Je ne rêve plus de pommes

L’actualité politique du moment me gave. On ne fait que discuter des frasques de personnalités finalement insignifiantes en oubliant les vrais problèmes des petites gens, comme notamment celui du prix de l’énergie qui ne fait que monter même quand celui de la matière première baisse… Donc je vais parler d’autre chose. Ce week-end, une fois n’est pas coutume, j’accompagnais mes enfants dans le grand temple de la consommation moderne qu’est le centre commercial de la Part-Dieu à Lyon quand je me suis trouvé nez-à-nez avec une pomme géante…

Apple à la Part-Dieu, impossible à ne pas remarquerApple s’installe a Lyon, et récupère un des meilleurs emplacements du complexe. Annoncé un temps au tout nouveau Cours Oxygène, puis à la Confluence, l’Apple Center se sera caché longtemps. Le secret, c’est une autre marque de fabrique. L’espace laissé vide par une grande pizzeria n’a jamais affiché de nom comme il est l’usage dans le centre commercial pendant les travaux. Depuis fin mars, les palissades sont passées au noir, et la pomme est apparue cette semaine…

J’ai découvert Apple et le Macintosh en 1991, autant dire en préhistoire. Je maniais déjà le DOS, et voyais dans la pomme, comment dire ? une révolution… déjà. Un an plus tard, l’objet de toutes mes convoitises déboulait à la maison : un LCII avec 4Mo de mémoire extensible à 12 (peut être même 16), un disque dur de 80Mo, un écran couleur, du son… J’étais le roi du pétrole ! Depuis, aucun PC n’est rentré à la maison. Avec un Mac, j’avais l’impression de faire partie d’un monde d’initiés, de privilégiés, une élite peu nombreuse fière de sa différente. Jamais une anicroche, que du bonheur, simple et robuste, fiable et sophistiqué, avec «think different», j’étais geek avant l’heure.

Tout passe, tout lasse, sauf les glaces. Des Macs de toutes sortes, il y en a toujours à la maison. Mes gones ne jurent que par leurs Imacs, leurs Ipods, leurs Iphones. Et pourtant, je me suis lassé. Les produits, machines comme logiciels sont toujours d’excellentes facture, mais le besoin d’innover et de créer sans cesse de nouvelles choses induit la création de toutes sortes de nouveaux besoins, de nouveaux comportements qui me déplaisent. L’Iphone est un outil merveilleux, mais qui provoque une addiction parfois maladive. Outil communiquant à l’extrême comme son grand frère l’Ipad, son utilisation courante conduit à s’extraire de la vraie vie si on n’y prend pas garde. Il y a eu aussi cette valse sur la musique en ligne via Itunes, où Apple vous proposait de payer à nouveau pour obtenir des morceaux sans DRM, morceaux que vous avez déjà payé par ailleurs… le tout dans un format propriétaire offrant une qualité sonore pas révolutionnaire pour un sou… Il y a cette obstination à refuser toute standardisation : impossible par exemple de concevoir un chargeur commun avec les autres fabricants de téléphone ou de baladeurs. Il y a aussi le prix, ce ticket d’entrée au club, qui pour moi est devenu prohibitif et inabordable pour finalement être tracé à chaque utilisation dans des fichiers cachés. Il y a encore la manière peu éthique et transparente de produire, notamment en Chine, en imposant des contraintes supérieurs aux règles locales… sans parler de l’impact écologique au moment de la production et du recyclage. Non, Apple ne me fait plus rêver.

Depuis plusieurs années, je suis passé au libre. C’est moins clinquant, moins classe, moins geek, moins cher, mais tout aussi efficace, et peut être même plus, dépendance en moins. C’est aussi en termes philosophiques que mon évolution s’est faite, dans un monde ouvert, de partage et d’échange, où le flux n’est pas que financier… Comme dit la publicité, cela ne change pas grand chose dans l’avancée du monde, mais pour moi, c’est important.

L’Apple Store de Lyon ouvrira le 4 juin à 9h30. Et pour moi, ce sera grasse matinée…

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Le pavé des blogueurs

Une lettre ouverte remplit la blogosphère, et en parcourant les pages des copains, impossible de ne pas tomber dessus. Je n’imposerai donc pas au lecteur parvenu jusqu’ici cet exercice, le texte se trouve notamment sur l’excellent blog du Captain, par ailleurs parmi les initiateurs du texte. J’aurais bien aimé en faire partie tant ce qui y est dit correspond au fond de ma pensée.

Ce pavé jeté depuis la toile, cet espace informe et nauséabond où, à en croire le pouvoir, ne règnent que les terroristes, les pirates, les pédophiles et les nazis, est une preuve de l’intérêt et de la maturité de ce vecteur d’opinion. On y exprime des idées, des opinions, on partage, on confronte. Parfois, on en arrive à croiser les mots bruyamment… on arrive même à se croiser tout court, ce qui donne à l’anonymat des écrits une dimension bien humaine.

Ce qui est humain aussi, à un an d’une échéance capitale, c’est bien de rappeler à tous ceux qui briguent les plus hautes responsabilité que les français n’en peuvent plus de l’action du gouvernement actuel, des discours où l’on prêche tout et son contraire dans la même phrase et du détricotage des solidarités construites bien souvent dans la douleur depuis des décennies. En demandant que les responsables politiques de gauche s’entendent et mettent au point cette fameuse plate-forme commune assise sur des valeurs que toutes les sensibilités partagent à peu de chose près, les blogueurs expriment ainsi une condition logique et indispensable pour espérer renverser presque à coup sûr le grand timonier.

Ainsi, c’est un peu les blogueurs qui répondent à la question d’Isabelle, à savoir qui va porter l’indignation des français. Il reste maintenant aux différentes personnalités, de Hollande à Mélenchon, en passant par Hulot, et pas mal d’autres de s’inscrire ensemble dans une démarche de participation et non de domination, et de bâtir un projet en tenant compte des aspirations et de la réalité quotidienne des français, sans quoi l’indignation va s’amplifier encore. Déjà, la place Bellecour, comme il y a longtemps en Tunisie, en Egypte, et aujourd’hui en Espagne, se noircit tout les soirs un peu plus de jeunes et moins jeunes, dont le point commun est l’indignation jusqu’à l’exaspération…

Puerta del Sol à Madrid, l'indignation se cache encore...La presse a relayé l’appel, les premiers commentaires sont nombreux et parfois contradictoires voire hostiles. Mais la machine est lancée, sans être pressée par le temps. Pour gagner, il faudra écouter les français mais surtout présenter un projet de redistribution équitable de la richesse produite, où les efforts à consentir sont partagés par tous. Un vrai projet de gauche en somme, comme la France n’en a pas connu depuis très longtemps. Mais il faut passer le premier tour, donc ne pas rater le départ… Et le départ, c’est justement aujourd’hui. Pour signer et partager, c’est ici.

Comme en foot (les filles de l’OL sont des championnes…), seule la victoire compte !

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Ca roule…

J’ai trouvé ce matin un petit mot scotché à la borne d’une station de Vélo’V habituellement copieusement garnie. Il n’y avait là aucun engin en état disponible. Quelques badauds désemparés scruttent le boulevard à la recherche d’un vélo rouge pour continuer le voyage… Les techniciens des Vélo’V sont en grève, et je vous livre «in extenso» la teneur du papier.

Les Vélo'V sont à plat...
Cher utilisateur de Vélo’V,

Vous nous demandez souvent si les Vélo’V sont endommagés, vous râlez parfois parce quer les gens ne prennent pas soin des Vélo’V…
Souvent, vous nous dites aussi que ça doit être un travail sympa et que l’on doit être bien payés…

C’est vrai, de temps en temps il y a des dégats et le service ne fonctionne pas toujours bien, mais savez-vous combien nous sommes pour entretenir le parc ?

Vélo’V, c’est (CDD et CDI confondus) 11 responsables (direction et agents de maîtrise) pour seulement :
  – 9 mécaniciens à l’entrepôt pour 3700 Vélo’V,
  – 11 agents de terrains (entretiens stations et vélos) et 6 agents pour réguler les vélos pour un total de 343 stations !!!

C’est vrai que le travail est sympa quand il fait beau, ce n’est malheureusement pas le cas par temps glacial ou caniculaire… Pour ce qui est d’être bien payé… ne parlons pas des choses qui fâchent : nous sommes autour du SMIC, ce qui est très peu pour une filiale de JCDecaux, n°1 mondial de l’affichage publicitaire !

Alors veuillez nous excuser pour la gène occasionnée par notre grève.
Nous vous souhaitons bonne route si vous trouvez le dernier Vélo’V en état et vous remercions pour le soutien que vous apportez à notre mouvement !

Cordialement, les petites mains de Cyclocity.

Pour la petite histoire, voilà ce que j’ai trouvé sur le site même de JCDecaux :

Résultats annuels 2010
    Chiffre d’affaires en hausse de 22,5 % à 2.350,0 millions d’euros, croissance interne de 9,1 %
    Marge opérationnelle en hausse de 41,7 % à 555,4 millions d’euros
    Résultat d’exploitation en hausse de 127,2 % à 279,0 millions d’euros
    Résultat net part du Groupe multiplié par 7 à 173,3 millions d’euros
    Flux de trésorerie disponible doublé à 327,4 millions d’euros
    Croissance interne du chiffre d’affaires attendue autour de 6 % au premier trimestre 2011

Y a t’il vraiment besoin de commenter ? Moi, je soutiens….

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La fin d’un monde

Parler de fin du monde après un KdB, c’est un peu antinomique. Mais c’est sur ce sujet, que faire dans les 12 heures précédant l’apocalypse, que je suis tagué par Romain tout comme Manoz, Menilmuche, Le Faucon, Yann, le Coucou, Briavel, Vallenain, Stef, Nicolas, Sarkofrance, Bembelly, Corto, Marc Vasseur, Océane, Manue, Florent, Quartier Citoyen, Camille, Sasa, Slovar, El Camino, Homer, Pensées de ronde, Superno, Mrs Clooney, Cui Cui, Gael, Camille et Karim, tous autant que moi assez perplexe sur la question, mais certains s’en sont bien tirés…

Gilbert Bourdin, Maitre du Mandarom, qui n'a pas bu que de la bièreMine de rien, on s’en sort bien. On y a déjà échappé le 11 août 1999, et le monde a visiblement survécu à un terrible tremblement de terre qui aurait dû intervenir dimanche 22 mai à 3 heures du matin… Harold Camping, et avant lui Paco Rabanne, Gilbert Bourdin et quelques autres illuminés, est le dernier annonciateur en date d’un tel phénomène. Quelques zozos l’ont suivi, se préparant avec application, vidant leur comptes bancaires, abandonnant leur emploi, parcourant la campagne pour diffuser la nouvelle ad hoc. C’est bien difficile de répondre à la question quand le contexte ne s’y prête pas. Très vraisemblablement, je ne cèderais pas à la bestialité qui pourrait être la règle en pareil cas, je resterais à l’écart avec ceux qui me sont chers. Mais comme je ne suis pas croyant pour un sou, ce genre de question ne m’effleure pas un instant.

Pour l’heure, pas de fin collective du monde donc, parce que pour DSK, un exemple parmi d’autres, quoi qu’il se passe maintenant, c’est la fin d’un monde, le sien. La réalité du moment c’est bien l’individualisation à outrance, donc la multiplicité des mondes, distincts et étanches, jusque dans les petits recoins de la vie quotidienne, jusque dans la perception de l’actualité. La fin d’un monde pour le commun des mortels, cela pourrait être tous ces accidents de la vie, une maladie, une séparation, une décision politique, un conflit, un licenciement à un âge avancé, tous ceux dont on se remet à grand peine, que l’on gère tout seul, ou presque, ou pas…

On annonce déjà ici ou là de nouvelles dates officielles de fin du monde. J’en ai retenu aucune. Aujourd’hui, je n’ai qu’une échéance en tête : le 6 mai 2012. Et compte-tenu du clivage actuel de notre société, le résultat à 20 heures risque fort de sonner comme la fin d’un monde pour le camp défait.

D’ailleurs, Ubuntu, dans sa dernière version, a laché (le) gnome pour Unity… Tout un symbole.

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Le KDB, c’est magique

Trublyonne et Romain m’avaient prévenu : un KDB, c’est un évènement dans une vie. KDB, c’est un peu comme Wikio, Jegoun, CMS, twitter et autre 2.0, c’est du jargon incontournable, avec son côté complètement geek et passionnant d’une communauté regroupant toutes sortes de personnes d’horizons divers et variés, celle des blogueurs. Pour ma première visite, j’ai été gâté : il y avait du beau linge. Outre l’icône locale, il y avait là, accoudé au zinc, que des gens dont l’écriture et l’expression me laisse totalement admiratif.

Le KDB, c’est le Kremlin des Blogs, un rassemblement à peu près mensuel de blogueurs qui se rencontrent à la Comète, sympathique taverne du Kremlin-Bicêtre et repaire du Number-One. En fait, je me demande parfois si ce n’est pas tout simplement son bureau. La petite fête semble d’ailleurs devenir une institution puisque même France 2 fait le déplacement… J’y ai été accueilli par Nicolas et El Camino, tout deux bien reconnaissables, tout comme Juju, le grand breton et Seb. Très vite, le comptoir a disparu sous la blogosphère, impossible de voir tout le monde. J’ai longuement discuté avec Gildan et Homer, et partagé la table avec Melclalex, Vogelsong, Juju, intox2007, Seb, Martin, David et sa machine à laver, le grand breton, et un peu plus loin Olympe et El Camino que je croyais plus dissipé… A l’autre table, Nicolas, avec Menilmuche, desfraisesetc, et undessinparjour, s’occupait des gens de France Télévisions…

Voir des gens, échanger de vive voix, connaître un tout petit peu les acteurs de la blogosphère, voilà qui donne sacrément du relief aux écrits qui sont déposés sur le oueb. On a parlé aussi des absents qui ont toujours tort, blogueurs comme personnalités, notamment celle de DSK, désormais indéfiniment rangé des voitures. On suit avec frénésie l’actualité d’un tribunal outre-atlantique, on twitte à donf, et les bons mots fusent. La soirée avance, et l’élocution de quelques uns devient moins précise, mais pas moins pertinente. A 22h30, la Comète éteint sa traine et disparaît dans la nuit, en nous abandonnant sur le boulevard… Les blogueurs ont fini leurs verres mais pas les débats passionnés, ils continueront sur la toile jusqu’au prochain KDB.

Dès aujourd’hui, les pages que je consulte depuis ma blogroll ont imperceptiblement changé. Derrière un pseudo, un avatar, un billet, il y a maintenant une autre image. Et dans notre société impersonnelle et déshumanisée, cela fait bigrement du bien.

Tiens, le KDB devrait être remboursé par la Sécu.

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Ca ne fait que commencer

J’avais vraiment pas envie d’en rajouter sur l’actualité chaude du moment, qu’elle résulte d’une odieuse manipulation, ou d’une toute autant abjecte conception d’autrui. Je préfère parler d’une actualité tout autant brulante et mouvante : la dépendance à Google. C’est chez Lolo que j’ai trouvé le sujet de mon billet bien dans mes cordes. L’indisponibilité du Play-Station Network, puis celle de Blogger, la plate-forme blog de Google a causé quelques jolis remous dans le monde des geeks, posant clairement la question de la dépendance croissante envers les mastodontes du net.

Richard Stallman, mon papa informatique...Dans le monde informatique professionnel et grand public, le phénomène n’est pas récent. La relative perte d’influence causé par les trublions du monde libre, avec la montée en charge des systèmes et logiciels «Open Source» type Linux, Firefox, OpenOffice, etc… a fait quelques dégâts. Du coup, faute de pouvoir concurrencer les nouveaux produits «éthiques», gratuits, fiables, sécurisés et sécurisants, les grands du Net sont en passe de nous sortir toute une panoplie de nouveautés toutes aussi innovantes les unes que les autres, mais qui n’ont qu’une seule finalité : nous remettre un fil à la patte, celui même dont Linus Thorvald et Richard Stallman avaient su nous libérer. Les usages ont aussi évolué. Déjà, notamment parmi les plus jeunes, le net n’est plus vu qu’au travers de Facebook qui agit comme un prisme, et lie l’utilisateur, non à ses amis virtuels, mais au facilitateur. Sans lui, données et amis sont inaccessibles, et la jeunesse est perdue, orpheline. Le néant…

La mode actuelle, c’est le «cloud», où tout ce dont on a besoin se trouve quelque part, dans les nuages, au travers du réseau. Sur le papier, c’est idéal : l’utilisateur ne s’occupe de rien… Google vient d’ailleurs d’annoncer la sortie du chromebook, l’ordinateur 100% Cloud sous ChromeOS, où toutes les opérations passent au travers du navigateur Chrome… A ce niveau, déjà, le choix n’est plus possible. L’oncle Billou doit l’avoir mauvaise, lui qui avait fait les frais dans les années 90 d’un navigateur trop intimement lié au système…

Mais la mode actuelle est aussi la montée en puissance du contrôle des flux. Les tentatives de battre en brèche le concept de neutralité du Net aboutissent sous la pressions de lobbys divers. La première application française grand public est sans conteste le dispositif HADOPI… Et oublier la volonté des opérateurs de téléphonie d’entrer dans la danse pour facturer la bande passante qu’on dit de plus en plus limitée, serait une grossière erreur. Là aussi, les menaces sont pressantes, certains FAI ayant déjà dans leur cartons des abonnements «premium».

En somme, sous le couvert d’une révolution architecturale apportant modernité, simplicité et souplesse, on va finir par payer ce qui est utilisable gratuitement, et laisser nos données à la disposition de qui en voudra. Mais plus grave encore, en cas de panne ou coupure (volontaire ou non) du réseau, de Google, de Sony ou autre grand malin, vos données, vos statistiques, vos blogs, vos outils seront purement et simplement inaccessibles, et au pire, vendues à un hacker russe. Mais tout cela n’est que pure invention, cela n’arrive jamais.

L’illusion de liberté et de choix est parfaite, mais à la sortie, la dépendance est bien réelle, l’adhérence irréversible… C’est pour ces raisons que je n’utilise rien qui soit estampillé Google, même si certains services semblent réellement intéressants. Surtout que du côté libre (de la force), il existe bien souvent l’équivalent…

Quen pensent les geeks fréquentant ou non la Comète ?

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1ère bougie

Ce jour est incontestablement très particulier : le blog alter-oueb souffle sa première bougie. L’aventure a commencé le 12 mai 2010 après quelques hésitations et un peu d’appréhension, et ma motivation, ce besoin d’expression depuis cette date n’a pas changé. 117 billets plus tard, l’expérience est pour moi plus que concluante : 98 commentaires, entre 100 et 150 visiteurs par jour. Certains vont trouver ces chiffres franchement ridicules. Mais je m’en suis déjà expliqué, les chiffres, les classements n’ont que très peu de signification pour moi, cela ne flatte que les égos. L’essentiel n’est évidemment pas là.

Anniversaire...L’essentiel, c’est la pluralité des expressions, c’est de confronter mon ressenti des choses avec les avis et les réactions d’autres gens,de différents horizons, de sensibilités diverses et variées. Il y a toujours à apprendre des autres… Après, on partage ou pas, selon son humeur, son ouverture d’esprit et ses convictions. On participe, on commente, on twitte, encore que pour moi, ce genre de pratique est impossible en journée, faute à un p*§$#* de proxy… et faute d’avoir cédé à l’addiction d’un smartphone.

L’essentiel aussi, c’était la soirée d’hier, lors de la rencontre entre Gérard Collomb, sénateur-Maire de Lyon venant entre-autre présenter son ouvrage «Et si la France s’éveillait» et la communauté des blogueurs et acteurs du Web lyonnais . Elle m’a permis de rencontrer quelques noms devenus familiers avec le temps, et mettre ainsi un visage sur quelques avatars. Aidé par Romain, reconnaissable entre 1000 en grand ordonnanceur de la manifestation, j’ai échangé quelques verres avec Bembelly, puis taillé le bout de gras avec Trublyonne et Camille juste avant l’orage qui a secoué la fin de soirée. Pas de vallenain, ni de minijupe, dommage, mais il y aura des prochaines fois…

Mais la soirée, dans son contenu strict, m’a laissé un peu sur ma faim. Lors de son exposé, Gérard Collomb a parlé de l’avenir. Tout est avenir. Hors flux, formation, innovation et entreprise, point de salut. Dans cet élan qu’il qualifie de «socialisme de l’entreprise», il affirme que les schémas actuels mènent à l’immobilisme, donc à la disparition, qu’il faut entreprendre, bouger, et qu’il faut cesser de tout attendre de l’Etat… J’ai déjà entendu ce genre de discours quelque part. Dans la discussion qui a suivi, la parole a été monopolisée par les acteurs de l’économie numérique, les créateurs de start-up réclamant au décideur local des aides en matière de locaux et d’infrastructures spécifiques aux métiers de l’internet. Pas vraiment compatible avec le «moins d’Etat» prôné par le libéralisme ambiant…

On n’a pas entendu les blogueurs. Pourtant il y a des sujets de première importance, dont celui de la neutralité du réseau, le filtrage et le contrôle des flux. Il concerne tous les publics, encore plus les acteurs du Net, mais surtout les responsables politiques dans leurs fonctions législatives. C’est en sa qualité de représentant du peuple que je souhaitais interpeller Gérard Collomb sur ce sujet qui me tient particulièrement à coeur. Je n’ai pu le faire de vivre voix. Dommage. Là aussi il y aura des prochaines fois.

Et mai sera joli, ce n’est pas qu’un dicton. Le 19, c’est KDB, et j’y serai.

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Un autre mai 1981

30 ans déjà ! C’est ainsi que Melclalex interpelle la blogosphère. Cela fait déjà 30 ans. Un certain 10 mai 1981, à 20 heures, une clameur inédite a retenti. Point de coupe du monde de foot ou de Lady Gaga à l’horizon, juste une renaissance, juste la simple sensation que les petites gens allaient enfin exister. Un vrai changement.

Mitterrand en 1981, le regard encore tourné à gauche...Le 10 mai 1981, j’avais 18 ans. J’avais voté pour la première fois. Un grand moment, avec l’impression d’être utile, de participer à la vie du pays. Mais je dois être honnête. Je n’avais alors aucune conscience politique, vraisemblablement pollué par le poids des idées véhiculées par le paternel. Dans ma famille, alsacienne et conservatrice par essence, Mitterrand faisait peur. La guerre froide était encore une actualité quasi quotidienne, et le programme commun, avec les communistes pas loin, était bien présenté par le jeune RPR d’alors, comme un risque majeur d’aliénation au bloc de l’est… Rien que cela.

Le 10 mai 1981, je travaillais depuis 6 mois au salaire minimum d’alors, et commençais à avoir une petite idée de la manière dont le monde fonctionnait. J’avais voté Mitterrand, autant par esprit de contradiction familial que par réelle volonté de passer à autre chose. J’ai vu alors une France transportée, heureuse, légère, galvanisée. Il y a eu un changement de mentalités, il y a eu de grandes et réelles avancées, mais il y a eu aussi des frustrations, de vilaines manipulations, et quelques dossiers sombres et puants. Il y a eu ce sentiment d’une classe ouvrière lâchée, abandonnée à son sort pendant que la bourse s’envolait comme jamais. Au centre, il y a cette personnalité eminemment charismatique, mué très vite en monarque absolu, irrésistible, sublimement intelligent, mais aussi cassant et méprisant, intriguant, aux amitiés versatiles, au passé controversé, mystérieux et insaisissable.

J’ai évolué, moi aussi, dans ma perception des choses en France, en Europe et dans le monde. L’image de Mitterrand mêlant l’icône suprême et les réserves d’une partie de son propre camp a conduit au fameux «droit d’inventaire» qui pèse toujours dans les campagnes électorales. Ségolène Royal est bien placée pour le savoir. Avant d’être quelque part à droite ou à gauche, Mitterrand était surtout opportuniste et terriblement ambitieux, comme m’importe quel homme politique. Il appartient maintenant à l’Histoire et la gauche d’aujourd’hui doit trouver ses propres fondamentaux construits sur des réalités et des valeurs actuelles, non sur celles de 1981… Une toute autre époque.

J’attends impatiemment le 6 mai 2012. J’ai grand besoin de m’évader du tunnel qui m’étouffe depuis l’élection du petit agité. C’est une vie en parenthèse, où il est impossible de sortir de mon esprit un seul instant cette image qui influe aussi lourdement sur mon quotidien réel, et encore plus sur l’avenir de mes enfants. La victoire de la gauche, qui que ce soit, sera un big-bang, une renaissance salutaire dont on reparlera encore, dans 20 ans …

Justement, le 10 mai, c’est l’anniversaire de mon fils ainé. Il n’a pas connu tout cela. Il aura 20 ans… Si le coeur vous en dit, allez lui écrire 2 mots sur son blog d’étudiant en journalisme ou sur son twitter.

Comme cela, le 10 mai 2011, il s’en rappellera !

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Mais ou va t’on ?

J’ai été tagué sur un sujet casse-gueule, de ceux qui peuvent produire toutes sortes d’interprétations et autant de réactions parfois violentes. La peau de banane vient de Bembelly. Je vais cependant y répondre bien que d’ordinaire, je cherche toujours à me démarquer de l’actualité immédiate. Je suis blogueur amateur et de surcroit non influent, pas journaliste. Mais le sujet est majeur, primordial même, dans une société en pleine mutation, avec au loin, une échéance électorale déterminante.

Donc, c’est une nouvelle affaire qui secoue autant le milieu sportif que politique. On relate par média controversé interposé, les propos tenus lors d’une réunion de la Direction Technique Nationale (DTN) de la Fédération Française de Football (FFF), dont les protagonistes sont des personnalités…On y parle de la formation de jeunes footballeurs prometteurs, mais on y parle aussi de couleur de peau, et immanquablement de quotas. C’est très à la mode. Si l’annonce de l’affaire m’a paru sordide au possible, avec le sélectionneur national Laurent Blanc en première ligne, la lecture du verbatim m’a fait changer un peu d’avis, mais n’a pas apaisé mes craintes.

Laurent Blanc, un "Président" en fâcheuse postureJe suis très peiné par ce que j’ai lu et entendu sur et par Laurent Blanc, pièce maîtresse de l’équipe «blank-blanc-beur» de 1998. A début, j’ai partagé en partie l’avis du Faucon et celui de Romain, mais à la relecture attentive des propos, il n’est plus question de piège ou de propos échappés, hors du contexte pour le «Président». J’ai apprécié Blanc comme homme, comme footballeur, puis comme sélectionneur dans sa tâche immense de rebâtir une image correcte de l’équipe nationale. Mais là, au delà de l’aspect purement technique relatif au football, les propos sont terribles.

Je comprends également la colère de mes copains blogueurs envers les méthodes employées. Médiapart, une «taupe», des propos enregistrés dans on ne sait quelles conditions… c’est pas très orthodoxe, c’est même un poil malhonnête, je suis d’accord. Arrivé à ce point, je peine à savoir ce qui est le plus important : la volonté affichée, d’ailleurs déjà mise en oeuvre à Clairefontaine, de limiter l’accès à certains gamins sur des critères non sportifs, ou la manière de révéler le pot aux roses, via un organe de presse décrié si souvent par le pouvoir. Il se trouve que les preuves promises lors de la diffusion du scandale apparaissent au grand jour. Le tableau produit aujourd’hui prouve bien que le «projet» de la FFF est indubitablement dans une phase d’étude avancé et réfléchi, qui va déboucher immanquablement sur des actions concrètes.

Dans cette affaire, je suis perdu, je ne sais que penser, je me sens manipulé de toute part. Je suis surtout très inquiet sur la manière dont notre société évolue. C’est clair, il n’y a plus aucune barrière, plus aucune retenue, aucun complexe diront certains, quant il s’agit d’évoquer les gens qui nous entourent. Il y a les bons et les mauvais immigrés, les français de souche, ou «du corps traditionnel», et les français «un peu moins français» que les autres… En parler aussi ouvertement, à tous propos, n’importe où, n’importe quand, est désormais d’une banalité !

Comment cela va t-il évoluer encore ? Comment en serait-il autrement dans le football professionnel ? Le vrai, celui que j’ai pratiqué longtemps comme amateur éclairé, avait des vertus incroyables de camaraderie, de respect, de partage, de moments inoubliables. Rien de tout cela n’existe à la FFF. A l’image de notre société dirigée par des imposteurs attirés par tout ce qui brille, c’est une multinationale qui transpire l’argent, le pouvoir et l’incompétence, et qui n’a rien à voir de près ou de loin avec un quelconque sport.

Dans le sport, le vrai, on gagne, on perd. En discriminant, tout le monde perd.

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Le fil d’avril

C’est le traditionnel billet pour lequel nul besoin de se creuser la tête. En ce début de mois de mai où, en principe, on fait ce qui nous plait, les sujets ont plutôt été graves et déconcertants. L’homme est fragile, mais il peut aussi être terriblement dur et barbare.Mon nouveau widget, sur une idée vue chez Bembelly De toute façon, près de chez nous ou très loin au moyen-orient, on ne nous raconte bien que ce qui nous est permis d’entendre…

Tout ce qui suit en revanche est authentique. En avril, Alter-Oueb a fait 68 liens vers 43 sources, et a reçu 29 liens de 21 sources. Je vais les remercier tous, mais pas à la mode Jegounotron. D’ailleurs (j’ai repris l’idée à Bembelly) je ne l’utilise plus qu’automatiquement dans ma sidebar, en bas à droite…

Mais avant, selon mon idée lancée le mois passé, je vais remettre en avant le (ou les) billet(s) qui m’ont particulièrement marqué. Pour avril, il y en a deux. Le premier concerne le très controversé débat sur la laïcité : tout y est simplement et remarquablement dit. Le second est une pépite, un grand plongeon dans l’absurde, mais pas très loin de la réalité finalement…

Voici ceux qui m’ont linké. Pour l’ordre, ne cherchez pas, il n’y en a pas, c’est le pur hasard. Cela n’a pas changé, je n’aime pas les classements.
A perdre la raison : la raison de Melclalex est une valeur sure.
Les divagations de Cuicui : le rédac’chef est un boute-en-train salvateur.
Ruminances : un incontournable, toujours attendu.
Le Grumeau : le Captain est assez magistral dans des analyses. J’admire.
C’est juste histoire de dire : n’écrit plus, dommage, c’était bien.
Le blog de Gabale : depuis sa Lozère, il voit le monde comme moi.
Chez El Camino : totalement incontournable, un blog varié et sympa.
Philippe Méoule : du lourd, du fond, de la réflexion… A ne jamais manquer.
Le coucou : l’homme au rébus. Trop dur pour moi.
La revue de stress : le Géo Trouvetou de la blogosphère, mais pas que.
Partageons l’addiction : du geek de geek modéré. J’arrive même à en apprendre…
Bah, by CC : je sais, ma charte graphique est à chier, comme certaines cravates.
Saint-Pierre des Corps… : excellent recette, où j’ai apprécié de ne pas être en «restes»
Partageons nos agapes : du foutraque rigolo et rafraichissant, comme une bière.
Partageons mon avis : faut pas que je dise de bêtises, c’est le futur Président…
Yann Savidan : toujours le même regard et un concision exemplaire.
Ce que je pense : une découverte récente, et un ton qui me plait.
La maison du Faucon : que du bon sens. S’ils pouvaient tous en prendre de la graine.
Mon avis t’intéresse : j’ai bien fait de le rajouter à ma blogroll. Purée, quelle patate elle a Isa…

Sans oublier aussi :
100000V : 1 an déjà, le lyonnais qui monte…
En travers les néons : crotte pour les futures échéances.
Fucking Disgrace : toujours très attendu.
Lyonnitudes : la référence lyonnaise.
Sete’ici : le blog du dépaysement et d’une de mes nombreuses passions, l’Egypte.
Sarkofrance : la référence pour analyser la calamité qui ronge le pays.
… et tous ceux qui occupent ma blogoliste…

Merci à vous tous, merci de faire vivre la liberté, et vive les blogs.

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