A nous de choisir

Ouf, c’est fini. Depuis la mi-septembre, les débats se suivent, mais finissent par se ressembler. Je n’y ai pas appris grand chose de fondamentalement nouveau, j’ai même l’impression de m’être ennuyé par moment. En fait, je n’attendais pas le clash magistral tant espéré par Copé, Morano et les hordes d’aboyeurs de droite, je ne redoutais pas non plus l’expression de divergences flagrantes, je restais en veille, sans zapper, presque uniquement pour mesurer la manière dont chaque candidat à la candidature allait répondre à la lettre ouverte envoyée par Arnaud Montebourg.

C'est vous qui décidezTout l’enjeu était là, finalement, puisque tous les autres battus du premier tour se sont rallié sans ambiguïté à François Hollande. Le programme de chacun, leurs motivations, leur manière d’exercer le pouvoir sont exprimées depuis longtemps, et je n’ai guère entendu de grande évolutions, au point de me demander si la fameuse lettre leur est bien parvenue. J’espère qu’Arnaud a bien mis un timbre sur l’enveloppe, et qu’il ne s’est pas trompé d’adresse ou de boite aux lettres… Les candidats ont bien parlé un peu des banques, comme d’autres sujets graves qui hantent notre quotidien, qui bloquent l’ascenseur social, mais cette retenue permanente, destinée à ne pas trop faire peur au potentiel électeur du centre-droit et autre déçu du grand bonimenteur, enlève la symbolique forte des mesures proposées par Montebourg, en les diluant jusqu’à les rendre quasi invisibles. D’ailleurs, il me semble bien que ce nom n’a jamais été prononcé par Aubry et Hollande.

Avec une nuit de recul, je suis même un peu déçu. J’ai assisté à un débat technique, relativement pointu et maîtrisé de part et d’autre. En la matière déjà, cela tranche avec l’usurpateur qui nous sert actuellement de président. Mais je n’y ai toujours pas senti de flamme humaniste, celle qui place l’Homme au centre du dispositif, pour lequel l’économie est un outil à son service, et non une fin en soi. On a effleuré les banques, le mix nécessaire entre maîtrise de la dette et croissance. Mais on n’y a toujours pas parlé de logement, de la condition étudiante, de l’indigence et l’indépendance de la justice, de la gestion de la dépendance. On n’a toujours pas parlé de l’armée des travailleurs pauvres qui ont chacun besoin de deux ou trois petits boulots pour rassembler péniblement un SMIG, et sur qui on fait peser la totalité des efforts à consentir. Pendant ce temps, on rembourse les impôts de Mamie Zinzin…

Entre Aubry et Hollande, il n’y a franchement pas grand chose, les positions sont souvent partagées. Il y a un affichage constant de mettre en œuvre des mesures justes, rationnelles, sincères et réalisables. L’un et l’autre sont bien préparés et capables de battre Toto 1er, parce qu’en fin de compte, il n’y a que la victoire qui compte, quel que soit celui ou celle qui la matérialisera, et il n’y aura pas de victoire sans unité, sans rassemblement. J’ai trouvé Martine un peu mieux, plus agressive qu’à l’accoutumée, et François moins fringant, en retard, souvent sur la défensive, sans que cela change mon impression du départ : pour le moment, je ne sais toujours pas quel billet je glisserai dans l’enveloppe dimanche.

Qu’est ce que l’un va apporter de plus que l’autre à la tête du pays ? Je n’en sais rien. La différence, comme souvent finalement, est une question de ressenti de la personne, de «feeling». On choisira un individu plus qu’un programme, puisqu’il est le même, et que l’équipe qui le mettra en œuvre, sauf grande surprise, sera issue de la grande famille rassemblée…

Votez Aubry, votez Hollande, votez blanc (pas Laurent), mais votez.

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4 commentaires pour «A nous de choisir»

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