nov
16
2011

L’invisible bonheur néolibéral

Cela fait 5 ans qu’il est parti, jour pour jour. Le poète est mort à 94 ans, en nous laissant un héritage que nous ne sommes pas près d’oublier. Tous les jours, son ombre plane et nous rappelle son message : le libéralisme est le seul système qui permette le développement économique. Milton Friedman, prix Nobel d’économie en 1976, est LE théoricien de la révolution néo-libérale. Ses thèses, activement reprises partout sur la planète, même dans les endroits les plus improbables, alimentent les marchés et les gouvernants en doctrine dérégulatrice jusqu’à l’obsession.

Milton Friedman, fossoyeurL’Homme, le commun des mortels dans tout cela ? Inexistant en tant que tel, il est évoqué en qualité de bras, de consommateur, et bien évidemment en tant que fraudeur, quand, exemple pris au hasard, un chômeur refuse un emploi en raisons des largesses sociales «des états». Ben voyons ! On est bien au cœur de la théorie : garantir le capital contre l’érosion monétaire, mieux rémunérer les actionnaires et les créanciers, réduire la progressivité de l’impôt, réduire le coût du travail (donc les salaires), réduire le rôle redistributif de l’Etat, réduire l’Etat tout court…

Nul besoin d’être devin pour remarquer que le monde, dans ce modèle, est à bout de course, tousse et se déchire. Quand on en est à ce point à désigner parmi les sans-grades les «coupables», quand les remèdes décrétés produisent autant d’effet qu’un emplâtre sur une jambe de bois, je me dis que l’avenir et celui de mes enfants, en l’état, est passablement bouché. Mais cela n’empêche pas les politiques de droite, au manche depuis des lustres, de nous promettre le bonheur avec force conviction.

Avec mes camarades blogueurs, je pose à nos décideurs la question : quel bonheur ? Et quand ?

Madame, Monsieur,

Vous vous définissez vous-même comme étant de sensibilité « libérale » sur le plan économique et c’est bien évidemment votre droit le plus strict. Vous ne verrez donc pas d’inconvénients à être sollicité afin de répondre à une simple question.

Nous, blogueurs et citoyens de sensibilité de gauche, sommes depuis une trentaine d’années face à votre discours nous assurant que le libéralisme économique – ou néolibéralisme si vous préférez – ne sera qu’une promesse de bonheur et de liberté pour tout un chacun, humbles comme aisés, et qu’un passage, certes douloureux mais que vous nous assurez « nécessaire », par une période de temps plus ou moins difficile où serait mise en place une sévère mais juste « rigueur » économique, finira, à terme, par porter des fruits dont tout le monde sans exceptions profitera…

Disons le net : nous sommes sceptiques.

Non pas que nous mettions en doute votre bonne foi quant à ces affirmations : votre sur-présence médiatique depuis tant d’années nous a convaincu de votre sincérité. Mais tout de même, tout le monde finit par se demander, à force :

Ce fameux « bonheur néolibéral » qu’on nous promet depuis 30 ans, ça vient quand ?

Parce que dans un pays comprenant 8 millions de personnes en dessous du seuil de pauvreté et des salariés pressurés comme des citrons en permanence, et où malheureusement il semble bien qu’une fraction fort malhonnête de personnes trouvent à s’enrichir en se contentant de siéger dans des conseils d’administration, il est quelque peu délicat de percevoir les bienfaits des idées que vous défendez.

Comme toujours, vous répondrez à cela qu’il faut « poursuivre les réformes » parce qu’on a « pas assez libéralisé » ; mais soyons sérieux : il vous faut clairement admettre que vous vous êtes plantés. Qu’en 30 ans vous n’avez pas été foutus de faire quelque chose de bien. Et que le néolibéralisme n’a conduit qu’une fraction infime de gens très riches à encore plus s’enrichir au détriment de tous les autres.

Notre question sera donc : pourquoi ne pas admettre que votre idéologie est nuisible pour la majorité, que vous vous êtes plantés, et que dans l’intérêt général, vis-à-vis duquel vous vous référez sans cesse, il serait mieux que vous laissiez tomber et passiez à autre chose ?

Dans l’attente de votre réponse, veuillez Madame Monsieur agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Avec les blogueurs : Océane, Mipmip, Agnès, SeeMee, Seb Musset, CSP, Dadavidov, Vogelsong, Intox2007, Dedalus, Nicolas, Christian, Valérie, et tous ceux qui voudront bien prendre la parole à leur tour et relayer cette interpellation, comme dalipas, Cycee, Hern, Stef, Gaël, Custin, Catnatt, GdeC, rannemarie, Des pas perdus, Jojo, Galuel, Altermonde sans frontière, Sophie, Totem, Sotica, Lucas Parax, Dedalus, Yann, Anthony Nelzin !

J’envoie cette missive ce jour, par mail, à quelques personnalités bien pensantes locales, et vous tiendrai bien évidemment au courant de la teneur des éventuelles des réponses.

PS repris depuis chez Seb : Nous comptons sur le lecteur pour faire tourner, avec nous, cette lettre et inonder avec les courriels et formulaires des émissions de télés et de radios toute la semaine.
En vous remerciant.

Hashtag Twitter : #bonheur_neoliberal

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15 Réponses

  1.    Erwan le 16 novembre 2011 10:19

    Je signe des deux mains et dès aujourd’hui. Face à ces profiteurs nuisibles à la société collective, un seul programme: La dératisation.

  2.    Valdo le 16 novembre 2011 12:37

    Je signe et fais tourner!

  3. PING de C’est quand le bonheur libéral ? le 16 novembre 2011 13:04
  4.    Ancoda le 16 novembre 2011 13:38

    je partage et signe

  5. PING de C’est quand le bonheur néolibéral ? | Heaven can wait le 16 novembre 2011 16:55
  6. PING de Quid du bonheur néolibéral ? | Politiko.fr le 17 novembre 2011 13:41
  7.    GdeC le 19 novembre 2011 10:24

    ouahhh ! ton article sur Place au peuple, le site dur front de gauche ?! la classe ! Comme je t’envie…

  8.    Marco le 19 novembre 2011 10:31

    @GdeC
    Pas fait exprès… mais tant mieux ! Merci ;-)

  9. PING de « Serons-nous heureux, demain ? » (1) le 27 novembre 2011 01:38

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