Les mollahs mollissent

Le blogueur blogue pour s’exprimer. Ca semble évident, comme ça, à première vue, mais ce n’est pas si simple, car ce qui plait au blogueur ne plait pas forcément à tout le monde. En France, c’est cool. On est pour un temps encore à l’abri du filtrage, mais avec les dangereux délinquants du web, Hadopi, la sécurité du territoire, bla bla bla, le neutralité du net risque bientôt de prendre du gros plomb dans les routeurs. En Iran, c’est bien plus simple : si ça ne plait pas, c’est 19 ans et demi de prison…

C’est la peine infligée à “Hoder”, un blogeur irano-canadien. De son vrai nom Hossein Derakhshan, 35 ans, ce précurseur surnommé le «père du blog iranien» a été arrêté en novembre 2008 et reconnu coupable d’avoir collaboré avec «des Etats ennemis», de «propagande contre le système islamique», et d’«encourager des cellules contre-révolutionnaires et d’insulter les saintetés islamiques». La justice iranienne lui reproche surtout ses chroniques tirées de ses voyages en Israel sous passeport canadien. Montrer aux 2 peuples irréductiblement ennemis qu’il est possible de se parler, de s’entendre, d’apprendre des autres, de partager, quelle faute !

L’Etat iranien ne reconnait pas sa double nationalité et reste sourd à toute demande d’explication ou d’aide consulaire. A Paris, c’est Reporters Sans Frontières (RSF) qui est monté au créneau : «Jamais une peine aussi lourde n’a été prononcée contre un blogueur en Iran. Cette affaire montée de toutes pièces montre la volonté d’une partie du régime de faire de Hossein Derakhshan un exemple». L’organisation affirme d’ailleurs que le blogueur était «rentré en Iran avec l’assurance de proches du président qu’il ne serait pas arrêté». Encore une promesse qui n’a engagé que celui qui y a cru.

On en est pas encore là chez nous. Mais au rythme ou vont les choses, à tirer sur la corde sécuritaire à tout va, à force de baser sans cesse les réformes actuelles sur ce qui se fait à l’étranger, je me pose bien quelques questions. Des personnalités politiques de premier plan ont bien traités les journalistes de nazis et les blogueurs d’irresponsables, et quelques hommes d’Etat trouvent normal d’expulser une population sur le seul motif qu’elle appartient à une communauté partculière. La seule pensée furtive qu’une poignée de nos décideurs approuveraient de sanctionner, à l’iranienne, des blogueurs trop percutants me fait froid dans le dos. Les mentalités, même les plus infâmes, évoluent vite et de manière totalement décomplexées. Quel progrès !

Les iraniens, eux aussi, font des progrès, Il y a peu, Hossein aurait déjà été exécuté.

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Du rififi chez Oracle

Ca grogne de partout, même dans la sphère informatique, en apparence lisse et policée. La guerre que se livrent les éditeurs de logiciels et le monde de l’Open-Source fait rage plus que jamais. Dernière illustration, le très récent divorce entre Oracle, firme multinationale commercialisant un système de bases de données, et la communauté des développeurs d’OpenOffice.org (OOo), suite bureautique du monde du logiciel libre, qu’Oracle a récupéré en rachetant la société Sun Microsystems en avril 2009.

Dans la communauté du logiciel libre, ce rachat a suscité bien des inquiétudes. Oracle n’est pas vraiment réputé pour soutenir la cause du code libre (le fameux open-source) et la notion de partage, code comme bénéfices, lui est totalement inconnue. Mais surtout, cet éditeur opère dans le secteur fort lucratif des systèmes de gestion de bases de données et ne cache pas vouloir se lancer dans la commercialisation d’une suite bureautique en technologie propriétaire… Oracle et OOo, c’est un peu le chat et la souris, ça ne peut pas cohabiter. Outre OpenOffice.org, les logiciels et projets libres récupérés, dont Mysql, autre gestionnaire de base de données, ont tout simplement vocation à être enterrés, en silence.

C’est sans compter sur la réactivité de la communauté du monde libre, et des formidables possibilités de partage que confère la licence GNU/GPL. En réponse au massacre d’OpenSolaris, autre logiciel récupéré de Sun, les développeurs historiques ont simplement copié OpenOffice.org en le renommant temporairement LibreOffice, qui continuera désormais à vivre “indépendamment de toute société”. Oracle a juste été invité à céder la seule chose dont elle est réèllement propriétaire : le nom «  OpenOffice.org« .

Ce clash fait causer dans le landerneau du monde libre. Ca n’a pas été le cas pour les autres projets libres récupérés par Oracle. Mysql, logiciel mondialement répandu sur les serveurs web, s’est “ejecté” de sa prison sous le nom de MariaDB juste après le rachat de Sun. Quant à OpenSolaris, la grande victime, litteralement abandonné, il est revenu à la vie le 14 septembre sous le nom de OpenIndiana. Reste le cas de Java. Libre, mais jusqu’à quand…

Pour LibreOffice, les dissidents ont blindé leur opération en se prémunissant contre les possibles attaques d’Oracle, en utilisant simplement les termes de la licence GNU/GPL. Cela prouve que le monde du logiciel libre est mature, qu’il sait se protéger et s’échapper quand le danger le guette. Cela prouve surtout qu’il reste ici bas, encore beaucoup de monde pour échanger et partager. Même sans faire de bruit.

C’est plutôt rassurant non ?

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Un 2 octobre monstrueux

Ainsi, au lieu d’aller dans la verte campagne en quête de champignons pour agrémenter l’omelette du soir, on ira battre une nouvelle fois le pavé avec vuvuzelas et banderoles pour manifester notre opposition à cette réforme des retraites. La seule nouveauté, c’est qu’on le fera en famille, et avec tous ceux qui ne peuvent exercer leur droit de grève. Parce que dans notre grand pays de liberté, se mettre en grève se paye cash, direction Pôle-Emploi…

Dans ces conditions, un grand mouvement, une déferlante populaire, pourquoi pas ? Car bien avant la fin des cortèges, le 23 septembre, grâce à un savant comptage dont il a le secret, le gouvernement se gargarisait du nombre réduit de manifestants, en proclamant que “les Français ont compris qu’on ne pouvait pas faire autrement». Désinformation, quand tu nous tiens…

Pour ma part, j’ai plutôt la nette impression que les français ont compris où cette réforme allait les mener : beaucoup continueront à se priver, à compter plus que de raison, à trimer à l’usure, à renoncer à se soigner ou à poursuivre des études, à se bagarrer pour ne pas finir le mois le 15. Chacun a compris que ce qui restera de retraite, c’est peau de chagrin après une vie passée, entre travail harassant et accidents de la vie, à enrichir les pensionnaires du CAC40, leurs soutiens politiques, et maintenant les riches des pays pauvres. Chacun s’est rendu compte du déséquilibre dans la répartition des fruits du travail, entre les exécutants, les donneurs d’ordre et les bailleurs de fonds, et on ne peut qu’être écoueuré devant la misère grandissante que ce monde produit et entretient. Mais on continue de faire peser la charge des réformes sur les seuls salariés. Pendant ce temps, Mamie Zinzin entasse.

Samedi, il n’y aura pas la pression du patron, pas de retenue de grève, pas de grève des transports empêchant de rejoindre le lieu de manifestation. Surtout, ne nous y trompons pas : c’est la dernière occasion de montrer significativement notre opposition à ce texte qui va nous couter tous très très cher dans quelques années. Je ne veux pas que mes enfants me rappellent que notre génération a laissé faire une telle chose. Ne ratons pas cette occasion. Et puisque la guerre des chiffres fera encore rage, ridiculisons une fois pour toutes les menteurs et les fossoyeurs des solidarités en manifestant toutes et tous, partout, en famille, avec vos amis, vos voisins et vos collègues ce samedi 2 octobre !

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Colère en hausse

Un peu plus de 2 semaines après s’être copieusement mouillé, les lyonnais ont remis ça sous le premier soleil de l’automne et sur un parcours un poil rallongé. Il n’y a évidemment rien à attendre des comptages quels qu’ils soient, mais dans le monde boursier, on dirait que l’action est “portée par un mouvement sous-jacent puissant puisque la consolidation de l’impulsion haussière s’effectue dans un canal ascendant”. Vous avez compris ?

Peu importe, mais pas tout à fait, parce que c’est bien avec ce genre de jargon que le monde se dirige aujourd’hui. C’est l’activité la plus lucrative du moment, celle qui fait, entretient et développe les fortunes. Tout n’est pas fictif, les caisses publiques sont vides, mais les sous, les vrais, tombent bien dans les bonnes poches. La grande finance échappe totalement à toute réforme, elle ne participe à aucun financement social. Si l’on ponctionnait ces profits exorbitants au même niveau que ce que vont subir les salariés pour sauver les retraites par répartition, il n’y aurait plus besoin de réforme…

C’est en partie ce que j’ai entendu ce matin dans la manif de Lyon. Un superbe cortège, incontestablement plus long, plus dense, plus bruyant. La différence avec le 7 septembre, c’est la montée, un bon cran de plus, du mécontentement général, de l’opposition au démantèlement des protections sociales, de hostilité envers des mesures drastiques, à l’utilité douteuse, basées sur des mensonges, décidées par des privilégiés à l’encontre des plus faibles… J’y ai vu également un nombre bien plus important de femmes, les grandes victimes. Pour la plupart, pas de discussion, ce sera 67 ans, vraisemblablement plus dans quelque temps…

L’Elysée n’a pas attendu la fin des manifestations pour pavoiser. Face à ce qui pourrait passer pour de l’humour noir ou de la provocation, les syndicats parlent de “pari gagné”. Aujourd’hui, rien n’est gagné. L’un comme l’autre jouent un jeu dangereux et plutôt convergeant, celui de voir la contestation s’amplifier, se radicaliser en échappant à tout contrôle, en rejetant des organisations syndicales, trop sages, trop complaisantes, à l’action molle. Il doit rester quelque chose dans les caisses de l’UIMM…

Une nouvelle manif, un samedi ou tout autre jour, ne changera plus rien du tout. On a à faire à des autistes. Face à une réforme aussi structurante, aussi défavorable aux classes moyennes, je ne parle même pas des classes populaires, le seul moyen possible pour faire reculer les boeufs, c’est une grève générale massive… Chiche. Mais quelle que soit l’issue, il faut se rappeler que la démocratie s’exprime utilement dans les urnes. Tâchons de nous en rappeler dans 18 mois.

Je propose de donner au président une retraite anticipée.

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Rien n’est joué

C’est une nouvelle semaine cruciale. Bien que le texte sur la reforme des retraites soit approuvé par l’Assemblée Nationale en muselant l’opposition parlementaire, la pression ne faiblit pas. Le gouvernement martelle ses arguments sur la nécessité de la réforme, et la rue se prépare à manifester à nouveau le jeudi 23 septembre.

Certaines centrales syndicales durcissent le ton et demandent le retrait pur et simple de cette réforme. La finalité du mouvement m’apparait un peu différente. Il est incontestable, avec l’allongement de la durée de vie, que beaucoup de choses ont changé et que le système actuel ne peut perdurer, du moins en l’état. Mais ce qui a également évolué, c’est que le niveau des rémunérations du travail est historiquement bas alors que celui des profits est extraordinairement élevé. Mais ce point n’est bizarrement pas pris en compte.

Tout a été dit, répété, martelé sur les tenants et les aboutissants d’un texte rédigé dans la plus pure tradition idéologique par l’Elysée, et défendu à la lettre par l’UMP sans même chercher à en comprendre les conséquences pour les smicards, travailleurs pauvres, précaires, mais aussi toute cette France qui se lève tôt. Pour ces députés, c’est un univers inconnu, un autre monde qui travaille toujours plus pour un peu moins à chaque fois, en sacrifiant les acquis les uns après les autres, en courbant le dos encore plus bas, en s’usant jusqu’à la corde jusqu’à ne plus pouvoir profiter, que dis-je profiter, vivre une retraite digne… C’est bien ça, les exigences du marché.

Une réforme est nécessaire. C’est incontestable. Pour moi, elle doit être faite pour capter cet énorme pactole produit, volé, c’est selon, par la grande finance. Avec tous ces milliards détournés de l’économie réelle, aucun problème d’avenir des retraites. Mais ce n’est pas tout. La réforme est nécessaire pour que tous, députés, sénateurs, ministres compris soient logés à la même enseigne. Pourquoi imposer de tels reculs sociaux et conserver soi-même, en tant que décideur, un régime exorbitant de privilège ? Voilà notamment ou réside l’injustice de cette réforme. Et sur ce point, je ne suis pas près de lâcher.

Le 23 septembre, c’est d’amplification dont on a besoin. La grande majorité des français sont hostiles à cette réforme régressive. Ce gouvernement ne connait que le rapport de force. Ce n’est pas un nouveau mouvement social, mais un grand coup de boutoir qu’il faut produire, qui fera date, tous ensemble, tous unis, tous solidaires. S’il y a bien une manif à faire dans une vie, une seule, aucun doute, c’est celle là.

La bataille est longue, mais la guerre n’est pas finie. Les proches du pouvoir, la bande de copains du CAC40, les économistes du coté libéral, le côté obscur, tentent par tous les moyens de faire croire à l’inéluctabilité de la chose. Mais rien n’est joué, tout reste à faire. L’opposition parlementaire est muselée, pas la rue. Et à ce niveau de mensonge, d’affairisme, d’inhumanité et de bêtise, je battrai le pavé avec plein d’autres pour hurler jusqu’au retrait de ce gouvernement et de son gourou miniature qui déshonorent la France et ses valeurs.

Carla a eu une extinction de voix, il ne pleuvra pas, cette fois.

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L’épreuve de la rue

Alors que je déambulais entre les stands du forum des associations du 3ème arrondissement de Lyon ce samedi pour faire connaitre mon Alter-Oueb, j’ai fait une bien curieuse rencontre : le député du coin. Quelle chance, me suis-je dit, un représentant du peuple, qui vote les Lois en son nom, quel privilège, surtout qu’il est plus facile, finalement, de côtoyer un joueur de foot de l’OL qu’un élu de la République. C’est décidément un jour de veine.

Je m’étais arrêté au stand de l’association France-Roumanie où j’y ai aperçu une connaissance amie, et bien évidemment, on se désolait de l’actualité brulante de la communauté Rom quand Monsieur Dominique Perben est arrivé à notre hauteur. Avenant, en tenue décontractée, sourire de circonstance, l’ancien maire de Chalons-sur Saône, ancien député de Saône-et-Loire, ancien Garde des Sceaux, plusieurs fois ministre, battu à plate couture dès le premier tour aux dernières municipales de Lyon et actuel député UMP de la circonscription, il a salué tout le monde. En s’adressant aux personnes du stand, il lance : “Ah la Roumanie, vous y allez de temps en temps ? “. La personne lui répond que non, c’est loin, et que cela fait beaucoup d’heures de voiture. Je profitais de l’aubaine et rajoutais alors “en avion, ça ne fait qu’une heure, et beaucoup des gens qui les prennent ne l’ont pas choisi. Monsieur, c’est pas bien ce que vous et vos amis avez fait, c’est vraiment pas bien…

Le sourire ne l’a pas quitté, il s’est juste figé. “Mais moi aussi, je ne suis pas d’accord” s’est-il défendu. Ah bon. Ca c’est une nouvelle. J’ai bien fait de me lever tôt aujourd’hui pour entendre ça. Il poursuit : “D’ailleurs, lisez le Progrès de ce matin”. Grand blanc. Le thermomètre a baissé de quelques degrés, mais l’homme sourit toujours. Et je continue : “Monsieur, vous êtes notre représentant. C’est bien ça ? Si vous n’êtes pas d’accord avec ce qui se fait actuellement, c’est bien de le dire dans le journal local, mais ce serait mieux de l’exprimer sur les bancs de l’Assemblée Nationale”.

Monsieur Perben, lâchant un dernier “lisez le Progrès”, est déjà parti au stand suivant faire son job : serrer des pognes. De retour à la maison, j’ai empoigné le journal. On y trouve effectivement une interview ou il est question d’élections et de lui… Sa réponse relative à l’insécurité et l’expulsion des Rom occupe 3 lignes, dans le plus pûr style de langue de bois politique : “il y a un peu d’énervement sur ce sujet. Il faut revenir à l’essentiel, c’est à dire que l’administration doit appliquer les décisions de justice. Il faut le faire avec humanité mais il est inadmissible d’accepter des situations de non droit. Les Français le savent. Nous sommes dans une bulle médiatique disproportionnée, nationalement et internationalement”. Quelle décision de justice ? Quelle situation de non-droit ? Et surtout quelle humanité ? Ou est son opposition à cette politique abjecte ? A vous de juger. Pour moi, c’est que du bla-bla.

On apprend beaucoup au contact de la rue. On y rencontre des gens du monde réel, avec leurs joies et leurs peines, leurs difficultés. On y voit comment ils vivent, comment parfois, ils s’accommodent de la misère, d’une vie inhumaine. Ce serait bien que nos élus sortent un peu des salons fastueux, plongés dans les cours de la bourse, et reviennent à la réalité de ceux qui les élisent.

Et si les élus, comme nombre de responsables d’associations, étaient bénévoles ?

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Un généraliste délinquant

Alors que notre société est secouée dans tous les sens et lutte bruyamment pour tenter se préserver quelques solidarités, il en est qui agissent discrètement et oeuvrent dans leur domaine envers les précaires, les plus faibles, les cabossés de la vie, les ratatinés d’un monde de plus en plus inhumain. Parmi eux, Didier Poupardin, médecin de 64 ans exerçant dans un quartier populaire de Vitry-sur-Seine, a comparu au tribunal des affaires de sécurité sociale ce mercredi 8 septembre. Sa faute : avoir fait bénéficier à ses patients atteints de maladies graves, de remboursements à 100%.

La Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) dénonce de la part du médecin, un fraude à la prescription qui donne aux patients «un avantage injustifié» au nom d’un «discours politico-syndical» et estime son préjudice à 2.600 euros pour une quarantaine d’ordonnances. Ca, c’est une somme…

Effectivement, le Dr Poupardin, baptisé «le médecin rebelle», prescrivait à ses patients atteints d’une affection de longue durée (ALD) prise en charge à 100% des médicaments sans lien avec leur maladie, de telle sorte qu’ils bénéficient d’un remboursement à 100%. C’est sa manière de s’opposer au «morcellement comptable des malades» et «aux attaques faites à l’accessibilité aux soins». Avec un bon sens qu’on entend plus depuis longtemps sur les bancs de l’Assemblée Nationale, il poursuit : «Nous ne pouvons pas faire comme si les traitements pour une ALD n’avaient aucune répercussion ni aucun effet secondaire sur d’autres, comme si une maladie non soignée pouvait ne pas aggraver la maladie prise en charge à 100%», et justifie son action le plus simplement du monde : «de nombreux patients renoncent aux médicaments prescrits parce qu’ils jugent qu’ils sont moins importants et parce que sans mutuelle, ils ne peuvent pas les payer». Tout est dit.

Le vilain barbu, grand pourfendeur des Lois, un délinquant en somme, a son comité de soutien. Il dénonce un véritable acharnement de la part de la CPAM et a intenté une action en justice pour procédure abusive… Verdict le 6 octobre. Ce qui est sûr, c’est qu’on a grand besoin de ce genre de personnalité. Il constitue un excellent exemple de conscience humaniste, d’action citoyenne concrète, de désobéissance civile utile face à un démantèlement de la protection sociale qu’on nous annonce inéluctable. Il n’y a qu’à se pencher sur le carton à projet du gouvernement, où on trouve pèle-mêle le déremboursement de médicaments cette fois utiles, la fiscalisation des indemnités journalières lors des accidents de travail, l’extension du délai de carence des indemnités-maladie à 4 jours, l’extension de la pratique des dépassements d’honoraires… Jusqu’à quand va t’on laisser faire ?

Vous pouvez soutenir Didier Poupardin, il en a besoin, et nous aussi.

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Un magot sous le Tapie

Impossible de parler d’argent sans quantifier, évidemment. A la louche, comme échelle de valeur, ça donne le salaire minimum net mensuel à 1.100 euros, un caddie hebdo pour 4 personnes à 100 euros, une petite voiture de ville à 9.000 euros, ma licence de foot à 46 euros. Seulement voilà, les médias actuels, qui ne font que relayer les annonces politiques et l’actualité banale, ne parlent plus qu’en millions, voire en milliards d’euros, des sommes que le commun des mortels a bien du mal à appréhender.

Parmi les petites affaires du moment, celle concernant le remboursement de 210 millions d’euros à un escroc me reste un peu en travers de la gorge, d’autant plus qu’il s’agit de l’argent du contribuable, l’équivalent du salaire annuel des 15.000 profs supprimés l’an passé. « Si vous gagnez de l’argent parce que vous l’avez mérité, il n’y a rien de choquant“ s’est exclamé le bénéficiaire, Bernard Tapie, sur “radio UMP”. Et ce vieux singe de la finance, à qui il n’est pas nécessaire d’apprendre à faire la grimace, d’ajouter : « A mon âge, c’est pas mal« . Inutile, Nanard, la Rollex, tu l’as depuis longtemps.

Petit rappel des faits. Pour faire très rapide, en 1992 Tapie reprend Adidas pour 1,6 milliard de francs. Il vire tout le monde, délocalise, enregistre une perte de 500 millions, échoue totalement à redresser l’entreprise et décide de vendre 2 milliards, à peu de choses près le prix de l’acquisition. A ce niveau là n’importe qui serait content de se débarrasser de la patate chaude sans y perdre d’argent. Mais le Crédit Lyonnais passe par là et sert d’intermédiaire pour acheter 2 milliards à Tapie et revendre 4,6 milliards à Robert Louis-Dreyfus. De la grande finance quoi, rien que du très banal en somme.

Seulement dans cette histoire, Tapie retourne à son avantage un argument insupportable : « la réalité, c’est un jugement qui me rend à peu près 10 % de ce que le Crédit lyonnais a gagné sur mon dos de manière indue”. C’est le strict principe qu’il a mis en oeuvre tout au long de sa vie de dépeceur d’entreprises : gagner de l’argent sur leurs dos et sur celui de leurs salariés, ceux-là même, au chômage sûrement, qui luttent pour espérer conserver une retraite au dessus du seuil de pauvreté… C’est sûr, on joue pas dans la même cour : le gain est sacrément plus substantiel qu’un SMIC d’ouvrier.

Croix de bois, croix de fer, le gouvernement n’y est absolument pour rien, Christine Lagarde ayant nié, comme Eric Woerth pour les demandes de légion d’honneur, que le versement de cette somme résulte d’une faveur politique de l’Elysée. Je me rappelle néanmoins que Bernard Tapie a appelé à voter pour “Notre Saigneur” en 2007… Toujours opportuniste le nanard.

Au final, Tapie se plaignant qu’un plus malin a gagné de l’argent sur son dos, c’est assez drôle. Mais quand l’Etat français, je veux dire la république des copains, le dédommage dans une affaire totalement privée, c’est choquant, aberrant, insupportable. Tout y est : la réhabilitation de la notion de travail, le concept “gagnant-gagnant”, le mérite, l’exemplarité, la droiture, la vérité, l’honnêteté… On dirait un programme électoral. Mais quand les vrais floués de France se plaignent, je parle évidemment des salariés, ouvriers, artisans, employés, précaires, la masse laborieuse qui travaille sans en percevoir les fruits, ils obtiennent une fin de non-recevoir au mieux polie, mais souvent méprisante. Selon que vous serez puissant ou misérable, etc, etc… (La Fontaine)

Nos responsables sont tous sévèrement “burnés”. Attention au feu.

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Un déluge de mécontents

La France a battu le pavé en nombre et s’est mouillée pour se faire entendre. Combien ? Peu importe, aucun des chiffres donnés n’étant “raisonnables”. Ce qui l’est, c’est cette densité du mécontentement, partout dans l’hexagone, dans tous les secteurs d’activité, public et privé. La réforme des retraites en est le principal motif, mais ce n’est pas tout : la politique sécuritaire, l’éducation, la finances, les affaires, les mensonges, les coups de pouce aux copains friqués ont contribué à gonfler les cortèges.

manif 7 sept. Lyon SUDConcernant la réforme des retraites, le gouvernement ne pourra plus nous ressortir son éternel refrain : “les français n’ont pas compris la teneur du texte”. Dans le cortège lyonnais, auquel je suis fier d’avoir participé, je n’y ai entendu que des remarques de bon sens qui montrent une bonne connaissance du sujet. Oui il faut vraisemblablement une réforme, mais une réforme qui tient compte de la réalité du marché du travail. En l’état, l’allongement de la durée de cotisation et le recul l’age légal contribue juste à réduire significativement les pensions versées : disposer de l’intégralité des trimestres en peinant à entrer dans la vie active et en y étant écarté passé les 50 ans relève déjà de l’authentique exploit. Une réforme qui tient compte aussi des nouveaux gisements de richesse. Des fortunes se sont faites, insensées pour le commun des mortels, quasi insensibles à la crise, un peu trop rapides pour être honnêtes, et fiscalement protégées… Face à de tels potentiels, faire subir toute la réforme sur les seuls salariés est légitimement ressentie comme injuste, d’autant plus que le gouvernement lui donne, en plus de sa dimension idéologique, une valeur de symbole : réussir à tout prix, envers et contre tous…

Les citoyens l’ont bien compris. Le cirque ambiant ne date pas d’hier. Depuis 2007, les mauvais coups pleuvent contre le modèle social français, jugé trop protecteur. Dans à peu près tous les domaines, l’hébergé de l’Elysée s’est montré fort avec les faibles, et faible avec les forts… et toujours au service de ses bailleurs de fonds. On détruit les solidarités, le lien, les libertés, on promeut la prise de risque, le jeu, l’individualisme forcené… La finance a pris le pas sur le travail depuis longtemps. Les français ont mis du temps à le comprendre. Ils descendent dans la rue, manifestent bruyamment, de plus en plus nombreux, bravant le déluge en rangs si serrés que les parapluies peinent à trouver une place…

manif 7 sept. Lyon pluieQu’est ce qui va changer demain ? Peut être quelques aménagements sur la définition de la pénibilité. Mais dans ce domaine, je crains le pire, vu la connaissance qu’ont les hommes politiques de la réalité quotidienne des métiers d’ouvrier, de maçon, de chaudronnier, du monteur à la chaîne, de caissière, etc, etc… Mais rien de plus. Une petite intervention à la télé peut-être, histoire d’occuper le terrain et reprendre la main. De fer. Dans ces conditions, qu’attend t’on pour décréter la grève générale et pousser dehors la bande affairiste et corrompue du Fouquet’s ? Parce que là, trop c’est vraiment trop. Si la réforme passe, l’actuel président ne sera pas réélu. Ca peut être une consolation, mais, elle nous coûtera très cher.

Un dernier slogan pour la route : “bouclier fiscal pour les uns, matraque sociale pour les autres”.

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On ne lâchera jamais

Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont otages depuis 250 jours. Détenus quelque part en Afghanistan, au Pakistan ou ailleurs, avec leurs trois accompagnateurs, etc, etc, etc… On se répète, tous, journaux, blogueurs, associations, simples particuliers, mais on le fera jusqu’à ce que Stéphane et Hervé soient libres. Tant qu’ils seront privés de liberté, nous en sommes nous aussi privés, et nous ferons le bruit qu’il faudra pour rappeler au monde que ce mode d’action est inacceptable, insupportable, inhumain, abjecte.

Nous ne lâcherons jamais, nous n’abandonnerons jamais notre rôle de soutien. Les récentes preuves de vie ne suffisent pas, et chaque jour qui passe rend notre détermination encore plus forte. D’abord parce que les otages en ont besoin. Je suis sûr qu’ils doivent en percevoir quelque chose et leur procurer ainsi le réconfort nécéssaire pour supporter les jours de captivité qui s’enchainent. Ensuite, pour mettre la pression sur nos gouvernants chargé de négocier leur libération. D’habitude sourd à toute voix du peuple, il convient de rappeler aux politiques leurs devoirs en la matière : rappeler et faire respecter les élémentaires Droits de l’Homme, ce qui va bien plus loin que le simple principe de protection et de défense des compatriotes. Malheureusement, la récente actualité héxagonale montre de la part du gouvernement une certaine “délicatesse” avec les grands principes humanistes… Alors, faisons du bruit.

Je vais juste en profiter pour rappeler une vieille histoire, celle d’un journaliste mort, Jean-Pascal Couraud, dit JPK, disparaissant mystérieusement en décembre 1997 alors qu’il enquêtait sur Gaston Flosse, alors petit empereur de Tahiti. Cette histoire, puis les doutes sur les raisons de la disparitions d’un journaliste d’investigation tenace et résolu font l’objet d’un remarquable reportage qui fait froid dans le dos… Première diffusion le lundi 6 septembre à 23h35 sur Canal+.

Eux aussi, même s’ils le payent de leur vie, ne lâchent rien, pour nous.

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