Qui en a, des tee-shirts Balladur ?

En matière d’affaire, la période est faste. Il en tombe de tous les côtés, et les nombreux pare-feux présidentiels se percent de toutes part. La fin de règne va être pénible. La dernière pépite du moment est la mise au jour d’un document exhumé par le juge Van Rumbeke permettant à priori de faire un lien entre le contrat des frégates saoudiennes et le financement de la campagne électorale d’Édouard Balladur. Une somme de 10 millions de francs devait être versée à titre d’acompte avant… le 1er tour de l’élection présidentielle de 1995.

tout est devenu possible, même l'explication la plus ridicule...Or, assez bizarrement, le jour du paiement par l’Arabie Saoudite, on trouve un versement d’un montant identique sur le compte de financement de la campagne éléctorale du premier Ministre d’à l’époque. Le plus insolite, du reste, n’est pas l’existence de ces mouvements de fonds astronomiques, en liquide, donc contre toute réglementation, mais son explication : selon les soutiens balladuriens, dont fait partie Toto 1er, cette somme représente le produit de la vente de tee-shirts et gadgets lors des meeting électoraux.

Argument imparable. Mais je peine à me représenter la vente d’autant de ces ridicules bouts de tissus «Made in China» à quelques soirées électorales. Pour atteindre cette somme, il aurait fallut en vendre 1 million, à 100 francs l’unité (15 euros d’aujourd’hui…). Même Johnny n’y arrive pas. L’autre problème, et de taille, c’est qu’ils doivent vraisemblablement tous être imprimés avec la trombine à Balladur ! Vous imaginez un tee-shirt avec Balladur ? Même en très petit, dans un coin ? Ils sont peut-être vendus, mais peut-être bien que leurs heureux possesseurs n’osent les sortir de leur placards… C’est pour cela certainement qu’on ne les voit pas. Imparable je vous dis !

1 millions de tee-shirts vendus en quelques soirées, 10 millions de francs de chiffre d’affaire en un claquement de tissu, ces gens nous prennent ouvertement pour des buses, tout en réclamant nos suffrages… Et en pareil cas, l’attaque étant la meilleure des défenses, l’UMP multiplie les déclarations et les mensonges les plus abracadabrantesques, les cumulent, sans aucune retenue et surtout sans complexes. Lors de ces dernières années, tout est incontestablement devenu possible, du plus sordide au plus ridicule. Comment peut-on encore apparaitre comme un responsable politique conscient de sa fonction et de ses devoirs devant tant de manquements et de bassesse ?

J’aime le discours de Montebourg.

Edit du 1er octobre : Urielle, dans les commentaires, a publié l’adresse d’une petite annonce où l’objet du désir est visible. Je vous livre ci-dessus son verso, et vous laisse imaginer le recto…

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Petit débat entre amis

Quelque chose a changé dans le microcosme politique français, et le Parti Socialiste démontre, avec l’organisation de ces débats, son changement radical de posture. L’exercice avait pourtant tout d’une magistrale peau de banane, mais personne n’a glissé. Mieux, il s’en est dégagé une certaine sérénité, un sens des responsabilités et de la mesure, bien loin des accusations de promesses démagogiques déjà aboyées par l’UMP, bien loin aussi de l’image renvoyé par le gouvernement actuel, englué dans les «affaires».

Peu de monde aura assisté à la prestation des 6 candidats, faute d’un horaire curieux et d’un canal de diffusion marginal. Sans rire, il y a des gens qui travaillent… Mais il faut aussi l’avouer, pour la plupart des personnes concernés par cette primaire, les choix sont déjà faits. Il reste cependant intéressant, sur la durée, de percevoir les personnalités, leurs réactions et leur capacité à argumenter à vif, bien que tous les sujets soient âprement préparés à l’avance.

Je n’ai toujours pas de favori déclaré pour cette primaire. Je suis plus intéressé par le fond que par celui qui le mettra en œuvre, ce qui me permet de suivre le débat sans prisme déformant et sans oeillères. Vers 20h30, les favoris m’ont semblé moins à l’aise, comme crispés, fatigués. Martine m’a semblé froide, manquant parfois d’humanité. Ségolène a quelque peu subit le débat, cherchant constamment un second souffle qui n’arrivera pas. François a soigné sa posture plus que le discours, un brin professoral. Manuel, comme Monsieur Jourdain, a fait de la droite sans le savoir. Les bonnes impressions viennent d’Arnaud, fidèle aux principes qu’il défend maintenant depuis longtemps avec pugnacité et justesse, et Jean-Michel, bien plus à l’aide que lors du premier débat, défendant des mesures de bon sens, presque paternaliste.

Dans son ensemble le débat a été de meilleure facture que le précédent. Il n’y avait pas Pujadas. François Hollande est maintenant sur orbite. Il est l’homme de la situation, mais doit prendre à son compte un certain nombre de propositions de ses acolytes. Pour l’accompagner au second tour, la bagarre sera rude, à mon sens entre Martine Aubry et Arnaud Montebourg, qui se place déjà pour 2017. Pour Ségolène Royal, je crois bien que son tour, pour cette fois, est passé.

Les différents états-majors vont évidemment analyser toutes ces informations, ce qui va donner à la dernière confrontation d’idées, sur BFM TV le 5 octobre à 20h30, une saveur inédite, ce parfum de démocratie qu’on n’a plus senti en France depuis 5 ans.

Après les sénatoriales, ça commence vraiment à sentir bon.

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Téléphone maison…

Il ne reste que quelques heures avant le second débat rassemblant sur itélé les 6 candidats à la primaire du parti Socialiste. C’est plus qu’il n’en faut pour faire un billet léger, et répondre aux copains comme le jeune Papa Faucon, récemment passé à la Comete, qui demande aussi à Lolobobo, El Camino, Juju de Sète et Homer quelles sont leurs 11 applications smartphone préférées. Demain, on repassera sur des sujets lourds…

Smartphone intelligent...Ma liste sera très vite faite parce que je ne dispose pas d’un smartphone mais d’un appareil simple dont la fonction principale et unique est de téléphoner quand la batterie de l’appareil me le permet. J’ai évité les options parfois très pointues telles fer à repasser, canne à pêche télescopique, péniche volante, capote anglaise ou poste à galène. La fonction décapsuleur se serait vraiment révélé utile, mais elle figure déjà sur mon couteau suisse qui ne me quitte jamais, prend moins de place, et dont la sonnerie ne me dérange jamais…

Plus sérieusement, bien qu’un peu geek sur les bords du fait de mon activité professionnelle, en veille constante sur les sujets informatiques et les nouveautés hi-tech que pond le marketing moderne, j’ai beaucoup de mal à céder pour ce type de matériel, certes très abouti, mais terriblement addictif, susceptible de modifier de manière plus insidieux qu’il n’y parait les comportements individuels. Impossible dès lors d’échapper à son emprise : l’allumage de la traditionnelle clop au réveil est remplacé par la consultation compulsive des twits, mails et autres messages tombés dans la nuit. Je suis toujours perplexe devant une terrasse de café où la moitié des attablés discute, et l’autre pianote les yeux baissés. Evidemment tous les utilisateurs ne tombent pas dans l’excès, mais il est incontestable que le besoin a été savamment suscité, disséqué, pour proposer les applications toujours plus accrocheuses comme autant de fils à la patte… Le besoin de communiquer est vital, mais à y regarder de plus près, si les outils sont de plus en plus inutiles sophistiqués, les hommes échangent de plus en plus mal et ne se comprennent plus. Les amis sont virtuels, et la solitude gagne et gangrène notre société.

Beaucoup de situations dans la journée, y compris professionnelles, me rappellent malgré tout le besoin d’un tel appareil. De fait, je suis peu présent sur Facebook, sur Twitter, sur les LeftBlogs et autres réseaux sociaux parce qu’en journée notamment, je n’ai pas de possibilités d’y accéder. Je vis très bien sans. Peut-être qu’un jour, je m’y mettrais, parce que le smartphone et sa kyrielle d’applications finira par être définitivement indispensable, comme moyen de paiement par exemple. Il s’agira alors de savoir rester soi-même et de continuer à se parler autrement qu’au travers d’une boite magique. Un vrai défi.

Tiens, ça tombe bien, il y a «République des Blogs» à Lyon, le 19 octobre. Ce 8ème opus est organisé par @romainblachier, blogueur politique, élu local et jeune marié, pour parler IRL de tout et de rien, de politique, de blogs, de web autour d’un ou plusieurs verres. Tous les renseignements sont sur son blog. J’y serai. LeMotduGone peut-être aussi.

Et je laisserai mon téléphone à la maison.

Ils le disent mieux que moi :

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Valeurs de gauche

La bataille sous les lambris vernis et les dorures est gagnée. Une autre, moins luxueuse mais tout aussi essentielle, se joue dans la rue : le monde enseignant est en grêve et bat le pavé pour exprimer, une fois de plus, son mal-être, et alerter sur les coups de bâton qu’il reçoit régulièrement dans les jambes. Difficile ainsi d’exercer pleinement et sereinement une mission d’importance : instruire et préparer la jeunesse, les forces futures du pays au monde qui l’entoure. Impossible aujourd’hui d’ignorer la déliquescence du système éducatif français.

Manif à Lyon, le 2 octobre 2010Je ne suis pas prof, et leur quotidien professionnel m’échappe un peu. Je sais par contre qu’être enseignant ne s’improvise pas, c’est un métier. Mais pas besoin d’être devin pour constater le glissement continuel et la dégradation constante des moyens et des programmes de l’Education Nationale. Selon l’OCDE, la France occupe fin 2010 la 18ème place mondiale pour son système éducatif, loin de la tête, apparaissant de surcroît comme particulièrement inégalitaire. Après une année de mise en place du «soutien personnalisé», cette mesure emblématique des grandes idées de l’UMP, force est de constater qu’en l’état, ce n’est en rien du soutien, et que la notion de «personnalisé» dans beaucoup d’établissements est une pure vue de l’esprit. Du vent.

Le temps n’est plus aux discours syndicaux mobilisateurs annonçant l’apocalypse en cas d’inaction. Les effets de la politique du gouvernement en matière d’éducation ont largement fait leur œuvre. On est plus dans la prospective, c’est du bien concret : l’outil est saccagé et les conséquences sur la jeunesse sont déjà perceptibles, conditionnant par l’argent l’accession aux études supérieures. Ni plus, ni moins.

Il me revient l’image et les mots de François Chérèque, grand timonier de la CFDT, dimanche au 12/13 de France3. En grande partie responsable, sans être le seul, de l’adoption de cette fumisterie de réforme des retraites, il s’est, comme à l’accoutumée, comme tout homme politique en somme, exprimé en responsable déconnecté des réalités quotidiennes des salariés et des laborieux. En préférant un syndicalisme d’accompagnement plutôt que de lutte, il semble oublier le monde qui l’entoure, où rien n’est facile, ou la négociation est impossible puisqu’il n’y a rien à offrir en contrepartie… sauf à montrer sa détermination.

La cerise sur le gâteau vient de la question «irez-vous voter à la primaire socialiste ?». A ma grande surprise, la réponse fut un non franc, invoquant un besoin guère convaincant de neutralité. Quelle neutralité ? Peut être, et plus sûrement même, la signature de la charte sur les valeurs de gauche doit poser à ce grand révolutionnaire quelques problèmes…

Moi, j’irai. A genoux s’il le faut.

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La machine à perdre

L’actualité est monopolisée par un évènement historique qui n’aurait jamais dû voir le jour. En effet, la Vème République, conçue sur mesure par un très grand Général, voit la chambre haute, le Sénat, changer de couleur. Cette vénérable institution, maison de retraite pour politiciens usés, était censée apporter au pouvoir législatif la stabilité et la sagesse qui manque parfois aux pensionnaires du Palais Bourbon… En soi, le changement de majorité, si elle se confirme lundi 3 octobre lors de l’élection de son Président, n’est pas une révolution, en rien ne va vraiment changer. Mais quand même…

Allez commenter chez Monsieur Poireau, il en a besoin...Même Jean-Pierre Raffarin, fidèle parmi les fidèles du Nain Compétent, a commenté la sanction, percevant «une poussée de la gauche». Il doit être un peu  «toc-toc» et souffrir d’anosognosie lui aussi, parce que cette poussée ne date pas d’hier, loin s’en faut. D’ailleurs, notre grand Monarque est très largement rentré dans l’Histoire, non seulement pour avoir aujourd’hui cassé l’incassable, mais surtout pour voir son camp se faire laminer à tous les scrutins sans exception depuis qu’il tient le manche.

Plus grave, il a passé sa mandature à critiquer plus que vertement le bilan de son prédécesseur, auquel il a contribué dans une très large mesure, mais il a surtout transformé l’UMP, cette machine patiemment construite et entretenue par Chirac en un puissant bulldozer, en machine à perdre. D’une situation de monopole, avalant tout sur son passage, absorbant amis comme ennemis, débauchant le camp d’en face, le principal parti de droite est tombé bien bas et reste sans réaction, amorphe, presque silencieux. Même les petites phrases se font rares, les réactions sont molles, étonnement atones.

Mais l’ours mal léché, s’il a pris un sérieux coup entre les oreilles, n’est pas mort, et vendre sa peau actuellement serait une terrible erreur. La gauche doit capitaliser sur cette nouvelle avancée. En mettant à sa couleur les institutions, elle se dote des moyens et des outils pour gouverner. Elle n’aura aucune excuse pour ne pas pratiquer une vraie politique de gauche, et mettre en place une réelle rupture avec le système immoral actuel qui ne contraint qu’une partie de la population, les plus faibles, aux efforts. Toutes les pièces du puzzle se mettent doucement en place, et l’espoir monte et grandit, encore plus qu’en 1981.

C’est pas le moment de lâcher, courage

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Revolving à deux balles

J’ai reçu hier dans ma boite aux lettres un courrier me proposant d’assouvir immédiatement toutes mes envies. Par les temps qui courent et la sinistrose permanente, la chose est résolument attrayante. Mais pour être honnête, ce genre de sollicitation est fréquente, un peu trop même, pour l’être vraiment. Il s’agit en fait d’un courrier me proposant d’emprunter pour financer mes coups de cœur sans contraintes, sans justificatifs, sans aucun garde-fou, à un taux imbattable de… 21,14%.

Cela me rappelle une chaîne qu’a lancé un jeune marié sur la question de nationaliser le crédit à la consommation aux particuliers, au moins pour les petits prêts de 3000 euros ou moins, avec un taux spécifique et social, et qui n’a pas obtenu beaucoup de réponses. Etaient tagués Variae, Carnet de notes de Yann Savidan, Le Blog de Gabale, A perdre la raison, Bah ! By CC, Les jours et les nuits de Seb Musset, Au comptoir de la Comète, Une Autre Vie, Arnaud Mouillard, Blog de David Burlot, Les divagations NRV de cui cui fit l’oiseau, Je pense donc j’écris, Partageons mon avis, Antenne-relais, Ce Que Je Pense, Les coulisses de Sarkofrance, Chez El Camino, La revue de Stress, A toi l’honneur, Unhuman, Je n’ai rien à dire ! et alors, Mon avis t’intéresse, Chez Homer, Sète’ici, La rénovitude, Chez dedalus, Intox2007, Voie Militante, Rimbus, le blog, Des pas perdus, Monsieur Poireau et Le grumeau. Et pourtant le problème est crucial puisque la maîtrise de la dette, qu’elle soit publique ou privée est l’élément quasi central de nos existences, du moins sur le plan matériel, et influe dans de grandes proportions sur la qualité du quotidien…

La cavalerie : un système de financement régulièrement utilisé par les EtatsPour illustrer le propos, je reproduits quelques lignes de mon fameux courrier : «Le crédit est une solution qui permet de faire face sereinement aux différentes étapes de la vie. En maîtrisant la mensualité et la durée, il permet de financer un coup de cœur ou de faire face à un imprévu». Je vous fais grâce du reste, sauf à rajouter les mots «offre exceptionnelle», «facilités», «avantage», «taux préférentiel».

Il y a quelques temps, j’ai eu recours à ce genre d’arnaque de prêt, ma banque n’étant à l’époque pas habilité à en proposer. Si j’ai alors eu recourt à cette formule de «revolving», c’est que je n’avais pas le choix, parce qu’il y a des aléas peu maîtrisables dans une vie, parce que dans ces cas, il faut souvent aller vite. Bien que totalement conscient des dangers de ce genre de produit, j’ai un temps été amené à emprunter pour simplement rembourser… J’ai fini par en sortir, au prix d’années difficiles, en payant 3 fois le montant initialement emprunté.

Ces établissements le savent, jouant habilement sur les situations délicates des ménages, titillant les désirs, poussant sans cesse à la consommation, jusqu’au harcèlement par téléphone. Ils ciblent des populations déjà fragiles, et font leur beurre avec une facilité insupportable. Romain a mille fois raison : la création d’un établissement public de prêt à la consommation est une bonne solution. Mais avant, en dehors de toute autre considération, il faudrait purement et simplement interdire l’usure que pratiquent ces enseignes. 21 % d’intérêts quand le taux interbancaire de base est à 2,06%, c’est de l’escroquerie, ni plus, ni moins.

La pression sur les ménages en prise avec la crise me fait craindre malheureusement des sombres perspectives. Il est temps de reprendre la main sur l’ensemble du domaine financier. Quitte à devoir recapitaliser les banques, forcément avec de l’argent public, pourquoi ne pas les mettre une fois pour toute sous la coupe de l’Etat et réglementer de manière draconienne leurs missions ? Ce ne serait que justice au vu des soubresauts que provoquent leur errements, et des effets désastreux engendrés sur l’économie réelle. Et les bénéfices ainsi constatés seraient bien utiles pour commencer à rembourser la fameuse dette.

Rappel : l’économie est au service des hommes, non l’inverse.

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En boule

Je crois bien que je vais finir la semaine à répondre aux innombrables chaînes qui fleurissent actuellement dans les blogs des copains. Pouf, pouf, pouf, une main innocente (pas celle de DSQ) sort du chapeau la question lancée par… un twit d’Agnès et relayée par l’abonné de la Comête, à savoir quelles sont les 10 raisons majeures qui me plongeront à coup sûr dans une colère noire :

Grande gueule, mais qui ne ferait pas de mal à une mouche...1- L’expression de la mauvaise foi caractérisée, à la mode des répliques habituelles de Copé, Morano, et autres clowns de l’UMP. La dernière en date sur l’ «allégeance aux armes» en est une illustration cinglante. Mais comment des gens à priori intelligents peuvent-ils se laisser aller à ce point dans l’hypocrisie et la bêtise ? Sont-ils tant à cours d’arguments pour faire passer leur idéologie, et se livrer à une telle escalade ? Au début, c’est rigolo, mais au bout d’un moment, ça lasse.

2- L’injustice. Je ne supporterai jamais l’injustice. Prononcer une «relaxe générale» dans la nébuleuse des affaires Chirac me fait hurler alors que tout est là, le système, les complicités, la magouille, l’abjecte nature humaine qui se pare sans rougir de son indéfectible sens de l’intérêt général. Pendant ce temps, on va tirailler le précaire qui a perçu à tort 20 euros d’allocations qu’il remboursera jusqu’au dernier centime, non sans essuyer quelque suspicion de fraude caractérisée.

3- Après ceux qui ne vont pas voter. La liberté ne se décrète pas, elle se prend, et parfois au péril de sa vie, c’est d’une actualité récente. Le droit de vote en est l’expression la plus noble. L’oublier est irresponsable. Inutile ensuite de se plaindre, ou de crier au «tous pourris».

4- Après ceux qui baissent les bras, qui abandonnent, démissionnent avec un «à quoi bon» pour tout message. Le mouton se laisse tondre parce qu’il n’a guère le choix. Le citoyen dispose de sa conscience, de la réflexion, d’un esprit critique, devant lui permettre de reprendre le pouvoir qu’il délègue un temps par les urnes. A croire que l’abrutissement des masses via TF1 produise bien tous ses effets.

5- Quand je participe à des réunions en présence de gens qui n’y connaissent rien, qui ne font que cela, qui touchent 3 fois mon salaire pour produire du vent, et qui forcément, choisissent toujours par privilégier les plus mauvaises options. Ce n’est pas une tare de ne pas savoir. Mais le mépris affiché en pareil cas pour le petit personnel besogneux et servile finit par être insupportable.

6- La présence des véhicules 4X4 hors normes en ville, parés de surcroît de gigantesques pare-buffles. C’est une espèce qui pullule (pas les buffles… ). Symbole de la réussite sociale bien plus gros et voyant que la rollex, leurs propriétaires écrasent tout sur leur passage, au propre comme au figuré, jusqu’à tout se permettre en matière d’usage de l’espace public… Beau principe de respect et d’égalité.

7- Après tous ceux qui ne «conduisent» pas leur véhicule, mais le «pilotent». La différence n’est pas que sémantique, elle conduit à des comportements que je qualifie sans hésiter de criminels, qui mettent la vie d’autrui en péril sans aucun état-d’âme, conduisant notamment un de mes copains pour de très longs mois dans de nombreux hôpitaux. Courage Yann.

8- Après tous ceux qui argumentent avec véhémence contre l’ouverture des magasins le dimanche, mais qui s’y précipitent avec femme et enfants le jour venu.

9- Quand on me rappelle que je dois téléphoner à ma mère.

10- De boire une bière tout seul.

Honnêtement, il y en a d’autres… que je garde momentanément pour moi. Ont déjà répondu Stef et CaptainHaka. A GdC, DesPasPerdus, FalconHill, j’ajoute El Camino, Petit Louis, Bembelly, Nico93, et même Corto.

Pour Gildan, inutile de demander, il n’en trouvera jamais 10.

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Salauds de pauvres

Impossible de faire un billet hier, trop occupé à livrer à Alter-Conso un outil informatique pour gérer sa distribution de paniers agricoles en local et en circuit court sur 14 lieux de l’agglomération lyonnaise. Comme les AMAP, jardins collectifs et autres coopératives de consommation, cette SCIC milite pour limiter les transports et réduire l’utilisation d’emballages, soutient l’agriculture locale paysanne, raisonnée, biologique, et cherche à développer le lien social entre ville et campagne… Le système fonctionne bien, producteurs et consommateurs s’y retrouvent, avec des produits de qualité et une convivialité appréciable.

«alors qu'il n'y a jamais eu autant de demandes, il n'y a jamais eu autant de menace sur notre action...»Mais dans le même temps, j’apprends que, sous la pression de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la Suède, du Danemark, de l’Autriche, des Pays-Bas et de la République Tchèque, l’Union Européenne remet en question le Programme Européen d’Aide aux plus Démunis (PEAD) créé en 1987 notamment grâce à l’action de Coluche au sein de ses Restos du Coeur. Ce fond permet actuellement de distribuer à la louche 160 millions de repas aux pauvres et laissés pour compte sur le continent. L’Europe est un espace d’opulence mais il ne permet pas de sortir les plus faibles de la pauvreté, et en l’absence de toute régulation, son modèle économique exclut régulièrement du monde du travail, du monde social, du monde tout court, nombre de ses habitants. On compte actuellement 13 millions d’européens qui ne survivent qu’en ayant recours aux associations caritatives telles que, en France, le Secours Populaire, les Restos du Cœur, la Croix-Rouge, etc…

Et comme l’overdose de chiffres approche déjà, je ne vais en aborder qu’un : cette grande et très symbolique décision représente simplement la suppression de 80% des repas distribués. Une paille. Les responsables des associations ont d’ores et déjà prévenus, annonçant une catastrophe humanitaire à brève échéance : «alors qu’il n’y a jamais eu autant de demandes, il n’y a jamais eu autant de menace sur notre action». Je rappelle bien que cela concerne l’Europe, je ne parle pas de l’Afrique…

Ce jour, d’intenses débats se trament à Bruxelles, entre ceux qui clament que «l’aide aux nécessiteux relève de la politique sociale, qui est du ressort des Etats membres» et ceux dont le PEAD représente 50, voire 90% des approvisionnements des banques alimentaires comme en Hongrie et en Pologne. Sur ce point, mes interrogations sont comme d’habitude indignées. A quoi sert l’Europe si elle décide unilatéralement sur des sujets à autant des facettes ? A quoi sert l’Europe si chacun fait ses affaires dans son coin en se cachant derrière l’institution pour justifier ses manques ou ses excès ? A quoi ont pensé les pères de l’Euro, dotant d’une monnaie commune des Etats où absolument rien d’autre n’est commun, aucun système, aucune réglementation, et surtout pas les fondements économiques, base essentielle de la crédibilité d’une monnaie ? Les résultats de cette gabegie, débouchant sur les crises à répétition, ne sont pas du fait des pauvres, mais bien des décideurs.

Mais tout cela passe bien haut par dessus les têtes des exclus. L’Union Européenne ne sert plus que les banques et les multinationales. Pour les autres, elle a trouvé une nouvelle occupation : après la recherche d’un hypothétique emploi, il y a maintenant la quête de la nourriture. Il n’y a plus qu’à espérer qu’en chemin, ne leur prenne pas l’envie de se rebeller, la faim bousculant parfois bien des repères. A continuer ainsi à pressurer les pauvres, la catastrophe pourrait déborder, et ne plus se limiter à l’alimentaire, à l’humanitaire…

Et l’on finirait encore par accuser les pauvres.

PS : je viens de découvrir (via le NumberOne) que MHPA, après le sabordage apparemment malencontreux de «Fucking Disgrâce», a remonté un nouveau lieu d’écriture. Ne le ratez pas, son premier billet est grandiose.
Très longue vie à Disgrâce funky

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Un peu primaire

Le premier débat entre les prétendants du PS à la succession du Lider Minimo est derrière nous. Cet exercice à peu près unique en France devait permettre aux 6 candidats de décliner à leur manière un programme déjà élaboré, d’y ajouter une touche personnelle, d’y apporter la force de leurs convictions. Après presque 3 heures de présentation et d’échanges convenus, mon impression est un peu mitigée. Un seul personnage a crevé l’écran : David Pujadas pour le format de l’émission, impropre à un vrai débat, et la pertinence de ses questions, passant sans cesse à côté des vrais problèmes de société.

Les débats au KdB, merci @intox2007 ;-)Bien préparé devant mon poste, comme pour un match de l’OL, avec en réserve la même limonade que celle servie au KdB, je n’avais aucun a-priori sur les personnalités en présence, sauf peut-être concernant Manuel Valls, aucun favori, aucun poulain à pousser. Un Président, c’est évidemment un programme (malgré ce qu’en dit Nicolas), mais c’est surtout une personnalité. Et c’est précisément cette facette qu’il me faut attraper. Pour cela, il y a bien les rencontres, les meetings, ces grands shows à l’américaine, mais tout y est formaté, préparé, minuté… donc peu spontané et objectif. En ajoutant la possible confrontation d’idées en direct, l’événement semblait intéressant à suivre.

Autant le dire tout de suite, je suis resté un peu sur ma faim. Les favoris m’ont paru un peu en dedans. Ségolène lisait sa présentation en bafouillant, visiblement tendue, mais s’est libérée ensuite. Elle me semble manquer de sérénité et de spontanéité. Elle récite scolairement son discours et laisse transpirer sa soif de vengeance : elle n’a toujours pas digéré sa défaite de 2007 et ressasse. Martine fait le job. C’est sans passion excessive, sans surprise, c’est Martine… François est pugnace, et ne se laisse pas démonter par les questions. Pour un ancien flan, il a de la tenue, du corps, de la prestance, incontestablement une stature d’homme d’état. Jean-Michel, le seul non PS, entend montrer sa différence. Son accent chantant fait sourire. Il y a des idées nouvelles, comme le fédéralisme européen. C’est un peu brouillon mais sympathique, comme le Sud. Arnaud est vif, fait un constat lucide et propose purement une révolution à laquelle je ne suis pas loin d’adhérer. Enfin Manuel… Je me demande encore comment il peut se prévaloir d’une quelconque idée de gauche.

A l’heure de savoir qui a tiré son épingle du jeu de la première confrontation, j’ai finalement un peu plus de questions à trancher. Le débat a montré quelques différences, notamment sur la proportion de sortie du nucléaire. Mais les sujets ont été mal servis. Il y avait mieux à faire que d’évoquer la légalisation du cannabis, ou le retour de DSK. Absolument rien sur l’égalité homme-femmes, sur la condition étudiante, le renoncement à se soigner, le handicap, la dépendance… En l’état, c’est Arnaud Montebourg qui m’a paru remporter la mise. Il y a beaucoup de vérité dans son discours. Son constat est implacable, et le besoin de renverser les lignes actuelles est plus que nécessaire. Il reste aussi le seul à clamer qu’il faut rassembler toutes les gauches.

Seulement voilà : il manque cruellement d’étoffe, et s’il sort vainqueur de la primaire, on repart pour un tour avec notre nabot, ce qui n’est pas un seul instant envisageable… Donc ?

On va attendre le second débat.

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Règle d’Or

J’ai passé mon billet de vendredi à la poubelle : inutile de publier une diatribe de plus sur un homme politique pris la main dans le pot de confiture. Mais les événements se succèdent comme les perles sur un collier, toutes quasi identiques mais imperceptiblement différentes les unes des autres. Chaque jour apporte son lot écoeurant d’affaires et portent sur des unités de grandeurs hors de l’entendement pour le citoyen lambda.

même le jeu est interdit de cité (cliquer)Inutile aussi de se lancer dans un inventaire à la Prévert. On y trouve des protagonistes tous bords, un coup de masse à droite succède presque toujours à un dézingage à gauche, et inversement. Les coups viennent aussi, et de plus en plus souvent même, de son propre camp. La chose n’est pas nouvelle : aussi loin que l’on puisse remonter, l’Histoire de nourrit «d’affaires» retentissantes, parfois rocambolesques, souvent ridicules et navrantes.

Chaque nouvelle campagne électorale voit les prétendants rivaliser en circonvolution sur le thème de leur probité, sur le respect des institutions et des règles. Mais plus que jamais, les conflits d’intérêts demeurent, les valises voyagent, les poignards pleuvent. Dans le microcosme politique, on se tient fermement par la barbichette : je tombe, tu tombes… Alors viennent les contre-feux et les expédients, comme l’anosognosie, qui permet de ne pas comprendre d’éventuelles questions relatives aux emplois fictifs de la Mairie de Paris, mais d’analyser parfaitement les conséquences possibles des allégations de Robert Bourgi en déposant plainte avec une vivacité soudainement retrouvée.

Stef posait à @Jegoun, @despasperdus, @yannsavidan, @Melclalex, @captainhaka, @Romain, @elmone, @Homer, @gael, @elcamino, @sebmusset, @cc, @Juan, @David burlot, auxquels j’ajoute @Romain_Pigenel, @Bembelly, @iboux, @JesuisCetHomme et CSP, la question de la première mesure à prendre par le prochain Président de la République. Je répondrai sans hésiter de réunir le Parlement en congrès pour faire voter une règle d’or, celle de renvoyer dans ses foyers tout élu reconnu coupable de délits, dans ou hors de ses fonctions électives.

Personne ne l’ignore, dans la vraie vie, un homme accusé du seul chef d’association de malfaiteur perd immédiatement son boulot et va séjourner en zonzon sans alternative. Pour un élu de la Nation, même en y rajoutant les motifs de prise illégale d’intérêt et trafic d’influence, il continue, quoi qu’il en dise, d’exercer son mandat ses petites affaires en toute liberté. Il n’y certes pas mort d’homme, mais en cette période un peu particulière, le fait est choquant, sauf pour Martine Aubry qui fuit les interviews et les questions sur le sujet. Très mauvais point pour la candidate au discours moralisateur, et qui ne reste comme beaucoup qu’au stade des paroles…

J’avais bien parlé il y a quelques temps du statut de l’élu, et exposé ma conception de son rôle. L’épreuve du temps semble illustrer mon propos. Mais je ne me fais guère d’illusions. Même en cas d’alternance en mai 2012, rien de fondamental ne va changer, et surtout pas les règles régissant notre caste dirigeante.

On ne crache jamais dans une si bonne soupe.

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