Ceux dont on ne doit prononcer le nom

C’est magique, et tout le monde en parle. Le dernier opus de la saga Harry Potter sort aujourd’hui, menant à la baguette jusqu’aux salles obscures toutes les générations ou presque, et on découvrira comment le jeune et fringant héros bousculera l’ordre établi par «celui dont on ne doit prononcer le nom», avant de rentrer lui-même dans le rang. Ainsi, même chez les sorciers, il y a des noms, des choses, des événements qu’il ne vaut mieux pas évoquer.

Nicolas S, dont on ne doit prononcer le bilan...La lecture du billet de Juan m’a interpellé, évoquant des sujets qu’il ne traite pas, et j’ai trouvé la matière très intéressante. Le blogueur, agissant de manière anonyme ou non, exprime un certain nombre de choses sur un vecteur offrant une visibilité, pour l’instant encore, quasi illimité. Ses écrits, ses avis, critiques, humeurs, et autres possibles attaques, l’engagent complètement. Il y a évidemment par le biais des commentaires un droit de réponse, la suppression (ou censure) d’une contribution étant également une forme d’expression… Mais les réactions peuvent venir d’ailleurs, avec des conséquences bien plus graves que la simple fermeture du comptoir virtuel de partage avec les copains, pour un sujet mal maîtrisé, un mot maladroitement utilisé, pour avoir laissé la porte ouverte à une interprétation douteuse. Certains l’ont payé cher (1).

Je ne vais pas me démarquer beaucoup de Juan. Les grands thèmes que je n’aborderai pas sont les suivants.

1. Les conflits armés
Le problème quand les armes ont la parole, c’est bien ce qui nous est permis de percevoir. La communication, l’instrumentalisation, mais aussi notre éducation influent trop notre avis. Le droit de l’un, la responsabilité de l’autre, rien n’est vraiment clair, ni complètement blanc, ni totalement noir. Le conflit israélo-palestinien en est un criant exemple, mêlant des causes historiques, idéologiques, religieuses, et bien des rancoeurs jusqu’à la haine absolue entre les protagonistes depuis 1948… Impossible aujourd’hui de démêler l’écheveau, impossible surtout d’exprimer une opinion sans se faire taxer de racisme ou d’extrémisme terroriste. Plus proche de nous, par exemple, je m’abstiens de commenter l’implication française en Libye. Je peux m’offusquer du coût d’une telle intervention au moment où les caisses sont vides, mais je ne peux critiquer le fait de venir en aide à un peuple qui se fait démolir par sa classe dirigeante. Reste aussi la question du «pourquoi ici, et pas ailleurs»…

2. La religion
Encore plus que les guerres, qui souvent en découlent, les religions sont un sujet ultra-sensible. J’ai baigné dedans enfant, et plus tard, j’ai lu les livres des 3 principaux courants monothéistes. La croyance, cette recherche du Salut, est une démarche éminemment personnelle et respectable, et je me garderai bien de tout commentaire en tant que religion. Mais je pourrais cependant en parler à partir du moment ou elles sortent de leur rôle, en se plaçant sur le terrain politique, en imposant à autrui son mode de vie et sa manière d’appréhender les événements du monde. Mais comme tout n’est qu’interprétation…

3. Les proches
Je ne m’exprime ni ne commente jamais sur les actions et prises de position de mes proches, famille comme amis. C’est une règle absolue. Mon blog reflète mes humeurs et ma vision de la société, ce n’est pas un journal intime, ni le lieu pour régler des comptes. De surcroît, je le fais de manière non anonyme, par choix, par responsabilité, parce que je souhaite n’engager que moi-même.

4. Mon employeur
Je n’en parle pas parce que tout simplement cela m’est interdit par mon statut de fonctionnaire. Je dois à mon employeur une entière discrétion sur ce qui se passe dans mon environnement professionnel. D’ailleurs, le seul fait de me réclamer d’une quelquonque direction serait déjà une faute. Mais comme cela ne porte préjudice à personne, je m’en fiche. En fait, je n’en parle presque pas, juste un peu, quand la coupe est pleine, quand la bêtise se dispute avec le ridicule, ce qui par ces temps arrive [trop] souvent. Mais j’assume, je n’ai absolument rien à me reprocher…

5. Sark$}*§
Je n’en parle jamais… Si si, vérifiez.

Et vous, amis blogueurs, vos interdits, vos réticences, vos sujets casse-gueules, quels sont-ils ? Je mets un coup de baguette magique à Nicolas, Sète’ici, MHPA, Ruminances, Yann, SuperNo, Dadavodov, Falconhill, Le coucou, Des pas perdus, Jean, El Camino, Jacques, Romain, Le Grumeau, Bembelly, Le Griffon, Guy, Ménilmuche, Slovar, Dagrouik, Seb, Trublyonne, CSP, Iboux, Lolobobo, Romain le breton, Stef, Disparitus, Homer, Des fraises, Minijupe, Marc, un autre Romain, Vallenain, Melclalex, Cui cui, David, Gabale, Vogelsong, CyCee, Eric, Olympe, Rimbus, GdC, Polluxe, Arnaud, non pas pour qu’ils(elles) se transforment en grenouille, mais pour répondre à la question.

Je fais relâche quelques jours, ne voulant pas mettre de peinture sur mon clavier.

(1) Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez, Editions Julliard 2009

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6 commentaires pour «Ceux dont on ne doit prononcer le nom»

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