Un coucou de là-haut

Ma journée d’hier était bizarre, et quelque chose, un rien quasi imperceptible, me disait que j’allais m’en rappeler longtemps. Juste avant de partir du boulot, j’ai jeté un petit coup d’oeil à ma blogroll, juste en passant, comme d’habitude. Elle m’annonçait que le Coucou venait de partir, alors que je m’apprêtais à publier un billet pour lui souhaiter son anniversaire…

Jean-Louis Fraysse, alias Michel Grimaud, alias Le coucou, salut l'ami...Je n’ai jamais vu Jean-Louis, le Coucou de Claviers, son village. Mais la nouvelle m’a retourné. Dimanche, j’avais trouvé le rébus. Cela m’est arrivé quelques fois. Quand je sèche, j’appelle mes enfants à la rescousse, et à chaque fois, trouvé ou pas, il répondait d’un petit commentaire sympa. Sur mon billet précédent, il n’y a que 2 retweets, et l’un d’eux venait de lui… J’ai aimé sa plume et admiré son analyse lucide de notre monde. Et je viens de découvrir qu’il y laisse pleins d’écrits, autant de petits cailloux blancs parsemés qui nous indiquent qu’on n’est pas perdu.

Je n’ai côtoyé Jean-Louis qu’au moyen de nos octets circulants à la vitesse de la lumière à travers la planète, reliant des individualités de tous horizons, de toute condition, constituant une petite communauté, celle des blogueurs. En tant qu’informaticien grenouillant dans le logiciel libre, ce concept ne m’est pas inconnu et me plaît bien. Il induit des notions un peu surannées comme le partage, l’échange, la convivialité, l’écoute qui se perdent au profit d’un individualisme maladif et isolant si l’on n’y prend garde. Jean-Louis, avec son expérience et son regard, savait m’ouvrir mes yeux. J’aurais aimé le rencontrer IRL (In the Real Life…). C’est pourquoi j’apprécie la démarche KdB (Kremlin des Blogs) où les blogueurs qui le veulent – et le peuvent – font tourner les verres, les mots et la bonne humeur autour d’un zinc assez régulièrement.

J’ai lu de belles choses dans la blogosphère, notamment chez Nicolas, GdC, Sylvie, Juan, Lolo, Gaël, Philippe, Marc, David, Gildan, Rimbus, Guy-Alain, Lediazec, Falconhill, Dadavidov, Julie, Gabale, Vallenain, Melclalex, Isabelle, El Camino, Homer, Ronald, Epamin, Zette, Louis, Arnaud, en espérant n’avoir oublié personne. J’ai utilisé les prénoms quand je les connais plutôt que les pseudos, c’est plus de circonstance, il y a moins de distance.

Je ne peux pas conclure sans citer le Coucou «himself» dans un des ces succulents billets :

Poireau pose l’une des rares questions qu’il vaille la peine de se poser : «comment sait-on si l’on est mort ?» Bien que ce ne soit pas à proprement parler le sujet central de son billet, je me permets de la reprendre à mon compte. Comment sait-on si l’on est mort ? C’est une interrogation troublante parce qu’il n’est pas aisé d’y répondre soi-même. La coutume la plus répandue veut que l’on s’en remette à l’appréciation d’un tiers, mais quiconque se sera un tant soit peu piqué de dignité et d’indépendance d’esprit de son vivant, aura du mal à se plier de gaieté de cœur à cet expédient commun. Surtout dans le cas où son cœur ratatiné serait dans l’incapacité d’en rire. (lire la suite)

Le Coucou, tu as retrouvé Marcelle, et tu as la réponse à toutes tes questions. Alors bon voyage.

Ce que j’ai kiffé chez lui :

Share Button

Rester digne

Le mois de juillet a bien raison de pleurer. Rien, ni même les cyclistes bigarrés, ne viennent égayer et réchauffer cet été pourri, sans lumière, mais aussi sans Amy, et sans une centaine de norvégiens fauchés par un déséquilibré hystérique. Devant tant de barbarie, nos questionnements restent sans réponses. Seules les constatations sont permises : notre monde tout entier tourne de plus en plus mal.

Rester droit, en toutes circonstances. Respect.Devant les développements successifs des informations venues de Norvège, je suis resté sans voix, sous le choc, atterré par tant de haine, sidéré par le sang froid déployé, consterné par le bilan humain, mais aussi très impressionné par l’état d’esprit de ce peuple qui est resté digne, solidaire, unis dans le malheur. Les propos recueillis dans les rues d’Oslo auprès d’anonymes passants montrent des réaction saines, sans esprit de vengeance, sans appel haineux. Le Premier Ministre M. Stoltenberg a d’ailleurs fort bien résumé le besoin : «la seule réponse est plus de démocratie, plus d’ouverture»…

Quels auraient été les propos et le traitement d’une telle catastrophe si elle avait éclaté sur le sol français ? Impensable, répondront en cœur quelques farouches partisans issus des 36% de braves restés fidèles au Maître. Mais un déséquilibré déterminé et discret n’est pas facile à intercepter, surtout s’il se fond dans la société, et commettra l’impensable au nez et à la barbe des services de renseignements.

Au lendemain d’une pareille mésaventure survenant sur le sol français, il est fort probable que notre président bombe le torse et lève haut le poing avec un rictus de circonstance, promettant vengeance, pestant sur l’absence de réformes permettant de se prémunir contre de tels agissements, annonçant de nouvelles lois concernant la banalisation des contrôle d’identité en tout lieu et à toute heure, le filtrage d’Internet, le contrôle des groupes de supporters de foot, la vente d’armes à feux et d’engrais agricoles, sans omettre de stigmatiser une nouvelle fois certains compatriotes pris au hasard dans le paysage… et finir en exigeant des sanctions après le chef du service d’entretien de la navette fluviale et du portier du ministère qui a laissé se garer la voiture piégée….

Ce tableau agité me ferait presque sourire. Il est malheureusement notre quotidien : tout événement dans le pays des «Droits de l’Homme», pour peu qu’il soit dramatique, débouche invariablement sur une diatribe aussi immédiate qu’enflammée, savamment relayée par de veules courtisans, inondant l’opposition politique de toutes les responsabilités, annonçant des lois et des mesures prises dans l’urgence de l’émotion, dont les conséquences sont de réduire de plus en plus les espaces déjà comprimés de liberté.

Le modèle de société norvégien est sain. La population a du bon sens. Elle a choisi des représentants responsables, posés, honnêtes, réfléchis, humanistes, attachés au principes démocratiques qui savent faire face au monde et aux drames. Le résultat est là : un peuple soudé, tolérant et solidaire qui panse ses plaies avec grande dignité, qui renvoye une image d’une communauté multiculturelle fière, qui n’abandonnera jamais ses valeurs. Tout le contraire de la France actuelle.

C’est un beau modèle pour 2012, si on n’a pas été balayé avant.

Ca percute chez les copains :

Share Button

Exemplaires

Le ciel n’arrête pas de pleurer. Je ne sais pas pourquoi, mais il faut bien l’avouer, il y aurait bien des raisons. Les plans d’austérité draconiens qui se trament dans les luxueux salons des palais européens indiffèrent l’opinion publique complètement endormie, sans aucune réaction. Peut-être que ce mois de juillet, qui en a vu bien d’autres depuis la nuit des temps, perçoit cette indolence aux conséquences dramatiques et s’épanche en avance. Peut-être aussi qu’il pleure les soldats français tombés pour apporter et transmettre au peuple afghan notre sublime modèle de société.

Stop ou encore avec ces vieilles badernes ?Pour ma part, je pleurerais plutôt sur l’état de nos belles démocraties occidentales, dans lesquelles le peuple a définitivement perdu tout pouvoir. Sa seule fonction est de voter, et encore. Il choisit des personnalités, non des personnes, et en aucun cas des choix de société. Les raisons en sont multiples. On mettra bien sûr tout cela sur le dos de la mondialisation, et c’est évidemment bien pratique. Mais il me semble bien que la toute première cause vienne d’abord du paysage politique et de la manière d’exercer les fonctions électives.

Je me suis lancé il y quelque temps dans cet exercice particulier d’évocation d’un programme, et le statut de l’élu est un peu le sujet des sujets… Les pratiques tordues que le commun des mortels jugeraient pour le moins douteuses, sont de plus en plus fréquentes et leurs auteurs n’encourent plus de sanctions, ni disciplinaires, ni même politiques. Leurs interventions appuyées sur la loyauté, le sens de la chose publique et l’intérêt général, les discours électoraux et les professions de foi enflammées sont vite oubliés dans l’exercice élémentaire du pouvoir ou se mêle puissance, privilège, passe-droit et vanité… Ce comportement n’est pas propre aux hommes politiques, la nature humaine y a une bonne part.

On voit ainsi se développer une caste qui ne finit par ne représenter qu’elle même, avec des besoins spécifiques exorbitants pour le contribuable lambda, puisant à volonté et sans complexe dans le bas de laine puisqu’ils définissent tout seuls les règles, comme augmenter leurs émoluments, exploser le budget de l’Elysée et le salaire du Président quand le pays entier se serre la ceinture. Il est évidemment possible de rentrer dans la danse, mais il vaut mieux avoir les reins solides et disposer de caillasse en conséquence. J’en sais quelque chose pour mon implication bénévole dans la gestion d’associations jusqu’à en avoir été président. J’ai eu du boulot, certes, mais j’y ai laissé des sous et j’ai surtout pris des kilos.

De cette observation du monde politique, j’en tire plusieurs éléments.

Tout d’abord, pour effectuer un mandat, quel qu’il soit, il faut l’effectuer à plein temps, ce qui exclut toute possibilité de cumul avec toute autre mandat électif ou activité professionnelle. Quand on sollicite l’électeur pour une fonction, on s’y consacre à fond, déjà par simple respect de ceux qui ont exprimé leur confiance. On connaît les effets de la dispersion, le trop est l’ennemi du bien.

Ensuite, le mandat sollicité doit être non renouvelable. Cela peut paraître un peu abrupt de prime abord et on m’objectera qu’il n’est pas possible de lancer et suivre les grands projets. En fait, c’est tout le contraire. Le but poursuivi, et non des moindres, est d’éviter la formation de professionnels de la politique, de potentats locaux, propriétaires des lieux et des voix, transmettant leur héritage de génération en génération. Par leur pratique, ces gens se coupent de la vraie vie, en oublie les fondamentaux, mais prennent de décisions lourdes de conséquences qui ne les engagent nullement. Les retraites, la pénibilité, vivre avec un SMIC, ou dans une banlieue glauque, bosser à la chaîne ou se faire jeter par un patron indélicat, ne plus se soigner ou se contenter des pâtes de Lidl dès le 15 du mois, ils ne savent pas ce que c’est. Des actes simples comme garer sa voiture, acheter le pain, faire ses courses et constater la hausse des prix, prendre le métro, leurs sont aussi étrangers qu’un auvergnat à Paris. L’intérêt général devient très vite particulier, le travail – le vrai – se résume en réunions, sauteries et gueuletons continuels, le pouvoir attire l’argent et le décorum qui va avec. Dans ces conditions d’opulence sans limite, on n’a pas trop envie de quitter les appartements dorés de la république.

En limitant l’«exercice du pouvoir» à un seul mandat, on évite de sortir les représentants de la nation du circuit. Ils restent en principe en phase avec le monde dans lequel ils vivent. On limite aussi les conflits d’intérêt et la problématique de la corruption puisque l’élu changera forcément… Mais surtout, on impliquera plus de monde en faisant porter l’intérêt général, le vrai, l’authentique, sur plus d’intervenants. Plus engagés, la participation aux scrutins serait bien meilleure parce que les électeurs se sentiraient mieux compris et vraiment représentés. Cela ne limitera pas les grands projets, ils seront simplement plus rationnels, mieux définis, plus consensuels, et débarrassés du nom que leur vaniteux géniteur ne manque jamais de laisser.

Le corollaire de cette limitation est, non seulement une rémunération qui tienne compte des impératifs du mandat, mettant l’élu dans de bonnes conditions pour remplir sa mission, mais surtout une garantie absolue de retour à l’emploi, ce qui n’est que justice quand on manifeste son goût et sa volonté de servir le pays.

On est loin du mode actuel de représentation qui ne peut perdurer, et on imagine mal nos valeureux députés et sénateurs se tirer un telle balle dans le pied, eux qui viennent de refuser un écrêtement de leurs émoluments du fait de cumuls de mandats. Pour ma part, petit cadre B de la fonction publique, je n’ai absolument aucune possibilité de cumul d’emploi sous peine de révocation pure et simple, alors que mon employeur m’a fait perdre 17% de pouvoir d’achat depuis 2000. Sans vouloir apparaître comme un moralisateur intégriste, il y a grand besoin de revenir à des pratiques un peu plus saines, plus justes, plus respectueuses de l’égalité dont la devise nationale enorgueillit. J’attends avec une certaine impatience que les candidats aux primaires à gauche s’expriment sur ce sujet.

Qu’en pensent les blogueurs exerçant des mandats, comme Romain et Trublyonne ?

J’ai aimé chez les copains :

Share Button

Frais de déplacements

Dans ma revue de presse et de blog quotidienne, je suis tombé sur un article causant de «Chorus». Pour le grand public non musicien, ce terme ne représente pas grand chose. Chorus est une application informatique exploitée depuis 2010 par le ministère des finances. C’est en réalité un maillon essentiel de l’appareil d’Etat, placé au centre de l’organisation financière Bercy sombrant sous les intérêts moratoires de Chorus... pour mettre en œuvre toute la complexité de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF).

Je vous laisse le soin de découvrir l’information que je ne commenterai pas, déontologie oblige, en précisant simplement que Chorus liquide et règle aussi mes frais de déplacements aux réunions, stages et autres formations professionnelles, et que j’attends toujours le remboursement de mon passage à Paris à la mi-mai, soit environ 150 malheureux petits euros…

Je suis patient, mais pas résigné.

Share Button

Sale temps ce week-end

J’ai passé quatre jours hors du temps, les pieds sur un escabeau, les doigts tentant vainement d’éviter de changer de couleur au contact d’un pinceau dégoulinant, à remettre un peu d’éclat aux murs de la cuisine. Quatre jours à utiliser le journal pour autre chose que le lire, sans radio, télé, blog ou presque, c’est très long, au vu de tout ce qui s’est passé ce long week-end, avec cette vague impression d’être enfermé dans le peloton, loin des premiers, irrémédiablement échappés. On entend des bribes de faits, au loin, sans en percevoir le sens. Pour un blogueur, c’est très vite frustrant.

Que de nuages sur cette fin de mandatQuatre jours loin de l’information, c’est long, mais il faut l’avouer, c’est très reposant. Le naturel revient vite, et la matière aussi. Il faut dire qu’en ce moment, elle ne manque guère. Guerre, c’est bien le mot qui domine la période. Le bruit des bottes, sur le sable ou sur les pavés, reste un bruit sinistre, toujours synonyme d’échec. Alors, ne comptez pas sur moi pour admirer réacteurs, chenilles et fourragères astiquées à la manière nord-coréenne. Il me semble que la France a d’autres valeurs à mettre en avant que celles d’un pays bien armé, surtout quand elle prouve sur le terrain bien le contraire…

Quelques jours avant, alors qu’on répétait déjà le «montrage de muscle», l’annonce du retrait des soldats français en Afghanistan était présenté comme une suite logique de la pacification de la zone d’influence, donc comme une victoire… Succès vite endeuillé par 7 nouvelles vies prises d’un coup, pour rien, au nom de rien, et qui font tâche dans le bilan déjà catastrophique. Même le «haka» de nos compatriotes du bout du monde, cette tradition bien plus vieille que 50 ans, a été amputée : interdit de tirer la langue à la tribune ! Décidément, il manque toujours quelque chose pour faire authentique.

L’orage n’est pas très loin. Eva Joly a lancé sa campagne dans une forme résolument différente, lançant un éclair sur une thématique un peu décalée. Si la question de la pertinence d’un défilé militaire mérite d’être posée, il y en aurait bien d’autres à formuler avant. C’est précisément ce qu’attendent les électeurs de la part de ceux qui briguent la place de «Big Chief». Un indice : l’augmentation du budget de la culture ne fait pas non plus partie des grandes priorités. Pas en ce moment.

Après l’éclair, le tonnerre ne s’est pas fait attendre en la personne de François Fillon, dégainant plus vite que les thuriféraires habituels du grand Mamamouchi.. C’est une posture étonnante d’ailleurs, et dangereuse, car officialiser de la sorte l’existence d’une sous-catégorie de français, une sorte de caste impure ayant obtenu leur nationalité par des moyens «artificiels», c’est faire de l’extrême Lepeniste comme Monsieur Jourdain faisait de la prose… C’est aussi méconnaître la Constitution de la France, vieille de 50 ans. Reste à savoir pourquoi une charge aussi brutale du Premier-Ministre en personne. Eva Joly ferait-elle peur ?

L’orage gronde désormais de partout. Il pleut sur les plages et la terre desséchée. Les cafetiers font à nouveau grise mine, le thermomètre étant retourné en avril. Les footballeuses françaises vont retrouver le complet anonymat duquel elles étaient brièvement sorties, et les étudiants découvrent les hausses auxquelles ils devront faire face l’année prochaine dans certaines universités. Entre-autres. Vraiment un sale temps, ce week-end.

J’oubliais mes travaux, les nouvelles couleurs sont superbes. Le tout est de bien choisir.

Ce que j’ai apprécié chez les copains :

Share Button

Ceux dont on ne doit prononcer le nom

C’est magique, et tout le monde en parle. Le dernier opus de la saga Harry Potter sort aujourd’hui, menant à la baguette jusqu’aux salles obscures toutes les générations ou presque, et on découvrira comment le jeune et fringant héros bousculera l’ordre établi par «celui dont on ne doit prononcer le nom», avant de rentrer lui-même dans le rang. Ainsi, même chez les sorciers, il y a des noms, des choses, des événements qu’il ne vaut mieux pas évoquer.

Nicolas S, dont on ne doit prononcer le bilan...La lecture du billet de Juan m’a interpellé, évoquant des sujets qu’il ne traite pas, et j’ai trouvé la matière très intéressante. Le blogueur, agissant de manière anonyme ou non, exprime un certain nombre de choses sur un vecteur offrant une visibilité, pour l’instant encore, quasi illimité. Ses écrits, ses avis, critiques, humeurs, et autres possibles attaques, l’engagent complètement. Il y a évidemment par le biais des commentaires un droit de réponse, la suppression (ou censure) d’une contribution étant également une forme d’expression… Mais les réactions peuvent venir d’ailleurs, avec des conséquences bien plus graves que la simple fermeture du comptoir virtuel de partage avec les copains, pour un sujet mal maîtrisé, un mot maladroitement utilisé, pour avoir laissé la porte ouverte à une interprétation douteuse. Certains l’ont payé cher (1).

Je ne vais pas me démarquer beaucoup de Juan. Les grands thèmes que je n’aborderai pas sont les suivants.

1. Les conflits armés
Le problème quand les armes ont la parole, c’est bien ce qui nous est permis de percevoir. La communication, l’instrumentalisation, mais aussi notre éducation influent trop notre avis. Le droit de l’un, la responsabilité de l’autre, rien n’est vraiment clair, ni complètement blanc, ni totalement noir. Le conflit israélo-palestinien en est un criant exemple, mêlant des causes historiques, idéologiques, religieuses, et bien des rancoeurs jusqu’à la haine absolue entre les protagonistes depuis 1948… Impossible aujourd’hui de démêler l’écheveau, impossible surtout d’exprimer une opinion sans se faire taxer de racisme ou d’extrémisme terroriste. Plus proche de nous, par exemple, je m’abstiens de commenter l’implication française en Libye. Je peux m’offusquer du coût d’une telle intervention au moment où les caisses sont vides, mais je ne peux critiquer le fait de venir en aide à un peuple qui se fait démolir par sa classe dirigeante. Reste aussi la question du «pourquoi ici, et pas ailleurs»…

2. La religion
Encore plus que les guerres, qui souvent en découlent, les religions sont un sujet ultra-sensible. J’ai baigné dedans enfant, et plus tard, j’ai lu les livres des 3 principaux courants monothéistes. La croyance, cette recherche du Salut, est une démarche éminemment personnelle et respectable, et je me garderai bien de tout commentaire en tant que religion. Mais je pourrais cependant en parler à partir du moment ou elles sortent de leur rôle, en se plaçant sur le terrain politique, en imposant à autrui son mode de vie et sa manière d’appréhender les événements du monde. Mais comme tout n’est qu’interprétation…

3. Les proches
Je ne m’exprime ni ne commente jamais sur les actions et prises de position de mes proches, famille comme amis. C’est une règle absolue. Mon blog reflète mes humeurs et ma vision de la société, ce n’est pas un journal intime, ni le lieu pour régler des comptes. De surcroît, je le fais de manière non anonyme, par choix, par responsabilité, parce que je souhaite n’engager que moi-même.

4. Mon employeur
Je n’en parle pas parce que tout simplement cela m’est interdit par mon statut de fonctionnaire. Je dois à mon employeur une entière discrétion sur ce qui se passe dans mon environnement professionnel. D’ailleurs, le seul fait de me réclamer d’une quelquonque direction serait déjà une faute. Mais comme cela ne porte préjudice à personne, je m’en fiche. En fait, je n’en parle presque pas, juste un peu, quand la coupe est pleine, quand la bêtise se dispute avec le ridicule, ce qui par ces temps arrive [trop] souvent. Mais j’assume, je n’ai absolument rien à me reprocher…

5. Sark$}*§
Je n’en parle jamais… Si si, vérifiez.

Et vous, amis blogueurs, vos interdits, vos réticences, vos sujets casse-gueules, quels sont-ils ? Je mets un coup de baguette magique à Nicolas, Sète’ici, MHPA, Ruminances, Yann, SuperNo, Dadavodov, Falconhill, Le coucou, Des pas perdus, Jean, El Camino, Jacques, Romain, Le Grumeau, Bembelly, Le Griffon, Guy, Ménilmuche, Slovar, Dagrouik, Seb, Trublyonne, CSP, Iboux, Lolobobo, Romain le breton, Stef, Disparitus, Homer, Des fraises, Minijupe, Marc, un autre Romain, Vallenain, Melclalex, Cui cui, David, Gabale, Vogelsong, CyCee, Eric, Olympe, Rimbus, GdC, Polluxe, Arnaud, non pas pour qu’ils(elles) se transforment en grenouille, mais pour répondre à la question.

Je fais relâche quelques jours, ne voulant pas mettre de peinture sur mon clavier.

(1) Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez, Editions Julliard 2009

Allez lire chez les copains :

Share Button

Nage en eaux troubles

On va dire que c’est l’un des grands marronniers de l’été. Je pouvais évidemment évoquer le Tour de France ou naguère le dopage faussait systématiquement les résultats. Aujourd’hui, ce sont les motos et voitures de la grande boucle qui s’en chargent, jouant les boules de billard parmi une centaine d’équilibristes, qui tentent vainement de se mettre à l’abri le plus vite possible sur de dérisoires engins à 2 fois 2 centimètres carrés de contact au sol… Mais j’ai choisi de parler de ce qui impacte durablement nos vies quotidiennes, qui commence à faire vraiment mal comme une chute dans une clôture barbelée.

coût du baril de pétrole en dollars (bourse de New-York) depuis 2003Le constat est simple : le 16 juillet 2008, le baril de pétrole cotait au plus haut à 145 $ le baril, propulsant le prix du litre de sans-plomb à 1,53 €, et le gazole à 1,45 €. Ce jour, avec un environnement de change quasi identique (un dollar aux alentour de 1,40 euros), alors que le baril cote 95 $, le litre de sans-plomb se vend 1,50 € et le gazole 1,23 €… Cherchez l’erreur. Mais ou va la différence ?

Ainsi, au gré des aléas de la géopolitique et du bon vouloir de la grande finance, le prix de l’or noir fluctue. Mais seules les hausses, succédant pourtant aux baisses, sont répercutées sur le consommateur final plus captif que jamais, lui imposant de consacrer une part toujours plus importante dans des budgets qui suivent une courbe sensiblement inverse. Même Xavier Bertrand fait mine de s’en offusquer. Après des dizaines années de consensus et de cadeaux aux multinationales pétrolières, son couplet «quand le pétrole augmente, les prix augmentent aussitôt. Quand le pétrole baisse, ça met toujours plus de temps» ressemble à une récupération éléctoraliste, une prise de conscience qui sonne aussi faux, décalé et démagogique que le fameux «je serai le président du pouvoir d’achat». Pas de doute, la campagne électorale est lancée.

Outre l’Etat au travers de la TIPP, le grand responsable de cette prise d’otage, c’est le patron de Total. A chaque lever de soleil, Christophe de Margerie doit se friser les moustaches avec une consciencieuse assiduité à l’idée de ce qu’il va encore engranger, à moins qu’elles ne résultent des restes d’une malencontreuse collision avec un balayette de chiottes. Car c’est bien l’image qui me vient quand il explique d’un ton grave que cette hausse limitée est absolument nécessaire, parce que «si on ne répercute pas la hausse du baril, la boîte coule». Total, c’est 14 milliards de bénéfice en 2008, 7,8 en 2009, 10 en 2010, et déjà 3 pour le premier trimestre 2011, et une participation aux finances de l’Etat, dûe par toute personne physique ou morale à concurrence de ses capacités contributives, proche du zéro absolu… Belle leçon de natation.

De Margerie, directeur général de Total, proche de la noyadeDe Margerie est le 11ème grand patron le mieux payé de France avec 2.800.000 € par an. L’UMP rabâche à tue-tête que ces rémunérations hors-normes sont justifiées par la prise de risque inhérent à l’esprit d’entreprise de ces hommes extraordinaires. Sauf que cet oiseau, entré chez Total à 23 ans «uniquement parce que c’était l’entreprise la plus proche de chez lui» sans jamais la quitter, n’a jamais pris le moindre risque, menant une carrière parfaitement linéaire, comme un fonctionnaire, mais pas au même tarif. Pour bien nager, il ne faut pas faire de vagues.

Pour en revenir aux préoccupations quotidiennes, le prix de l’essence va bien augmenter alors que le marché est plutôt baissier. Et au-delà des procédés d’extorsions malhonnêtes qui ont cours, il faudra bien un jour réduire notre dépendance maladive à la voiture parce qu’elle conduit dans une impasse autant proche qu’incontestable. Il est indispensable d’envisager autre chose car, contrairement au fatalisme et la résignation affichée par l’automobiliste désabusé, des alternatives existent, mais elles imposent une vision totalement différente de la société, supposant notamment un nouveau mode de partage des ressources et des moyens, impliquant surtout un nouveau mode de gouvernance, une reprise en main du pouvoir par le peuple, ce qu’on appelait jadis la démocratie.

Et qu’on le veuille ou non, comme la mort, c’est inéluctable.

Source du graphique : http://prixdubaril.com

Allez lire chez les copains :

Share Button

La chanson de l’été

Comme Nicolas l’a indiqué, Lolo n’a pas précisé l’année de l’été quand il a lancé sa chaîne des chansons de l’été… El Camino m’ayant, il y a quelque temps, traité de vieux, je vais ainsi ressortir un truc de vieux, mais quel truc ! La Grange et les barbus de ZZ Top ne m’ont jamais quitté. Sorti en 1973 – j’avais 10 ans -, ce monument des seuls texans que je supporte ne tourne peut-être plus en boucle comme avant, mais reste ma référence… Ca claque, ça déchire grave, la grande classe, et ça n’a pas pris une ride.

J’invite donc les blogueurs lyonnais que j’espère rencontrer au KDB du 10 août en Capitale des Gaules, Bembelly, Minijupe, Le Griffon, Trublyonne, Littlecelt, Camille, Jean, Romain, Le Mot du Gone, ainsi que tous les blogueurs lyonnais que je ne connais pas, à dévoiler leur musique de l’été.

Share Button

Impair et manque

La période est terrible : rien ne va. La Cour des comptes épingle le gouvernement sur la gestion et le coût de la sécurité, la nouvelle patronne du FMI risque de trébucher sur le tapis, le Lider Minimo exonère les agriculteurs de leur responsabilité dans la prolifération des algues vertes, les sénateurs étudient leur code de déontologie, et un pauvre hère est licencié pour avoir récupéré des fruits pourris d’une poubelle… Même la candidature française pour l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver 2018 fait un joli flop. Pourtant, on a mis un cador aux commandes.

Charles Beigbeder, né du bon côté de la rue, mais cela ne rattrappe pas tout...Après Paris 2012, Annecy 2018 s’est fait battre à plate couture en ne recueillant que 7 voix sur 95, à peine plus que pour le concours de l’Eurovision. Les 30 millions d’euros de budget pour cette candidature sont bel et bien dépensés, mais on attend encore le débriefing sur les raisons d’un échec qui ressemble à un honteux gaspillage, surtout par les temps qui courent. Silence, motus, chacun est rentré chez lui et vaque désormais à d’autres occupations… Charles Beigbeder, le goldenboy à qui tout réussi, a pourtant été présenté comme le sauveur de cette candidature morte-née d’avance.

Car, franchement, il n’y avait rien à attendre, rien à espérer dans cette affaire, à commencer par la fameuse, mais non écrite, règle de l’alternance, qui veut que l’organisation des JO change plus ou moins équitablement de continent… Après Turin, Vancouver, Sotchi en Russie, rien d’étonnant que la Corée du Sud récupère l’événement, ce qu’elle n’a jamais fait jusqu’alors. De surcroît, Pyeongchang a mis le paquet pour sa troisième candidature d’affilée, mais surtout, a laissé entrevoir au CIO la possibilité de gagner beaucoup d’argent, énormément d’argent… Et là, incontestablement, en Europe, le handicap est irrémédiable.

Côté français, en dehors de toute question d’opportunité de la candidature, les problèmes semblent résulter d’une organisation inadaptée où les personnalités politiques et de plus en plus celles issues du monde des affaires se pressent, s’agitent et se démènent pour être sur la photo. Les sportifs, les gens de terrains, ceux qui connaissent les rouages d’une telle organisation sont priés de rester derrière. Edgar Grospiron l’a vite compris, quittant le navire en 2010. Son successeur, plus enclin à promouvoir son image plutôt que celle d’Annecy obtient la rallonge de budget réclamée par son prédécesseur. Mais Beigbeder multiplie bourdes sur bourdes jusqu’à critiquer ouvertement les autres candidatures quelques jours avant le choix du CIO, au mépris des règles de cette vénérable institution…. Ignorance, prétention, non respect des règles, vanité ont été les caractéristiques de cette candidature, à l’image de cette génération de jeunes loups de la finance. L’esprit d’entreprise, l’investissement privé, quand on dépense l’argent des autres, c’est évidemment facile, une roulette toujours gagnante.

Dans ces conditions, balancer ainsi 30 millions d’euros, dont beaucoup retombent dans la poche de copains communicants ou consultants pour l’occasion, ressemble à un vol légal d’argent public…

Un tel résultat, même un gamin sortant de l’épreuve du brevet de fin de 3ème l’aurait prédit.

Share Button

Un modèle de vertu

Le petit monde politique hexagonal, essentiellement de droite, ne manque jamais une occasion pour rappeler au peuple les causes de la mouise dans laquelle il est plongé : les français répugnent à travailler, les étrangers sont des voleurs, les chômeurs sont des fainéants, les fonctionnaires sont des profiteurs, les 35H sont une aberration… Mais ce petit monde oublie un peu vite qu’il est de plus en plus souvent secoué par de sordides affaires, et que son quota de droiture et de respectabilité est passablement consommé.

Jean-Marc Pastor, Sénateur PS et voyou...La dernière petite affaire concerne Jean-Marc Pastor, sénateur du Tarn, et questeur de cette haute assemblée. Pour la petite histoire, un questeur (chargé de la gestion administrative et financière de l’établissement), outre ses émoluments de sénateur, touche une indemnité de fonction mensuelle de 5170 euros (bruts), auxquels on rajoute des frais de représentation de 11.600 euros (par an). Visiblement, il lui en faut encore plus, puisqu’il s’est fait rembourser par le Sénat 2 notes de restaurant pour 51 et 38 convives, respectivement 1.428 et 1.064 euros, agapes qui n’ont purement et simplement jamais existé. Révélé par Médiapart et relayé localement par le Tarn Libre, l’affaire est d’une banalité confondante, du menu frottin à coté des largesses extorquées à Mamie Zinzin et autres indélicatesses propres à la nature même de l’homme, surtout quand il détient du pouvoir.

On monte franchement de plusieurs crans dans l’ignominie quand, au moment de se justifier envers la presse locale, le sénateur n’hésite pas à produire un faux grossier, simulant un communiqué émanant ni plus ni moins du Président du Sénat, Gérard Larcher qu’il rédige de sa main sans aucun complexe, vantant sa propre probité en ces termes : «la morale et la droiture de Jean-Marc Pastor, exemplaire…». Ahurrissant.

Sympatique cet auto-compliment...

Je me fiche bien de la réaction de Gérard Larcher, qui s’est mollement contenté de rappeler les règles de déontologie. D’ailleurs, quelles règles ? A quoi servent t-elles puisque chacun s’en affranchit avec une déconcertante facilité ? En somme, et à cause du bruit, l’indélicat remboursera, mais il n’y aura aucune sanction, aucune condamnation, au contraire d’un manant précaire profitant maladroitement d’un indû. Il aura beau, comme Pastor, invoquer l’«erreur d’appréciation», rien n’y fera.

Elle est belle notre République exemplaire, où les hommes chargés de voter les textes sont les premiers à s’en affanchir, trop occupés qu’ils sont à défendre leurs privilèges exorbitants, dressant les citoyens les uns contre les autres, stigmatisant les plus faibles, jetant l’anathème sur des catégories bien ciblées, instrumentalisant la peur. Pastor a été pris la main dans le pot de confiture, ce n’est pas le premier loin s’en faut. Mais faux, et usage de faux pour un sénateur, c’est grave, très grave.

On me souffle que ce sinistre personnage est de gauche…comme D$K. Il y a donc des individus ignobles de tous les côtés. Il n’y a certes pas «mort d’homme», et même pas «troussage de domestique», mais cette manière de voir le monde à travers le prisme déformant du pouvoir où tout est permis, en plaçant les protagonistes «vertueux» à l’abri de tout, exonérés de toute responsabilité, protégés, inatteignables, m’est insupportable.

Sanction ou pas, pour la part, mon jugement est sans appel : ces gens sont «humainement» des salopards.

Share Button