s’insurge : «la posture qui est celle du gouvernement qui consiste à dire ‘on ne négocie en rien’ quand tout le monde sait que les Etats discutent entre eux dans des situations comme celles-ci est une posture qui relève de la mauvaise gouvernance». Et d’insister lourdement : «aujourd’hui, expliquer qu’il n’y a pas eu de contrepartie, c’est juste prendre les gens pour des imbéciles. Mais en même temps, de la part d’un gouvernement qui dit qu’en France on n’est pas en période de rigueur et d’austérité, mais qu’on fait tout autre chose, j’ai l’impression que c’est devenu une méthode de gouvernement que de prendre les gens pour des imbéciles».

Benoit HamonDu calme Benoit, pour l’instant, l’imbécile c’est toi… Bien sûr qu’il y a des contreparties. Il s’agit là de l’intérêt national, car l’Iran visait bien les intérêts français. Bien sûr que tout le monde se tient par la barbichette, c’est pas vraiment nouveau dans cet univers de requins. Et même dans la vraie vie, on n’obtient rien sans rien, le fameux travailler plus pour gagner plus… Alors, quelle utilité de le clamer aussi fort, au risque de provoquer encore d’autres prises d’otages et compromettre ensuite leurs résolutions ?

Clotilde Reiss a été libérée, et le gouvernement a géré sa libération au mieux des intérêts de l’otage et de ceux de la France, évidemment. La mauvaise gouvernance n’est pas là, elle est facile à trouver ailleurs, tout de même. A force de sauter sur tout ce qui bouge, Monsieur Hamon, on s’épuise, et on passe à côté de l’essentiel. Et des dossiers essentiels, il y en a quelques uns, et qui risquent de nous engager pour longtemps. Non ?

Espérons juste que ce dérapage stupide ne va pas compliquer la gestion d’un autre dossier chaud : celui de Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, journalistes de France 3, toujours otages depuis le 30 décembre 2009, quelque part, aux mains de ce que j’ai bien du mal à considérer comme des Hommes.

Y pense t-on, tous les matins, en se rasant ?

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Apéros Facebook, prochain mort ?

Les médias ne parlent plus que de ça. A croire que les «Apéros Facebook» sont devenus le nouveau grand phénomène de société.

apéros facebookRemplaçant peu ou prou les fameuses rave-partys sulfureuses et marginales, ces fêtes initiées sur la Toile Internet rassemblent des personnes qui cherchent à se connaître autrement que par écran interposé en partageant ensemble un ou plusieurs verres. Soit. Le phénomène est récent : après plusieurs tentatives infructueuses, 2.200 internautes se rassemblaient à Marseille le 25 août 2009. 7 mois plus tard, la teuf de Rennes fait figure de modèle et de base du mouvement. Du côté des pouvoirs publics, on ne s’émeut pas plus que ça, jusqu’à ce que le drame de Nantes change complètement la donne.

Dès lors, c’est un déchainement continu. Les politiques n’ont pas chomé : «l’appel à un apéro géant constitue une incitation à l’ivresse publique», il n’a pas de «cadre légal», pas de responsable identifié, les risques de débordements et d’«atteinte à l’ordre public» sont importants, et le coût engendré par ces «beuveries» est exorbitant pour les communes… Au passage, certains en profitent pour mettre un coup de griffe à l’internet, telle Nadine Morano qui s’offusque face à cet insupportable espace de liberté encore incontrôlé, mettant dans le même sac les trafiquants d’armes et de drogue, xénophobes, extrémistes, pédophiles, et la plus simple liberté de parole.

Une personne est malheureusement décédée. Quel lien avec Facebook ? Il était majeur, s’est enivré vraisemblablement de son plein gré. Sans ce rassemblement, il se serait probablement enivré ailleurs avec les mêmes conséquences malheureuses. Cela arrive tous les jours, en dehors des feux de la rampe. On s’alcoolise tout autant à la fête de la Musique, dans les férias, dans les fêtes de village, ou quand une équipe de foot gagne un trophée. Les interdit-on pour autant ? Bien sûr, il y a une organisation, des responsables, mais qu’est ce que ça change ? Bien sur c’est le contribuable qui paye le nettoyage et la remise en état. Mais ce genre d’argument n’est jamais évoqué quand il s’agit des petits fours et du champagne lors des réceptions municipales à chaque visite, inauguration ou conférence de presse. Bien sûr, les pouvoirs publics ont beau jeu de généraliser, en focalisant effectivement sur la poignée d’individus hors normes, et jeter ainsi le discrédit sur toute la manifestation.

Pour ma part, j’ai toujours constaté, via les reportages de la presse, une ambiance certes alcoolisée mais joyeuse et conviviale, mêlant parfois plusieurs couches sociales pas forcément appelées à se côtoyer. Le véritable problème est la dérive de notre société vers une société de l’interdit de tout ce qui n’est pas expressément contrôlable. Le cadre légal est le maître mot. Il faut un cadre légal pour tout, des Lois pour tout, beaucoup de Lois, pour que tout soit sous contrôle. Dadvsi, Edwige, Hadopi, Lopssi 2, Pericles, etc…

Il faut s’attendre à recevoir bientôt un nouveau faire-part de décès…

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