De quoi va t-on parler à midi ?

Ce matin, c’est presque imperceptible, mais il y a une drôle d’atmosphère en ville, un peu bizarre, un rien tragique. Qu’est ce qui a bien pu se passer ce week-end ? Quelque chose d’important, évidemment ! Ce n’est pas la défaite du XV de France devant la perfide Albion, tout de même. Ce n’est pas non plus le jeu de chaises musicales ministérielles, cet espèce de remaniement qui va rien remanier du tout, au plus pousser le tas de poussière sous le tapis !

Ca a été notre grand sujet de discussion, ce midi, à la cantine. «On aurait dit qu’on nous annonçait la guerre», qu’il fallait «se préparer à l’afflux massif de migrants»… A midi, c’est la tradition, la tablée est grande, on parle de tout, absolument de tout, au point que la gente féminine a fini par bouder ce grand rendez vous quotidien de franche convivialité. La palette est vaste, éclectique, on saute souvent du coq à l’âne avec une grivoiserie non dissimulée. Ca bâche sec, ça flatule gras, ça rigole fort, et certaines répliques devenues cultes restent longtemps en mémoire et nous font toujours sourire. De vrais tontons flingueurs.

Mais ce grand moment d’évasion dans notre monde professionnel rigoureux voit sa fin approcher. Le «politiquement correct» nous rattrape inexorablement car nos ministres successifs ont décidé de nous sensibiliser à ce beau principe qu’est la lutte contre «les discriminations» dans le quotidien par une formation individuelle obligatoire. Rien que cela. Dans une feuille de chou d’information interne de la direction, on apprend que la discrimination se définit comme une inégalité de traitement fondée sur l’un de ces 18 critères :
– l’âge
– le sexe
– l’origine
– la situation de famille
– l’orientation sexuelle
– les moeurs
– l’apparence physique
– le handicap
– l’état de santé
– l’état de grossesse
– le patronyme
– les opinions politiques
– les convictions religieuses
– les activités syndicales
– les caractéristiques génétiques
– l’appartenance vraie ou supposée à une ethnie
– l’appartenance vraie ou supposée à une nation
– l’appartenance vraie ou supposée à une race

Le quotidien, c’est dans et hors l’exercice de ses fonctions professionnelles. Normal, après tout. J’ai donc tenté d’appliquer le principe à nos ébats de la mi-journée. Finies les blagues, en particulier sur les blondes ou autres catégories de personnes. Finie aussi l’évocation de notre collègue parti en retraite il y a peu, affectueusement surnommé «le tricératops», ou «Monsieur poireau» (rien à voir avec le blogueur éponyme, que je salue d’ailleurs), pour les cheveux blancs et la queue verte. Bannis également les quolibets sur les défaites continuelles des verts aux pieds carrés face à l’Olympique Lyonnais, les moqueries diverses et variées sur les potes petits, grands, mal habillés, maladroits, endormis, boudinés, qui ont trop froid, qui n’ont pas fait leur caca habituel… Proscrits aussi les qualificatifs fort éloquents à l’encontre de la mignonnette qui vient de passer avec son plateau repas en se dandinant. Partout apparaît les critères d’age, de sexe, d’origine, de moeurs, d’apparence, de handicap, de patronyme, d’opinions, etc, etc… Ca va vraiment être dur de s’exprimer, de comparer, de se moquer.

Pas besoin de formation. Dès demain, muni d’un carton jaune et d’un autre rouge, j’officierai sans état-d’âme pour sanctionner tout écart, et remettre dans le droit chemin toutes ces brebis égarées. A lever mes cartons sans arrêt, je sens que je vais rien manger. Mais on va bien rire.

La société libérale nous pousse à la productivité. Pendant la pause méridienne, on finira par parler… boulot.

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Demain, la démocratie

2011 est une année chaude. Rien à voir avec le réchauffement climatique, encore que… Un nouveau souffle vient de l’Afrique du Nord qui entre en ébullition, diffusant son rayonnement aux alentours. Les peuples, comme le lait oublié sur le feu, montent, se soulèvent et réclament la démocratie, cet idéal absolu perçu comme remède absolu à la misère des hommes… Si seulement…

La démocratie, quel beau concept. Un peu partout, on inscrit ses lettres sur des pancartes qu’on brandit vigoureusement. on fait face aux fusils au mépris du danger, au risque d’y laisser la peau. Quelle importance d’ailleurs de vivre sans liberté, sous le joug de despotes de père en fils depuis 30 ans ou plus, alors qu’elle est à portée de la main ? Rien n’a plus d’importance pour ces gens que d’accéder à la démocratie, de remplacer les vieilles oligarchies par un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple… Le tyran et sa famille désormais chassé, le plus difficile reste à faire : mettre en place le renouveau. En Tunisie on parle même d’une constitution dont le modèle serait la 5ème république française. Depuis chez nous, on voit tout cela d’une manière un peu lointaine et blasée : la démocratie, on connait. Croit-on !

La démocratie (de «démos», le peuple, et «kratos», le pouvoir en vieux grec) est le régime politique ou, plus largement, un ensemble de principes philosophiques et politiques (merci wikipédia), dans lequel le peuple est souverain et élit les gouvernants. S’appuyant sur des textes fondateurs, une Constitution par exemple, les élus sont appelés à officier dans l’intérêt général ou du bien commun, par opposition à des décisions prises pour des intérêts particuliers ou dans l’«intérêt supérieur de l’État». Déjà, rien qu’à l’énoncé de la définition, on se rend compte que beaucoup de sociétés dites «démocratiques» ne le sont plus…

Bien sûr, on vote, on débat, on choisit… En France, la démocratie qui me parle le mieux, on est libre, on pense, on dit ce qu’on veut, enfin de moins en moins : amusez vous à crier «casse toi pov’con» dans une manifestation, la sanction sera immédiate, et le plus souvent pour bien moins grave que cela. On vote effectivement, mais on ne choisit plus rien… Quant aux débats, ils se tiennent dans d’obscurs cercles très privés par nos représentants. Le peuple peut bien débattre. De toutes façons, ce n’est pas la rue qui dirige…

Nos hommes politiques sont devenus des animaux, de grands prédateurs, individualistes et carriéristes, soudés à leurs fauteuils (car il y en a souvent plusieurs), accrochés comme des morpions à leurs privilèges, prêts à toutes les compromissions… Un peu comme notre «big boss» actuel, en politique depuis qu’il est étudiant, sans rien connaître d’autre que la vie de nabab. C’est facile de se consacrer à la chose politique corps et âme quand on n’a pas à se soucier du quotidien, sans avoir à se demander d’où vient son costume ou comment on fait pour payer le steak qui tombe dans l’assiette tous les jours. Un bien bel investissement, gagnant-gagnant, et à court terme. La sanction politique ou judiciaire ne leur fait plus peur : chassez les de leurs bureaux, ils reviennent par les fenêtres, en menaçant les juges. De là à s’exclamer qu’ils sont tous pourris ? Non bien sûr, mais ceux qui ont refusé ce système n’y font pas de vieux os, car tous les coups sont permis. Et dans cette catégorie, il y a incontestablement des orfèvres.

La représentation du peuple par le peuple. Evidemment. Les députés issus du monde des hauts fonctionnaires, des professions libérales ou intellectuelles supérieures représentent 70% des députés pour moins de 10% de la population française. 1 % sont issus du monde ouvrier, 3% sont artisans, 4% employés, 5% agriculteurs. Et que dire des 17% de femmes, plaçant la France au 64ème rang mondial pour sa représentation féminine, derrière le Rwanda, le Pérou ou le Népal ! Quelle belle représentation, bien équitable. On continue ?

Par le peuple, pour le peuple. Surtout. Lors du présent quinquennat, on a bien tous remarqué la dimension populaire. Les banques sont sauvées, les entreprises du CAC vont très très bien, le déficit budgétaire s’est creusé sans savoir ou est parti l’argent, les services publics sont étranglés, et on arrive à 10 millions de personnes en grande précarité dans un pays riche, sans parler des réformes prises ou en cours qui vont affaiblir encore les plus faibles. Et je n’ai pas abordé la hausse vertigineuse par spéculation de l’énergie et des produits alimentaires de première nécessité. Pas de doute, c’est pour le bien du peuple.

Notre démocratie, saturée d’images subliminales, est bien malade : 50% d’abstention aux scrutins passés, une résignation maladive et masochiste, une amnésie sélective, une indifférence aux développement d’idées nauséabondes ressurgies du passé, un abandon total au monde cupide des affaires. Elle est là, notre démocratie, on l’a perdue depuis longtemps faute de ne l’avoir pas entretenue et défendue. Le nouveau Kadhafi s’appelle Dollar, et ses chevaliers servants Monsanto, Procter&Gambel, Total, EDF, l’Oreal, Samsung, Axa, Sanofi, Malakof-Mederic, etc, etc… Du gros, du très gros. Tous de la famille. Ca ne vous rappelle rien ? J’espère très sincèrement que de l’autre coté de la Méditérannée, la sagesse locale si célèbre saura préserver et entretenir durablement les démocraties naissantes.

En 2012, j’irai voter pour Nicolas. Pas celui que vous croyez, celui-là est un blogueur, the «number one», Jegoun, dont le début de programme est ici, et le site officiel , et qui ne demande qu’à s’étoffer. Pour l’instant, tout semble crédible, proche de la vie quotidienne des français, entre boulot, métro, bistrot. D’ailleurs, très démocratiquement, vous pouvez le soutenir, ou non :

Pour Nicolas en 2012, je ne plaisante pas !

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Grande nouvelle

Elle est bien bonne celle-là. Ali Aujali, au micro d’une chaine de télévision américaine, vient d’annoncer qu’il refusait de servir «une dictature» et appelle au départ du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, responsable aux yeux du monde d’un véritable carnage dans son pays pour conserver le pouvoir.

Qui est Ali Aujali ? Ni plus, ni moins que l’ambassadeur de Libye aux Etats-Unis depuis la promotion du bureau de liaison en ambassade en 2006 pour bonne conduite de son pays… Ainsi, selon ses dires, jusqu’à présent, il n’avait rien remarqué de particulier, Khadafi n’était pas un dictateur. 40 ans aux manettes avec toute sa famille, sans n’avoir jamais consulté le peuple, avec une opposition morte ou croupissant dans des geôles peu recommandables, en exerçant un pouvoir brutal dans ses frontières, usant naguère de la bombinette un peu partout dans le monde, ce n’est pas le fait d’un dictateur.

Jusqu’à hier, il était respectable et respecté, même en France, lors de sa visite en décembre 2007. On n’avait alors pas trop voulu contrarier le grand Mamamouchi et son armée d’amazones, au fond de sa tente dressée comme un cirque dans le parc de l’Hôtel Marigny, espérant encore vendre des avions ou des centrales nucléaires… A cette occasion, il s’était bien moqué de son hôte, avec ses exigences, son intransigeance même, mais ce n’était décidément pas un dictateur.

En un jour, une semaine au plus, Le plus célèbre colonnel de la planète est passé du statut de respectable à tyran. Sans sommations. Et le monde entier, du moins ses dirigeants, semblent surpris, interloqués, et découvrent la réelle nature du prétentieux bédouin. Belles foutaises. Pendant ce temps, les morts, parmi le peuple, se ramassent à la pelle mécanique…

Ciel, un dictateur ! Y en aurait-il d’autres, cachés en Europe ?

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Les blogueurs sont aussi des enfoirés

J’ai été mis au courant de la campagne de collecte nationale organisée par les Restos du Coeur les 4 et 5 mars prochain par Dadavidov. Seulement, comme CC, à la seule idée de nommer Carrefour (et son PDG débarqué, mais avec une retraite dorée monstrueuse) et Danone (pour sa gestion pour le moins controversée de LU, et ses licenciements boursiers), je n’étais pas bien chaud… Mais les Restos du Coeur valent bien mieux que mes états-d’âme… Puisque ces 2 voyous du CAC40 daignent lâcher quelques miettes pour offrir 10 repas aux Restos du Coeur pour chaque billet publié, allons-y franchement.

Il suffit :
1. d’écrire un billet en relayant l’opération,
2. d’insérer l’image suivante dans le billet :

3. d’envoyer un mail à blogueurs@restosducoeur.org pour que les repas soient offerts.

Pour participer, nul besoin d’être blogueur. Il suffit, le 4 et 5 mars prochain, de laisser quelques conserves, des pâtes, du riz, des produits d’hygiène, des produits pour bébé dans les cartons de collectes des bénévoles présents aux portes des grandes surfaces. Ainsi, vos dons seront directement utiles, en tout cas bien plus qu’un don d’argent, dont on ne sait pas toujours dans quelle poche il finit…

Je passe le relais aux blogueurs, tous ceux présents dans ma blogoliste, que je lis et j’apprécie, et qui est bien plus étoffée que ce que me retourne le Jegounotron.
Normal, je suis très jeune, moi…

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Coup de ciseaux

Sur le chemin du boulot ou aucun centimètre carré de trottoir ne m’est inconnu, je me dépêchais pour me mettre à l’abri de la bise matinale quand j’ai été tiré de ma torpeur par un fracas soudain, mais pas inhabituel. Deux véhicules venaient de froisser un peu de tôle sur un axe majeur de la métropole lyonnaise. En somme, rien que du parfaitement ordinaire et insignifiant, d’autant plus qu’il n’y avait aucune blessure à déplorer.

Mais les choses ont rapidement évolué, et l’histoire, de mon point de vue, est devenue rapidement intéressante. Un des automobilistes a surgi de son véhicule et s’en est pris avec une rare véhémence à son camarade d’infortune, l’inondant d’insultes à la mode sans aucune autre forme de procès. La scène était un brin cocasse. Après s’être comporté sur la route en irresponsable, en prenant des risques au mépris des règles et des autres, le voilà dans un rôle de l’avocat général, vociférant, l’œil féroce, le poing vengeur, accusant la victime de tous les maux…

C’est une bien curieuse réaction, mais elle est particulièrement d’actualité. Plutôt que de faire profil bas, et face à l’évidente évidence, de reconnaître ses torts, les auteurs de faits portant préjudice, les fauteurs de troubles ou d’actes malveillants ont une tendance maladive à ne rien reconnaître, à nier farouchement, à faire supporter les responsabilités à autrui…

Dernière histoire en date, celle d’une patiente d’un établissement financier médical lyonnais particulièrement lucratif. Après six mois de douleurs abdominales, elle a du faire face à la désinvolture d’un chirurgien un rien agacé, refusant de réopérer d’urgence pour retirer une pince chirurgicale de 10 cm malencontreusement oubliée. Un petit mot d’excuse ? Vous n’y pensez pas. En politique, c’est la même chanson. C’est d’ailleurs de là que vient l’exemple. Eric Woerth, le boulot de sa femme, la légion d’honneur, les enveloppes de Mamie Zinzin, l’hippodrome, puis rien. Michèle Alliot-Marie, ses errements diplomatiques, ses devoirs de vacances et ses petites combines familiales, encore rien. Brice Hortefeux, ses condamnations pour propos ouvertement racistes, ses avis sur la justice, toujours rien. Etc, etc… Le vrai, le faux, le manipulé, quitte à menacer au grand jour, à cambrioler, à traiter les journalistes de trotskistes, qu’importe. Ils se moquent ouvertement des conséquences, ils se moquent du monde. En mai et juin 2009, quelques ministres et députés anglais, pris la main dans le sac pour avoir un peu trop abusé de leurs prérogatives, ont démissionné. Pas en France, malgré des faits avérés, incontestables… A l’image de quelques dictateurs, quand on tient le manche, il n’est pas question de le lâcher.

Personne n’y échappe plus, depuis le voleur de mobylettes jusqu’au chef de l’État. Sauf qu’en théorie, quand on est président, on est supposé faire la part des choses, être le garant des institutions. On ne peut clamer l’État de droit et s’affranchir aussi facilement des règles qui le compose, et défendre l’indéfendable, dans et hors de nos frontières. Il ne reste plus que la sanction politique, celle ressortant des urnes, comme un bon coup de ciseaux dans un bien mauvais film. 2012 sera, d’une certaine mesure, le révélateur de l’état de mémoire de l’électorat.

2012, fin du monde, ou début d’une nouvelle amnésie ?

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Question d’initiative

Je suis allé bosser ce matin le coeur un peu plus léger que d’habitude, et ce n’est pas le fait de la très mercantile St-Valentin. Il faut dire que parmi mes collègues, on dénombre pas mal de stéphanois et quelques sympathisants, tous nostalgiques inconsolables de la grande époque des verts. L’actualité «football» alimente invariablement nombre de conversations. Autant dire que les lendemains de derbys, l’ambiance est un peu particulière.

J’ai encore en mémoire la matinée du lundi 27 septembre 2010. La veille, l’AS Saint-Etienne mettait fin lors du 100ème derby de l’Histoire, à 16 années de disette, d’invincibilité rhodanienne. Les railleries et quolibets allaient évidemment bon train. Côté lyonnais, on encaissait piteusement, oubliant vite qu’on s’était trouvé très longtemps en situation de force, à chambrer sans relâche sa lointaine banlieue footballistique… On a donc repris avec entrain nos bonnes habitudes : les stéphanois sont condamnés à payer l’apéro à midi…

Il est cependant un terrain ou l’OL n’est pas loin d’être relégable, et risque de perdre très gros. Il s’agit de son projet de stade dans la banlieue de Lyon, à Décines. Le projet, retardé plusieurs fois, attend avec impatience la signature de la déclaration d’intérêt général par le Premier-Ministre… Le stade provisoirement nommé «Stade des Lumières» étant retenu pour accueillir le Coupe d’Europe de Nations en 2016, tout nouveau retard risque bien de sonner le glas du projet.
En première ligne des opposants, on trouve la puissance de feu des notables locaux de l’UMP, avec des arguments passablement spécieux : l’accessibilité, les transports, les nuisances sont des problèmes réels, mais qui trouvent des solutions si l’on agit un tant soit peu avec bonne foi. On ne peut indéfiniment clamer «qu’il n’y a que l’initiative privée qui fonctionne», et mettre autant de bâtons dans les roues d’un projet sans aucun financement public, quasi indispensable pour l’agglomération lyonnaise, mené par Jean-Michel Aulas, homme d’affaires qu’on ne peut pas franchement classer à gauche… Se faire flinguer par son propre camp, c’est classe.

Cette bataille ressemble de plus en plus à un combat politique. J’en arrive à me demander si l’UMP locale toute entière, avec l’aide des instances nationales pour retarder les signatures qui vont bien, ne cherche pas par son opposition systématique à faire capoter le projet, en faisant endosser la responsabilité du possible échec au Président PS du Grand-Lyon et Maire de Lyon. Pour rallier à sa cause le footeux moyen par ailleurs électeur, l’UMP locale aurait alors beau jeu de mettre en avant l’incapacité des dirigeants actuels à gérer ce genre de projet. En parvenant aux affaires, elle en sortirait alors un autre, qui ressemblerait à s’y méprendre à l’ancien… Mais trop tard pour l’Euro 2016, car le stade de remplacement n’est pas celui de Gerland mais Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne.

Pendant ces joutes, les protagonistes ont totalement oublié l’intérêt général. Les puissants ferraillent pour leur blason et leur gloriole. Un stade reste un instrument qui concours en l’occurrence à donner au peuple «du pain et des jeux», à masquer de réelles souffrances et la misère sociale… Alors, besoin ou non, je n’ai plus trop d’avis. A vrai dire, je m’en fiche un peu. Longtemps abonné à l’OL, j’ai rendu ma carte car c’est dans le domaine des loisirs et de la culture que les premières coupes ont été opérées dans le budget familial en baisse. Il y a peut-être besoin d’un stade. Il me semble qu’il y a besoin de beaucoup d’autres choses élémentaires avant un stade, fut-il privé, et dont ne profitera qu’une infime poignée de privilégiés, en super costard ou en short…

J’aimerai bien savoir ce qu’en pense Romain Blachier, élu local et blogueur lyonnais patenté….

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Endurant ou résistant ?

Le choix n’était pas difficile à faire : soit aller à l’entrainement de foot avec les potes, soit s’enfoncer dans le canapé à lutter contre le sommeil devant TF1. L’ entrainement, c’est un peu comme un discours d’homme politique, c’est toujours un peu pareil, il y a franchement peu de surprises. Mais il y a les copains et la sensation de s’entretenir un peu. J’ai donc avantageusement préféré bière/pizza/foot comme soirée. Maintenant, à mon âge, l’entrainement, c’est dans cet ordre, s’il vous plait.

Mais comme je me sens concerné par la vie de mon pays parce que sujet, votant et contribuable, je me suis promené un peu, à droite et à gauche, pour me rendre compte qu’effectivement, je n’ai absolument rien raté. Juan, comme promis, a détaillé avec soin la prestation présidentielle. Quel courage, quelle abnégation : supporter Pernault comme passe-plat pendant plus de 2 heures, vraiment, chapeau. Tout était évidemment écrit d’avance. Déjà, le choix de TF1 des «français représentatifs» était éloquent et en disait long sur les thématiques abordées, pour tenter de redorer ce qui peut l’être, tant le blason est sali, déformé, abimé.

Au travers de ce grand bla-bla pathétique, le grand timonier n’a toujours rien compris, rien remarqué, rien entendu. Pour les juges, il parle de statuts plutôt que de moyens, ressert toujours et encore la rengaine à propos des 35 heures, et «pique dans une caisse déjà pleine de trous» un demi milliard pour les chômeurs de longue durée, alors qu’ils n’en verront pas la couleur. Des mots, des chiffres, des grimaces, un journaliste complice, aucune contradiction, des français représentatifs amorphes, comme gazés préventivement, voilà à quoi j’ai échappé le temps d’une soirée, mais pas la France…

Une petite douleur au genou m’a fait prématurément couper mon effort… Tant pis pour ma condition physique, je remettrai ça la semaine prochaine, une bonne occasion pour une «mousse» entre copains. Sur le pré, je ne suis plus guère endurant. Le temps passe, le temps lasse. Mais je suis de plus en plus résistant. Résistant à la douleur, à la bêtise, mais surtout au mensonge et à la malhonnêteté. Il faudra l’être longtemps, 15 mois pour commencer, peut-être plus. Au vu de l’état actuel de l’opposition, il serait prudent de l’envisager. Finalement, il me faudra tout de même travailler l’endurance…

J’aurais bien été au 101ème derby ASSE-OL ce samedi, mais aucun jet privé n’est disponible.

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Dites 67

Encore un nombre, des chiffres. Il faut faire du chiffre, pondre de la statistique, des indicateurs, remplir des tableaux, façonner des camemberts. C’est moderne, limite geek, il y en a dans tous les sens. Notre société est devenu malade des chiffres. Mais pas de panique, le docteur est en route. Il est un peu particulier : il vient de Davos. Et me dit-on, en matière de chiffre, c’est un cador.

C’est donc Angela Merkel qui délivre l’ordonnance : «on ne peut avoir une monnaie unique et des systèmes sociaux complètement divergents». Comme dirait un tonton flingueur, elle va être sévère. En fait, elle ne fait que lancer en Europe l’idée d’harmonisation sociale, un vaste projet de société qu’aucun état ne pourra remettre en cause, traité de Lisbonne oblige…

Premier domaine visé : les retraites. En France, on vient juste de modifier notre système. On a fait de fumeuses études pour asseoir la charge sur les revenus du travail et rien sur ceux du capital, en se donnant rendez-vous en 2018 pour continuer la ponction ajuster le système. Vous n’avez pas aimé le passage à 62 ans ? Faute de n’avoir pas su refermer la porte, vous n’allez pas aimer son passage plus rapide que prévu à 67. On en reparlera après les élections de 2012… En la matière, l’Allemagne est déjà à 67 ans, l’Espagne est pressée par le FMI de le faire, le Danemark l’étudie activement. A part une poignée dont la France, tous les états de la zone Euros sont à 65 ans. Personne ne pourra s’y soustraire. Au vu des déficits, c’est par le bas que les différentes harmonisations vont s’opérer. La crise, toujours la crise.

Notre société est bien malade. Le mot «crise» est agité sans discontinuer pour tout justifier, tout détruire, tout maitriser, tout contrôler. Pendant ce temps, la grande finance, les banques et ses acteurs sur les marchés se goinfrent, spéculant comme au plus beau jour, au point que les denrées de première nécessité deviennent hors de prix, même dans un pays comme le notre. Pendant ce temps, les labos pharmaceutiques se gavent honteusement, sans entraves et vendent impunément la mort en comprimé. Et fort cher, sur le dos du contribuable. Normal, le petit frère de Monsieur est PDG de Biogaran, filiale de Servier…

Il y a un coté clanique dans ce pouvoir qui me rappelle quelque chose.

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400

C’est un nombre. Un simple nombre. Chaque jour, un autre se promène dans ma tête, me susurre toujours les mêmes noms et me fait ressentir la froideur de chaines. Il pourrait être comme les autres, quelconque. Celui-ci est rond, et il devient chaque jour un peu plus monstrueux : Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont toujours otages depuis 400 jours, enlevés avec leurs collaborateurs le 30 décembre 2009 en Afghanistan.

A force de montrer les muscles un peu partout dans le monde, et de traiter “à la Poutine” de pareilles affaires à grand renfort de communication et de satisfécits, les dirigeants français ont largement contribué à rendre chaque jour votre libération un peu plus compliquée. J’ai la vague et très désagréable impression que, pour des intérêts politiciens très particuliers, votre libération ne soit pas d’actualité avant le printemps 2012…

C’est pas très original comme billet, évidemment. En fait, il est simplement essentiel. Comme on ne peut pas compter sur nos dirigeants, bien trop occupés à contempler leur nombril, le soutien populaire est primordial. Hervé, Stéphane, on vous attend, on pense à vous. Pendant que vous êtes enfermés, privés de liberté, nous le sommes aussi. Tant que vous ne serez pas parmi nous, nous resterons aveugles et sourds, mais jamais muets.

Hervé, Stéphane, et tous les otages de par le monde, on pense à vous.

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