Pour 100 milliards, t’as plus rien

C’est d’une simplicité biblique. Pour redresser la situation financière de la France et redonner aux marchés une image de confiance un peu écornée, il faut trouver 100 milliards d’euros. En 3 ans. Ouf… Pour Jacques Attali, passé de l’ombre de François Mitterand à la lumière des plateaux de télévision à tout va, c’est un “plan catastrophe” qu’il faut : économies budgétaires considérables, inévitable augmentation des impôts, libéraliser, et expliquer… “car les français restent dans l’incertitude”.

Des explications, les français n’en ont que trop sur cette situation ubuesque, ou l’Etat français s’annonce via son Premier-Ministre en “quasi faillite”, alors qu’il existe des dispositifs incroyables de dilapidation de l’argent public : bouclier et niches fiscales insensées, fraudes manifestes, explosion du budget et du salaire présidentiel, train de vie de l’exécutif, petits et gros avantages ahurissants… Ce n’est même plus de l’injustice, c’est de l’indécence.

Mais Jacques Attali a raison au moins sur un point : il faut faire quelque chose, et vite, sans quoi les mesures à prendre seront chaque jour un peu plus drastiques. Je vois sans peine l’exécutif actuel manier la “mesurette” afin de sciemment ne rien régler. Comme l’élection présidentielle de 2012 est quasiment déjà perdue, le fardeau se reportera ainsi sur le prochain élu, vraisemblablement de gauche, quoique, le vouant ainsi immédiatement à l’ire d’un peuple étranglé…

Car, comment interpréter autrement les mesures annoncées cette semaine ? De 5 milliards d’euros en mai à “récupérer” sur deux ans, François Fillon vient de relever l’objectif à 8,5 milliards. Nettement insuffisant. Et que dire de la prévision du taux de croissance annoncée de 1,4% en 2010, 2,5% pour 2011 et 2012 permettant, selon le Président de la République, d’apporter 45 milliards d’euros de recettes fiscales ? Tout cela dans un contexte de remise en cause de solidarités élémentaires, et de baisse de revenus des salariés et retraités qui, fatalement, consommeront moins ? Et si on commençait par ramener le budget de la Présidence à ce qu’il était en 2007 ?

Les récentes annonces en matière “d’exemplarité” arrivent un peu tard. Les logements de fonction, le parc de véhicules, les hébergements, les frais de bouche, les cigares privés, avec sanction à la clef… ça me fait rire un peu jaune. Après s’être lâchés comme des petits fous décomplexés, qui va croire un seul instant à une quelconque vertu retrouvée ? Pas Eric Woerth, pris la main dans le sac, et qui s’accroche encore à ses privilèges. Même pas peur.

François Baroin s’est prononcé contre des augmentations de salaires des fonctionnaires : “Tout le monde devra faire un effort”. Soit. Les sacrifices, il y en aura peut-être pour tout le monde, mais pas avec le même poids dans la vie quotidienne. C’est bien là que réside toute l’injustice du moment, ce que le gouvernement et l’UMP se refusent obstinément de prendre en compte. Et là, il y aurait besoin d’explication.

Pour tout écart, je propose de placer le ministre contrevenant pendant 1 mois dans un HLM avec 1500 Euros.

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Merci Didier, merci Stéphane

Peu après les commémorations du 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin, le point de départ de la France Libre, le peu d’hommes pouvant se revendiquer libres qui nous restent, humoristes, poils à gratter, saltimbanques impertinents, payent un tribu singulier à la République. Dans un climat délétère, le service public, pourtant garant en principe d’un minimum de neutralité, se révèle comme un impitoyable censeur, Mais ce n’est pas vraiment nouveau.

Ce qui l’est, c’est la nature de l’homme qu’on a placé à la tête de France-Inter. Directeur de Charlie-Hebdo dont les bouffonnades «pipi-caca» n’ont longtemps rien eu à envier aux chroniques de Didier Porte, Philippe Val s’est subitement transformé en instrument docile du pouvoir, au point de brouiller totalement son image. Et celle du service public.

Des humoristes remuants, ça a toujours existé. D’ailleurs, le premier imitateur du Général De Gaulle, Henri Tisot, en a gardé des souvenirs difficiles. Les Thierry Le Luron, Coluche, les Guignols de l’infos de la grande époque, les chansonniers, et quelques autres, ont brocardé les politiques du moment parfois durement, et souvent fort justement… Des menaces étaient alors palpables, mais rarement les sanctions aussi dures étaient venus entraver la liberté d’expression que celle que viennent de subir Didier Porte et Stéphane Guillon.

Pour certains, ces deux là avaient largement dépassé les bornes. Quelles bornes ? Ils ont profité abusivement d’un appartement de fonction ? Ils remettent des rapports bidons pour 9500 euros pas mois ? Ils profitent de commissions occultes réservées aux intermédiaires lors de ventes d’armes ? Que nenni, ils ont dit, et à plusieurs reprises, qu’ils «enculaient le président». C’est grave. «Pauv’con» peut passer, mais ce genre de propos, non ! Plus sérieusement, ils ont asséné quelques vérités pas bien bonnes à entendre, ils ont été gratuitement «méchants» avec quelques personnalités et donnent évidemment dans les excès propres aux humoristes… En somme, bien peu de choses à côté de la violence que les puissants font subir quotidiennement au petites gens, et toujours dans leur intérêt, bien sûr.

Ces voix ont été celles des sans voix. Elles disaient fort éloquemment ce que beaucoup n’arrivent pas à exprimer, faute de temps, de travail, d’éducation, de courage parfois. Les réduire au silence, temporairement du moins, est un sacré signal pour notre société dite libre, la même qu’on exporte à coup de fusil d’assaut en Irak et Afghanistan.

«A deux ans de la présidentielle, nous virer, c’est bizarre…» ont déclarés les deux impertinents. Virés, mais pas au chômage. J’espère simplement qu’ils pourront, comme d’autres d’ailleurs, continuer sous d’autres cieux leurs chroniques au vitriol sur la gentille société de bisounours.

Bon vent Messieurs, et encore merci à Nico.

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Ils ne valent rien

Décidément, l’actualité fourmille de détails croustillants sur les rapports humains à forte valeur ajoutée, et le quidam moyen reste attaché qui à son iphone, qui devant sa télé, qui à la radio, pour découvrir et commenter les dernières révélations fracassantes. La principale victime du moment n’a même pas su se cacher derrière le phénoménal écran de fumée que lui offrait l’équipe de France de foot. C’est dire…

Dans un document sonore accablant publié le 16 juin par Médiapart, Eric Woerth, grand instigateur de la réforme du «travailler plus pour gagner moins aujourd’hui et rien plus tard» se trouve mêlé dans une sombre histoire de gestion de la fortune de 21 milliards de dollars de Liliane Bettencourt, héritière de l’empire «l’Oréal», une des toutes premières fortunes mondiales, et première de France.

Pour faire vite, il s’agit d’enregistrements audio faits au moyen d’un dictaphone par le personnel de maison de Madame Bettencourt. Si la méthode peut sembler peu orthodoxe, le contenu de ces enregistrement est édifiant. On y apprend que le responsable de la société Clymène, Patrice de Maistre, employeur de Florence Woerth comme gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, entretient des rapports, disons étroits, avec l’entourage du Président de la République au point d’obtenir une décision de justice favorable, organise la dissimulation d’avoirs pour échapper au fisc français, et fait distribuer des «dons légaux» jusqu’aux plus hautes strates de l’Etat. Entr’autres…

J’ai un vague souvenir de déclarations sur l’exemplarité des membres du gouvernement, mais ce doit provenir d’une vie antérieure. Parce que là, des discours aux actes, on en est très loin. Après les propos ouvertement racistes, les jets privés, les cigares publics, les appartements de fonctions, les rémunérations pour missions bidons, les «fils de» nommés aux bonnes places, les gaspillages en tout genre, on en arrive au rôle partisan du pouvoir exécutif (intervention dans une décision de justice en cours), à une justice aux ordres (placement du docile procureur Courroye à Nanterre, dans les affaires sensibles du pouvoir) et à une loi fiscale bafouée (organisation d’une fraude à grande échelle)… Trop de manquements, trop de magouilles, trop d’interventions, ca commence à être très grave pour la démocratie et ça ne peut que se finir par une démission, au risque de conforter encore plus ce sentiment permanent d’interventionnisme mafieux. Chasser le fraudeur pendant que son épouse organise la dissimulation d’un fortune, ça vaut bien 2 démissions. Voire plus.

Pour l’heure, les seules poursuites judiciaires concernent «les gens de maison». Leur avocat déplore d’ailleurs une enquête « uniquement sur la nature » et non sur le contenu des enregistrements. Etonnant non ?

On apprend aujourd’hui que la Légion d’Honneur de Patrick Le Maistre a été remise par… Eric Woerth. Une simple coïncidence, une de plus.

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Grève et manifestations le 24 juin

Contrairement à la journée d’action du 27 mai, le projet de réforme des retraites est connu dans son intégralité. Nul besoin de sortir de St-Cyr pour se rendre de l’ampleur des sacrifices auxquels devront consentir les salariés pour faire revenir à l’équilibre un régime malade de la transformation d’une société soucieuse de la collectivité vers un système individualiste aux mains des marchés financiers. Un seul exemple : pour la majorité des femmes, la retraite complète s’obtiendra à 67 ans, pas avant, et seulement s’il est possible de travailler. Sacré progrès.

27 mai retraitesA la rigueur, ce n’est pas la nécessité même d’une réforme qui pose problème, mais les choix qui sont faits. Rien sur les diverses mesures d’exonérations, qui à elles seules équilibreraient le système, rien sur les cotisations non payées par l’Etat employeur, rien sur de vrais et authentiques mesures de lutte contre le chômage qui “produiraient” des cotisants, donc de la croissance… A la vérité, on a volontairement déséquilibré le système pour faire revenir à la Bourse l’immense pactole issu de la répartition inter-générationnelle qui pour l’instant lui échappe.

En fait, tout repose sur les salariés, déjà lourdement ponctionnés sur des postes vitaux comme l’alimentaire, le logement et l’augmentation continuelle de l’énergie… Et rien sur les revenus financiers, fruits de la spéculation sauvage et improductive, alors que c’est précisément là que réside la raison des dangereux déséquilibres…

La vrai raison de la réforme, c’est de réduire les pensions à un point tel que le recours aux systèmes individualisés, mais privés, soient indispensables… C’est le cas en allongeant la période de cotisation et en reculant le départ légal dans un tel marché du travail. On en arrive aux systèmes américains ou anglo-saxons, avec les scandales des retraites type Enron, retraites qui se sont purement et simplement envolées en fumée. Une vie d’épargne individuelle perdue, mais pas pour tout le monde. Ceux qui ont voté sur un tel programme ont-ils bien réfléchi ?

C’est tout ce que je ne veux pas. Et je ne suis pas le seul. Je sais trop comment tout cela va finir. Enron, subprimes, crises boursières, on est responsable de rien, mais on subit de plein fouet la crise, alors que les responsables de ce pillage continuent impunément leur agissements tout en infligeant aux Etats des plans d’économies drastiques.

Il est donc grand temps de réagir et tous ensemble. L’enfumage en règle avec la Coupe du Monde de foot, avec ses clowns bleus à pieds carrés et au vocabulaire à 300 mots, insultes comprises, s’étant dissipé, c’est le moment de prendre en main notre destin, car c’est bien de cela dont il s’agit.

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La grande illusion

C’est fait. Après une gestation assez inutile en somme, les choix du gouvernement en matière de réforme du financement des retraites ont été officiellement dévoilé ce mardi 16 juin. Après avoir fait semblant de rechercher un consensus avec les partenaires sociaux, après avoir laissé filer quelques infos dans la presse pour mesurer la résistance, le projet annoncé est conforme à ce qu’on peut attendre d’un tel gouvernement : injuste, inéquitable, et même de mauvaise foi.

reforme retraiteInutile de dire que du côté du pouvoir et du MEDEF, les sourires sont de mise. Tout est en place pour «un déficit zéro dès 2018» selon Eric Woerth, et Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, y voit une réforme «forte et réaliste parce qu’elle permet de sauver le système de retraite et d’être à l’équilibre en 2018 sans qu’aucune recette ne soit surévaluée». Rien n’est moins sûr. Quand on connait la capacité de prévision de ce gouvernement, notamment en préparant des budgets avec des taux de croissance fantaisistes, on ne peut que craindre de devoir à nouveau subir de nouvelles réformes dévastatrices…

Pour l’heure, celle dévoilée ne sauve rien du tout. Tout au plus, elle rassure les marchés financiers. Mais pour le commun des mortels, elle apparaît avant tout profondément injuste car elle fait supporter aux seuls salariés la quasi totalité de l’effort. La réhabilitation des vertus du travail prôné par l’ersatz qui nous sert de président n’a pas duré longtemps tant la disparité est grande entre l’effort demandé aux salariés notamment les plus faibles et celui consenti par les puissants et vrais nantis de la finance. Car l’allongement de la durée de cotisation, doublé du recul de l’age légal de départ, de surcroit dans un marché de l’emploi ou le chômage est une arme de gestion de la ressource, tout concourt en fait à baisser dramatiquement le montant des pensions de ceux qui se lèvent tôt, alors que les revenus financiers ne font, eux, qu’augmenter sans aucune justification…

Tout cela au nom de l’égalité. Mais de quelle égalité parle t’on ? En existe t’il entre un cadre d’une entreprise du CAC40 et d’un ouvrier en trois huits, une femme de ménage, une caissière au temps partiel imposé ? La vie courante, les perspectives d’évolution (le fameux ascenseur social), les moyens d’existence, l’avenir qu’on donne à sa descendance et l’accès aux études, l’espérance de vie, rien n’est comparable, tout est au désavantage des petites gens. Fini la pénibilité, fini la compensation pour les femmes ayant 3 enfants, fini un repos mérité au moment ou l’on peut en profiter, mais pas touche au régime très avantageux de nos chers parlementaires : 6000 euros par mois pour 21 ans de cotisation pour ceux qui font les lois, de clopinettes pour ceux qui les subissent, en travaillant 40 ans et plus au SMIG. Ca, c’est l’équité cher à l’UMP.

Il y a bien quelques mesures qui concernent les hauts salaires, les stocks-options, mais la ponction est tellement symbolique que cela frise le ridicule, juste de quoi pouvoir se payer une boite de cigare à 13.000 euros, le salaire annuel d’un bon tiers des foyers français. Cela fait bien plus de raisons qu’il en faut pour descendre dans la rue, notamment jeudi 24 juin, pour montrer que l’électeur sait aussi se faire entendre.

Je me demande si avoir subi ce mandat calamiteux peut être considéré comme une preuve de pénibilité.

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Ca fait tache

Le feuilleton dure depuis le 20 avril, et comme «les feux de l’Amour», on n’en voit pas trop la fin. Sauf que là, le sujet, et surtout les conséquences, sont dramatiques : le pétrole brut se déverse inéxorablement en mer en quantités astronomiques sans que quiconque puisse l’arrêter. Et les spécialistes (pas ceux de BP…) parlent de la fin de l’été pour parvenir à colmater les fuites.

Comment a t’on pu en arriver là ? Une catastrophe étant le plus souvent le résultat d’une suite d’incidents, il se trouve que dans le cas précis, elle résulte surtout d’un suite de manquements, d’erreurs, d’omissions et de mensonges.

plate-formeAvant que la plate-forme Deepwater Horizon ne sombre suite à une explosion le 20 avril, pas mal de signaux d’alerte étaient parvenus aux techniciens. Mais British Petroleum (BP), multinationale petrolière d’origine britannique, exploitant de la plate-forme, avait ordonné qu’on arrête pas la production. Résultat : 11 morts et le naufrage qu’on connait. Ensuite la fameuse électro-valve de sécurité. BP a fait l’économie de sa pose ou de son entretien, avec la fuite que l’on connait. Les quantités de pétrole brut déversées en mer ont été sciemment sous-évalué, et les solutions de réparation ont toutes lamentablement echoué, avec la pollution majeure que l’on connait.

Avec le Golfe du Mexique englué et plusieurs centaines de kilomètres de littoral souillé, les américains font l’amère découverte de la fragilité de l’écosystème. Jusque là peu sensible à cet argument, ils font part d’une rage bien compréhensible. Mais quelle aurait été leur réaction si cet «incident» s’était déroulé ailleurs, sur les côtes africaines par exemple ? Aucune ou si peu certainement, l’Amoco-Cadiz, l’Exxon-Valdès, l’Erika et consorts, c’est grave devant ses fenêtres… Ailleurs, on se donne bonne conscience en affichant quelques gestes de solidarité devant les caméras de télévision ! La com, ça compte, ça rapporte.

Tout ça pour quelques règles de sécurité non respectées. La sécurité, ça coute cher et fait baisser les dividendes. La faute aux dirigeant de BP, alchimistes fumeux ou tout ce qu’ils touchent se transforme en cash sonnant et trébuchant, au mépris de la planète et des hommes. Profit, production, performance, ça justifie tout… toujours plus d’avidité, de mensonges, de petits arrangements, avec le cours de bourse en ligne de mire. Mais BP n’est pas seul résponsable. La pression n’est pas qu’au fond de la mer, le marché, les actionnaires, la société de consommation, le capitalisme débridé, tout pousse à ce dépassement perpetuel des objectifs jusqu’au déraisonnable, et finit par broyer les hommes. Directement ou indirectement.

A défaut de solutions opérationnelles, BP dépense une fortune pour… acheter des mots-clefs afin de se refaire une virginité sur Internet. En pure perte. BP va payer, bien sûr, à en crever, sa valeur boursière attirant déjà quelques prédateurs boursiers. Dans les bayous de Louisiane, il n’y a plus de prédateurs, il ne reste plus, surnageant, que la folie des hommes.

Les dividendes, Dame Nature les trouvent indigestes.

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Nous jouons, vous jouez, ils gagnent

Je viens de faire une amère découverte : après avoir claironné sur tous les tons que la France ne travaillait pas assez, engoncé dans le carcan des 35 heures, que les loisirs prenaient trop de place et grevaient notre productivité, voilà que notre gouvernement se lève très tôt depuis quelques temps jusqu’à déployer une activité hors du commun pour promouvoir le jeu.

gagner en ligneLa France a en effet ouvert mardi son marché des jeux en ligne trois jours avant le début de la Coupe du monde de football, ce formidable évènement planétaire sportif, mais aussi économique et financier. Et pour certains rapaces, il y a bien mieux qu’une coupe à gagner en pariant tout simplement sur tout et n’importe quoi.

La libéralisation des jeux d’argent met fin à un monopole d’Etat datant de François 1er où seuls le PMU, la Loterie Nationale et les casinos, qui disposent d’un concession de service public, occupent le marché. La technologie a évolué et le marché du jeu aussi. A côté des jeux traditionnels, le jeu en ligne est estimé à près de deux milliards d’euros en 2011 pour trois millions de joueurs. Il y a là de quoi attiser bien des appétits.

Un petit tour sur internet permet de se rendre compte de la pléthore de sites prêts à vous plumer. Mais ils sont illégaux. Nos gouvernants, dans leur grande mansuétude, se sont donc employés à mettre en place un système qui vous plument légalement. Parce que du côté des gagnants, on trouve bien quelques joueurs, attirés par le mythe bien entretenu du gain facile qui vous fera passer de l’ombre à la lumière… Mais on trouve surtout les 17 opérateurs labellisés et l’Etat. Pour eux, c’est jackpot à tout les coups…

Personne bien sûr n’est obligé de jouer, mais les plus faibles n’ont pas beaucoup d’armes pour résister au jeu permanent, d’autant plus qu’il n’existe plus aucune distance avec le lieu du jeu. Pas facile de résister face aux offres de lancement et à l’envahissante publicité. Dans les commentaires de match sur TF1, la côte est rappelée toutes les dix minutes avec l’adresse du site de la maison, par ailleurs opérateur en ligne… Ce n’est pas pour rien que les pubs TV sont agrémentées d’un bandeau des plus explicites : “jouer comporte des risques : endettement, dépendance, isolement…” .

C’est donc une nouvelle “protection” des petites gens qui tombe, une nouvelle pompe à fric mise en place, un nouveau racket légal qui permettra d’affirmer sans bégayer qu’on augmente pas les impôts. Rien d’extraordinaire en somme, ce n’est que le programme annoncé, tout libéraliser, faire tomber toutes les entraves, tout ce qui protège, régule, sauvegarde…

A ce rythme, il faudra bientôt payer pour travailler.

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Pas clair le sénateur

Depuis l’avènement de Nicolas, dit «Le Grand», nous avons eu droit à de grandes avancées : le bouclier fiscal, le retour dans l’Otan, l’Hadopi, l’Edvirsp (remplaçant d’Edvige), une boisson à la taurine, très recemment les jeux d’argent sur Internet, toutes aussi utiles les autres que les unes. Dans le registre de l’indispensable loi vitale et super urgente, Jean-Louis Masson, personnage machiavélique, auteur en son temps de lettres anonymes contre… lui-même, sénateur non inscrit (en fait, viré de l’UMP) de la Moselle, est monté au créneau avec une proposition de loi pour «faciliter l’identification des éditeurs de sites de communication en ligne et en particulier des blogueurs professionnels et non professionnels». La Loi pour la Confiance en l’Economie Numérique (LCEN) définit déjà les droits en matière d’identification sur Internet, mais le sénateur veut y rajouter l’immense cohorte de bloggeurs «non professionnels» mais non moins locaces, pour lutter contre cette perversion grandissante qu’est l’expression de tout et n’importe qui sur tout et n’importe quoi sur la toile.

Quel besoin constant de légiférer sans arrêt et d’empiler les lois sans fin, de surcroit dans un domaine que notre sénateur connait fort mal ? Ce n’est pas un tare de ne pas savoir ce qu’est Twitter ou l’Ipad, comme récemment révélé sur RMC. Mais dans ce cas, sur quelle base Jean-Louis Masson a t’il voté la Loi Hadopi ? Comment peut-il juger l’opportunité d’une loi alors que l’anonymat sur Internet, du moins en France, est déjà très relative ? Sur simple injonction de justice, l’hébergeur ou/et le fournisseur d’accès à Internet a déjà obligation de fournir les élements d’identification. Alors, pourquoi ce texte ?

En fait, la fin de l’anonymat du bloggeur «non professionnel» est un moyen de réduire au silence 80% des blogs trop remuants pour nos politiques, tous ceux qui expriment ce que la presse malade ne parvient plus à dire car muselée par le pouvoir, étranglée par les annonceurs, menacée par les bailleurs de fonds par ailleurs copains du pouvoir… La fin de l’anonymat, c’est l’auto-censure, c’est le silence de l’expression de millions de gens, bloqués par le droit de réserve prévue par une profession, en raison de leur orientation sexuelle, de leur age, leur situation, tenus par leur employeur, etc, etc…. C’est aussi se mettre en danger quotidiennement en s’exposant aux intimidations, discriminations, représailles, coups de fil anonymes à 3 heures du matin, voire violences physiques… C’est surtout alimenter les fiches d’officines de renseignements qui enregistreront et extrapoleront sur tout ce qui a été écrit et exprimé. Pas glop !

Il s’agit donc bien d’une absurdité comme ne peuvent en pondre que des responsables politiques avides de leur pouvoir et de cette nécessité continue de tout contrôler. Absurde, et terriblement dangereux pour la liberté. Mais également très facilement contournable via un hébergement à l’étranger, un proxy… et là, on redeviendra totalement anonyme. J’ai personnellement fait le choix de m’identifier clairement, mais je comprends et partage ceux qui luttent pour maintenir cet indispensable protection de la vie privée que constitue l’expression sous pseudonyme. En attendant, pour continuer à faire face à la bétise, je vous invite à signer une pétition à l’initiative de quelques grands noms de la blogosphère sur www.wikio.fr/article/appel-defense-droit-anonymat-internet-190719788#news190719788.

Pour mon compte, le fichage est fait depuis belle lurette. Et vive les blogs.

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Des morts pour rien

Un nouveau compatriote tué, 3 autres blessés hier lors d’un accrochage avec des autochtones dans l’Est de l’Afghanistan, ces nouvelles font mal. Encore des jeunesses brutalement stoppées, des vies meurtries, des proches inconsolables. Je me pose beaucoup de questions sur l’utilité de cette intervention militaire si loin de chez nous.

Depuis 2001, cela fait 43 soldats francais morts en Afghanistan sur 1800 environ pour la cohalition, 245 pour la seule année 2010. Officiellement, il s’agit de lutter contre les taliban, fondamentalistes religieux purs et durs, et principaux pourvoyeurs de terroristes à travers le monde entier en emmenant dans ces contrées notre modèle de démocratie…

Noble tâche. Mais en quoi décide t-on de ce qui est bon ou pas pour eux ? Ils sont le berceau du terrorisme mondial ? Ils le sont devenus effectivement, mais les raisons en sont malheureusement assez simples. mondialisation, pensée unique, unilatéralisme, mépris voire despotisme, ils n’ont fait que trouver un moyen de se défendre, avec ceux dont ils disposent. C’est d’ailleurs ce qu’ils font, chez eux. Ils se défendent contre ce qu’ils considèrent comme un envahisseur. On en ferait certainement de même si un lointain voisin penetrait en arme sur notre territoire.

On ne fait pas le bonheur d’un peuple contre sa volonté. Même en destituant par la force un dictateur, à tort ou à raison, on ne peut imposer quoi que se soit aux peuples, de surcroit à la manière américaine. Et tenter de faire passer cette société tribale moyenageuse en une société de type occidental en aussi peu de temps, encadré par des gens en armes qui parlent au nom de la liberté, ça ne peut provoquer que des frictions, et du terrorisme… Que fait-on de leur liberté ?

A la veille du 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin, appel manifeste à la résistance et au don pour la patrie, toutes ces vies perdues dans le sable afghan me semblent bien inutiles. Mort pour qui ? Certainement pas pour la France. Quel gachis. Jamais ces gens n’abandonneront. Telle «l’armée des ombres» , leurs forces renaissent et harcèllent sans relâche… Il serait grand temps de rebrousser chemin. Il aurait mieux valu ne jamais y aller, mais encore aurait-il fallut oser dire non aux américains…

Le grand lobby des marchands d’armes n’abandonne pas, il encaisse.

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Auvergnat à problème

C’est la grande mode : l’ensemble du personnel de notre administration va bientôt subir une sensibilisation aux faits et situations de discrimination afin de lutter contre ce fléau humain et social. Je ne peux qu’être sensible à cette initiative, bien qu’en la matière comme pour beaucoup d’autres, cela fait un peu «politiquement correct» et ne va pas changer fondamentalement les choses.

En effet, l’immense majorité des personnes composant notre société vieillissante a tendance à consolider ses idées et ses certitudes plutôt que d’en changer. Pour chacun, le vécu, l’éducation, l’origine et statut social renforcent les opinions, les radicalisent parfois, ce qu’exploitent souvent certains partis politiques jusqu’à obtenir des clivages dangereux… Cette campagne de sensibilisation n’est peut-être pas inutile, mais ne viendra en rien modifier l’attitude des auteurs de violence conjugales ou d’attitudes racistes.

D’ailleurs, sur ce dernier point, notre Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux ferait bien de suivre cette sensibilisation, quoique pour lui, c’est un peu tard. Condamné à 750 Euros d’amende pour des propos qui ont largement franchi la ligne jaune, tenus lors de l’université d’été en 2009, notre ministre auvergnat pure souche s’est emmêlé les pinceaux en explications et justifications aussi loufoques qu’intolérables.

Encore une fois, un ministre n’est pas le commun des citoyens. Donneur de leçon bien plus qu’à son tour, pris en flagrant délit mais totalement décomplexé, Brice Hortefeux n’assume même pas ses dires, et a immédiatement fait appel de sa condamnation. Pour ce «grand républicain» selon Julien Dray, quel exemple ! Etre Républicain n’empêche visiblement pas ce racisme rampant, ce mépris de moins en moins caché, parfois même revendiqué. C’est vraisemblablement ce que l’UMP qualifie d’exercice sans tabou de la politique. Ecoeurant.

Alors cette sensibilisation, où on nous apprendra à ne plus se moquer des blondes, des nains, des grands, des jaunes, des bleus, etc, etc… ça ne me fait plus rire du tout. C’est du grand n’importe quoi puisque même notre Ministre de l’Intérieur ne respecte rien, ni personne… De toute manière, pour expulser une famille avec enfants en bas age ou malades, il ne faut rien respecter, et surtout ne faire preuve de la plus élémentaire once d’humanisme. Ce qui compte : les chiffres, les mots, et la carrière.

Heureusement au bout du compte qu’il est possible d’obtenir quelques tranches de vie par la bande. Enregistrements ou vidéos à la dérobée, ils révèlent des facettes méconnues, la vrai nature des femmes et des hommes qui nous gouvernent.

Sachons simplement nous en rappeler le moment venu.

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