Ca n’arrive jamais

Il n’y a plus à discuter, tout est mondialisé, absolument tout. Dès qu’il se passe quelque chose sur la planète, d’heureux ou de malheureux, dès que quelque chose bruisse ou craque, les retentissements en sont décuplés et impactent qu’on le veuille ou non, chacun de nous. Parmi tous ces bruits, il y a le brouhaha lointain d’un mariage princier, rabâché, seriné sur tous les tons, qui selon mon expression favorite, «m’en secoue une sans toucher l’autre». Il y a aussi le crépitement toujours identique depuis 25 ans des compteurs Geiger en Ukraine, et celui encore étouffé des véritables conséquences au Japon. Il y a surtout les cris des victimes, en Lybie, en Syrie, en Afghanistan, au Maroc et ailleurs, de la folie bestiale des hommes.

La dernière secousse dont je voulais vous parler est bien insignifiante en comparaison et ne concerne que nos sociétés occidentales et opulentes. Mais l’impact et les conséquences n’en sont pas moins graves et lourdes : il s’agit du piratage du PlayStation Network (PSN), la plateforme de Sony permettant, au moyen des consoles PlayStation 3 de jouer en réseau, d’effectuer les mises à jour, et d’accéder à divers contenus dont une boutique en ligne.

Le PlayStation Network, réseau ou gruyère ?Ainsi, depuis le 20 avril, tout est fermé, laissant 75 millions de gamers par le monde sur le carreau, sans aucune possibilité de s’adonner à leur passe-temps favori que tout seul… De son côté, SONY brille pour la qualité de l’information transmise. Hacké ? oui, mais quoi ? Et là, mystère, on suppute encore. Personne ne sait vraiment ce qui se trame, et la persistance de la fermeture n’est pas de nature à réconforter tout ceux qui y ont laissé sur cette plateforme identifiant, mot de passe, numéro de carte bancaire, etc, etc…

Je ne vais pas alimenter les rumeurs sur ce qui s’est passé et les manquements en matière de sécurité de SONY. Il se trouve que je suis amené, dans le conseil que je propose aux associations, à effectuer des prestations sur la sécurité informatique. Il me semble bien que, dans le contexte actuel, il est absolument urgent de prendre des mesures pour se protéger individuellement si, selon une très forte probabilité, des données personnelles avaient fuité.

La première peut paraître un poil extrême mais pas dénué de fondement, est de demander un changement de carte-bleue, afin d’éviter toute utilisation de son numéro à votre insu… même si, en principe, on est remboursé en cas de fraude manifeste. La seconde mesure, de loin la plus importance est liée au couple identifiant/mot de passe utilisé pour accéder aux services du PSN. Chaque hackeur le sait, comme l’immense majorité des acteurs sur Internet utilisent les mêmes identifiants et plus ou moins les mêmes mots de passes, par facilité de mémorisation, par flemme, par négligence aussi, il y a gros danger pour vos comptes de messagerie (puisque l’adresse est connue), comptes bancaires, Facebook, twitter, blogs, pour vos espaces privés, sur les sites d’achats en ligne. Il convient de modifier tout cela sans délai, et au minimum des minimums, le mot de passe… et différent pour chaque site… Oui, sans aucun doute, la sécurité est contraignante. Et ne croyez pas un seul instant que je cède à la paranoïa, je ne connais que trop les conséquences de la négligence en la matière. Et si vous n’avez pas de compte sur le PSN, vous êtes tout autant concerné : un changement périodique de mot de passe est la parade la plus simple et efficace contre la majorité des tentatives d’intrusion. Enfin, il faudra rester stoïque et surtout muet aux différentes sollicitations qui ne vont pas manquer à l’avenir, connues sous le terme de phishing, cette technique frauduleuse d’hameçonnage vous invitant à dévoiler vos données «secrètes».

C’est fait les changements de mots de passe ? Alors concluons. Vous avez tous entendu parler du cloud computing, cette révolution architecturale informatique dans laquelle se jettent les mastodontes de la Silicon Valley pour capter les données privées et les envoyer dans les nuages, allégorie fumeuse du réseau idéal. Vous n’avez plus besoin de savoir ou sont stockés vos données, ni même de vous poser la question des logiciels à utiliser ou à installer, le «cloud» s’en occupe… A l’image de ce qui vient de se passer chez SONY, vous voyez le piège ? En je n’ai pas encore parlé de la neutralité et du filtrage du réseau…

En fait, l’émergence du logiciel libre ayant privé les grand éditeurs de logiciels fermés et propriétaires (type Microsoft, mais il y en a plein d’autres, dont Google, Oracle) de leur présence indispensable sur le PC familial, ils tentent par ce nouveau concept un retour en force en tentant d’imposer un nouveau standard incontournable : le «tout connecté», le réseau infaillible… Sauf que là, l’incident en cours chez SONY, touchant le coeur du système de sécurité, sur une échelle comparable au nucléaire, pourrait être classé niveau 7. Comme pour Tchernobyl, comme pour Fukushima.

Curieuse analogie : tous martellent à l’envie que ces incidents là n’arrivent jamais.

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Hollande à la baguette

Je suis tagué par Nicolas. C’est ma première chaine de blog, yessss, ça s’arrose. Je suis tagué, enfin, donc cet après-midi, le sujet est imposé. Ca me change un peu des 108 précédents. Lancée par Dédalus, la question, également posée à Rimbus, Le Coucou, Cycee, Melclalex, Gabale, Arnaud, Vogelsong, Juan, Romain, Sylvie, Ronald, Abadinte, Yann, et aussi à Cuicui, Tracker, Lucia Mel, Bembelly, MHPA, Nicocerise, Marie, Zette, Nicolas, Lolo, auxquels j’ajoute Le Grumeau et Des pas perdus, est de prévoir qui va sortir ses oreilles en premier du chapeau des primaires du parti socialiste cet automne.

Wouahhh, le joli lapin...Entre ceux qui ont entamé le spectacle, ceux qui répètent leur gamme en coulisse, ceux qui se tâtent ou y vont à reculons, la situation a le mérite, selon moi, d’être limpide. François Hollande a acquis du coffre de manière inversement proportionnelle à son poids. Il est sûr de sa dextérité, il est devenu un tribun convaincant, habile et réactif, et a des propositions à faire, qu’il exposera après parution de ces lignes… Arnaud Montebourg est prêt aussi mais manque de foncier. Il est là pour se montrer, pour faire l’assistant d’un autre maitre et se préparer dans l’ombre…

D’autres grands mages peaufinent encore leur tour. Ségolène Royal sait qu’elle a affaire à plus fort qu’elle. Sa dernière prestation lui coûte encore, et la pente est vraiment dure à remonter. Manuel Valls, dont le numéro est jugé un peu extrême pour la profession, a un peu de mal à exister et ne peut guère espérer grand chose. Les quelques autres, Benoit Hamon en tête, sont anecdotiques.

Reste la question du patron du barnum et de la sommité internationale, nullement pressés de se déterminer, d’autant que tout laisse à penser que ni l’un, ni l’autre ne participeront ensemble au concours. Martine Aubry, en chef de clan ayant clairement réussi sa mission de reconstruire une espérance, serait légitime pour défier la calamité qui sert actuellement de chef d’Etat. Son attitude, ressentie comme un manque d’envie, m’apparait plutôt comme un signe encourageant, mettant de côté son ambition personnelle pour soutenir le candidat (peut-être elle) le plus rassembleur possible pour son parti et la gauche, donc capable de gagner enfin.

Dominique Strauss-Kahn doit y penser tout les matins, en se rasant. Mais il sait aussi qu’en tant que directeur du FMI, une partie du peuple de gauche ne lui donnera pas ses voix car il lui est impossible de cautionner les mesures que son organisme met en place partout dans le monde pour combler d’artificiels déficits, ce fabuleux tour de passe-passe pressurant les petites gens sans égratigner les fortunes et puissants.

Au final, si DSK reste dans les coulisses au FMI, il se pourrait bien que Hollande l’emporte d’une oreille sur Aubry, et que la distribution des médailles évoquée par Nicolas ne soit pas si farfelue que cela… Rideau, et applaudissements.

Le 10 mai 1981, j’avais 18 ans, et je ne m’en rappelle plus. Trop de bulles…. Ce serait bien à revivre.

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Manipuler l’atome et la vie

L’histoire est un éternel recommencement, et comme le disait Churchill, oublier le passé nous condamne à le revivre. C’est assez inéluctable. Et justement, l’Histoire, avec un grand H, nous a montré bien des choses, notamment en matière de production d’énergie et des aléas qui y sont liés. Ainsi, un certain 26 avril, il y a 25 ans, une centrale ukrainienne expulsait dans l’atmosphère sans frontières une quantité de matière invisible et inodore, chargée d’énergie et de désolation. Mais la France fut sauvée par le délégué interministériel du gouvernement Chirac chargé des énergies et du nucléaire, un petit agité agressif, repoussant de sa seule volonté le nuage à son passage à la frontière. Normal, l’intrus n’avait pas ses papiers, et la France incrédule l’a cru. C’était un rien prémonitoire.

Depuis, il y a eu Fukushima, accident nucléaire majeur, touchant non pas un mais trois réacteurs, sur un territoire exigu, à forte densité de population, vivant localement de sa terre et de la mer. Et si la catastrophe n’y est pas de même nature qu’à Tchernobyl, les conséquences pour l’environnement, donc pour l’homme, sont comparables, mais surtout durables.

Mais ce qui est encore plus comparable et désastreux, c’est la communication faite sur l’événement. On parle maintenant d’un arrêt complet du site japonnais dans quelques mois, puis d’un retour à la normale pour les habitants du coin… Une nouvelle manipulation. C’est oublier qu’en Ukraine, la zone d’exclusion reste 25 ans après, encore totalement invivable avec ses villes fantômes, sa campagne brulée, ses sous-sols souillés, et que les conséquences sanitaires sont absolument désastreuses. Elles touchent aujourd’hui des millions de personnes, au gré des vents, y compris ceux qui n’étaient pas encore de ce monde au moment des faits. Et le temps qui passe n’efface aucun des effets du poison. Mais rien n’est officiellement recensé, comptabilisé. C’est sûr, entre les «évènements» et les malades alentours et dans les pays voisins, il n’y a aucun lien.

C'est écrit sur la pancarte, le nucléaire sûr n'existe pas...Face aux images de Fukushima, rappelant celles de Tchernobyl déjà un peu oubliées, les peuples, en l’absence de débats, systématiquement occultés, prennent enfin conscience des dangers à rester assis sur une poudrière qui sera léguée sans mode d’emploi aux générations futures… Mais trop peu ont compris l’impasse dans laquelle nous plonge l’ultra-mondialisation et son mode de consommation à outrance, sauf l’opportuniste Hulot, descendu tout droit de son hélicoptère. Il ne s’agit pas de revenir au 18ème siècle, voire à l’âge de pierre, mais de retrouver ce «bon sens paysan» qui savait éviter le gaspillage généralisé et discerner l’utile du futile… Et là, c’est pas gagné. A force d’avoir créé des besoins dans tous les sens, des fils à la patte tous aussi indispensables les uns que les autres, le retour à une certaine raison va être compliqué. Car le monde et ses habitants ne peuvent plus continuer de la sorte, à épuiser les ressources, et à souiller le reste.

Ce qui reste encore aujourd’hui comme un «accident» et non une «catastrophe humanitaire» est symptomatique de la pression du lobby nucléaire et de cette société où il en faut toujours plus. Le risque a toujours été présenté comme mesuré, quantifiable, acceptable, voire nécessaire au vu de la demande… Encore aujourd’hui, le message est martelé inlassablement : un tel accident n’arrivera pas en France, comme il ne devait jamais arriver à Three Mile Island, à Tchernobyl… On en voit les conséquences, elles sont sans frontières. Et curieusement parmi les victimes, il n’y a pas de richissimes hommes d’affaires, pas de responsables politiques… Idem parmi les liquidateurs, il n’y a guère de personnalités pour réparer l’incurie des décideurs.

Les manants, quand ils se marient ou crèvent, ils ne font jamais la une des journaux télévisés.

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3H30 de grande lessive

Ca ne m’arrive vraiment pas souvent, mais hier soir, j’ai réservé mon fauteuil pour une soirée devant la télé. La dernière fois, c’était pour le 8ème de finale retour de la Ligue de Champions opposant les Merengue à l’OL. Et tout doit être prêt à l’heure dite : dès lors, comme le célèbre diction trouvé parfois sur la devanture des bouchons lyonnais, rien ne doit plus me déranger… le téléphone est débranché, tout doit être à portée de la main, télécommande, papier, stylo, mousse… Et c’est parti pour 3 heures 30 de haute voltige, le grand bal des menteurs…

Daniel Leconte raconte à sa manière la grande saga Clearstream qui a defrayé la chronique politique et judiciaire depuis 2001. Clearstream, point de départ général, est une banque luxembourgeoise un peu spéciale, une chambre de compensation, une banque de banques, en fait une monstrueuse machine à laver permettant entre-autres aux établissements financiers bien lisses et proprets de se livrer via des filiales dans les paradis fiscaux à des activités disons «lucratives»…

Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, du menu frottin au service des politiquesUne liste de comptes circule et va tomber entre des mains expertes aux multiples facettes, pour devenir l’instrument d’une lutte de pouvoir délirante au possible. On y trouve à boire et à manger, et à peu près tous les personnages et les évènements des dernières décennies. Donc sur fond de lutte pour la domination du marché de l’armement, des frégates taïwanaises, de la mort plutôt brutale et sujette à interrogation de Jean-Luc Lagardère, du Karachi Gate, de haute finance (dont la gestion de la fortune de Ben Laden) et de corruption généralisée et à grande échelle, du renseignement et d’anti-terrorisme, 2 protagonistes crèvent l’écran : Imad Lahoud, mathématicien et financier, et Jean-Louis Gergorin, vice-président d’EADS, qui a visiblement des comptes à régler, d’abord vis-à-vis de ses concurrents dans le monde de l’armement, puis dans le milieu politique… Apparaissent aussi dans les listings falsifiés, au fur et à mesure des évènements, des mafieux, oligarques, journalistes, policiers, juges et haut-fonctionnaires, et bien sûr quelques politiques dont celui qui n’est alors que ministre des finances mais appelé à la consécration suprême. En même temps, le petit jeu du poker menteur se met en place, et chacun va consciencieusement brouiller les cartes au point que la vérité disparaisse purement et simplement. Un «c’est pas moi c’est lui» appliqué digne de l’école maternelle.

Cela va paraitre prétentieux, mais cette affaire, pour moi, est somme toute limpide : ce n’est qu’une grossière lutte de pouvoir, un combat de coq par valets interposés entre 2 clans qui veulent chacun la mort politique de l’autre. Cette affaire aura permis de mettre à jour les turpitudes ahurissantes des élites servantes de nos décideurs, et de montrer un visage inquiétant du Chef de l’Etat actuel, n’hésitant pas à commenter et intervenir dans le cour de la justice contre tous les usages. De son côté, Dominique de Villepin est loin d’être net dans sa posture de victime accroché à son croc de boucher, prisonnier maintenant d’une stratégie de défense qui lui interdit tout revirement, au risque de se décrédibiliser complètement pour 2012. A ce point du dossier, tous les initiés, la classe politique, les protagonistes savent que le premier qui livrera la vérité «est mort».

Dans ce contexte, comment interpréter le scoop final laissé par Imad Lahoud, l’homme aux 15 versions, à la fin du film ? Le réalisateur Daniel Leconte ne dit rien, il nous laisse juge. Au terme, les bras m’en tombent, et pas que de lassitude. Le jugement en appel, fixé du 2 au 26 mai avec un délibéré jusqu’en septembre, va sans nul doute peser fortement sur l’échéance électorale à venir. Mais quoi qu’il en ressorte, aucun de ces voyous n’aura ma voix. Si vous avez 3h30 à tuer, cela vaut le coup à visionner….

Pendant ce temps, la lessiveuse continue son office, toujours en silence.

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Adieu Rock’n Roll

Ca y est. Depuis la réception du SMS et son installation, ça n’a duré que quelques heures… Il faut dire qu’elle était attendue depuis mi-décembre, avec un petit épisode d’hésitation dû aux bruits émis ici ou là sur de réels et inévitables défauts de jeunesse. Mais j’ai laissé courir ma demande, évitant aussi de succomber aux avertissements sur la capacité au réseau Kiala de livrer l’objet en question. Et le jour tant attendu est arrivé. Un petit tour chez la fleuriste juste à côté de chez moi, et je m’en suis retourné, une rose pour Madame, et une Freebox Révolution pour moi…

La première impression en déballant est de taille : l’emballage est luxueux, le contenu est impeccablement protégé, la finition remarquable, c’est la grande classe ! On dirait du matériel de la marque à la pomme. Le «server», traite le signal ADSL ou fibre, et contient le routeur et le NAS, et le «player» est là pour la télé, les Blu-Ray, les DVD, et les jeux (bien que la manette spécifique ne soit pas encore disponible). On branche… et ça marche, évidemment…

Je suis Freenaute presque depuis l’origine de l’opérateur. Les box ont défilé à la maison sans connaître de soucis particuliers. Peut-être un écrasement de ligne, une fois, il y a longtemps… Le reste, la technique, le dégroupage, la sécurité, ont toujours été transparent comme je l’aime. Le passage en V6 a donc été naturel, d’autant qu’elle m’apporte pas mal de choses intéressantes : un routeur un peu plus évolué que ce que proposait la V5, et un NAS (Network Attached Storage), tout ce que j’avais précisément besoin en ce moment, dans ma nouvelle activité, comme hébergeur de sites et blogs

L'ADSL, c'est parfois rock'n roll...Coté routage, je peux enfin gérer mon parc de serveurs bien plus finement. Les fonctionnalités s’approchent enfin de celles d’un vrai routeur, avec une interface simple à utiliser où l’essentiel figure. Le gros hic : il n’y a que 4 sorties, dont une est bouffée par la liaison Server-Player. 8 prises auraient été vraiment bienvenues sans complexifier l’ensemble. Côté NAS, rien à redire pour l’instant, c’est nickel et facile à mettre en oeuvre, même si je n’ai pas encore eu le temps de pousser le système dans les cordes. Cela va bigrement faciliter mes sauvegardes… Dernier bémol, les alimentations des 2 éléments sont séparées et font office de CPL. C’est bien, mais ils ne se synchronisent pas avec les freeplugs autonomes, et en l’absence de prises disponibles, cela m’empêche d’étendre le réseau par ce moyen… Un peu gênant, un peu plus, même.

Mais je suis globalement satisfait. L’interface de la télé, comme la télécommande, change radicalement. On a perdu l’emblématique Rock’n Roll à l’allumage. Ca freeze un peu alors que les débits sont identiques et que ce phénomène m’était inconnu avec la V5. Il y a même des blocages assez désagréables qui nécessitent un redémarrage du «player». Certainement un petit défaut qui finira par se régler, comme les autres. Et pendant qu’ils y sont, merci de modifier la chaine par défaut à l’allumage, TF1 en l’occurence, par une mire… Pour moi, la prochaine étape, c’est l’arrivée de la fibre. J’en attends beaucoup, notamment pour l’augmentation de la bande passante en up (pour moi), donc pour la vitesse de chargement des pages (pour vous). Mais avec Free, il faut être patient, très patient.

Comme pour les augmentations de salaire, cela finira bien par arriver.

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Bientôt en berne

Il reste un an à l’équipe gouvernementale actuelle pour parfaire l’empreinte de son passage aux affaires. Ainsi, les débats se pressent, se suivent et se ressemblent, tous centrés sur des thématiques dont les buts, à part électoralistes, me rendent perplexe et m’exaspèrent. Très peu d’entre nous l’ont connu, mais le climat actuel général, cette relance insistante et continuelle de questions nauséabondes relatives aux étrangers, à leur pratiques, à leur mode de vie, à leur seule présence ressemble à s’y méprendre à celui qui prévalait chez nos voisins d’outre-Rhin dans les années 30… Laïcité, identité nationale, Burqa et autres discussions d’ivrognes en costard n’ont qu’un but : stigmatiser le musulman. Chacun son tour.

Le plus beau des drapeaux, et le symbole aussi de la liberté perdue... soumis à autorisationIl y a un débat qui est cependant passé plus inaperçu. Devenu proposition de Loi, elle a été déposé sur le bureau de l’Assemblée Nationale en 2009 par le député UMP de l’Hérault Elie Aboud. Elle visait à interdire les drapeaux étrangers pour «faire respecter les symboles républicains lors des célébrations de mariages se tenant dans les locaux des mairies». Déjà, on distingue assez clairement qui est visé. Mais pas d’engouement notoire à l’époque, au point que l’idée est intégrée sans bégayer au projet de Loi relatif à l’immigration, l’intégration et la nationalité.

La deuxième lame du rasoir est passée en janvier dernier dans les mains expertes du député UMP des Bouches du Rhône Guy Tessier. Son crédo : élargir le concept de son collègue et «réglementer l’usage des drapeaux étrangers dans les espaces publics». Ainsi, sans rire, «les lieux publics doivent rester des lieux nationaux et faire l’objet de respect», qu’ils soient des mairies, des préfectures ou autre, obligeant les agitateurs agiteurs de tissu à «une demande d’autorisation préalable»… Avant d’aller à Gerland avec mon drapeau brésilien et argentin, il faudra s’astreindre à un petit détour vers la préfecture. Cela va gaspiller de l’essence…

Voilà encore une Loi super utile, urgente, vitale, qui va grandement améliorer le quotidien des habitants de ce beau pays, une gentille petite Loi qui offrira le gîte et le couvert pendant 6 mois dans une maison d’arrêt privée et 1500 Euros d’amende en cas de manquement, ou de «déclaration incomplète ou inexacte de nature à tromper sur l’objet et les conditions de l’utilisation projetée». C’est vraiment trop sympa comme attention.

Encore une Loi qui avance masquée, qui ne dit pas vraiment son nom, mais la cible est clairement désignée et l’objet est limpide : donner une base légale permettant aux forces de l’ordre d’intervenir dans le cas «d’attitudes de provocation envers les valeurs de la République», y compris dans la rue. C’est toujours la même rengaine, les mêmes arguments fallacieux, cette malhonnêteté intellectuelle qui fait du pied et tend la main aux extrêmes pour sauver ce qui reste de meubles dans la maison UMP…

Une chose est sûre : il faudra que la gauche républicaine se prononce clairement pour défaire tout ce tissu de bêtises, toutes ces Lois indignes d’une République qui proclame dans sa Constitution «La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances» dans son 1er article, et «Liberté, Egalité, Fraternité» dès son article 2… Y a t’il besoin d’en débattre ? Tout n’y est-il pas déjà dit ? N’y a t’il pas plus important comme problème à régler en ce moment ? Et puisque on a le nez dans la Constitution, constatons simplement que la première mission du Président est de veiller à son respect (art 5), ce qui est loin d’être le cas, puisque qu’on envisage très concrètement, et de manière totalement décomplexée, que certains français le soient un peu moins que d’autres…

Des sous-français, en somme. Ca ne vous rappelle toujours rien ?

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La lumière et l’ombre

Georges Pompidou, 19ème président de le République française meurt le 2 avril 1974 avant la fin de son mandat. Réalisé par Pierre Aknine, le film «Mort d’un Président» a été diffusé hier sur France 3. Il retrace ce moment de l’histoire de France ou le successeur de Général de Gaulle lutte au quotidien contre la maladie et se soucie de sa succession. Mais au delà de l’évocation d’un personnage remarquable, d’un véritable homme d’Etat et de culture, transparait une partie des coulisses d’une Vème République déjà bien glauque.

Jean-François Balmer en Georges Pompidou, impressionnant, presque attachantBien sûr, je n’ai pas découvert grand chose de nouveau sur le fonctionnement de notre démocratie et de nos instances dirigeantes. Evidemment, ce qui nous est permis d’entrevoir est une goutte d’eau dans l’océan. Mais tout de même. Les manoeuvres, les chausses-trappes, les coups-bas, les manipulations, tout ce travail de sape des officines de conseillers tapis dans l’ombre des grands hommes est véritablement impressionnant et abjecte. En fait, il suffit d’appuyer par-ci, par-là, de pousser celui-là, de faire tomber un gêneur, de distribuer à la presse ce qui doit paraître : «rien de neuf, c’est du réchauffé, mais les gens ont la mémoire courte, il est bon de leur rappeler certaines choses…» Mais le pire dans une démocratie digne de ce nom, c’est bien l’expression de Pierre Juillet, l’éminence grise de l’époque, poussant déjà son poulain Chirac encore bien vert, alors ministre de l’agriculture : «les électeurs, ils voteront pour qui on leur dira…». Ben voyons. Le comble est qu’il avait raison, la gauche ayant pris le manche en 1981 parce que Chirac avait consciencieusement savonné la planche pour faire perdre Giscard, sous les conseils de Juillet… et d’affaires savoureuses, notamment de diamants, savamment mises en scène.

Les dessous de cette République, et les précédentes aussi, sont glauques au possible. Le pouvoir attire les hyènes, elles tueraient pères et mères pour assouvir leur soif, elles finissent même par se dévorer entre-elles. Aujourd’hui, rien n’a changé, sauf que les hyènes déjeunent au Fouquet’s et s’appellent Boloré, Arnaud, Bouygues, Lagardère, Dassault, Bettencourt… et pardon pour ceux que j’ai oublié. Ils n’ont pas attendu longtemps le retour de l’ascenseur, et quel ascenceur, bien lourdement chargé !

On remet cela dans un an. L’élection présidentielle est l’échéance suprême, la bataille ultime. L’actuel taulier de l’Elysée est au plus bas, avec un indice de confiance plus difficile à remonter que le col du Tourmalet en monocycle. Nombreux dont je suis, pensent qu’il y a contribué tout seul, gouvernant contre le peuple, contre les institutions, et même contre les évènements. Mais une année semble aussi un laps de temps suffisant pour renverser la vapeur. Lobbyistes et communicants s’y emploient déjà, avec une énergie considérable. On revient en arrière sur des mesures emblématiques du quinquennat, et dans quelques temps, je ne serais pas étonné de voir quelques «cadeaux» tomber du ciel, et nos otages revenir dans leurs foyers.

Pierre Juillet le disait «les gens oublient, et finissent par faire ce qu’on leur demande». On parie ?

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Pourquoi je reviens sur un blog

Je n’ai pas été tagué, alors je m’invite dans la chaine lancée par Virginie, relayée par Nicolas, et à laquelle Le coucou et Lolobobo ont déjà répondu. Je me rends compte que je ne suis guère différent des autres : ce sont les idées et surtout la manière de les dire qui m’attire.

Pourquoi je m’abonne, pourquoi j’y reviens…

Je n’ai aucun préjugé. En veille permanente, d’abord pour mon job, ensuite par curiosité, je suis habitué à «butiner» et à fouiner un peu partout. Je peux ainsi rester accroché à tout et n’importe quoi, du blog ultra-geek à un autre de géopolitique, en passant par ceux causant de cuisine, de musique, ou de fabrication de bière… Il faut déjà que l’interface visuelle soit simple, limpide, ergonomique et fluide, sans fioritures animées et clignotantes dans tous les sens.

Il faut évidemment que les contenus m’interpellent. J’en ai parlé très récemment, j’ai besoin que leur lecture me captive, m’amuse, m’ouvre les yeux, même et surtout quand ce qui y est exprimé n’est pas tout à fait ce que d’emblée je défendrais. Quand de surcroit c’est bien argumenté, bien défendu, bien écrit, je le note dans un coin, puis j’y reviens, et éventuellement je commente. Tous ceux présent dans mon agrégateur sont arrivés ainsi. Depuis quelques semaines, la liste s’est pas mal allongée. Mes dernières trouvailles sont En travers les néons, Mon avis t’intéresse, Luciamel (conseillé par MHPA) et Hermes, justement au travers cette chaine. Il est clair aussi qu’au travers des écrits, il est possible de percevoir des sensibilités et des personnalités intéressantes et attachantes, comme le souligne Nicolas, dont on se ferait bien des amis.

Est-ce que je lis tous les flux…

Difficile de dire oui, vu le nombre, et surtout la fréquence de publication de certains… Je crois bien passer partout au moins une fois par semaine. Je reste assez accroché au titre, et du lien avec l’actualité du moment. Mais j’avoue que j’ai des incontournables que je visite systématiquement, notamment le Grumeau, le Monolecte, El Camino, Yann, le déjà cité Fucking Disgrace, le p’tit lyonnais 100000V et quelques autres dont je ne manquerai pas de parler bientôt.

Quant à en supprimer, cela ne m’est jamais arrivé !

Ce qui me fait penser qu’il me reste une dernière petite chose à bricoler sur ce blog : la liste des potes dans l’onglet du même nom… Dans quelques temps, mon agrégateur complet ira s’y déverser…

Et moi aussi, je refile le bébé à toute ma blogoliste.

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Pollution diurne

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi à Lyon, prendre les transports en commun est devenu une évidence. Ca ne date pas d’hier, pour aller au boulot et me déplacer en ville, j’ai échangé le relatif confort de ma voiture contre la promiscuité d’une rame de métro et l’inconfort d’un bus balloté dans une inextricable circulation, ou gravissant virage après virage la colline de Fourvière… Mais cette prise de conscience qu’il n’est plus possible de continuer de la sorte à polluer individuellement et à gaspiller très égoïstement une énergie totalement hors de prix, me coûte.

Elle se laisse vraiment aller, NKM...La perte de confort, si elle est réelle et oppressante avec son cortège d’odeurs, d’incivilité, de bousculade, et autres caractéristiques de la vie moderne, n’en est pas le moindre. Mais il faut aussi supporter le temps de transport qui varie du simple au triple. Le seul intérêt, au delà de l’aspect «purement écologique» de se dire qu’on agit de manière «responsable», c’est bien le coût financier…

Aussi, à l’annonce de Nathalie Kosciusko-Morizet cette semaine de bannir des centres-villes des véhicules anciens, potentiellement selon elle plus polluants que les récents, j’ai d’emblée plutôt bien réagi. Ma première réaction a même été de dire qu’il fallait être fou pour circuler à Paris (ou ailleurs) en voiture quand ses moyens sont réduits au point de devoir se contenter d’un véhicule usagé, suranné, délabré, usé, de collection, fatigué, décrépi, d’un âge certain, à barbe grise… en fait une guimbarde de plus de 13 ans.

La réaction du commun des mortels à l’annonce a été rapide et unanime : exit les pauvres, l’accès en ville est désormais réservé aux possesseurs de rutilantes automobiles, bien proprettes, voyantes, aux formes généreuses, à la puissance sonore, le symbole sociétal ultime après la Rolex de la réussite. Et dans l’esprit de la mesure, on y va tout droit. Je me suis alors souvenu que mon fils, étudiant en 2ème année de journalisme, souvent en stage ou en pige, donc amené à se déplacer parfois à des heures indues, dispose justement d’un véhicule d’un âge plus que respectable, mais qui est parfaitement entretenu et rempli sa mission avec vaillance et entrain. Pour lui donc, sa petite Ka et son GPS si indispensable dans son cursus, c’est fini, départ pour la casse sans pouvoir évidemment en changer dans un avenir plus ou moins proche. Et combien de foyers, combien de véhicules sont dans ce cas ? Combien de gens n’ont aucun choix en la matière ? Comment s’adapter quand il n’existe aucune marge de manoeuvre, étranglés qu’ils sont par des conditions de vie de plus en plus draconiennes ? Est-on vraiment en train de lutter contre la pollution ?

Bien sûr, l’air en ville, l’engorgement automobile, les transports, il faut faire quelque chose très vite. Alors comme nos brillants ministres ont pantouflé jusqu’à présent, à l’image du lièvre dédaigneux de son adversaire la tortue qui voit la ligne d’arrivée se profiler, on se réveille dans l’agitation pour faire n’importe quoi, du grand n’importe quoi. Les gros 4X4, si fondamentalement utiles sur les Champs-Elysées, continueront à cracher CO2, oxydes d’azote et suie en fines particules… Pour les petites gens, ils n’ont qu’à se serrer un peu plus la ceinture pour exister en tant qu’automobilistes, ou se cacher dans le métro en se serrant. En tout cas, la pollution, la vraie, ce couvercle ocre et âcre posé en ciel et bitume, derrière des vitres fumées des puissantes berlines et leur climatisation, ça ne se voit, ni ne se sent. Inutile donc de s’en préoccuper plus que de raison.

Un peu comme la misère évaluée depuis le Palais de l’Elysée.

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Coup de projecteur de Mars

Après un week-end passé très loin de la télé et d’Internet, quelque part dans les alpages inondés de soleil, le retour à la vraie vie a été un peu difficile. Je n’ai rien écris, presque rien lu, et sans rien boire, j’ai le bout du nez rouge. Il n’y a pas de doutes : les neurones nécessitent de temps en temps une bonne dépollution, une mise à l’abri de cette agitation perpétuelle, de ce bruit de fond finalement insupportable quand on y revient.

J’avais promis mes remerciements de mars pour lundi, et je suis vraiment impardonnable parce que cette liste de vrais liens est courte, très courte… Mais avant, j’avais très envie de revenir sur un ou plusieurs billets auxquels j’ai particulièrement accroché durant le mois écoulé. Pour cette première, j’ai choisi un billet de Des Pas Perdus, à lire ou à relire tant le jeu des questions/réponses résume bien la situation actuelle de notre société, gangrénée par l’instantanéité, le profit à très court terme et le manque de réflexion.

Ca me plait bien cette mise en avant de billets plutôt que des blogs. Avec un peu de recul, cela donne un autre éclairage et d’autres perspectives aux écrits, une seconde vie en somme… Le choix a été difficile, mais le contexte des élections et la poussée artificielle du FN a fait basculer mon choix vers cet excellent billet.

Merci surtout à tout ceux qui passent ici, qui me lisent et commentent, et qui m’envoient des visiteurs, ou qui m’ont placé dans leur blogoliste

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