Ca doit changer, et vite

Jusqu’à présent, je n’en avais jamais parlé. Le sujet, pour moi, était toujours secondaire, pas vraiment important alors que dans la presse, il arrive très souvent dans les premiers titres. En tant que lyonnais, et ancien pratiquant assidu de ce sport, impossible de ne pas parler de la situation du club phare du coin, longtemps et copieusement dominateur du football hexagonal en ce début de siècle. Depuis 3 ans, ce qui a été construit avec patience et ténacité depuis 1987 quand l’Olympique Lyonnais végétait en 2ème division, cette savante alchimie entre le sport, la finance, le spectacle et toutes leurs spécificités respectives, tout est en passe d’être balayé…

Gourcuff, milieu de terrain de l'OL, acheté 24 M d'euros...En 1987 donc, j’usais déjà occasionnellement mes fonds de culotte sur les banquettes en bois de la tribune Jean Bouin. Bien plus tard, avec mon fils, j’y étais toujours, mais comme abonné, à suivre une épopée mémorable et un spectacle exceptionnel. Depuis, la crise est passée, faisant de mon sésame annuel la première victime de la baisse du pouvoir d’achat. Et comme lui, le spectacle proposé a glissé sur la même pente….

Hier, l’Olympique Lyonnais a perdu un match, un de plus, perdant ainsi tout espoir de finir la saison avec un titre. Le match a été à l’image de la saison : sans énergie, fantomatique, nullissime pour ce niveau de compétition, à un point tel qu’une qualification, même pour la petite coupe d’Europe, serait une imposture. La moindre des choses serait de débarquer très vite Claude Puel, le responsable de l’endormissement général de joueurs pourtant compétitifs, ayant déjà tous fait leurs preuves. Il aurait surtout fallut le faire au lendemain du match perdu contre l’adversaire héréditaire, Saint-Etienne. Tous les voyants étaient alors au rouge, et depuis longtemps…

Jean-Michel Aulas, bâtisseur du grand OL du début de siècle, ne sent plus le vent depuis qu’il a placé le club en bourse. Introduit à 23, l’action cote moins de 6 euros aujourd’hui. Sa gestion de l’évolution de l’équipe a été chaotique, loin du concept de «bon père de famille». Son stade, en proie aux bisbilles politiques locales, ne sera jamais construit, et son équipe se meurt, faute d’avoir empêché Puel, le manager général, de finir de la démolir. Le vieux se ramollit, il est maintenant temps pour lui de passer la main…

Quelle importance, en somme ? Aucune, je vous l’assure. Je ne suis même pas déçu. Je suis juste agacé, limite révolté de constater l’écart qui existe entre les rétributions de ces jeunes gens et leur encadrement et les résultats obtenus. Je suis carrément irrité de voir les tarifs pratiqués en billetterie et en produits dérivés… Le foot fait partie de notre société, c’est ainsi. Mais une telle médiocrité ne mérite pas autant d’égards et de coups de projecteurs. Il est grand temps que cela change.

Le sport peut provoquer beaucoup de joie. Rappelons nous 1998, voyez les espagnols aujourd’hui, ils en oublient presque la rigueur qui les frappent ! Inconsciemment, cela redonne aux masses populaires un peu de baume au coeur dans leurs vies limitées et captives de sociétés de consommation ou il devient désormais impossible de consommer. Mais cela ne dure qu’un temps…

Du pain et des jeux pour calmer la foule. Ou alors un grand mariage.

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