A force de semer le vent…

Le Lider Minimo s’est fait bousculer ce jour, alors qu’il serait des pognes lors de sa visite en Haute-Garonne. Un individu l’a agrippé par le haut de la manche et a tiré brusquement vers lui, déséquilibrant notre monarque contre les barrières… Ma première réaction a été d’évoquer une opération de communication, un nouvelle petite manipulation vite faite, bien faite comme le chef de l’Etat en a le secret, mais la raison prend vite le dessus. Il est clair qu’un grande partie du peuple n’en peut plus, au point de commettre des actes insensés puisque le quidam lutteur amateur risque la bagatelle de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende.

On ne répond pas à la violence par la violence. Elle n’a jamais rien résolu de durable. Mais j’arrive à comprendre l’acte nourri de cette exaspération, chaque jour plus intense face à la violence de la politique menée depuis 4 ans. De nombreux manifestants, au gré des déplacements présidentiels en France profonde, ont été molestés par les forces de l’ordre, bloqués très loin des festivités, gazés sans ménagement, voire placés en garde à vue préventive… A force de semer le vent, il faut s’attendre un jour ou l’autre à avoir à subir la tempête. Mais le plus choquant finalement, est de constater le peu de respect que témoigne la population envers le personnage, mais aussi par propagation, envers la fonction qu’il incarne. C’est triste, pathétique, et révoltant pour l’image de notre pays.

Le président actuel n’aura même pas été capable de préserver un minimum de considération. C’est une faute professionnelle de première importance, et j’en connais qui ont perdu leur emploi pour moins que cela. L’Elysée va évidemment communiquer et fustiger les dangereux fauteurs de trouble, et apporter de l’eau au moulin aux adeptes du sécuritaire à outrance. On est pas à un amalgame près. N’empêche que le grand responsable de ce grand gachis reste bien notre Napoléon. Finalement, le meilleur service qu’il puisse rendre à son camp est de renoncer à se représenter pour exercer une fonction beaucoup trop grande pour lui, où il a montré toutes ses limites…

J’en serai cependant le premier marri, je veux le voir battu, par les urnes.

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Bienvenue Hervé et Stéphane

547 jours de captivité plus tard, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, journalistes à France-Télévisions, et leurs 3 accompagnateurs ont enfin retrouvé la liberté… Devant cette nouvelle inattendue, les mots me manquent, comme Hervé et Stéphane nous ont manqué. Mais je suis très heureux. Pour eux comme pour tous leurs proches, une nouvelle vie va commencer…

En tout cas, merci à tous ceux qui ont constamment manifesté et exigé leur libération. Merci à ceux, qui que ce soit, qui ont obtenu leur libération…

Bienvenue à la maison.

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Entre devoir et envie

C’est fait. Derrière la ligne d’un blanc encore immaculé, les concurrents à la primaire du PS sont désormais clairement identifiés. Fini les supputations, les discussions de comptoir sur les participations réelles ou supposées, il faut désormais hausser le niveau du débat pour proposer aux français une véritable alternative qui, à défaut de nous faire rêver, saurait nous faire oublier la période noire que nous traversons pour la démocratie et la liberté, et atténuer un peu les dégâts qu’a causé une équipe servile comme jamais aux marchés et aux intérêts particuliers.

alors décidons, tant qu'on peut le faire...Martine Aubry est officiellement candidate à l’investiture, comme Ségolène Royal, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et François Hollande. Il s’en est suivi une vague de commentaires, quelques soutiens, pas mal de critiques plus sur la forme que le fond. Martine s’est lancée dans l’aventure, sans grand décorum, évidemment. Le bling-bling, le méga-show à l’américaine, c’est à la mode, mais ce n’est pas son truc. Son truc, c’est le sobre, concis et essentiel, et ce n’est pas plus mal.

Sur la ligne donc, il y a désormais des personnalités bien différentes, des caractères trempés, des discours qui ont évolué avec le temps, et qui recouvrent assez largement la grande palette du PS. Tous n’ont pas encore cette stature qui fait du candidat une femme ou un homme d’Etat. Ce n’est pas grave, cela s’acquiert. Martine l’a déjà, incontestablement. François aussi. Ségolène y est presque. Tout est en place, alors top départ.

On a reproché bien des choses à Martine Aubry, notamment sur son envie de briguer la présidence. Je trouve que cette attitude est plutôt saine, car elle modifie profondément les fondements de l’action politique : en retirant cette partie souvent excessive et un peu nauséabonde parfois d’«ambition personnelle», en la remplaçant par la notion de «devoir», plus globale, davantage ouverte sur l’intérêt général, mais aussi plus impérative, elle donne une autre dimension à la fonction présidentielle. A mes yeux, c’est une valeur essentielle et primordiale que n’ont pas eu les précédents locataires de l’Elysée, et surtout pas le dernier. Certains prétendants à gauche n’en sont pas exempts, ce qui représente une réelle menace de faire perdre son camp. Attention donc à la tentation de vouloir franchir l’obstable de manière trop «individuelle».

A cette heure, j’avoue ne pas avoir trop d’avis sur qui serait le plus à même de renverser le Lider Minimo. Le programme du PS étant connu, je vais donc les écouter tous, sans à priori, pour les juger sur la manière le prendre en compte, de l’amender, le faire évoluer, et non sur le message émanant directement de leur personne, de leur manière d’être, de leurs logos respectifs ou tout autre artifice de communication…. Ne laissons pas la forme prendre le pas sur le fond, ne reproduisons pas l’erreur de 2007 qui a poussé au pouvoir un opportuniste plus malin que les autres. Laissons les s’exprimer et faisons notre devoir en les interpellant sur les sujets du quotidien, en leur rappelant qu’il faut rétablir vite la liberté, redonner une signification à l’égalité et réinventer la fraternité… Viendra le temps du choix, et de ressortir l’appel d’Unité2012, parce qu’il n’est pas humainement possible de rater l’échéance 2012.

Je retiendrais qu’un seule phrase, prononcée hier par Martine Aubry, mais peu importe en somme. Elle résonne comme un guide de ce qu’il faut absolument corriger, quel que soit celui ou celle qui le fera. : «on ne gouverne pas en opposant les jeunes aux plus âgés, les travailleurs aux chômeurs, les Français aux étrangers. On ne préside pas la France sans porter haut ses valeurs et son identité, qui ont fait l’admiration du monde. Derrière l’apparence de l’énergie, trop souvent confondue avec l’agitation, ce pouvoir a surtout une réalité : une politique injuste exclusivement menée au profit des privilégiés». En fait, je me fiche un peu de la personnalité qui en ressortira, j’exige juste qu’au moment venu, il ou elle respectera tous les engagements qu’il ou elle aura pris lors des primaires et de la campagne qui suivra. Ce sera forcément le(la) meilleur(e) candidat(e) puisque désigné par le peuple de gauche. Amen, Ugh, baizaï, bordel, à boire ou je tue le chien…

C’était mon devoir pour intégrer les LeftBlogs, J’ai bon ?

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#botzaris36

Les habitués d’Alter-Oueb commencent à bien le connaître. Mon calendrier signale de temps en temps des événements et manifestations qui me semblent digne d’intérêt parce qu’ils abordent des sujets souvent graves, mais peu en vue dans les canaux habituels de diffusion d’information. Bien sûr, c’est moi seul qui décide de publier, mais si vous êtes une association à vocation «alter», Suivez le hashtag #botzaris69 sur Twitter de l’économie sociale et solidaire, dans les domaines humanistes, équitables, éthiques, écologiques, syndicaux, de défense des droits, d’aide aux personnes, et que vous avez un message à faire passer, je me ferai le plus grand plaisir de vous donner un peu de visibilité…

Il se trouve qu’à la lecture du dernier billet de MHPA, j’ai trouvé la cause juste, et me suis donc «auto-saisi» pour diffuser cette manifestation dont l’appel original se trouve sur http://paris.indymedia.org, et que je vous livre intégralement ci-dessous. Dimanche 3 juillet, je serai un peu loin de Paris, mais avec les Tunisiens et tous les révoltés par la pensée…

Crédit photo : http://botzaris36.posterous.com

Dimanche 3 juillet : Concert en soutien au #botzaris36

Tu fais quoi le Dimanche 3 Juillet vers 17h ? Tu viens boire un coup pour faire une Bonne Action !

As tu entendu, lu, vu, discuté de ce qui se passe pour les immigrants tunisiens qui se retrouvent persécutés de toute part aux alentours des Buttes Chaumonts dans le 19eme arrondissement de Paris ?

Rappel des faits

A LIRE : l’article de Christiphe Colinet (@chrisreporter sur twitter) dans Nouvelle République, le site Botzaris36.org, un article du blog de @Menilmuche sur twitter, l’article du Monde ,l’article de Libération, L’article de Rue89, l’article d’ElectronLibre #Botzaris36 est un «hashtag» Twitter basé sur une adresse : le 36 rue Botzaris à Paris (XIXe). A cette adresse se trouve un bâtiment qui fut occupé pendant un mois par des migrants Tunisiens en provenance de Lampedusa où certains ont eu des papiers les autorisant à rester en Europe (Schengen) pour plusieurs mois. Le 16 Juin ces gens ont été mis à la porte par les autorités française sur ordre des autorités tunisiennes pour reclasser le bâtiment en tant qu’ambassade «annexe», contraignant par la même les migrants résidant ici à chercher une autre place où vivre. Sauf que les foyers étant vides et aucune structure n’étant prévue pour les accueillir, cela fait plusieurs jours qu’une trentaine de migrants dorment dans le parc des Buttes Chaumont, dans la précarité la plus totale, sous la pluie et harcelés par les autorités françaises. En parallèle à cela, il s’agit aussi d’une affaire politique sordide mêlant les autorités françaises et tunisiennes (je vous renvoie vers les articles et sites déjà nommés plus haut) car là n’est pas le propos de ce billet. (oui oui j’y viens)

Depuis le 16 Juin, ces hommes, ces jeunes hommes car certains sont mineurs, d’autres malades vivent dehors dans des conditions plus que précaire sans que rien ne se passe de concret pour eux, malgré le soutien actif d’avocats. Des citoyens, tel @Paul_Da_Silva @Ooouups @MsTeshi , se sont relayés pour aller passer des nuits là bas afin de les soutenir, informer en temps réel sur Twitter et tenter d’apporter leur aide à ces gens. Jusqu’à mercredi 22 Juin midi, où une intervention policière plus que douteuse et relativement injustifiée, a embarqué la trentaine de migrants.

Voilà le résumé éclair d’une situation humaine révoltante.

D’où ce pourquoi j’écris aujourd’hui, peu le suivent sur Twitter (oui je radote mais certains ne savent pas ce que c’est) mais j’ai observé du coin de l’œil l’action d’un restaurateur du coin : @joueurs. Cet homme a, durant une semaine, contribué avec d’autres à nourrir une petite quarantaine de personnes. Sans rien demander, juste parce que (et je vais le citer) «ca me troue le cul une situation pareille».

Et bien cher @Joueurs, sache que moi aussi ça me troue le cul. J’assiste, spectateur(trice) impuissant(e), à ce que je considère comme indigne de la République des droits de l’homme. Ces hommes ont fui un régime et une révolution qui auraient pu ne pas leur être favorable (ce n’est pas encore le cas) ; à peine débarqués en France, ils se retrouvent pris en otage d’intérêts qui je pense, les dépassent (et me dépassent aussi je l’avoue). L’horrible sensation de la double peine pour eux. Des associations célèbres françaises ont normalement été mandatés pour s’occuper d’eux mais… rien ne passe, encore une fois pour des raisons qui surement nous échappent…

ALORS voici la #BABotzaris36

Le Dimanche 3 Juillet 2011 vers les 17h, venez assister à la #BABotzaris36, un concert de jazz manouche (avec URBAN GYPSY+ guest), 5 euros le droit d’entrée

Le prix des conso est assez bas (2 euros la bière, pas de quoi se ruiner pour passer un bon moment). L’intégralité des prix d’entrée reviendra directement aux tunisiens, en achetant plus de nourriture, de quoi avoir un peu de confort (couvertures, cartes téléphoniques, piles, etc) voire s’il est possible un petit pécule à chacun. Pas grand chose certes mais juste un peu de solidarité.
Une BA sympa en musique autour d’un verre.

Ras le bol d’assister impuissant à des situations révoltantes ? Pas envie de manipuler ou d’être manipulé(e) par telle ou telle cause ? Le but de #BABotzaris36 est que chacun puisse participer à une action concrète dans la joie et la bonne humeur.
L’argent récolté servira concrètement et directement à ces personnes.

#BABotzaris36 :

Rendez-vous le dimanche 3 juillet en fin d’après midi au restaurant Aux Petits Joueurs, soit 300 m² de convivialité, pour déguster de la bonne musique en écoutant un bon petit verre, situé au 59 rue Mouzaïa, 75019 Paris, (visualiser le plan)

Accès :

Métro : lignes 11 et 7bis : Place des Fêtes / Pré Saint Gervais
Bus : PC 2 et PC 3 : Mouzaïa / Ligne 48 : Pré Saint Gervais- Alles / Ligne 75 : Rhin et Danube
Noctilien : N12 : arrêt Porte des Lilas
Vélib’ : station la plus proche : face au 109 Bd Serurier. 4 autres stations à proximité
Périphérique : sortie Porte du Pré Saint Gervais
Parking à proximité : parking Robert Debré, 48 Bd Serurier

Il est très clair que nous communiquerons la somme récoltée afin de prouver l’authenticité de la démarche.

Alors tu viens ?

Ça te prendra 30min (voire une heure ou plus) de ton temps et seulement 5 petits euros (soit l’équivalent d’un paquet de clope, ou deux tranches de saumon fumé monop, ou un coca en terrasse). Tu viens seul(e) ? Tu viens à plusieurs ? Quoi qu’il arrive, tu ne seras pas le seul ! Tu pourras passer un moment sympa avec des gens sympas (moi déjà… et je suis vraiment sympa) et tu pourras rentrer chez toi avec ta conscience d’avoir participé à quelque chose de vrai.

Donc tu viens hein ?
N.B. A venir l’évènement Facebook pour ne pas laisser dans l’ignorance ceux qui n’ont pas twitter !

FAITES CIRCULER, COPIER COLLER CE TEXTE SUR VOS BLOGS / SITES, ENVOYER LE A TOUTES VOS CONNAISSANCES SUR PARIS ET BANLIEUES ET DE PASSAGE. Merci.
Merci pour eux, merci à tous ceux qui ne baissent pas les bras et merci à toi… oui toi.
ET je t’attends Dimanche 3 Juillet vers 17h. Ne sois pas en retard, j’ai horreur de ça !

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La fin de la faim

Le G20 agricole n’a pas suscité beaucoup de lignes dans la presse. D’abord parce que ce genre de grand-messe, il y en a à tout bout de champ, sur toutes sortes de sujets, au point que je me demande quand les ministres et autres techniciens oligarques fréquentent leurs somptueux bureaux. Ensuite et surtout parce que s’il en ressortait quelque chose d’utile pour la planète et leurs habitants, cela se saurait.

Ce sommet organisé à Paris sous présidence française était essentiellement destiné à adopter un «plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires» pour permettre d’atténuer les effets des grandes crises alimentaires. Les grandes manifestations de la faim de l’an passé, un peu partout sur le globe sont là pour rappeler au monde opulent que ce problème est politique, que ce n’est pas une fatalité, qu’il résulte uniquement de la cupidité et de l’inaction de l’homme.

Toutes les 6 secondes, quelque part dans le monde, un enfant est en réalité assassiné faute de nourriture par l’incurie de nos bien pansants pensants qui finiront leur sommet par un opulent banquet. D’ailleurs Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, président du barnum, l’a claironné sans détours : «aujourd’hui est un grand jour, nous sommes parvenus à un accord historique». Mais il ne faut pas s’y tromper. Un satisfecit n’engage que ceux qui y prêtent une oreille dénuée du plus élémentaire bon sens. Si le gros-mot «réguler», éminemment tabou, est bien présent dans le texte final, ce qui pourrait presque sonner pour une victoire, on sait tous ce que sont ces belles et grandes déclarations d’intention proclamées dans des salons feutrés. En Afrique, dans les pays les plus pauvres, les gosses continueront de crever en silence pendant que les acteurs des marchés poursuivent leurs lucratives activités comme si de rien n’était…

Parce que rien ne va changer, évidemment. Comment peut-on sérieusement croire que la pseudo-transparence induite par l’information désormais requise sur l’état des stocks agricoles ne va pas alimenter davantage la spéculation ? Comment comprendre cet encouragement à augmenter la productivité alors qu’on sait que 30 % de la production agricole de par le monde n’arrive pas à destination, devient inutilisable car mal stockée et mal répartie sur la planète… Mais on persiste à subventionner les grands systèmes productifs du nord, laissant la mondialisation épuiser les paysans du sud, ou carrement leur voler les terres… Pendant ce temps, l’industrie agro-alimentaire attend son heure pour abattre sa botte ultime, les OGM comme panacée universelle… Plutôt une belle corde autour du cou.

Ainsi va le monde. Grands sourires, grandes tapes dans le dos, on brasse, on s’embrasse, et on n’oublie pas de communiquer et de ramasser la monnaie. Concernés ou non, peu importe, mais on statue sur les grandes questions du monde en laissant à la génération suivante le soin de gérer les conséquences. Au Japon les enfants autour de Fukushima ont été dotés d’un dosimètre, permettant aux parents de savoir précisément quand les bambins seront cramés. Pas de doutes, le système est bien fait.

Vrais problèmes, fausses solutions, et c’est loin d’être fini.

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Censure ou pas ?

Le monde internet est en perpétuel mouvement, et l’ensemble des utilisateurs et acteurs du Net doivent chaque jour être un peu plus attentifs concernant l’évolution de ce formidable outil de communication. Outre les nouveautés techniques, il faut maintenant avoir un œil particulièrement appliqué sur le développement de la doctrine d’accès et d’utilisation du net. Et comme la période est à la surenchère sécuritaire, la vigilance doit être de tous les instants.

Inutile de se cacher, je vois tout...La neutralité du réseau, les problématiques de filtrage, c’est un peu mon cheval de bataille actuel, il y a toujours quelque chose à dire. Justement, il se trouve que le gouvernement travaille actuellement sur un projet de décret permettant l’application de l’article 18 de la Loi sur la Confiance dans l’Economie Numérique (LCEN) qui a été votée en 2004. En l’espèce, cet article stipule qu’«une autorité administrative peut de son propre chef mettre en demeure l’éditeur d’un site, l’hébergeur, ou le cas échéant, les fournisseurs d’accès Internet, de faire cesser toute activité comportant à ses yeux un risque sérieux et grave d’atteinte à l’ordre public»… La locution la plus importante de la phrase reste «autorité administrative», et c’est bien cela qui constitue l’aspect le plus dangereux de cet article 18.

Le Conseil National du Numérique (CNN), cette toute nouvelle instance consultative qui se veut indépendante mais rassemble essentiellement les potes du pouvoir, a réagi, mais mollement. Constitué essentiellement de tauliers de sites de commerce en ligne, ils sont peu concernés par le «risque sérieux et grave d’atteinte à l’ordre public» mais recommandent tout de même le recours à une autorité judiciaire. En fait, le CNN réagit plus par corporatisme bien libéral, soulignant son inquiétude à attribuer à une «autorité administrative des pouvoir d’injonction à l’encontre de toute activité de commerce électronique». Etonnant non ?

En attendant, tout est dit. La Quadrature du Net parle de texte «visant à donner au gouvernement un pouvoir de censure sur tous les sites et contenus […] ce qui serait une dérive extrêmement inquiétante», sentiment que je partage totalement, faisant d’un simple appel à manifester un risque sérieux et grave d’atteinte à l’ordre public, réduisant d’un simple coup de stylo d’un énarque quelconque les blogueurs trop bruyants au silence forcé.

Ne serait-on pas en train de préparer le terrain pour se donner les moyens de museler les outils ayant permis les révolutions tunisiennes, égyptiennes, yéménites et syriennes que notre président a salué, appuyé même. Ou plus proche de nous, ne s’agirait-il pas préventivement de poser les fondements pour bâillonner les dangereux «agitateurspédonazispirates» forcément gauchistes, quand le FMI viendra avec son cortège de mesures régler le problème de la dette française…

Côté PS, on n’entend rien sur ce sujet. Mes propositions arrivent bientôt…

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Le droit de subir

C’est un besoin qui me tiraille depuis quelque temps. A la veille d’une élection tellement capitale, j’ai moi-aussi envie de parler de ma vison d’une société ou l’économie doit être au service des hommes et de la collectivité et non l’inverse. L’exercice est difficile, forcement parcellaire, maintes fois procrastiné, mais le temps est venu d’exposer et partager mon point de vue sur la création et le partage des richesses, sur les grandes questions de société, sur les institutions, sur la manière de gérer les affaires courantes du pays, sur la nature des services publics indispensables et les moyens à leur attribuer, etc, etc… D’autres appelleraient cet exercice un programme.

Tous les bulletins ont la même couleur...Le domaine à couvrir est immense. Je vais tenter d’aborder autant de sujets que je pourrait d’ici la fin de l’année 2011, toujours en fonction de mes envies et mon humeur (sur le nouveau tag Mon programme). Le premier thème m’a été bien involontairement fourni par Corto qui exprimait dans son billet sa crainte de voir le PS donner à terme le «droit de vote aux étrangers» puisque, écrit-il, les étrangers «prendront part à la désignation du candidat unique du PS pour l’élection présidentielle de 2012, […] participant de manière indirecte mais bien réelle à une scrutin à caractère national».

Ce n’est pas une nouvelle, je suis très loin de la droite politique, mais je lis Corto et quelques autres (dont H16, c’est dire…) parce qu’ils expriment des choses intéressantes, souvent censées, parfois justes, parce qu’il faut connaître les idées et positions de tous pour pouvoir les confronter. Pour Corto, je connais sa lutte pour faire accepter sa manière d’être et de vivre dans une société encore peu disposée à le faire puisqu’elle refuse toujours et encore de donner à tous, quels qu’ils soient, les même droits… Dans ce contexte, j’ai exprimé mon étonnement envers son discours consistant à exclure l’expression démocratique d’une partie de la population sur le seul critère de leur nationalité différente alors que lui-même a certainement été un moment ou un autre victime d’ostracisme, de rejet, de discrimination, de regards noirs, voire menaçants du fait de sa «particularité». Sa lutte pour la reconnaissance de sa manière d’être est juste, simplement humaine et rien ne justifie les différences que la société impose encore aujourd’hui, malgré l’évolution des mentalités. Alors pourquoi en serait-il autrement sur le fait d’intégrer les non-français aux décisions de la cité ?

La société évolue, peut-être pas aussi vite qu’on le souhaiterait. Nos chers représentants de droite ont d’ailleurs une nouvelle fois raté une belle occasion de renter dans l’Histoire en repoussant le mariage – et par la pareille occasion l’adoption d’enfants – pour des personnes de même sexe, comme ils se sont exprimés par le passé contre le PACS, contre l’abolition de la peine de mort, et longtemps contre le droit à l’avortement avant de l’accepter à contre-coeur… Le monde avance, mais pas les mentalités, et les vieux anathèmes persistent à s’abattre comme seule réponse solennelle : on ne peut élever convenablement des enfants dans une telle configuration. Ces rengaines ont vécu. Tant pis, la gauche le fera, j’espère.

La société évolue. Elle applique son nouveau modèle mondialisé sur les sujets en exigeant flexibilité et mobilité. Il n’y a plus de frontières, plus d’entraves, sauf pour s’exprimer, pour voter. J’ai bien du mal à percevoir les raisons pour lesquelles les «non-français» établis, intégrés, payant leurs impôts, participant à la vie de la cité, militant dans les associations, participant à la production de la richesse nationale ne pourraient pas participer aux consultations électorales. La vie nous ballade, et Ahmed, Conchita, Silvio, euh non, pas Silvio, Giovanni, Kim, Goran, Liu, Aylin n’ont peut-être pas décidé de leur trajectoire, souvent contraints, fuyant la misère, parfois les menaces de mort… N’empêche qu’ils sont là, et qu’ils ont voix au chapitre.

Je suis favorable au vote des étrangers quand ils peuvent justifier d’un intégration dans notre société, ce qui ne me semble pas bien compliqué à établir. Il n’y a là aucun opportunisme, simplement le fruit de l’évolution du monde et des mentalités. Corto propose que les étrangers souhaitant participer aux scrutins demandent la nationalité, ce dont s’affranchit haut-la-main le monde de la finance puisque les chinois et les américains pilotent déjà nos entreprises via le crédit et la dette… sans choisir la belle nationalité française. Toujours deux poids, deux mesures.

Avant de parler de droit de vote aux étrangers, il serait bon de commencer à revoir un certain nombre de principes élémentaires. Je ne peux parler des consultations électorales au sens large, symbole ultime d’un système politique démocratique, sans relever que notre beau pays est une caricature en matière d’expression du peuple. D’abord parce que la promesse de mise en place d’un référendum d’initiative populaire, dispositif majeur de consultation de la nation, annoncée à grand bruit par le Leader Minimus lors de sa campagne électorale de 2007 ne voit toujours aucun début d’existence, ensuite et surtout parce que la voix souveraine du peuple, exprimé le 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne (55% de non), a été bafouée, ignorée, méprisée, au point de faire revoter la représentation nationale aux ordres… Un coup de gomme pas vraiment démocratique qui s’apparente plutôt à des pratiques despotiques, et qu’on voit se multiplier au fil du temps…

Il paraît qu’en démocratie, c’est le peuple qui décide. Les indélicatesses des gouvernants, le coût des opérations libyennes, le déficit abyssal, les exonérations et facilités accordées aux plus riches, les mesures antisociales, les stigmatisations des plus faibles, je n’ai rien choisi, rien décidé, mais je subis.

Ca va un peu mieux, je me shoote à la Kro.

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Orage à l’horizon

Je ne suis pas le seul. La semaine a été emaillée de billets lourds de sens, relatant l’état de lassitude de certains blogueurs et non des moindres. Ainsi, Guy Birenbaum, Juan de Sarkofrance, Yann, mais aussi David, Iboux et Gabale ont tous exprimé leurs états d’âme avec une certaine gravité. En écoutant mes copains de boulot et d’ailleurs, bien loin des blogs, je perçois ce même sentiment d’abattement, de découragement, frappant aussi des personnalités d’habitude enjouées et résolument optimistes.

En Grèce, le FMI pèse de tout son poids...Des élections majeures, de nature à changer la manière de gérer le pays, auront lieu dans 10 mois, mais un sentiment étrange et un rien prémonitoire m’envahit. Et si rien ne changeait ? Le questionnement ne porte pas sur la femme ou de l’homme qui officiera comme Président le la République française, mais sur l’action qu’elle ou il pourrait mener dans un contexte mondialisé, soumis à la dictature aux aléas des marchés.

Pour l’heure, on se fiche des difficultés quotidiennes des français. Mais on occupe le terrain avec des sujets aux arrières pensées nauséabondes. Même la gauche s’y met : n’y a t-il pas plus important aujourd’hui que de parler de la dépénalisation du canabis ? A vrai dire, je peine à voir dans les quelques projets de société déjà publiés ce qui va modifier le quotidien des français, et ce, d’autant plus que les remèdes apportés ici ou là par les institutions internationales pour réduire les endettements endémiques des Etats vont considérablement influer sur leur portée.

En fait, les projets, programmes et bonnes intentions, on s’en fiche bien. D’abord, dans leur immense majorité, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Ensuite, parce que le grand «Directeur» c’est la «Word Company» avec ses instruments (la bourse et les marchés) et son bras armé (le FMI)… un dirigeant libéral n’étant, à ce niveau, qu’un facilitateur.

Je suis fonctionnaire, mon épouse aussi, et en tant que tels, depuis 30 ans, les coups sur la tête sont fréquents. Les périodes d’envolées économiques (parce que cela existe), les années Jospin et la croissance à 3%, je n’en ai jamais vu la couleur. Depuis 2000, ma perte de pouvoir d’achat est d’environ 17%. Je me dis souvent qu’il faut faire le dos rond, attendre, patienter, que les jours meilleurs sont à venir, mais à l’image de ce qui se passe actuellement en Grèce, je ne peux être que consterné par l’ampleur du coup de bâton donné aux petites gens décideurs de rien, dans ce beau pays qui compte la plus forte concentration par habitant au monde de millionnaires/milliardaires… Il est clair que Papandréou et son équipe a peu ou pas de responsabilités dans le désastre hérité de décennies de laxisme et d’inorganisation, pour rester dans le politiquement correct…

Comme en Grèce, j’ai peur que la gauche aux manettes en 2012, si elle y arrive, soit purement et simplement balayée par les mêmes dispositions qui ne manqueront pas d’atteindre la France. Face à la tornade, on vilipendera le PS et ses alliés, on descendra dans la rue, peut être avec violence comme à Athènes, oubliant que la situation financière du pays est de la seule responsabilité des politiques libérales, toujours plus promptes à sauver les banques que d’instruire nos enfants, soigner, rendre la justice, ou protéger les plus démunis.

«Y a rien qui change» écrit Isabelle, «à quoi bon gueuler dans nos blogs, c’est comme pisser dans un violon». Évidemment qu’écrire dans un blog n’est pas de nature à changer les choses. Cela se saurait. Ce n’est pas forcément pour cela d’ailleurs qu’on publie nos coups de gueule, nos pensées plus ou moins éclairées, nos agapes plus ou moins arrosées… Mais quelque chose me dit que cela peut contribuer à réveiller quelques consciences. Quoique : a t’on déjà réussi à faire changer quelqu’un d’avis, surtout en politique ?

Voilà un sujet de philo intéressant… pour l’année prochaine.

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Coup de projecteur

Je côtoie depuis longtemps le monde associatif. J’y rencontre souvent des gens remarquables et passionnés qui déploient une énergie colossale pour faire avancer des projets dont globalement notre société se fout, mais qui sont essentiels aux grands équilibres sur des domaines divers allant du social, la pauvreté, l’exclusion, le partage à la préservation de la faune et la flore, en passant la maîtrise de l’eau et de l’énergie. Certaines associations méritent un coup de pouce, une mise en lumière de leur action. Sur Alter-Oueb.fr, la nouvelle catégorie «coup de projecteur» répond désormais à ce besoin…

Hélène Collongues, fondatrice d'IkamaperuJeudi dernier, à l’invitation de la Maison de l’Ecologie à Lyon, j’ai découvert au travers d’une rencontre et d’une projection de documentaire une association qui effectue en Amazonie péruvienne un boulot formidable. Hélène Collongues et Carlos Palomino ont présenté Ikamaperu, une organisation qui intervient dans la préservation des habitats naturels et de la biodiversité face à la déforestation galopante du poumon vert de la planète, la forêt amazonienne. Il s’agit non seulement d’aider les population indiennes dans leur combat contre les multinationales qui s’attribuent leurs terres, mais aussi et surtout de recueillir, soigner et réintroduire en habitats naturels tous les animaux chassés de la forêt ou confisqués aux très nombreux trafiquants d’animaux alimentant le monde civilisé en NAC, dont des espèces critiquement menacées d’extinction.

Au jeu des questions-réponses autour d’un apéro solidaire, on mesure toute l’implication d’Hélène et Carlos dans ce projet déterminant pour l’équilibre écologique de l’Amazonie péruvienne, mais on distingue aussi sans mal les difficultés, les menaces et intimidations des puissants, on perçoit le poids de l’économie mondiale sur des terres dites «improductives» et le mépris des populations indigènes considérées comme insignifiantes, de seconde zone. Le combat d’Ikamaperu pour sauvegarder faune et flore s’apparente à un parcours d’équilibriste par jour de grand vent, mais c’est ce qui rend les victoires éclatantes, et elles sont nombreuses. Association reconnue pour son action, nouant des partenariats internationaux, Ikamaperu est désormais un acteur local majeur et faisant autorité dans son domaine.

IkamaperuMais aussi grande qu’est la détermination et la compétence de ses membres, aucune victoire n’est définitive car l’organisation reste une petite association. Au rythme actuel de la déforestation au Pérou, les cultures de riz, de café, et de palmiers (pour l’huile) remplaceront la totalité de la forêt primaire en 2040. Il y a du boulot, et Ikamaperu a besoin d’aide, notamment via son programme d’éco-volontariat, et une nouvelle activité d’éco-tourisme en lien avec la mission de l’association, permettant de contempler une nature riche et luxuriante, mais en sursis. Tout le reste est sur le site d’Ikamaperu

Merci Hélène et Carlos pour votre passion et nous la faire partager si simplement.

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Trouvé le remède

Le monde avance par secousses. Il n’y a là aucun sous-entendu, surtout ces temps-ci. Il est incontestable que certains événements soudains et impromptus, heureux ou malheureux, sont le moteur de bien des évolutions sans qu’on en sache parfois le sens. La toute dernière crise financière, puis économique, a en partie provoqué d’épiques révolutions là où on ne les attendait pas, et un peu partout l’indignation gronde face aux mesures que le Fonds Monétaire International (FMI) va appliquer un peu partout en Europe afin de remédier au problème de dette des Etats.

AurélieTrouvé, ça change de Christine lagarde...A la tête du FMI, une place encore chaude est à prendre. Christine Lagarde s’est empressée de déposer sa candidature et délaisse actuellement ses fonctions de ministre pour sa campagne de charme aux quatre coins de la planète, aux frais du contribuable français soit dit en passant. Il est clair qu’à la tête de cette institution, ce personnage a toutes les qualités, dont la moindre est d’être toute aux ordres de ses maîtres les hauts dignitaires de la finances mondiale.

En France, Il y a un autre candidat à la fonction, c’est Aurélie Trouvé, 31 ans, maître de conférence en économie, mais surtout vice-présidente depuis 4 ans d’Attac France, association née du mouvement alter-mondialiste qui participe de manière globale à la reconquête par les citoyens des questions politiques, économiques, sociales et culturelles, contre l’emprise des marchés financiers. Elle vient d’adresser à Christine Lagarde, une lettre ouverte ou elle motive son action.

Attac, c’est une drôle de machine. Il y a quelques temps, je suis allé traîner mes oreilles dans les groupes locaux, et j’ai été particulièrement bluffé par le niveau d’implication, de réflexion, et des propositions qui s’échafaudent. On rétorquera qu’il n’y a là que des bobos, des personnes d’age mûr, voire plus… Mais l’étude et l’analyse des grands problèmes de la planète qui s’en dégage montre que les causes de la misère sont partout les mêmes. A force d’avoir dérégulé et laissé le monde se débrouiller tout seul, pas étonnant que les margoulins soient les seuls à retirer les marrons du feu. La dernière «péripétie» en date est de faire payer la casse du jouet par ceux qui n’ont aucun moyen d’y accéder…

Il y a bien eu des «plus jamais ça» assénés du haut de 35 cm de talonnettes mais les belles paroles n’ont jamais entravé la spéculation et la corruption, elle est repartit de plus belle, profitant du moindre prétexte comme la guerre en Libye, le concombre masqué ou la sécheresse… Les prix s’envolent, mais ne redescendent jamais la crise passée. D’ailleurs, quelle crise ?

Aurelie Trouvé propose d’arrêter les plans d’austérité destructeurs, de modifier fondamentalement le fonctionnement de l’institution pour la rendre plus démocratique et plus transparente, de créer une monnaie internationale comme alternative au dollar, mais surtout de mettre en place la fameuse taxe Tobbin et une régulation des marchés spéculatifs.

Marchera, marchera pas, la question reste entière. Mais Aurélie Trouvé a des propositions toutes autant sérieuses et crédibles que les politiques actuelles, à la différence que depuis 30 ans, les politiques libérales ont prouvé leur incapacité à répartir équitablement les fruits de la croissance et du progrès. Confronter les «utopies» issues d’un laboratoire d’idées à la réalité serait un défi intense, mais surtout un immense espoir de réel progrès social.

Le dernier hic vient du mode de désignation des candidats au poste vacant, effectué par un gouverneur ou administrateur du FMI, poste occupé pour la France par… Christine Lagarde. Pas de doutes, le système est vraiment bien conçu.

Si vous voulez vous présenter vous aussi, c’est trop tard.


On a Trouvé mieux que Lagarde pour la présidence… par lyon_videos_fr

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