La vida es una tombola #radiodesblogueurs2012

J’ai zappé la désormais célèbre opération «la radio de l’été» de l’ami Lolo. J’étais alors très loin des blogs, loin du monde normal, loin des joies de la saison du soleil et des vacances. Mais l’été n’est pas fini, loin s’en faut. Alors je vais faire comme Vivre Au Brésil, C’est Cool, C’est Pas Cool, Une Fille à Lyon…, Très Cher(e)… , Stephanegillet.com, Simone, Shoppette, Sandra, Saint Pierre Des Corps, C’est Où ça ?, Riggs, Reservus…, Radiohern, Radiblog, Petits Propos Décousus, Perambulons !, Les pages du petit bonhomme, Oh Océane , No Surrender, Nipette Le Blog, Moimateo & Band, Mes Mecs Et Moi… Et Moi… Et Moi… Et Mouah???, Mademoiz’Elle, L’irrégulière Le Blog Cultur’elle, L’herbe Folle, L’atelier D’à Côté , Lovely Materials, Lou Caùter, Lolita, Les Secrets De Pimousse, Les Petites Choses Simples, Les Must Have De La Parfumerie, Lemonasty, Les Intrigations De Pierre D, Les Fleurs Rebelles , Les Facéties De Ceriat , Les Délices D’alice, Les Chroniques D’une Miss, Le Goût Des Livres, Le Bruit Des Pages, Le Blog De La Chauve-souris, Lady Madd, La Maison Du Faucon, Jade Aux Pieds Nus, Isabelle Passions, Humeur Du Jour, Gularu.fr, Framboize, Et Soudain…, Espaces, Instants, Enfin Moi, Du Petit Monde De Gildan, De Tout Et De Rien, De Mes P’tites Mains…, Croque Madame, Cupcakes Music Tea, Crise Peche Abricot, Coreight, Color Moon, ClumsyBaby, Chez Erwan, Ce Que Je Vis, Blog De Arnaud Mouillard, Baz’art : Des Films, Des Livres…, À La Recherche Du Temps à Perdre, Au Fil D’isa, Antiblues , Airdefilm ~ Un Cerveau Par Personne, ~*hatter June*~, La Boite à Musique De La Dame Au Couteau à Dent entr-autres, et proposer quelque chose de sympa et qui bouge.

Manu et «Papillon», un nabab et un SDF bras dessus, bras dessous...J’ai choisi un poids lourd de la musique, Manu Chao, qui me rappelle pleins de choses. L’ami Manu, j’ai eu le grand privilège de lui serrer la pogne durant l’été 2003, au grand rassemblement anti OMC organisé sur le plateau du Larzac. Bénéficiant d’un pass presse pour faire des photos de l’événement, j’ai pu échanger avec lui quelques mots après la balance de l’après-midi pour le concert du soir. Je me souviendrais longtemps de cette rencontre avec un homme simple, certes conscient de sa place particulière, mais qui porte un regard lucide sur le monde. Alors que je le remerciais d’être la voix de sans-voix en exprimant en mots simples les mêmes révoltes et les mêmes souffrances où qu’on se trouve sur la planète, il m’a simplement répondu, presque en s’excusant, que seules les masses faisaient bouger les lignes, et que nous seuls avions le poids nécessaire pour bousculer l’ordre établi, pour changer vraiment les choses…

J’y avais rencontré «Papillon», un bénévole du coin, moitié SDF, moitié cabossé de la vie, au cuir tanné par le soleil écrasant et par l’alcool aussi… J’ai fais cette photo pour lui. Il a du la garder longtemps, comme un trésor. Un nabab et un miséreux, bras dessus, bras dessous, c’est beau. J’ai gardé le contact avec lui quelques années, puis il a disparu. Si par hasard, il passait par ici, qu’il laisse un commentaire, cela me fera bien plaisir.

La vie est une tombola dit l’artiste. Comme celle de Diego Armando. Né dans la grande misère, «El Pide de Oro» a tout connu, tout gagné, tout perdu. Mal préparé à la célébrité, totalement immature et incapable de gérer sa vie, il a comme Icare, approché de trop près le soleil pour avoir voulu se confondre avec lui, pour retomber douloureusement et se briser. En fait, Maradona aura été autant acteur que victime d’un monde totalement fou qui marche sur la tête et sur lequel il n’avait que peu de prise. Devant l’évocation de sa vie tourné par Emir Kosturica, on ne reste pas insensible devant le footballeur à la fois génial et manipulateur, à l’homme qui prend conscience par moment au mal qu’il fait à lui-même, aux siens et aux autres, et au monde complètement pourri et corrompu qui l’entoure.

Vas-y Manu, joue…

Si comme moi, vous n’avez pas encore proposé votre tube de l’été pour la radio des blogueurs, il n’est pas trop tard : 1/ choisir une chanson, 2/ faire un bobillet, 3/ faire un lien sur le billet de lolobobo, 4/ linker des copains/copines, ce dont je vais me passer vu que je dois être le dernier de la chaîne…

Dès vendredi, je pose mon tablier pendant 3 semaines pour me mettre en mode «semi-off» bien mérité.
A bientôt, et soyez sages !

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Le rang de la France

Les Jeux sont finis. Ce grand miroir aux alouettes où tout le monde est grand, beau, gentil et sympa, est retourné se cacher dans son carton pour renaître dans 1300 jours au Brésil. Mais on n’a pas attendu l’extinction de la flamme pour faire le bilan de la quinzaine en terme de trophées : pas une heure n’a passé sans qu’on nous rappelle le fameux classement des médailles.

Ce n’est pas nouveau, notre monde se trouve entièrement centré sur le seul principe de compétition généralisée. Absolument tout est évalué, observé, mesuré, comparé, optimisé, classé. Rien n’y échappe, même des choses simples et insignifiantes ont droit à leur hiérarchie… On arrive à produire des choses assez incroyables : même les blogueurs ont leur classement, et à mon boulot, on en arrive à faire des évaluations et des stats de statistiques… C’en est même devenu une science tout à fait officielle : la taxinomie ou taxonomie.

Felix Sanchez, médaille d'or du 400m haies, terrassé par l'émotion. Belle image...Je ne suis pas loin de considérer l’activité humaine et le vivant comme une immense compétition où seuls les premiers profiteraient. Et pourtant, c’est bien ce qui se passe : Il y a certes quelques «méritants» dans le peloton de tête, mais il y a aussi une sacré bande de voyous, d’escrocs et de profiteurs que rien n’arrête. En sport, on appelle ces éléments des tricheurs. Dans la vraie vie, ce sont les argentiers de la planete.

Y échapper ? Vous n’y pensez pas, et d’autant plus sous nos régimes ultralibéraux qui ne fonctionnent qu’avec des marqueurs, des indicateurs, des indices, des graphes. Même les médailles olympiques se mesurent. A vrai dire, dans le cadre d’une compétition sportive, c’est un peu normal de chercher à déterminer l’ordre d’arrivée d’une discipline, c’est l’essence même du sport. Vitus, Altus, Fortus… Mais classer ensuite les nations par médaille, ce jeu à «quikalaplusgrosse» me semble stupide au possible. Pour les nations impérialistes, cela peut se comprendre : les Etats-Unis, et la Chine ne sortent pas indemnes de ce genre de guerre, parce que c’en est une. La suprématie mondiale passe aussi par le sport.

Mais que la France s’enorgueillisse de sa place, et disserte sur ses objectifs réalisés ne cesse pas de m’agacer. De toute manière, le constat finit toujours par être positif, dans la mesure où l’on fait dire aux chiffres ce qu’on veut. Oui, 34, c’est moins bien que les 41 attendues, mais 11 titres olympiques, c’est mieux que les 7 conquis à Pékin. Ensuite, que fait-on de ces chiffres, à quoi servent-ils à part se monter le bourrichon en paradant dans les salons ministériels ?

Franchement, c’est un peu lamentable. Mais au fond, je m’en fiche. En dehors de la grande messe économique, je ne veux retenir de ces 15 jours, que certaines images de vrai sport, d’émotion sans simulation, de dépassement de soi jusqu’à l’épuisement, de courage, de sincérité, d’amitié. Les Jeux, c’est d’abord la rencontre et le mélange fraternel de tous les peuples du monde. Lors de la cérémonie de clôture, j’y ai vu des participants heureux, mais triste de se quitter…

C’est triste de se quitter. Pensées et bises à @trublyonne.

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Quel progrès ?

J’ai passé ces dernières journées à retourner l’idée de mon billet dans ma tête, comme on remet l’ouvrage 100 fois sur le métier. Jusque-là sans résultat notable… J’ai des excuses, notamment un besoin impérieux de vacances, de sortir du rythme du quotidien, et c’est pour très bientôt. Ce n’était pas un manque d’idées, de sujets, ni même d’envie, mais bel et bien d’énergie. J’ai encore un peu la tête ailleurs.

Il faut bien l’avouer, la période n’est globalement pas à l’optimisme béat. En dehors des jeux du cirque, des larmes de victoire ou de défaite, on ne parle que de la croissance comme seul remède à la crise qui nous envahit chaque jour davantage, comme moteur du progrès qui seul nous permettra de satisfaire nos besoins. Globalement donc, vivre comme les américains, qui consomment à eux seuls le quart des ressources de la planète, cela représente le progrès moderne, l’idéal ultime que les pays émergents s’acharnent à atteindre… Au rythme actuel, ce n’est pas en 2050 mais bien avant qu’il faudra 2 planètes pour satisfaire la démesure de notre civilisation.

Le smartphone, la télécommande universelle...Tout le problème est là, et je m’interroge encore sur cette notion de progrès. Un publicité anodine parmi tant d’autres pour une célèbre marque de volets roulants illustre mon propos. On y voit une femme sans apparente difficulté d’existence qui passe son temps à lire. Et comme la vie dans son séjour démesuré est vraiment trop dure, il lui faut un smartphone pour fermer ses volets. Est-ce cela le progrès ? Je ne parle même pas de l’énergie consommée, mais simplement du principe, de cette sophistication inutile, gadget, addictive, voire dangereuse. Steve Wozniak, le comparse de Steve Jobs dans la création d’Apple, vient de tirer la sonnette d’alarme au sujet du «Cloud», cette possibilité d’externaliser ses données sur le réseau mondial. Selon lui, l’impossibilité de maîtriser ses propres données «va être épouvantable». C’est parait-il un grand progrès. L’objectif est bien ailleurs.

La technologie est omniprésente, jusqu’à des endroits insoupçonnés : très bientôt, les puces RFID seront omniprésentes dans les emballages de tout ce qui se met dans un caddie de supermarché pour nous faciliter et accélérer le passage en caisse, ou nous prévenir, via un frigo «intelligent et connecté» que la bouteille de lait qui s’y trouve est vide… J’ai du mal à appeler ce type d’innovation un progrès d’autant qu’il a un coût, forcément répercuté sur le produit, dans un contexte de hausse déjà vertigineuse des prix. On frise l’escroquerie…

Si l’on regarde le monde actuel sans trop de subjectivité idéologique, il faut reconnaître qu’actuellement, pas grand chose ne tourne rond. Le fameux progrès a contribué à abîmer notre terre de manière irrémédiable pour sophistiquer une foule d’actes simples qui n’ont nul vocation à l’être. Mais il faut créer des besoins, faire des affaires, générer du cash… Pour la planète, le point de non-retour a été allègrement franchi depuis longtemps. Inutile en revanche de s’en prendre aux pouvoirs publics et aux décideurs, car c’est bien nos actes de consommation qui conduisent nos sociétés à la situation actuelle, et qui nous empêchent aussi de nous rebeller…

Le vrai progrès, c’est de partager plutôt qu’accaparer.

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La toute première

Quelques copainscopines des Leftblogs ont sorti la boite à souvenirs à l’occasion des déboires de PSA pour raconter comment, au travers de leur premier bolide, ils sont passés d’homo-erectus à homo-automobilus. Je n’échappe évidemment pas à la règle : il fut un temps bien plus doux où, dès le premier boulot acquis, à juste 18 ans, je me suis mis à la recherche de l’engin motorisé qui me permettrait de parcourir et découvrir le monde

Le permis fut une formalité. La voiture fut une autre paire de manche, parce que j’avais des exigences : je voulais une coccinelle… Il faut dire que j’avais passé une partie de ma jeunesse dans celle de mes grands-parents. Ils n’ont connu que cette authentique pièce de musée qui était briquée de fond en comble après chaque promenade. Pas une bosse, pas une poussière, pas une trace de doigt. Elle avait même gardé cette odeur particulière de neuf…J’avais pas intérêt de bouger, ni de toucher, mais cette voiture était magique. Il ne manquait que le fameux numéro 53

VW 1303J’ai trouvé une cox en bien bel état. Elle appartenait à un curé. En fait, elle était nickel avec ses jantes mode alu, ses sièges monobloc avec appui-tête, sa couleur verte fortement métallisée et son bruit si caractéristique. Seule personnalisation notable : un petit volant sport, qui m’a, comme annoncé, fait faire beaucoup de sport pour faire tourner les 800 kg de la bête. L’autoradio était inutile, le moteur s’en chargeait. Ensemble, on a effectivement découvert le monde, mon monde. 30 ans après, mes copains me parlent encore des virées mémorables effectuées ça et là, comme dans beaujolais où j’ai vaillamment transporté 18 vendangeurs, pas tous à jeun… Je vous jure qu’il y en avait 18. J’ai bien vite passé le moteur à travers, mais globalement, elle m’a rendu de fiers services. J’en ai malgré tout pris soin jusqu’à ce que autrui se charge de me la démolir. Je l’ai retrouvé fortement dégradée là ou je l’avais laissée près de la gare de Mulhouse, au retour d’une permission pendant mon service militaire. Impossible à l’époque de la remettre en état, la séparation a été inéluctable. La vie commune a duré 4 ans.

La suite a été moins pimpante. La conduite, la voiture et tout ce qui gravite autour n’a jamais vraiment été pour moi un pôle d’intérêt. Elle reste essentiellement un outil qui, comme tous les outils, ont une certaine dangerosité quand on les utilise de manière inappropriée. Les «pilotes», les «seuls au monde», les inconscients et autres étourdis rendent la route mortellement dangereuse. La grande mode du moment est de s’accaparer un espace normalement dévolu à être partagé et à s’y comporter en maître méprisant des autres et des règles. Cela écarte irrémédiablement toute dimension de plaisir. Pas bien grave, il n’y a pas que les bagnoles dans la vie…

Merci aux 18 tauliers de blogs qui m’ont fait l’honneur d’un lien durant ce mois de juillet. Qu’ils en soient remerciés très amicalement.
Carnet de notes de Yann Savidan
Partageons mon avis
Affichage libre
Lyonnitude(s)
Princesse101
Partageons nos agapes
A perdre la raison
Tout est politique – le blog de Seb Musset
La revue de Stress
Au comptoir de la Comète
blog de David Burlot
Partageons l’addiction
Le grumeau
Mon avis t’intéresse
Je pense donc j’écris
Saint-Pierre-des-Corps, c’est où ça
Choblab
LE QUOTIDIEN QUI MARK
Liste générée à partir des infos du Top Blog Wikio par le Jegounotron

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Twitter bâillonne

«C’est ce qui arrive inévitablement lorsque l’on confie la protection de la liberté d’expression à des entreprises privées. Dans l’environnement médiatique d’aujourd’hui, le droit de parler et d’écrire librement des uns s’arrête là où commencent les intérêts commerciaux des autres.»

C’est l’évidence que décrit Dan Kennedy, professeur de journalisme à l’Université du Nord-Est à Boston à l’occasion du blocage du compte Twitter de Guy Adams. Le tort de ce correspondant aux Etats-Unis du journal «The Independant» ? Avoir critiqué via Twitter NBC pour avoir diffusé en différé certaines compétitions des JO de Londres…

Encore un compte suspendu. Demain le mien ?Comme à l’accoutumée, le site de microblogage s’est défendu avec la traditionnelle langue de bois bien adaptée en la matière, évoquant la présence d’une adresse mail dans le twit incriminé, ce qui serait formellement interdit… Imparable. Mais au delà, quand on sait que Twitter et NBC sont liés pour le contenu en ligne des Jeux Olympiques de Londres, cela change singulièrement la donne. Les esprits les plus avertis en matière de liberté d’expression y voient une forme de censure pure et simple.

La période est à la protection exclusive des marques, des ayants-droits, des actionnaires et autres profiteurs de haut-vol à grand renfort de lois, de surveillance, de restriction de libertés fondamentales. C’est ainsi. Durant les jeux, même l’expression individuelle des participants au barnum mondial est réglementée de la plus stricte façon. On y intime ce qu’il faut faire, comment le faire, et quasiment ce qu’il faut dire.

Une étrange sensation m’envahit : la fameuse toile, cet immense espace d’expression censé rapprocher les hommes et les idées, me semble de plus en plus étouffante. Accaparé par des pouvoirs de moins en moins cachés, internet échappe complètement à l’esprit initial que lui ont insufflé ses créateurs. J’ai d’ailleurs mal compris la participation à la cérémonie d’ouverture de Tim Berners-Lee, génial créateur du World Wide Web, que j’ai eu la grande chance de croiser en avril dernier à Lyon, lui qui est certes anglais, mais surtout si loin de l’état d’esprit pourri de ces Jeux. (Normalement, le CIO devrait me demander de retirer ce lien puisque, comme prévu dans les règles qu’il impose au monde, nul ne peut linker sur le site officiel des JO si les propos ne sont pas «positifs»)

Il faut que je me calme, sinon mon compte twitter risque de prendre du plomb dans l’aile.

Edit du 2 août : le compte de @guyadams a été débloqué dans la soirée, avec les excuses de Twitter. Comme quoi, rester vigilant et faire du bruit reste encore bien efficace. Qu’on se le dise !

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