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2011
Voleurs de patates
Depuis quatre ans et demi, on a presque tout vu, presque tout entendu de la part des décideurs. De nouveaux tabous tombent tous les jours, ainsi que les règles élémentaires de bien-séance. Tout est permis, pour peu que sa place sur l’échelle sociale soit à une hauteur convenable.
Bien en place dans les hautes sphères, Stefano Chmielewski, président de Renault Trucks jusqu’au 31 décembre, a fait très fort. Constatant une forte augmentation de l’absentéisme dans les ateliers, il n’a pas hésité de traiter ses salariés de voleurs, en regrettant même de ne pas les avoir licenciés en 2009. Dans le contexte de crise où chacun se débat comme il peut, ce qualificatif utilisé à l’encontre de salariés de plus en plus serviles, résonne comme une insulte suprême.
«Voleur» est pour moi un mot à forte connotation, à symbolique lourde. Mon éducation basée sur le respect des autres et des choses m’en donne une image méprisable et assez abjecte. Mais le fait de s’attribuer le bien d’autrui est devenu un acte d’une banalité confondante, empreinte d’une grande violence pour la victime, autant psychologique que physique, et n’est pas réservé à certaines populations régulièrement désignées comme pratiquantes patentées. Il faut tout de même rappeler que, si crise il y a, elle ne résulte pas des agissements des glaneurs de poubelles à Nogent-sur-Marne, elle découle essentiellement du «transfert» ou de la «soustraction» démesurée de richesses produites aux quatre coins de la planète vers quelques poches bien privées avec des procédés boursiers et des manipulations comptables qui s’apparentant à du vol légal et de grande ampleur…
Cette manière d’inverser les rôles est malheureusement fréquente. Rappelons ici quelques évidences. Le voleur est bien celui, comme notre président, qui multiplie son salaire par 3 sans justification. Le voleur, c’est bien celui qui touche 300 fois le salaire le plus faible de son entreprise. Le voleur, c’est aussi celui qui bénéficie des subsides de l’Etat pour ne pas licencier et ne pas délocaliser mais le fait tout de même. Les voleurs, ce sont tous ceux qui ont joué en bourse avec l’argent des autres, et qui réclament aujourd’hui qu’on les renflouent, quitte à creuser les déficits publics, et dont ils tirent par ailleurs grassement profit. Les voleurs, ce sont surtout tous ceux qui permettent cet état de choses, aux ordres des multinationales, exonérant les copains, légiférant sans scrupule, utilisant la République à des fins très personnelles. Ce ne sont pas les salariés, ouvriers, à 1300 € après 20 ans de boite, chômeurs, précaires, par ailleurs tous fraudeurs, retraités indigents, cabossés de la vie, contraints aux pommes de terres 30 jours par mois, les responsables de cette situation de crise à répétition. L’UMP et son chevalier servant, le MEDEF, y ont toute leur part. Et j’arrête là mon exposé, sinon je vais devenir vulgaire !
Leur raclée, en mai prochain, ils l’auront pas volé.
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Alter Oueb, déclaré à la
Ouais, des voleurs d’ »épluchures » de patates, oui, et encore.
Le véritable voleur est le dominant bardés de privilèges qui font qu’il finit par ne même plus se douter qu’il est un voleur.
Il n’est hélas pas nouveau que les salopards accusent les autres de leurs propres « vices », sous prétexte de « moralité ». Même les films et séries tv américaines nous montrent ces politiciens et chefs d’entreprises qui clament haut et fort leur haine du « mal », alors qu’en lousdé ils s’adonnent eux-même à tout ce qu’ils dénoncent. Car Ils ont Le Pouvoir, Ils ont Tous les Droits.
C’est ainsi que depuis des lustres ils asservissent, usant d’esclavage, de violences, de guerres (ré-écoutez « La Butte Rouge ») pour mettre à leurs pieds les humains comme les ressources naturelles.
Oui, je suis 100% d’accord avec toi… sauf pour ta conclusion que je voudrais, moi aussi, partager, mais en laquelle je suis bien incapable de croire !
Passque pour que raclée réelle il y ait, il faudrait que quelqu’un de gauche, avec le réel soutient de toute la population, arrache Le Pouvoir aux enfoirés qui se le sont accaparés. Alors ça j’en rêve. Mais ça ne sera pas pour 2012, en tout cas pas par les élections !
@MHPA
Il est bien là le problème…
@Vincent
Quand il ne reste rien, il reste l’espérance (un des fondements de la religion…). De toutes façons, nous n’avons pas le choix, il faut faire avec ce qu’on a : celui, celle qui se présente peut battre le pouvoir en place. Ce n’est pas mon favori, loin de là, mais je vais pousser dans sa direction.
Dimanche, je voterai Hollande Ni lui, ni Aubry sont mes choix et représentent mes idées. Mais il n’y a qu’eux, il il faut donner à celui qui se posera en face de Toto 1er le plus de force possible. Hollande est sorti premier, et a reçu le soutien de tous les autres… il aura ma voix, pour lui donner force et légitimité.
De 2 maux, je choisis le moindre !
Tout ça devient pénible, les patrons abusent de plus en plus en profitant de la baisse du pouvoir des syndicats. Je ne sais pas où on va mais on y va.
Je reste dubitatif. Même toi, tu écris que tu ne crois guère à la capacité de Hollande, puisque c’est lui qui est désigné, d’appliquer une politique de gauche telle que tu l’entends. Tu voteras Hollande, non par conviction, non pour sa volonté de bouleverser l’ordre établi, mais seulement pour bouter le Sarko hors de l’Élysée.
Réfléchissons un instant. Combien, pas plus convaincus que toi d’avoir affaire au bon cheval, vont miser un bulletin sur le canasson ? On ne va pas faire de comptes d’apothicaire ou de spéculations plus ou moins hasardeuses sur Mélenchon, le NPA ou Lutte Ouvrière ou même Bayrou mais dire seulement qu’il y aura du déchet. Et on se souvient encore de Jospin en 2002… Des plus âgés nous rappelleraient aussi les 5% de Gaston Defferre en 1969. 5% seulement ! La baffe était sévère !
Réfléchissons un instant. Combien de galériens — enthousiastes à l’écoute du discours disant que le chômage va reculer dès que la croissance… — vont se hâter de voter Hollande en rangs drus l’année prochaine après s’être inscrits cette année sur les listes électorales ? Bah, il y aura du déchet là aussi…
Hier soir je suis ressorti estomaqué de ma fédé. « Ça y est ! Le plus dur est fait. » La campagne présidentielle ? « Mais c’est dans la poche maintenant ! » Je me suis permis de jouer une petite partition détonnante. En rappelant à mes camarades que Marine Le Pen a fait 42% dans nombre de quartiers de notre bonne ville lors des cantonales. Avec des candidats inconnus qui n’ont pas fait campagne et n’ont pas collé une affiche dans une ville où Le Pen père a toujours plafonné à 5% y compris en 2002. Et ces camarades de me dire « tu as raison, MLP sera au second tour et c’est là qu’on la battra. » Ouais, faudrait pour ça être au second tour…