Rien n’a changé #RIP2012

Voila le «hashtag» du moment : #rip2012. Il apparaît sur Twitter juste après une fin du monde avortée, comme 182 autres auparavant. La seule chose véritable, mesurable, inéluctable, c’est bien la fin de l’année 2012. Et si la mode est de faire une petite rétro, je n’y céderai pas. Je n’ai vraiment aucune envie de me retourner tant cette année m’a tordu, épuisé, presque broyé, jusqu’à ces derniers jours. Encore.

Inutile d’y revenir puisque rien ne change. La vie quotidienne reste plus que jamais contrainte et encadrée par cette formidable chape un rien artificielle qu’est la crise, dans laquelle on finit par se sentir privilégié puisqu’on a pour un temps encore un boulot. Finalement, de quoi se plaint-on puisqu’on a de la chance… Seul fait notablement nouveau : on a un président calme et posé, respectueux des autres, qui n’invective ni ne menace ses compatriotes, mais qui ne peut rien ou presque face à la gouvernance du monde par les marchés et les banques. C’est bien, mais ça ne donne aucune consistance nouvelle à la soupe quotidienne.

Inutile d’y revenir puisqu’il me reste cette année de douloureux souvenirs de couloirs d’hôpital blafards parcourus trop souvent à mon goût, avec son cortège illimité de questions sans réponses. Je les ai à nouveau parcourus cette semaine. Bien tapi derrière une simple appendicite, le crabe, ou ce qui y ressemble étrangement, est venu emporter quelques centimètres d’intestins de mon fils de 21 ans. Imaginez. Cette année, encore plus que les précédentes, est vraiment pourrie.

Voilà, je suis fatigué sans avoir fait la fête. Ce sera pour plus tard. J’espère. J’en suis sûr.

A l’année prochaine. Bises à tous.

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La mer à boire

La politique me saoule, et c’est peu de le dire. De toute façon, on plie les gaules non pas vendredi prochain mais samedi vers 0h30 puisque selon les écrits mayas «le cinquième soleil prendra fin le 4 Ahau 3 Kankin», soit au coucher de soleil en toute vraisemblance au Grattez-moi-la le 21 décembre 2012 qui se fera vers 17h30 heure locale, soit avec le décalage horaire le moment cité plus haut.

Alter-Oueb franchissant le cap de Bonne-EspéranceAlors, pourquoi ne pas faire une nouvelle expérience, comme, une idée parmi tant d’autres, faire un tour du monde avant de le quitter pour cause de fin du monde ? Et je me suis lancé, je suis parti. Depuis le 3 décembre, Alter-Oueb navigue avec plus de 400.000 autres bateaux autour du monde, dans cette grande course qu’est le Vendée Globe, mais bien au chaud, sans embruns, devant un écran, virtuellement… Euh oui, c’est virtuel. D’une, je n’ai pas le budget et pas franchement le courage d’un tel engagement. Et de deux, si jamais cette fin inéluctable n’avait pas lieu, j’aurais l’air malin de tout avoir laissé tomber, comme ces quelques zozos qui ont tout vendu, tout plaqué avant le jour fatidique. La course, la vraie et la virtuelle, est partie le 10 novembre des Sables d’Olonne et se déroule avec les mêmes règles et la même météo.

Mon bateau l’a prise en cours, le 3 décembre, et a été positionné vers la 260.000 ème place. Il fonce vers la Porte Crozet, au sud de Madagascar, désormais au alentour de la 187.000 ème ! Je ne suis pas marin pour 2 sous. Je n’ai jamais habité près de l’eau, mon sang est alsacien et non breton, mais j’ai vite appris à choisir la bonne voile, à prendre le vent avec le bon angle, et à aller le chercher en étudiant les prévisions météo. C’est prenant car pour avancer, il faut quelque fois modifier plusieurs fois par jour les trajectoires en fonction du vent. Pour les accros à l’imachin, il y a l’appli ad-hoc, comme le capitaine, pour suivre votre coquille de noix et déjouer les pièges des anti-cyclones.

Le bateau d’Alter-Oueb est basique, sans options qu’on peut obtenir contre monnaie, comme la personnalisation à ses couleurs, des voiles supplémentaires, un pilote automatique qui maintient l’angle au vent, etc… Comme il fallait en choisir une embarcation, Alter-Oueb a pris le monocoque aux couleurs de Saveol, de Sam Davis, fabuleuse 4ème lors de l’édition 2008, et qui a dû abandonner sur démâtage. En plus, c’était la seule fille du plateau, et je préfère ce style de compagnie plutôt que celle des mecs, de surcroît marins bourrus.

Si vous avez envie de suivre mon Alter-Oueb dans son parcours, ou même envie de participer à cette aventure, c’est sur www.virtualregatta.com. Il n’est pas trop tard.

Dans ce cas, avertissez-moi pour qu’on puisse se tirer une bonne bourre ensemble.

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Endiguer la pauvreté, chiche !

Ce matin, j’ouvrais difficilement un œil, encore ébloui par les lumières de la fête éponyme qui a bercé Lyon pendant 4 jours, encore un peu grisé par la victoire des footballeurs locaux face à leurs homologues de Saint-Etienne dans le plus disputé des derbys. Avant d’ouvrir le second, je pensais déjà à cette journée passée à distiller toutes sortes de quolibets envers mes collègues supporters des verts, eux qui attendent la pareille depuis 18 ans…

Gérard Depardieu, en lutte contre sa pauvretéLa radio égrenait quelques nouvelles. On y apprenait que ce lundi s’ouvrait la conférence de lutte contre l’exclusion censée, selon le journaliste, de trouver des remèdes à la pauvreté. Et sans transition aucune, avec la même voix monocorde, il annonçait que notre Gégé Depardieu national allait s’établir quelques kilomètres derrière la frontière franco-belge. C’est certainement pour la beauté du paysage et le soleil ravageur du coin. Et voilà, je me lève énervé, et c’est pour la journée.

Les remèdes à la pauvreté, excusez-moi, mais même sans idéologie, j’en vois bien quelques-unes, qui ont l’avantage d’être immédiates et concrètes. En somme, toute la difficulté du gouvernement actuel réside dans la manière de légiférer dans ce domaine sensible sans effrayer les fortunes de ce pays. On peut lutter contre la pauvreté, mais il ne faut pas toucher aux fastueux revenus de ceux qui travaillent sans compter les heures, comme les patrons du CAC40, les #geonpis, les libertariens, la famille Muliez, Bernard Arnaud et… Gérard Depardieu. Evidemment. On peut prendre à tout le monde, mais pas aux riches, ils sont les seuls à mériter. Tous les autres ne comptent pas, ils sont juste bons à payer !

Cette nouvelle conférence ressemble globalement à celle qui vient de s’achever sur le climat à Doha : un constat sans appel, un besoin de solutions urgentissimes, non pas pour améliorer les choses mais pour ne pas qu’elles se dégradent davantage, mais absolument rien n’en sort d’autre que quelques mesurettes insignifiantes, arrosées d’un bon gueuleton de clôture… Rien ne changera. De toute manière, la rengaine est déjà prête : c’est la faute à la crise et aux profiteurs qui jonglent frauduleusement avec les allocations et se complaisent au chômage. Et la parade est en place : «Si les socialos nous taxent, on part ! »

Aucun risque d’exode massif cependant. Les grosses berlines allemandes continueront à sillonner les rue de nos villes sur-polluées qui manquent de transport collectif par souci d’économie. Devant nos yeux, le fléau ne peut que se répandre et avaler à peu près tout sur son passage. Le travail ne protège plus, il rend juste un peut plus servile ceux qui pourraient avoir des velléités de révolte, et quelque part, c’est bien l’objectif ultime recherché.

Une fois de plus, traînant son héritage, ce gouvernement n’a que peu de marge de manœuvre. Ce n’est pas politique, c’est la réalité, et ce n’est pas simple à entendre. Alors, avant d’y passer ses nerfs, souvenons-nous un petit instant d’où l’on revient. Je vous assure, ça calme.

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Médiapart, encore…

Il n’y a aucun miracle ou hasard en matière de boules puantes politiques : quand elles tombent dans un camp, il y a une très forte probabilité qu’elles ne mettent guère de temps à s’abattre dans celui d’en face. C’est la vie diront certains analystes cyniques, mais toutes les victimes de ce jeu de massacre grandeur nature n’ont pas la même aptitude à résister à ce qui s’apparente à une corrida en bonne et due forme. La queue et les oreilles ne repoussent jamais, même si l’on ressort blanchi de l’arène…

Médiapart, encore...A vrai dire, l’affaire de la semaine soulevée par Médiapart sur le prétendu compte suisse de Jérome Cahuzac est symptomatique de notre société malade et clivée. A gauche, on joue le pompier de service pendant qu’à droite on appuie de tout son poids sur l’endroit ou ça fait mal avec l’énergie de la vengeance et du souvenir du traitement infligé jadis entr-autres à Eric Woerth. Du coup, quelques valeurs jusque là bien figées ont brutalement changé d’ordre, les sympathisant de droite se laissant aller à soutenir et encenser un média tenu par des activistes à la solde des socialo-communistes mangeurs d’enfants…

J’ai toujours été très méfiant face à ce genre du curée, de quelque coté d’où vienne le vent. D’abord parce que nos sources d’information sont forcément partiales, souvent partielles, et qu’en particulier les intérêts politiques en jeu font que le quidam moyen ne perçoit que ce qu’on veut bien lui laisser attraper. La manipulation n’est jamais loin. Ensuite parce que derrière le supposé scandale, il y a un homme ou une femme, une famille, des proches, qui seront à divers degrés immanquablement impactés, surtout quand les reproches ne reposent sur rien. Pierre Bérégovoy en est mort. L’effet de meute est un amplificateur déraisonnable et destructeur.

Dans ce dossier, il me semble urgent d’attendre que la passion se tasse un peu pour qu’on y voit plus clair. Encore une fois, je suis perplexe. Je me fiche de savoir si c’est plus ou moins grave que d’escroquer mamie Zinzin. Si l’actuel ministre du budget détenait effectivement un compte en Suisse, il doit en assumer les conséquences au titre de l’exemplarité prônée par le Président de la République. Quant à Médiapart, remettre aussi vite en cause la probité de sa rédaction me semble également excessif. Toutes ses enquêtes sont jusque-là de grande qualité, et les «affaires» relatées n’ont jamais été publiées à la légère. Je vois mal ce média lancer une bombe sans avoir assuré ses arrières, au risque de voir sa crédibilité ébranlée au point d’entraîner l’ensemble par le fond…

J’en retire surtout qu’il faudrait un peu plus de médias indépendants de ce type, qui fassent de l’investigation afin de démêler le vrai du manipulé, de débusquer et relayer toutes ces turpitudes qui polluent la vie politique, contribuant à creuser le fossé séparant la population de ses représentants. La moralisation de la vie politique reste un vœux pieu, maintes fois promis et jamais réalisé, et à défaut de vrai gendarme, cette presse pourrait bien être cet empêcheur de se comporter au dessus des lois, des usages et de la bienséance.

Attendons, écoutons, mais toujours se rappeler d’ou l’on revient.

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Qu’en penser ?

C’est la question qui tourne en boucle dans ma tête, un rien lancinante, jusqu’à me hanter. Je ne parle pas de la magistrale démonstration d’égo de l’UMP mais de la décision gouvernementale concernant l’avenir du site de Florange. J’ai beau lire à droite et à gauche pas mal de choses sur le sujet mais j’avoue être un peu perdu, incapable en somme de me déterminer sur ce qu’il faut vraiment faire pour sauver les emplois.

Ce qu'il reste de Florange...Ce que je sais en revanche, au delà de la sombre agitation politicienne, c’est qu’à l’ombre des haut-fourneaux vivent des gens simples, en chair et en os, et guère favorisés par la vie. Ils apparaissent au gré des articles de presse et des reportages comme une masse anonyme posée là, quelque part en Lorraine, autant dire au bout du monde. Inutile de feindre d’ignorer que les quelques centaines de fondeurs ne sont qu’une insignifiante variable d’ajustement au yeux du capitalisme moderne, ce monstre glouton passé maître dans l’art et la manière de provoquer la pénurie pour mieux faire monter les prix de l’énergie et des matières premières.

Je pourrais me satisfaire de l’attitude de ce gouvernement. On ne peut guère lui reprocher de ne pas avoir cherché de solutions. Le précédent n’aurait rien fait du tout. Mais les marges de manœuvre face au marché, face à des mastodontes comme Mittal sont faibles… Evidemment, une nationalisation temporaire aurait été un sacré signal, mais avec d’autres conséquences et obligations économiques pas forcément faciles à assumer. La montagne a donc accouché de petites promesses.

Pas sûr du tout que cela constitue une victoire, comme je peux le lire parfois. On ne parle certes plus de plan social, le site est pérennisé mais il est à l’arrêt. A Florange comme ailleurs dans les bassins ouvriers en lutte pour l’emploi, on sait ce qu’on fait habituellement des promesses. Je me rappelle de celles proclamées haut et fort au sommet d’un tas de palettes à Gandrange. Les salariés connaissent leur invariable destination après les avoir taillés en pointe. Comment se prémunir du cynisme de Mittal, comment lui accorder une once de crédibilité dans sa démarche ? Chacun le sait bien, ce ne sera probablement qu’un court répit alors que le besoin, la technologie et le savoir-faire sont présents. C’est bien celà le pire.

Je suis un peu dérouté. J’ai même du mal à écrire ces temps, mais je me rappelle tout de même d’où l’on revient…

J’en profite pour faire ressurgir une vieille tradition, celle du premier billet du mois consacré à remercier les copains et copines qui m’ont envoyé quelques visiteurs grâce aux 18 liens qu’ils ou elles ont fait sur mon Alter-Oueb ce mois de novembre. Merci à :
Ecume de mes jours
Partageons l’addiction
Affichage libre
– Les échos de la gauchosphère
Le jour et la nuit
Les coulisses de Juan
Partageons mon avis
Le Grumeau
Une autre vie
Ce que je pense
et aussi à Lolobobo (après, je dis ça, je dit rien…)

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