La Médaille d’Or de la Syrie

Les habitués de ces pages savent qu’il est des sujets que je n’aborde pas d’emblée. Ce n’est pas qu’ils ne me touchent pas, bien au contraire, mais je sais trop le poids démesuré donné à la communication pour permettre d’évoquer des événements dramatiques comme l’actuel massacre qui se déroule en Syrie sans être instrumentalisé, manipulé. Je ne suis qu’un simple observateur, sans sources privilégiées. Je ne fais que réagir avec mon libre-arbitre, mon éducation et mes lectures. L’actuelle campagne de Médecins du Monde m’a fait changer un peu d’avis.

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En l’absence d’observateurs, de journalistes et d’ONG, systématiquement pris pour cibles, la situation dans ce pays est au-delà du chaos. Bachar El-Assad a vraisemblablement dépassé son despote de père, ordonnateur en 1982 d’une féroce répression à Hama causant vraisemblablement plus de 20.000 morts, laissant déjà la communauté internationale impuissante et incrédule. Depuis quelques mois, l’histoire recommence : le tyran qu’on a hier invité en grandes pompes dans le pays des Droits de l’Homme fait donner la troupe contre le peuple. S’en suit un numéro de haute voltige : on ergote de partout sur les protections chinoises et russes au Conseil de Sécurité de l’ONU en oubliant de souligner que le veto rouge arrange un occident faussement outré. La réalité est implacable : personne n’est prêt à envoyer des troupes à Damas, personne ne veut froisser ce berceau d’authentiques plaques tournantes du terrorisme mondial sous peine de se voir immédiatement frappé… A se demander si, en sous-main, on ne demande pas aux protecteurs de Damas de poursuivre leur entreprise, moyennant de possibles contreparties occultes…

L’attention du monde est ailleurs. A Londres, la flamme diffuse dans l’atmosphère les valeurs sacrées de l’olympisme mais aussi du microcosme des affaires. La défense de la veuve et de l’orphelin, même menacés par les hélicoptères de combat, cela peut attendre. Il faut d’abord protéger les intérêts des argentiers des jeux, quitte à piétiner allègrement les grands principes de libertés fondamentales, quitte à dépenser sans compter pour surveiller et traduire en justice quiconque utilise la plus insignifiante image des JO, faisant dire à Patrick Clastre que le CIO a besoin «d’une dictature ou d’un pays ultralibéral» pour fonctionner…

La Syrie de Bachar fait ses propres jeux chez lui et concourt pour la pire des médailles. Aucune des règles du droit international ne sont respectées. Même la trêve olympique, cette période de paix durant l’olympiade, qui fait d’ailleurs l’objet d’une résolution à l’Organisation des Nations Unies, est ignorée. L’ONU, c’est l’autre grande victime, totalement paralysée par les lobbys et les intérêts commerciaux des firmes multinationales qui dictent leurs conditions aux états influents.

Une partie du monde s’indigne, une autre s’en moque, et devant ce constat d’impuissance politique, il reste le message des ONG et des humanitaires. Cela peut sembler dérisoire, mais il n’en est rien : il faut continuer à informer, à dénoncer, à mettre la pression. La constance finira par payer.

A vous de jouer, diffusez ! (hashtag #AppelSyrie)

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Souffle et reviens !

Un même billet sur 2 blogs, avec comme seul contenu une image, ne laisse guère de doute sur l’état de son auteur : Juan, le taulier de «Sarkofrance», récemment rebaptisé «Chroniques de Juan», et des «Coulisses de Sarkofrance» devenues «Coulisses de Juan» semble fatigué. Il faut dire qu’il y a de quoi : depuis le premier jour de la Sarkozie en 2007, il a traqué et commenté absolument toutes les faits et gestes du Lider Minimo jusqu’à devenir LA référence en matière de témoignage et de bilan politique du dernier quinquennat.

Juan SarkofranceAlors, dans ces pages où je passe dès que quelque chose de nouveau apparaît, un espace devenu quasi familial, voir la porte close m’interpelle. Je me pose des questions, et faute d’information, il remonte même quelques inquiétudes. Quel blogueur n’a pas un jour été confronté à la lassitude, à la perte de motivation ? J’ai moi-même traversé ces moments, et je me rappelle surtout que les raisons sont multiples. Dans le cas de Juan, la disparition de l’essence principale de Sarkofrance, le sujet central qu’est Nicolas Sarkozy président de la république doit évidemment peser, mais ce n’est certainement pas la seule cause.

J’imagine sans peine le monstrueux travail fourni, la masse de documentation qu’il faut parcourir, sans parler de la vérification continuelle des faits, des sources et du colossal travail d’analyse… Pour durer, il faut se préserver et savoir couper son effort de temps en temps. Mais quoi qu’il en soit, voir un blogueur disparaître, fusse un temps, me désole.

Sarkozy viré, il reste bien des choses à dire sur la nouvelle présidence et la manière dont le PS gère des affaires. Après quelques semaines de légitime euphorie jusqu’à laisser causer la réacosphère, il me semble qu’il y a un besoin urgent de reprendre le bâton de pèlerin pour exprimer, souligner, expliquer, dénoncer, et les sujets ne manquent pas. Face au gros temps qui, sans surprise, approche, on a besoin de tout le monde, et surtout de Juan. Pour l’heure, qu’il décroche, qu’il se repose, qu’il profite de vacances sans clavier, qu’il fasse un peu de vide dans la tête, et qu’il s’occupe un peu de lui et des siens.

A bientôt.

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Un discours juste

Il est des ambiances particulières, des atmosphères lourdes, des moments qui laissent une impression diffuse mais suffisamment reconnaissable pour savoir qu’ils vont marquer durablement l’Histoire. Les commémorations de l’abomination commise 70 ans plus tôt au Vel d’Hiv de ce dimanche feront incontestablement date. J’ai écouté en direct l’intervention du Président de la République, et ce que j’ai entendu m’a rendu fier.

Enfin un vrai discours de présidentJ’avais l’impression de redécouvrir une sensation inconnue : j’ai été fier d’être français et admiratif de la personne qui parle au nom du peuple français. François Hollande a dit en mots simples, ce qu’a été cet épisode glaçant de l’histoire : une monstruosité commise par des hommes, français, envers d’autres hommes, juifs ou non, français ou non, et a surtout pointé toute la responsabilité de l’Etat français dans cet horrible épisode. Seul Jacques Chirac, en 1995, avait osé l’évoquer. Tous les autres, engoncés dans leurs postures idéologiques, n’ont fait que déblatérer consensuellement, en occultant toute forme aussi minime soit-elle des responsabilités pourtant indiscutables de la France dans cette histoire.

François Hollande est allé beaucoup plus loin. Il n’a fait cependant que rappeler des évidences : «ce crime fut commis en France, par la France», «pas un soldat allemand n’a participé à cette rafle». Mais il a aussi évoqué l’autre visage d’une France généreuse. Ce crime «fut aussi un crime contre la France, une trahison de ses valeurs. Ces mêmes valeurs que la Résistance, la France libre, les Justes surent incarner dans l’honneur».

En fait, j’ai été scotché par ce que j’ai entendu. Une posture digne, un discours limpide, des mots simples, une expression grave, des évidences humanistes qui tranchent avec tout ce qui a été fait jusque-là. Au lendemain d’autres événements dramatiques où des gamins se font exécuter dans une école, dans une société où un adolescent sur deux ne connaît pas la rafle du Vel d’Hiv, et vraisemblablement beaucoup d’autres épisodes, il y avait besoin d’un discours qui sonne juste : «l’antisémitisme n’est pas une opinion mais une abjection», il est nécessaire de rappeler avec force ces pages d’histoire parce qu’elles ont une fâcheuse tendance à vouloir réapparaître.

«Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre». Cette phrase, attribuée à Winston Churchill, à Primo Levi, et même à Karl Marx, retrouve plus que jamais toute sa pertinence, et surtout toute sa place dans l’école républicaine et laïque, saccagée, démolie par l’ancien gouvernement. C’est vrai qu’on ne peut pas à la fois courir après le FN et instruire la jeunesse sur les dangers de la xénophobie…

Merci Monsieur le Président. Maintenant, j’attends les réactions des barons de l’UMP.

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Fuite en avant

J’ai parfois de drôles de lectures. Comme si je n’en avais pas assez à parcourir les billets des copains présents dans ma «blogroll», je me suis volontairement aventuré au delà de la ligne jaune, celle qui ressemble à la délimitation des deux espaces d’opinion politique de notre pays. Il y a de l’autre coté des choses intéressantes et quelquefois bien dites, mais globalement, je ne peux m’empêcher de percevoir dans leur expression, au delà de l’amertume d’avoir perdu le manche, une forme d’égoïsme extrême quand il s’agit d’évoquer la manière de combler les déficits des Etats.

Non aux coupes budgétaires en EspagneCe genre d’attitude est un peu problématique parce que cela ne cadre pas avec les valeurs qui fondent notre société au sens large. Dans le pays des Lumières et des Droits de l’Homme, il y existe des éléments de cohésion sociale plus développés qu’ailleurs avec des dispositifs de solidarité et d’assistance nés de luttes épiques et de la volonté de grands hommes. Hélas, tous ces beaux principes volent en éclat au moment où, justement, face à l’adversité, cette belle société devrait se resserrer et se protéger collectivement.

Au-lieu de cela, on se divise, on attaque, on rappelle toujours et encore les effets des années Mitterand. Depuis, rien de ce que l’Etat met en œuvre n’est rentable, hôpitaux, école, sécurité sociale, même la SNCF… On fustige les socialistes oeuvrant ici et ailleurs en Europe, qui prennent tout aux riches sans rien changer dans leur gouvernance dépensière, laxiste et irresponsable. On déclame d’un ton professoral que le problème des déficits ne sera jamais réglé puisqu’aucune des «mesures structurelles» indispensables n’est prise pour réduire les dépenses et amorcer la croissance. Je ne mets pas de liens sur ce style de sources, nul besoin de leur faire de la publicité. C’en est parfois abjecte de bêtise et d’individualisme. Quand on est riche et en bonne santé, c’est évidemment plus facile.

Reste le dernier argument, et non des moindres : «à force de les taxer, les riches vont fuir». Donc contribuer à la hauteur de ses revenus, une autre base de notre société, se révèle être une autre douce chimère. Depuis la brutale secousse de 2008, je vois bien dans mon entourage que les gens aisés n’ont en rien changé leurs habitudes de consommation, comme si la crise n’avait quasiment aucune prise sur leur train de vie. Il ne faut rien leur demander, au risque de les effrayer. Il vaut mieux se rabattre sur les chômeurs, les précaires, les fonctionnaires, pleinement concernés par les fameuses mesures structurelles. Ceux là ne risquent pas de traverser la frontière suisse ou luxembourgeoise avec une valise en croco. De surcroît, déjà passablement étranglés, ils ne descendront même pas dans la rue pour protester contre l’inégalité de l’effort à consentir.

Sauf en Espagne, où les manifestations spontanées sont devenues impressionnantes. Les commentaires qu’on y entend font preuve de détermination et d’une grande maturité : oui il y a crise, oui il faut payer, oui on paye, mais pas n’importe comment, et il faut que tout le monde en fasse autant, et surtout ceux qui ont provoqué cette situation… Ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui.

C’est là toute la difficulté. Réduire les indemnisations du chômage, les retraites, ponctionner de 15% un salaire de 1.500 euros, c’est brutal, non-négociable, et terriblement douloureux. Mais augmenter la pression fiscale dans les mêmes proportions envers la bourgeoisie, c’est totalement impossible sinon ils se délocalisent. Visiblement, ce doit être un véritable catastrophe de changer l’Audi tous les 3 ans au lieu de 2… Avec de tels principes, la situation ne risque pas de s’arranger.

Le menu ce soir : le 20 du mois, c’est jambon – pâtes au beurre, sans beurre.

Crédit photo : © AFP – Dominique Faget

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Le mot du jour : CMS #dicodesblogueurs

Nicolas me tague pour alimenter le dico des blogueurs avec une illustration de choucroute à faire saliver l’alsacien que je suis. C’est Bembelly qui a lancé l’idée : constituer un dictionnaire des mots, locutions, sigles ou onomatopées, tout ce jargon utilisé par les geeks, blogueurs et autres mordus des TIC. Comme j’ai un peu de retard dans l’histoire, je ne sais pas trop ce qui a déjà été défini. «TIC» est pas mal, «logiciel libre» me tente beaucoup, «memory leak» est un peu trop extrême. J’ai finalement choisi «CMS».

CMS, vous avez le choixPour rassurer tout le monde, CMS n’est pas un mot mais un acronyme. Dans le domaine informatique, on en use jusqu’à en abuser : WWW, CPU, RAM, ERP, PC, etc, et CMS pour «Content Management System», en français système de gestion de contenu… Peut-être, en tant que blogueur, êtes-vous un peu comme Monsieur Jourdain, vous utilisez un CMS sans le savoir ! Comme son nom l’indique plus ou moins, il s’agit d’un outil logiciel permettant de produire des pages web sans, en principe, avoir à tripatouiller un quelconque code. Une fois la structure du site définie et la charte graphique modélisée, il n’y a plus qu’à débiter à la ligne du contenu, et agrémenter le tout de liens, d’images, de vidéos. C’est bien ce que fait le blogueur moyen : un titre, un billet avec souvent un visuel, et des liens pour inviter les copains à boire une chopine à la Comète, sans produire la moindre balise HTML… Le CMS utilisé s’occupe de tout, en s’appropriant toutes les fonctionnalités participatives et interactives introduites par le Web 2.0.

On ne parlera toutefois pas de CMS pour les plateformes de blog comme Blogger, Typepad, Overblog, CanalBlog et quelques autres bien qu’en pratique, cela y ressemble beaucoup. Cela concerne ceux qui recourent à un hébergement chez un prestataire, voire qui, comme moi, auto-hébergent leur site. On peut vouloir tout écrire à la mimine, passer par un framework, ou avoir recours à un CMS comme WordPress, Drupal, Dotclear, Joomla, Guppy, Spip, et bien d’autres… Chacun a ses spécificités, ses points forts, des possibilités d’extension et de customisation, des communautés réactives d’utilisateurs et de développeurs, et ne se limitent pas seulement en moteur de blog.

Choisir parmi cette jungle est souvent un casse-tête, la première grande difficulté quand on veut lancer un projet. Les CMS sont pleinement utilisables par quiconque d’un peu dégourdi, et très efficaces avec les options par défaut. Mais tous requièrent, si on veut aller un peu plus loin dans la personnalisation de son site, de solides connaissances informatiques. C’est un métier, c’est mon métier. Après avoir touché du Spip, tripatouillé un peu de Joomla, je travaille essentiellement avec WordPress en raison de la réactivité de la communauté en matière d’évolution et de sécurité, du volume et de la diversité des extensions qui permet forcement de trouver son bonheur, et de la facilité à produire ses propres outils…

Si vous avez besoin, vous savez ou me trouver…

Je rappelle la règle :

Petit 1 – trouver un mot en lien avec la blogosphère et les réseaux sociaux : CMS.

Petit 2 – trouver une définition assortie d’un exemple : « CMS : sigle pour «Content Management System», ensemble de scripts agissant comme système de gestion de contenu permettant de s’affranchir de tout écriture de code pour produire quasiment tout type de pages web. Ces logiciels ont connu un fort développement avec l’apparition du web 2.0 et l’ouverture massive des blogs. Exemple : Bembelly, le père du dico, utilise un CMS pour «Ce que je Pense», et je suis à peu près sûr qu’il l’ignorait ».

Petit 3 – Faire un billet avec un lien vers chez Bembelly pour recenser plus facilement les billets (et de gagner des backlinks…).

Petit 4 – taguer des gens pour qu’ils contribuent à l’œuvre. Je ne sais pas qui a déjà été pris par la patrouille. A l’aveugle, je passe le relais à Minijupe, LeMotDuGone, Homer, Shaya et à Falconhill en précisant que j’ai laissé quelques idées de mots dans ce billet…

Petit 5 – Suivre l’évolution sur Twitter via le compte @DicoDesBlogs et le hashtag #dicodesblogueurs.

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Le signal

J’entends d’ici les mains qui se frottent d’aise dans les états-majors politiques de l’ancienne majorité. A la veille du 14 juillet, les premières bombes à retardement, savamment confectionnées, habilement réglées pour produire un maximum de dégâts dans les rangs du nouveau gouvernement et de ses soutiens, commencent à illuminer le paysage, et retombent en chapelets sur une population hagarde et désemparée. Devant un tel choc, la tentation est grande de vouloir s’en prendre à François Hollande, à Jean-Marc Ayrault et consorts. Même la blogosphère, dite de gauche, se chauffe.

PSA, la bombe à retardement de l'UMPPour ma part, le coup porté avec l’annonce du plan social de PSA s’apparente même à une déclaration de guerre. D’autres, et non des moindres comme Sanofi (5,7 milliards d’euros de bénéfices en 2011), Areva, les opérateurs de téléphonie mobile, le volailler Doux, Arcelor à Florange, mais aussi Carrefour, la Société Générale, Air France, Groupama, Danone, la Fnac et quelques autres mastodontes ont ou vont très bientôt communiquer dans ce sens. On y trouve des fleurons naguère, voire toujours ultra-profitables, et on peut légitimement se demander ou sont passés les colossaux bénéfices, et les diverses aides mises à disposition par la collectivité.

Je parle à dessein de guerre, parce que tout simplement, la société a été trompée. La droite précédemment au pouvoir a trompé la France. Cette manne a essentiellement servi à développer les délocalisations et à entretenir les rémunérations des actionnaires et dirigeants, tous grands soutiens de l’état UMP d’alors, pendant qu’on exigeait des salariés toujours plus d’efforts, de sacrifices, et de productivité, faute de quoi, le chômage serait au bout du chemin. Aujourd’hui, on y est. La crise a bon dos. Elle n’explique pas tout, et surtout pas les choix stratégiques désastreux, le manque d’anticipation et de vue à long terme. Rappeler que tout cela est la faute aux 35 heures, au coût du travail, au manque de compétitivité, de formation, d’innovation, c’est oublier qui était au manche pendant les 10 dernières années.

En principe, personne de devrait être dupe. Il est de notoriété publique que l’annonce d’un nombre conséquent de plans sociaux a été repoussé au delà des élections présidentielles afin de ne pas alourdir un peu plus le bilan du président sortant. La bombe PSA est un bien mauvais signal, une peau de banane en bonne et due forme, annonçant une période mouvementée, certainement violente, dont l’actuel gouvernement va inévitablement souffrir.

Que faire, de surcroît dans des entreprises souveraines, libres de leurs choix ? Le gouvernement a peu de marge de manœuvre, sauf qu’en la matière, l’incurie des directions engage la nation puisque c’est la collectivité qui mettra au final la main au portefeuille. J’ai personnellement bien peu d’idées à proposer dans ce vaste gâchis. Mais je commencerai par supprimer toutes les parties variables des rémunérations des décideurs, puis je limiterai leur fixe à 20 fois le salaire minimum de l’entreprise, comme l’a proposé François Hollande lors de la campagne présidentielle, ce qui sauverait certainement quelques centaines d’emplois…

Chiche !

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Il faut continuer

Vous l’avez remarqué, j’ai brutalement disparu de la circulation en laissant ici même que quelques phrases lapidaires. Je tente de refaire surface autant que faire se peut. En reprenant mon travail ce lundi, j’ai trouvé ici ou là des mots touchants, des témoignages de compassion, des encouragements, parfois venant de personnes que je ne connais pas, et qui m’ont fait chaud au coeur… J’ai retrouvé une petite flamme et un clavier pour écrire un tout petit peu, sur les conseils de Ronald et pas mal d’autres leftblogueuses et leftblogueurs. Bien plus que je ne le pensais, l’écriture est salutaire

merciJamais je n’aurais imaginé un jour traverser un tel moment : mi-juin, mon épouse a tenté de mettre fin à ses jours mais la providence a opportunément placé un groupe de promeneurs dans un endroit habituellement désert, ce qui lui a sauvé la vie. En une vingtaine d’heures à attendre la sortie du coma, on a le temps de revoir sa vie, les 26 ans passés ensemble, tout ce qui a été accompli, le meilleur, le pire, et à se poser beaucoup, beaucoup de questions. Comment continuer avec un fardeau dont on perçoit sans peine le poids exorbitant et la place indivisible qu’il prend pour la suite de l’histoire ?

C’est encore trop tôt pour parler des raisons profondes d’un tel acte. Elles sont forcément multiples, complexes, imbriqués, enfouies, résultant certainement d’une enfance rude et pas franchement heureuse. J’en vois bien quelques unes. Ce vécu difficile à porter nous a causé quelques difficultés par le passé, mais sans nous empêcher de vivre de nombreux et grands moments de bonheur. On a accompli ensemble d’immenses et nobles choses qui effacent comme par enchantement bien des obstacles.

Mais quelque part, selon moi, notre société, le monde qui nous entoure a insidieusement changé et a pesé sur nos existences bien plus qu’on ne le croit. Jusqu’alors, nos vies étaient remplies, sans extravagance, mais aussi sans trop de privations. Le contexte de la dernière dizaine d’années traversées a fini par nous imposer des renoncements de plus en plus importants, obligeant à des choix draconiens pour sauvegarder l’essentiel : tenter de donner à nos enfants des valeurs saines et des armes pour affronter un avenir des plus incertains. Quand tout est absolument compté, pesé, analysé, quand les petits moments destinés à échapper au quotidien deviennent un luxe inaccessible, et que rien ne s’arrange, que le banquier presse, que la bague de la grand-mère est déjà vendue, c’est parfois difficile à gérer. Depuis 6 ans, les vacances se passent dans mes 4 murs, et cinémas, restaurants, petits week-ends sont classés au rang de fantasmes. C’est la crise, il faut bien payer. En tant que petits fonctionnaires d’Etat à salaires bloqués, loin des primes et avantages mirobolants que l’on entend dans les médias, elle nous fait mal. Et dire qu’on n’est pas les plus mal lotis…

Je veux dire simplement qu’on a tous des hauts et des bas, mais que si j’avais pu une fois par an passer quelques jours de vacances avec ma petite femme, pour se changer les idées, elle n’aurait peut-être pas commis l’irréparable. Je suis peut-être à côté de la plaque, loin du compte, mais je dois avouer avoir très mal vécu ces 5 dernières années, à enrager sans cesse contre toutes les arnaques «légales» que nous fait subir une société inhumaine et dévoyée. Peut-être ai-je contribué au drame. Certainement même…

Il ne reste plus qu’à déplorer, et à relever la tête pour continuer d’avancer. J’avais, il y a peu, été confronté d’assez près à une détresse analogue, un appel au secours poignant. Choqué, j’en avais fait aussitôt un billet, bien loin d’en mesurer tout ce que cela pouvait réèllement impliquer. Cet acte fait maintenant partie intégrante de la vie de ma famille. Il va falloir faire avec et construire autour. Le temps, j’espère, va faire son office pour apaiser cette dévastation. On dit bien que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort… Tous les espoirs sont donc permis.

Merci infiniment à celles et ceux qui nous ont apporté leur soutien, qu’ils sachent combien des attentions simples peuvent apaiser.

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