L’image de la censure

Le web est depuis plusieurs mois en lutte contre deux projets américains de censure du web mondial. SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act) sont en passe d’être votés respectivement par la chambre des représentants et le sénat des États-Unis. Compte tenu de leurs teneurs, même les mastodontes du net comme Facebook, Google, Yahoo, Ebay, Twitter ou Paypal ne sont pas à l’abri, et pourraient à titre de protestation participer au black-out pendant une courte période. Wikipédia, Reddit, Mozilla, Boing Boing, Failblog, WordPress, la Free Software Foundation ont déjà officialisé la leur.

page d'accueil d'Alter-Oueb, le 18 janvier 2012SOPA, c’est un HADOPI puissance 10 dont les limites ne s’arrêtent pas à la frontière US, ni, pour les contrevenants, à la suppression de l’abonnement ADSL… Pour toute utilisation d’un contenu protégé par droit d’auteur, c’est la cape d’invisibilité immédiate garantie. Les effets de SOPA se ressentiront dans les DNS (sur les 13 root-servers assurant le service de traduire le nom du site en adresse IP, seule routable, 9 sont américains…), rendant l’accès par l’adresse URL du site (Uniform Ressource Locator, le fameux www.quelchechose.com) impossible. Elle obligera les moteurs de recherche de désindexer les contenus, les FAI de bloquer tout transport, les éditeurs de retirer les liens. Pour finir l’asphixie, la SOPA interdira aux prestataires publicitaires et financiers (comme Paypal par exemple) de traiter avec de tels sites sous peine d’être eux même lourdement condamnés.

Les plus au fait de la chose diront que SOPA est mort-né, la Maison Blanche ayant menacé de mettre son veto sur certains aspects du texte. Mais il n’a guère cette possibilité pour son clone quasi parfait, PIPA, examiné par le Sénat le 24 janvier… Même commanditaires, même formulation vague du délit permettant d’écouter et bloquer tout site, y compris d’opinion, même arsenal répressif. Le différence ? SOPA c’est l’Amérique : on flingue d’abord, on discute après. Avec PIPA, on est notifié avant le blocage. Ca change vraiment tout.

Enfin, penser que ce problème est purement américain serait une grave erreur. La majorité des grands acteurs sont implantés outre-atlantique et une grande partie de l’innovation en matière de web en vient. Les répercussions d’une telle loi seraient dramatiques à l’échelle de la planète : contenu policé, uniforme, aucune page dissonante, aucune tête qui dépasse, un rève pour tout dirigeant quel qu’il soit, de Ben Ali, en passant par Poutine, Kim Jong-eun, Orban, jusqu’à notre bellâtre en talonnettes.

Il y a grand besoin que le net se rebiffe. Imaginez la toile, un seul jour, simplement sans Google… Ca aurait vraiment de la gueule.

A mon tout petit niveau, je participe.

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2 commentaires pour «L’image de la censure»

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