Miaaaaoooouuuuuuu

Je n’ai jamais su faire de billet très court, qui colle à l’actualité avec trois fois rien, avec un visuel qui se suffit à lui-même. En fait, l’actualité ne m’en donne guère la possibilité. Mais aujourd’hui, j’ai le clavier paresseux. De plus, tout a déjà été dit, et je ne trouve rien à ajouter pour tenter de qualifier ce simulacre de démocratie pour désigner le chef d’une formation politique moribonde.

Je ne peux cependant pas m’empêcher de remarquer la béate admiration de cette militante UMP pour son favori. C’est extraordinaire, ce pouvoir, cette passion ! Je ne pensais pas Fillon et Copé capables de cela. Mais c’était certainement avant la magnifique auto-proclamation des résultats parce qu’à cette heure, cette militante doit être toutes griffes dehors…

Tout cela pour devenir Président d’un parti qui va se faire dicter sa ligne de conduite par le FN…

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Et si François Hollande réussissait ?

L’exercice était attendu. Conformément à ses engagements, François Hollande, Président de la République s’est livré à un devoir périlleux en pleine tourmente : expliquer et justifier avec calme et détermination le cap qu’il entend imprimer à la France pour la sortir d’une ornière consciencieusement creusée pendant la dernière décennie.

François Hollande, un Président qui présideBousculé de partout, souffrant d’un chute brutale de popularité, il a livré, à mon sens, une copie de haute tenue. Il y avait dans cette conférence de presse une présence, une stature, une dimension présidentielle, mais surtout la démonstration d’une connaissance pointue des dossiers de la République. Aucune hésitation, aucune approximation n’a été relevée par une presse habituellement friande de ce genre de choses.

Malgré ma déception, en raison d’un début de mandat marqué par de retentissants renoncements, même s’il y a aussi de réelles avancées, je ne regrette absolument pas mon choix d’il y a 6 mois. Aujourd’hui, cette conférence de presse a modifié sensiblement ma manière de percevoir l’action de ce gouvernement. Certains y verront une forme de découragement, un renoncement, une forme de capitulation face à l’ennemi voire un ralliement au capitalisme débridé. Il n’en est rien. Absolument rien.

Ce qui est sûr, c’est qu’il est inutile de continuer à consommer son énergie à fustiger sans cesse l’action des prédécesseurs. Toute la gauche devrait en prendre acte, et garder son calme. Le bilan est là, catasptrophique, terriblement présent et tangible. C’est un fait. François Hollande n’y peut rien, mais c’est à lui qu’incombe désormais la solution, ou du moins l’atténuation des conséquences sur toutes les composantes de la nation. Il le savait en sollicitant la fonction.

Ce qui est certain aussi, c’est que s’attaquer de plein front aux patrons et aux financiers devient rapidement contre-productif. Incontestablement une majorité s’en met plein les fouilles en exploitant honteusement les ressources et en surfant habilement sur les réglementations. Ils continueront leur manèges et profiteront des recommandations du rapport Gallois en soustrayant bien des ressources à la solidarité nationale et au redressement du pays. On voit bien le résultat à chaque possible ponction du clan des riches : ils montent au créneau ou s’enfuient… Ils en ont les moyens, et la société les écoute.

Pas nous. Nous n’avons aucun moyen d’échapper à la loi du marché qui contrôle tout. Il y a la certitude de la main-mise du système, de la sanction immédiate si François Hollande se proposait soudainement de distribuer une manne dont à l’évidence l’Etat est privé. Il n’y a pas de sous, pas de boulot, juste des dettes et un sixième de la population en grande détresse. Il m’est aussi difficile de l’admettre, mais au final, n’avons-nous pas intérêt à davantage soutenir ce gouvernement dans son action ? N’avons-nous pas le devoir de montrer que le redressement du pays est non seulement possible, mais faisable, envers et contre les geonpis, les patrons-voyous et les millionnaires de Neuilly et du CAC40 ? Parce qu’il n’est pas envisageable d’échouer, parce que ce faisant, on livrerait dans 4 ans le pays à une droite rancunière et revancharde ou au Front-National, ce qui en somme est un peu pareil. Et si François Hollande réussissait ? On en profiterait tous…

Je le répète, il n’y a pas de virage de ma part, mais une forme de pragmatisme sourd, presque forcé. Même si tout n’est pas parfait, loin de là, ces 6 mois d’après Sarkozy ont définitivement démontré que droite et gauche, ce n’est vraiment pas pareil.

Rappelons-nous tout de même d’où l’on revient…

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Les donneurs de leçons

Ca y est, le rapport Gallois tant attendu est rendu public. Commenté plus que de raison avant même sa sortie, il se présente comme un diagnostic de la situation économique de la France. J’ai parcouru docilement ses 74 pages (dont 27 de titres ou carrément blanches et 7 de rappels et d’annexes) pour y trouver noir sur blanc le bilan économique désastreux des années Chirac et Sarkozy : abandon total de l’industrie, décrochage abyssal de la compétitivité, pourrissement des rapports sociaux…

Le rapport le dit : hors énergie, la balance commerciale de la France est passé de 2002 à 2011 de +25,5 milliards d’Euros à -25,4. Ce résultat n’est pas celui de l’incurie économique d’un gouvernement socialiste, comme se plaît à le souligner l’UMP à longueur de journée depuis 6 mois, c’est bien l’héritage qu’a laissé un gouvernement bien plus soucieux de protéger une France de rentiers et de profiteurs de haut vol. Et c’est à cette situation de calamité industrielle et morale que Jean-Marc Ayrault et son gouvernement doit faire face aujourd’hui. Les donneurs de leçons seraient bien avisés de la mettre en veilleuse quelque temps.

Louis GalloisL’exercice est compliqué mais peut être grandement profitable. Le constat fait sur situation économique de la France est indéniable. Inutile de se lamenter davantage sur son origine. En fait, la manière dont le gouvernement va se saisir des 22 propositions de Louis Gallois peut déterminer l’ensemble du quinquennat de François Hollande, et pourquoi pas en positif ?

Pour l’heure, je ne commenterai que la mesure phare, la 4ème proposition : le choc de compétitivité. Parce qu’elle est emblématique de la capacité à ne pas produire les effets escomptés sans un encadrement draconien. Il s’agit d’une vieille rengaine libérale maintes fois mise sur le devant de la scène : transférer 30 milliards d’allègement de cotisations patronales et salariales vers la CSG et la TVA… afin de redonner aux entreprises un «ballon d’oxygène».

Mais quelques rappels s’imposent. Il faut déjà se souvenir que la part des salaires dans la valeur ajoutée a reculé pour passer de 68 % dans les années 1980 à 58 % aujourd’hui. Les différentes politiques d’exonérations ou de réduction des cotisations sociales sont passés de 1,9 milliards en 1992 à 30,7 milliards en 2008… Durant cette période, le partage de la richesse produite a fait basculer en cumul 1.500 milliards de salaires et cotisations vers les profits. Il y avait bien de quoi investir. Qu’en ont fait les entreprises ?

En cause : la pression des actionnaires sur les salaires, mais aussi sur les investissements : les données de l’INSEE sur les sociétés non financières montrent qu’en 2009, les dividendes distribués équivalent à 12,4 % de la masse salariale, contre seulement 4,5 % au début des années 1980. Ces mêmes dividendes représentaient 41 % de l’investissement des sociétés contre 16 % au début des années 1980. En fait, le manque de compétitivité ne semble dû qu’à l’avidité des rentiers qui ponctionnent jusqu’à empêcher l’investissement le plus élémentaire…

Qu’est ce qui changerait si on appliquait en l’état la 4ème proposition Gallois ? Rien. Sans parler de l’inévitable baisse de pouvoir d ‘achat engendré par la hausse de la CSG et de la TVA, reporter le produit des cotisations sociales (un salaire indirect en somme) vers l’impôt va accentuer le déséquilibre dans le partage de la valeur ajoutée et perturber l’aspect redistributif attaché initialement au produit fiscal. Mais surtout, rien ne garantit du résultat escompté, à l’image de la fameuse baisse de la TVA dans la restauration où moins de 1/5ème des établissements concernés n’ont réellement joué le jeu. Il y aura bien un ballon d’oxygène, mais sans encadrement dans son utilisation, qui peut affirmer que le produit de la mesure ne partira pas directement dans les poches des actionnaires ?

Enfin, pour être totalement honnête, je vois mal les grands patrons du CAC40 agir autrement. Imaginons un seul instant que sous le coup de la mesure l’investissement se relance, que l’économie reparte, que le commerce extérieur s’équilibre, que la croissance revienne, donnant à ce quinquennat un bilan en béton armé et à François Hollande l’image d’un sauveur…. Comment l’UMP pourra-t’elle ensuite critiquer l’inexpérience, l’inculture économique et l’amateurisme du gouvernement et faire valoir ses méthodes qui ont mené la France dans le mur ?

Tout cela me paraît bien peu crédible. Jean-Marc Ayrault aura à faire un choix important : s’appuyer tout ou partie sur le catalogue Gallois et ses mesures dictées par le MEDEF, ou les assortir de garde-fous pour mesurer, réguler et encadrer l’utilisation des fonds destinés à l’investissement dans l’outil de production, la recherche et l’innovation. En somme, tout ce que ne veulent pas les entreprises…

On est pas sorti de l’auberge. Par contre, les pots cassés, je sais qui les paiera.

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J’approuve, mais…

Comme Bembelly, j’approuve beaucoup de choses, à quelques petits détails près…

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