Quelle dégaine !

«Vacances, j’oublie tout !» s’exclame le quidam, pressé par le rythme harassant d’une société qui va trop vite. Une pause est nécessaire pour calmer les esprits, reposer les corps et faire oublier un temps les affaires sensibles et celles qui fâchent. Ce n’est cependant pas le cas de tout le monde. Devant le remaniement gouvernemental promis pour l’automne, il y en a qui se démènent et préparent le terrain, les appels du pied étant aussi peu discrets qu’un nez au milieu d’un visage.

Ainsi, outre le destin tragique, mais ô combien prévisible de Michel Germaneau, abandonné à son sort mais que je n’oublierai pas, ce qui a retenu mon attention cette semaine est la manoeuvre et les déclarations de David Douillet, manifestant assez ouvertement son intérêt pour le poste de Secrétaire d’Etat aux Sports qu’occupe Rama Yade. «Si on me le proposait, j’accepterais», a t’il reconnu dans un entretien paru dans le journal Var Matin. «Mon ambition est de servir l’intérêt général. Ma satisfaction : contribuer à faire avancer quelque chose ou améliorer le système». Rien que ça.

Athlète émérite, palmarès XXL, porte serviette de Bernadette dans sa tournée de ramassage des pièces jaunes, Douillet, en combattant aguerri, a vite compris comment et auprès de qui se placer. Sauf qu’en politique, c’est un bleu, et on ne brigue pas aussi vite un poste ministériel, avec si peu de pratique politique. Sur ce plan, il doit davantage travailler sa vitesse de jambes et sa présence, justement, dans les travées de l’Assemblée Nationale, où il brille par son absence. Difficile ainsi de progresser, à moins que cela ne soit inné.

Le plus choquant, finalement, venant d’un sportif, c’est que Douillet flingue dans sa propre équipe… Se placer dans la roue, montrer le maillot, porter les bidons, s’échapper au bon moment, pas de doute, il se rappelle des fondamentaux. Mais la politique, c’est pas du sport. Il y est plutôt conseillé de tricher, de tirer le premier, sinon on est mort. Avec son mentor, Jacques C., il apprend vite. Donc il se place, il se montre, et écrase lourdement les membres de sa famille. Chef, Chef, regardez comme je nage bien…

Un sportif de sa carrure au gouvernement, en charge du sport, pourquoi pas, mais pour quoi faire ? Un secrétaire d’Etat aux Sports, franchement, ça sert à quoi ? Avec Douillet en plus, qui veut «contribuer à faire avancer quelque chose ou améliorer le système» ? Il avait personnellement de quoi faire, lors des JO de Pékin, en pleine période de répression des Tibétains, avec le fameux badge comme rappel du respect que chacun doit aux droits de l’Homme. Et il s’est finalement écrasé comme tout bon politique devant la raison des marchés et de l’argent… Ipon.

S’agiter, s’agiter, il en restera toujours quelque chose.

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Voter pour quoi ?

Nous peinons tous à comprendre comment vivent les peuples privés de liberté, quelle qu’elle soit. Au besoin, quand cela l’arrange, l’occident fait donner la troupe et installe à coup de bottes son modèle de démocratie, dont le symbole ultime est l’existence d’élections : on vote, donc on décide, on maitrise son destin, donc on est libre. C’est aller un peu vite en besogne.

Cela pourrait évidemment être vrai. Un peuple souverain, les grecs en ont parlé il y a bien longtemps. Mais ce qu’ils ont qualifié alors de «démocratie» est aujourd’hui passablement galvaudé : nul besoin de sortir de la cuisse de Zeus pour comprendre que cela fait bien longtemps que le peuple ne décide plus rien. L’Histoire, en perpétuel mouvement, vient donner assez récemment un nouvel éclairage de la manière dont on traite la «vox populi» du moins dans notre beau pays. En fait, c’est valable à peu près partout…

Jusqu’alors, on élisait un président, des représentants, députés, conseillers généraux (et pas les cantonniers), régionaux, des conseillers municipaux (et pas le maire), parfois aussi quelques personnalités dans les associations, syndicats et autres clubs sportifs. La grande nouveauté depuis peu, c’est qu’on se met à voter dans les entreprises, pour garder son emploi…

«Voter, c’est s’exprimer» ou encore «ne laissez pas les autres décider pour vous» entend t-on. Bien plus jeune, je voyais dans cet acte de choix, l’expression de mon avis réfléchi, un geste de liberté et de responsabilité, un devoir de citoyen. Aujourd’hui, je n’en suis pas sûr du tout. Cela s’apparente de plus en plus à donner un chèque en blanc à un individu dont on ne connait que ce que les agences de communication en montrent. Les programmes, les projets, la chose publique, ça passe forcément après les égos et les intérêts personnels. En clair, l’alternative qui nous reste, c’est celle entre la peste et le choléra.

Car comment évoquer autrement le choix proposé aux salariés de Général Motors à Strasbourg mi-juillet ? 70 % des salariés ont «librement choisi» de renoncer à leurs droits pour simplement espérer garder leur boulot. Et encore, une fois le vote obtenu, ils ont constaté que le document contenait une nouvelle clause, inconnue au moment de la consultation… Très fort, le concept. Depuis 2004, d’autres entreprises ont mené de pareilles méthodes : soit abandonner les RTT, les primes, les heures sup, voire même une partie du salaire, soit on ferme, on délocalise. Certains y ont cru. Quelques emplois ont été préservés, mais aujourd’hui, cela n’empêchent pas la plupart de pointer au Pôle-Emploi. Et les grands démocrates de multiplier leurs profits.

Alors, pourquoi faire voter ? Je ne peux que me rappeler que la voix souveraine du peuple rejetant la constitution européenne en 2005, à 55 % tout de même, a été bafouée, foulée aux pieds, écrabouillée, renversée, finalement ignorée… en faisant revoter la représentation nationale, la soi-disante voix de français, la voix de copains, ou plutôt des coquins… Comme la pub du Canada Dry, ça a un goût de démocratie, mais ça n’en est pas, et de loin. La liberté, c’est ça, ils font ce qu’ils veulent.

C’est un peu nihiliste comme pensée, mais pas tant que ça, car je suis convaincu qu’il faut aller voter, qu’il faut s’exprimer. Entre temps, il est bon de se rappeler au bon souvenir des élus en allant faire un peu de bruit dans la rue, afin de leur rappeler que le petit peuple, électeur par ailleurs, observe et juge ses élites responsables, et que la sanction peut tomber à tout moment. Le pouvoir, finalement, n’est que concédé, et il ne tient qu’à nous de reprendre la main. Solidairement.

Le 7 septembre, ça me semble être une bonne date.

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200 jours sans liberté

Je ne serai pas très original aujourd’hui, mais j’avais envie de dire que je pense à Stéphane Taponier, Hervé Ghesquière et à leurs trois compagnons de route, otages d’on ne sait qui, otages on ne sait pourquoi, otages de la bêtise humaine depuis 200 jours quelque part en Afghanistan. Reporters pour le magazine « Pièces à conviction », ils sont retenus dans l’exercice de leur métier : nous informer et nous ouvrir les yeux sur le monde et sur les autres.

Vaste programme, un bien beau métier, mais terriblement dangereux. Aller là où personne ne va plus, voir et témoigner de ce qui ne doit pas se savoir, bousculer les puissants et les influents indélicats, cela dérange. Anna Politkovskaia, journaliste russe particulièrement virulente envers le pouvoir de son pays, l’a payé de sa vie. Un peu partout dans le monde, d’autres croupissent en prison. Le journaliste est un maillon indispensable dans la grande chaine du respect de la liberté. Aujourd’hui, Hervé et Stéphane en sont privés comme avant eux Jean-Paul Kauffmann, Philippe Rochot, Georges Hansen, Aurel Cornéa, Jean-Louis Normandin, Roger Auque, Christian Chesnot, Georges Malbrunot et Florence Aubenas. Ils sont tous revenus. Pour chacun, un grand mouvement de soutien populaire montrait au monde, donc aux ravisseurs, qu’on oublie personne et qu’on ne lachera rien avant que les captifs aient retrouvé la liberté.

Il n’est pas journaliste, mais retenu tout de même dans le Sahel depuis le 19 avril. Michel Germaneau, retraité de 78 ans, membre d’une petite association d’entraide aux enfants du Niger, est aux mains de ravisseurs islamistes qui le menacent de mort avec un délai très court. Et là, il y a bien peu de médiatisation. Maintenant, ce serait bien de ne pas oublier Michel au cours des différentes manifestations de soutien.

Et en France, d’éviter de traiter les journalistes de fascistes.

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Ouf, Van Bommel n’est pas champion du monde

Ca y est, la Coupe du Monde de foot remballe ses vuvuzelas. La FIFA ramène son jack-pot dans ses coffres en Suisse, laissant désormais l’Afrique du Sud à sa souffrance, loin des projecteurs médiatiques, déjà braqués sur d’autres choses brillantes. La finale de cet événement planétaire, le seul à pouvoir modifier le moral d’un pays entier dans de telles proportions, me laisse toutefois, en tant qu’amateur et pratiquant de ce sport, un goût désagréable.

J’ai bien parlé de sport. Mais cette finale m’a furieusement fait penser au triste 8ème de finale de la Coupe du monde 2006 entre les Pays-Bas et le Portugal où pleuvaient cartons de toutes les couleurs, coups et gestes d’une brutalité insensée jusqu’à parler de « contrat » sur certains joueurs… De ce combat au sens propre émergeait un joueur, celui qui avait ouvert les hostilités et les entretenaient : Mark Van Bommel.

33 ans, 63 sélections, ce milieu défensif qui confesse volontiers que «le foot n’est pas un sport de danseuse», s’est systématiquement fait remarquer tout au long de sa carrière par sa remarquable capacité à la provocation, par une absence totale de fair-play – une valeur d’un autre temps – et par un engagement d’une rare agressivité, à l’image de son geste sur Iniesta à la 22ème minute de la finale. Comment Van Bommel a t-il pu finir ce Mondial sans carton rouge au vu de ses «prestations», et ce malgré le durcissement arbitral propre à ce genre de compétition ?

En fait, rien n’est laissé au hasard, tout est optimisé, jusque dans le respect de certains usages, comme rendre un ballon volontairement mis en touche pour permettre de soigner un joueur blessé. Le batave, en pareil cas, s’arrange pour rendre le ballon dans une portion de terrain mettant l’adversaire en difficulté, et joue théâtralement l’étonné quand on le lui fait remarquer. Quel talent.

Grand spécialiste de la destruction, au besoin de l’adversaire, et de la faute «utile» à 40 mètres et si possible grossière pour déstabiliser, provoquer et le faire déjouer, Van Bommel est finalement à l’image de la société actuelle : déterminé, efficace dans son style, mais aussi truqueur, tricheur, profiteur, arrogant, grand gueule… En faisant preuve d’aussi peu d’humanisme et de respect des autres, réussir dans son entreprise dans de telles conditions m’apparait foncièrement anormal et injuste. Van Bommel champion du monde de foot, c’est un peu comme un petit immigré hongrois agité et plein de tics président de la République Française  : c’est totalement aberrant. Quand tout cela est doublé, aux dires de ce dernier, d’un rétablissement d’une certaine morale, on en arrive à un écoeurement grandissant, et l’histoire risque bien de finir aussi brutalement qu’un tacle à la hauteur de la carotide…

Pour l’heure, le foot est fini, mais pas les affaires qui secouent notre démocratie. Il est grand temps de mettre la vuvuzela électronique (la télé) en vacances, de se protéger de la chaleur et d’échapper un temps à cette puanteur institutionnelle… Alter-Oueb, durant cette période estivale, va réduire un peu la fréquence des billets, et souhaite à toutes et à tous de très agréables vacances.

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Tomber la chemise

Les hommes politiques ont cette constante quasi absolue de ne rien varier dans les idées qu’ils expriment, et aucune argumentation quelle que soit sa pertinence, ne parvient à les faire dévier de leur ligne. Mais depuis quelques temps, on observe ça et là des revirements assez impressionnants dans les rangs pourtant bien tenus de l’UMP, sur le dernier sujet à la mode : la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet, mieux connue sous le fameux sigle HADOPI.

Alors que le volet répressif de cette Loi se met doucement en place, de nombreux députés de l’UMP prennent leur distance avec ce texte qu’ils ont pourtant défendu et voté avec une rare apreté. Jean-François Copé, sans rire, s’explique : «j’en percevais déjà les faiblesses. Maintenant, j’ai évolué sur cette question mais il fallait protéger le droit d’auteur. De même je suis conscient que les technologies sont plus rapides que les politiques. C’est une énorme remise en question quand on voit comment une information se diffuse depuis un site Internet, cela amène une réflexion sur la vérification de l’information par exemple».

Voilà un sacré retournement de veste, chemise comprise, de la part de cet habitué des effets de manche. Particulièrement pugnace à expliquer qu’il fallait défendre les faramineuses rémunérations des artistes, des maisons de production, qui au passage n’ont rien fait pour mériter autant d’argent (gagner plus sans travailler), et surveiller tous ces internautes, dangereux délinquants en puissance, voilà qu’il se rend compte que le dispositif est incapable d’appréhender massivement les pirates, et que le dispositif est couteux et finalement inefficace…

C’est pourtant pas faute d’avoir agité de simples arguments de bon sens. Pas mal d’institutions dont la CNIL, l’ARCEP, le Conseil d’Etat, et la quasi totalité des spécialistes du web ont signalé toutes les incohérences de cette Loi. Pourquoi les députés UMP l’ont-ils voté alors qu’«ils en percevaient déjà les faiblesses» ? Qu’ont ils voté alors qu’on sait maintenant que certains n’y connaissent absolument rien en la matière ? Ce ne doit d’ailleurs pas être la seule votée dans de telles conditions.

Le petit monde du web doit rester vigilant, car même victime d’un sérieux coup de chaleur, HADOPI contient des dispositions assez intrusives donc liberticides en matière de contrôle des flux des internautes. Quant aux ayants-droits, ils ne lâchent pas prise, et tentent notamment de démontrer un possible lien entre le débat sur le piratage et celui concernant la neutralité d’Internet, c’est à dire toutes les questions relatives à son contrôle. Sur ce point, la menace est réelle et «Big Brother» dans les box n’est plus un fantasme. C’est d’une brulante actualité.

Un peu tout et n’importe quoi, et la chaleur n’excuse pas tout. En tout cas pas Frédéric Lefebvre, porte parole patenté, commentant les méthodes d’extrême-droite d’un webzine d’information avisé aux mains d’un dangereux trotskiste.

Cherchez l’erreur.

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Et 1, et 2… et 3 zéros

Je croyais naïvement ce début juillet plongé comme à l’habitude dans une torpeur saisonnière, les vacances ayant couvert le bruit de la rue et les actualités footballistiques. Mais le monde politique, avec ce don si particulier et assez impressionnant de faire parler de lui quand on ne l’attend pas, vient de me tirer de ma léthargie estivale. Alors qu’un remaniement ministériel destiné à redonner une virginité à l’exécutif est annoncé pour octobre, 2 secrétaires d’Etat démissionnent brusquement.

La polémique ne cesse d’enfler autour du train de vie et de privilèges de certains membres du gouvernement, mais surtout d’implications dans des affaires mêlant la justice et le pouvoir jusqu’au sommet de l’Etat. On n’est plus vraiment dans le domaine du symbolique, «la petite négligence» selon Christian Blanc. Qui peut encore le croire ?

Jusqu’alors droit dans ses bottes, résistant avec pugnacité aux attaques de tous côtés, Xavier Bertrand justifiant même l’injustifiable, le gouvernement faisant front. Ces démissions surprises, quelles que soit la manière dont elles ont été obtenues le fragilise dangereusement. Pour sauver le soldat Woerth, la tentative de désamorçage consistant à larguer des seconds couteaux est ratée, et place maintenant le ministre (et quelques autres) en première ligne dans une position particulièrement instable.

Et chaque jour apporte de nouveaux faits. Ce matin, Médiapart relaye les dires de l’ancienne comptable de Lilianne Bettencourt, indiquant des mouvements de fonds (en liquide évidemment et sans traces directes) pour financer des campagnes électorales, notamment celles de l’actuel Président de la République. On comprend mieux l’absence de contrôle fiscal envers l’héritière de l’empire l’Oréal, qui aurait relevé de la goujaterie suprême.

Des affaires troubles, des privilèges, des luttes «à la limite» liées au pouvoir, il y en a eu de tous temps. Les diamants, les avions renifleurs, Elf, l’Angolagate, les emplois fictifs, Urba et le financement des partis, les frégates de Taiwan, Clearstream… et plein d’autres, sans parler des disparitions et suicides…

Mais là, on touche le fond. Ca tombe comme à Gravelotte. Dans un contexte si particulier où 45% des français resteront chez eux cet été en regardant les autres partir en vacances et les politiques s’agiter pour leur avion, cigares, permis de construire, patrimoine, ce n’est pas la démission de 1, 2 ou même 3 ministres qu’il faut, c’est l’ensemble de l’orchestre qui doit partir, et avec son chef, touché à lui seul par les affaires les plus graves : intervention dans le cours de la justice, intervention dans le monde des médias, saccage des institutions, saccage des solidarités jusqu’à redistribuer 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal à un contribuable légèrement dans le besoin, et dont le patrimoine n’est pas le fruit de son travail puisque hérité… Il est urgent d’arrêter toute cette cacophonie au plus vite.

La grande musique ne sied qu’aux grands chefs.

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Carrément timbrés

Ce matin, je suis tombé sur un article du Figaro (et oui, je lis même le Fig) qui commentait un projet de rapport de la Cour des Comptes sur les services postaux français. Sous le titre «La Poste : un service public face à un défi sans précédent, une mutation nécessaire», la Cour des Comptes fait état d’un certain nombre de difficultés, parlant même de handicap pour retrouver une rentabilité conforme à ce qu’attendent les marchés financiers…

Cela pourrait ressembler à une nouvelle attaque d’un service public. Mais à la lecture, il faut bien reconnaitre, en tant qu’usager, que les griefs portés par les Sages de la rue de Cambon n’est pas tout à fait injuste. Qui n’a jamais pesté devant un service déficient, dans une file d’attente interminable, face à des guichets inoccupés ? Délai et qualité de distribution, attente aux guichets, sous-équipement chronique, trop de bureaux, trop de personnels, et je ne peux m’empêcher de faire une analogie avec ce qui se passe dans ma propre administration tant le constat et les causes sont identiques.

Vous le savez, je suis fonctionnaire dans une administration en pleine fusion. Disons le d’emblée, dans tout service public, le petit personnel ne décide rien. Il se plie et subit autant que les clients, contribuables, usagers (c’est selon) l’ensemble des réformes et restructurations qui sont décidées, et c’est au guichetier d’encaisser tous les reproches souvent justifiés.

Les reformes, c’est les hauts dirigeants qui les font, le plus souvent sans la moindre connaissance du terrain. Nul besoin de le connaitre d’ailleurs, puisqu’il y a une idéologie à promouvoir. La plupart du temps, les mesures prises augmentent les difficultés d’accès au service, notamment en supprimant du personnel, et en complexifient les procédures. Par contre l’organigramme s’allonge, surtout dans le haut…

Une des causes des dysfonctionnement de nos services publics et non des moindres est la multiplication de la hiérarchie et la dilution des responsabilités. Dans mon administration fusionnée, tous les «chefs» à haut revenus sont casés, les coupes étant faites dans les rangs des «besogneux» à 1800 euros en fin de carrière, ceux qui mettent les mains dans le cambouis tous les jours un peu plus profondément et qui font avancer le schmilblick, ceux-là même qui simplifieraient sans peine cette jungle réglementaire que seuls des énarques peuvent pondre, mais qu’on n’écoute jamais.

Pire, en dégradant constamment leurs conditions de travail, on finit par leur expliquer que leur travail est finalement inutile, que la mission ne correspond plus à l’évolution de la société, que les nouvelles technologies doivent remplacer l’humain, que la fréquentation est en baisse, et qu’ils coûtent chers à la Nation, rien que ça… C’est l’organisation de la désorganisation volontaire.

Le client, usager, contribuable, subit au point de demander lui-même la mise en place d’opérateurs privés… La mercantilisation des services fondamentaux d’intérêt général produits par l’Etat m’est insupportable. Elle contribuera à affaiblir encore plus les plus vulnérables, mais ça, le monde libéral n’en a que faire.

Même les miettes, la WorldCompany tient à les ramasser.

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Grand apéro-retraites

L’apéro-retraites organisé le jeudi 1er juillet à l’appel du comité du Rhône de l’appel « Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites » a réuni un peu plus de 200 personnes sur la place des Terreaux. Dans une ambiance conviviale, autour d’une table improvisée et sa superbe nappe à carreau, les convives ont partagé cacahuètes, rosé bien frais et informations sur la réforme des retraites.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=_vYqG9Du4qQ[/youtube]

La question des retraites est celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Nous appelons à une vaste mobilisation citoyenne pour stopper cet engrenage.

Durant tout l’été, les manifestations se poursuivront. Le prochain rendez-vous est fixé au mercredi 7 juillet, de 12 à 14 heures, devant la Bourse du Travail, place Guichard (Lyon 3ème arrondissement).

Plus d’info sur le blog du collectif69 : http://exigences-citoyennes-retraites-69.over-blog.com/.

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