Le rapport à l’argent

Ainsi, au plus fort de la tourmente causée par l’élimination du candidat UMP au premier tour de la législative partielle dans la 4ème circonscription du Doubs, la tête du parti était ailleurs, très loin, vaquant à des occupations très personnelles. Pendant que le président de l’UMP donnait une «conférence» très rémunératrice au Quatar, ses ouailles ferraillaient dur pour savoir si on pouvait aider le loup à entrer dans la bergerie. Devant le début de polémique engendré, un commentateur avisé de cette actualité, sur une radio d’info continue, avait cru utile de justifier ce déplacement en soulignant que s’il y avait controverse, c’était notamment parce que «les français avaient un rapport difficile à l’argent».

Alors là, je dis bravo. Jolie pirouette, triple boucle piquée arrière sur une jambe cambrée inversée… Me voila rassuré : il ne s’agit donc que d’un simple problème d’argent. Rien à voir avec la politique, avec l’expression des idées et la manière dont on organise la société. Aucun lien avec un élémentaire problème de gouvernance alors que l’UMP est dans la tourmente, incapable d’avoir une ligne directrice, un début de programme cohérent. Non. Sarkozy, chef de parti, ancien président de la république, était attaqué parce qu’il gagnait beaucoup d’argent.

Ali Baba et les 40 voleurs, mythe ou réalité ?Rien de bien nouveau donc, mais le thème du rapport à l’argent me pose question. Le commentateur sus-cité n’a pas totalement tort dans son affirmation. C’est vrai qu’ici, il est assez mal vu d’afficher sa réussite. Ce que je nuancerais toutefois en ajoutant «quand c’est ostentatoire», et d’autant plus que cette réussite, si c’en est une, «est rapide» et surtout «hors de toute proportion».

En fait, je ne crois pas que ce rapport soit plus difficile qu’ailleurs. Je crois essentiellement qu’en période de crise, qui dure tout de même, et officiellement, depuis le premier choc pétrolier, gagner beaucoup d’argent sans raison réelle est insupportable aux yeux du citoyen lambda. Voir les entassements se faire avec facilité et régularité sont un rien déconcertants alors que l’immense majorité des foyers gère au quotidien la pénurie et les privations. Sans parler que les mêmes vous somment, au nom du bien-être commun (qui n’a rien de commun puisque c’est eux qui le détiennent), de faire davantage d’efforts pour rembourser la dette du pays…

Dans ces cas, il est assez légitime de couiner quand l’ex-président, bien qu’annonçant «renoncer à la politique pour faire du fric», s’envole pour palper 150.000 euros, montant moyen de ses «prestations» (on l’imagine mal toucher moins que d’habitude) pour tailler le bout de gras avec 15 personnes pendant 2 heures. J’imagine moyennement l’aide quelconque que peut apporter Sarkozy à des quataris dans la manière d’aider un fonds souverain à faire encore plus de profits que ce qu’il fait déjà… Le tout en continuant évidemment la politique.

Inutile de réaffirmer que, dans le contexte économique actuel, où la précarité n’est jamais loin, l’argent est avant tout synonyme de sécurité. Chacun d’entre nous, quel qu’il soit, aspire naturellement à élever son niveau de vie. Le désir n’est pas forcément de devenir riche – qu’est ce que être riche ? -, mais au moins, de se mettre à l’abri, de se fondre dans cette société de consommation qui vante si bien le modèle néolibéral basé sur la satisfaction des besoins, là aussi quels qu’ils soient.

La vérité est que la grande majorité en est exclu, souvent dès la naissance, et que ceux qui en jouissent font à peu près tout pour que les autres n’y accèdent jamais. Ce qui n’empêche pas les élites de vanter continuellement et avec force les vertus de la valeur «travail» Il y a effectivement des exceptions, des réussites fabuleuses, des «rêves américains» réalisés, mais l’autre grande réalité est que la seule façon d’avoir aujourd’hui de l’argent en France c’est d’en hériter et d’avoir des relations. Si de nos jours, le travail permettait une quelconque élévation, ça se saurait, ça se vérifierait. D’ailleurs, le discours est limpide : le travail coûte trop cher : on cherche bien, et par tous les moyens, a en réduire les rétributions, à baisser les salaires. C’est bien la réalité du moment ?

On n’a guère de rapport difficile avec l’argent si l’on peut dire, on a un rapport difficile avec nos représentants politiques et les dirigeants économiques qui se croient au dessus de tout, qui prônent la modération salariale et s’octroient un gain de Loto tous les ans, rien qu’en augmentation… 150.000 euros pour 2 heures de parlote, c’est de l’escroquerie. C’est tout comme pour les rémunérations hors de l’entendement, surréalistes, astronomiques, des patrons du CAC 40, de sportifs, artistes, rentiers à la mode Bettencourt (cette pauvre femme qui n’a jamais travaillé de sa vie), profiteurs en tout genre. Et dans le cas de Sarkozy, après tous les discours tenus par ce personnage, c’est immoral, indigne, et incompatible avec les futures fonctions qu’il vise.

Reste dans cette histoire à déterminer la destination de la rétribution : sur le compte courant de Sarkozy, ou sur un compte à numéro quelque part dans un paradis fiscal ? Puisque son entourage assure qu’il s’agit d’un vrai travail, il est donc normal, comme tout à chacun gagnant de l’argent, en tant que citoyen français, de participer selon ses moyens aux charges de son pays. J’aimerai assez avoir une réponse à cette question, bien que je la connaisse déjà.

Doucement, mais sûrement, la cabane se rapproche.

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Immortel

J’avais prévu un petit billet hier pour souhaiter au monde quelques banalités d’usage quand l’actualité m’a plongé dans une profonde tristesse jusqu’à l’ankylose. Impossible de bouger, de croire ce qui s’ést déroulé en plein jour, en plein Paris. Une rédaction entière décimée. Non, je n’y crois pas, ce ne peut pas s’être passé. Pas au 21ème siècle, dans un monde dit civilisé.

Je Suis CharlieMa seule activité de la journée a été de me transporter sur la place des Terreaux pour rendre hommage aux victimes de l’immonde barbarie. J’y suis resté longtemps, pétrifié, à applaudir Stéphane Charbonnier dit Charb, Moustapha Ourad, Jean Cabut dit Cabu, Michel Renaud, Elsa Cayat, Franck Brinsolaro, Hamed Merrabet, Bernard Verlhac dit Tignous, Georges Wolinski, Frédéric Boisseau, Philippe Honoré, Bernard Maris, mais aussi tous les blessés de cette atroce boucherie inutile, en pensant à tous leur proches désormais meurtris à jamais.

Gérard Collomb a dit, comme à l’accoutumée, quelques mots de circonstance. Je n’ai alors pas applaudi. Je ne peux occulter la responsabilité que portent les hommes politiques dans leur ensemble pour ne soutenir la presse que quand un drame s’est joué. Je ne me rappelle que trop les turpitudes auxquelles ont été soumis les journalistes d’investigation, notamment de Médiapart, du Monde et quelques autres, et le tir nourri d’une classe politique incapable de mesurer son propos. J’entends encore un ancien président de la République tancer deux journalistes pris en otage en Afghanistan alors qu’ils ne faisaient que leur métier, pour nous informer. Les louanges et les complaintes d’aujourd’hui de droite ou de gauche me sont aussi insupportables que les jérémiades fondamentalistes des fous de n’importe quel dieu… Et que dire des tentatives de récupération de l’événement qui ne vont pas tarder. D’avance, Marine, ta gueule !

La presse et sa liberté, donc la nôtre, cela se défend en permanence. Cela s’affirme tous les jours. Au lieu de cela, on gaspille le temps à attiser les haines et les rancoeurs, on radicalise absolument tout sujet, on fustige l’étranger, on diabolise le musulman, le vrai, celui qui est aussi catastrophé et consterné que moi. La liberté, contrairement à la pile électrique, ne s’étiole que si l’on ne s’en sert pas.

Charlie dérangeait. Et pas qu’un peu. Charlie est passé maître dans cet art. C’est pour cela qu’on l’a tué. Ce faisant, ces idiots dégénérés l’ont rendu immortel. Sûr que quelque part, Choron, Reiser et Cavanna ont accueilli leurs copains les bras ouverts. Mais cela ne me console nullement. Il manquera toujours quelque chose, la petite case en bas à gauche dans ce grand puzzle, ce petit rien apprécié ou non qui fait la diversité, et qui finit par faire un tout.

Mais pour l’instant, je suis désespéré. Je retourne me coucher, avec les mots de Philippe Val qui tournent en boucle dans ma tête. Demain, je serai plus que jamais combatif.

Bonne année.

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Connaissez vous vraiment TAFTA ?

Pas un jour ne passe sans son alerte sur la fin de notre monde, à ses petits acquis arrachés ça et là, et qui constituent aujourd’hui notre espace plus ou moins démocratique, avec une liberté enviée par tout ceux qui n’en disposent pas.

Cependant, à force de crier à tord ou à raison au loup, l’attention et les mobilisations s’étiolent et les gardes se baissent. Et pourtant, compte-tenu des enjeux et des conséquences sur notre quotidien immédiat, il est vital de s’informer tout en gardant un esprit ouvert et critique. Cela demande souvent des efforts conséquents et le monde politique et des affaires le savent bien : quand un projet rencontre une opposition, il ne suffit que de patienter afin d’atteindre sans se fatiguer le moment ou la résistance disparaîtra d’elle-même faute de combattants.

Pour le «Transatlantic Free Trade Area», ou TAFTA, ou en bon français la «zone de libre-échange transatlantique» ou encore «accord commercial transatlantique», la méthode est identique : secret des négociations, des négociateurs et même du contenu, heureusement éventé par des fuites. D’autres projets aux méthodes et objectifs similaires, comme SOPA, PIPA, et récemment ACTA, ont été repoussés par la vigilance citoyenne et aussi internationale puisque ces tentatives de réglementations sont de plus en plus transfrontalières et s’imposent à nous sans que nous n’ayons notre mot à dire. Ce n’est pas acceptable.

Toutes ces tentatives pour structurer encore plus l’espace mondial globalisé reviennent par vagues et en silence, bien déguisées. TAFTA est la dernière en date : elle est monstrueuse de cynisme et jette ce qui reste de notre monde à des prédateurs implacables que sont les banques et les multinationales. Jetez donc un oeil attentif à ces quelques vidéos qui valent toutes bien mieux que tous les discours.

ou celle-là :

ou celle-là des Anonymous :

ou encore celle-là :

et celle-là :

ou celle-là, très documentée :

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Dieu reconnaîtra les siens

Je m’étais pourtant interdit d’en parler. Jamais. Trop passionnel, trop chargé en symboles qui font perdre le discernement le plus élémentaire, et faire passer n’importe qui pour ce qu’il n’est pas. Le seul fait d’évoquer le sujet me semblait aussi dangereux que la visite d’un missile armé dans mon salon. Parce qu’exprimer un simple avis sur le conflit israélo-palestinien dans le sens qui ne convient pas peut exposer à de sérieux ennuis. Donc, je me taisais, gardant pour moi mon indignation. Je me tenais à ma ligne directrice : motus.

Mais parfois, ce n’est plus tenable. Chaque jour nouveau, comment ne pas se révolter devant l’horreur déversée par tout ce qui transporte des images ? Ce ne sont pas les premières. Elles ne seront malheureusement pas les dernières. Et c’est Jacques Kupfer qui m’a fait sauter le rubicon. Après avoir voulu vitrifier l’Iran, ce représentant du Likoud vient, ni plus, ni moins, d’appeler à éradiquer le peuple gazaoui une fois pour toute dans une diatribe qui fait froid dans le dos, à la manière d’Arnaud Amalric décimant l’hérésie cathare il y a bien longtemps : «Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens»… S’il y en a un. Et les commentaires qui suivent sont de la même eau.

dédicaces sur les bombes destinées à Gaza...Donc je vais me lâcher. Tant de haine ne révulse. Monsieur Kupfer, il semble bien que vous n’ayez rien appris des atrocités et des génocides passés. On s’en est pris à vous, à votre communauté, dans un abominable et monstrueux holocauste, avec le monde comme témoin. Les hommes ne peuvent réparer, mais ils ont pleuré avec vous, en hurlant «jamais plus», en luttant chaque jour pour que chacun respecte l’autre. Et pendant qu’on s’escrime quasi tout les jours à rappeler ces horreurs afin qu’elles ne se reproduisent plus, qu’on lutte contre des partis politiques un rien nostalgiques, voilà que vous, le peuple martyr entre tous, vous souhaitez la disparition radicale de votre voisin, votre frère. Rappelez-vous de Jacob, qui prit le nom d’Israël. Son père Isaac était le frère d’Ismaël…

Je n’ai pas de mots pour exprimer mon dégoût. Tout cela parce ce peuple, selon vous, est de race inférieure et dégénérée, parce qu’il n’a pas le même dieu, parce qu’il est certes turbulent, parce qu’il tente maladroitement de défendre la terre qu’on lui a confisqué du jour au lendemain… le tout exprimé sans aucun état-d’âme.

Monsieur Kupfer, avec de tels propos, jamais vous n’aurez la paix. Ne comprenez-vous donc pas que toute cette violence, depuis la naissance de l’État d’Israël, et encore plus depuis 1967, est totalement improductive. Pire, vous finissez tout seul par être le grand responsable de la montée de l’anti-sémitisme un peu partout dans le monde.

C’est un peu facile, cet endoctrinement maladif du péril imminent et perpétuel de votre nation. Effectivement, je ne suis pas menacé par une roquette tirée hasardeusement. Je ne suis pas menacé par quelques barbus vociférants. Mais si je l’étais, je m’y prendrais autrement. La loi du talion n’a jamais rien résolu, et écraser quelques mouches avec un lance-flamme produit forcement des dégâts. Chaque bombe qui décime les familles palestiniennes forge une jeunesse dans le combat et produit à coup sûr les futurs membres du Hamas avec une haine sans limite. Voilà le résultat de votre raisonnement dont je peine à croire qu’il émane d’un esprit humain.

gazaMonsieur Kupfer, si vous tenez vraiment à Israël, il vous faut désamorcer rapidement cette bombe à retardement qui grossit chaque jour davantage. Pourquoi le fait de tendre la main à ces populations que vous méprisez est-elle une faiblesse ? Demandez-vous juste pourquoi les Gazaouis se sont tournés vers le Hamas. Au lieu de les enfermer, leur couper l’eau et l’électricité, de les humilier à chaque passage du mur, ces vrais terroristes, parce que c’est leur véritable nature et que cela ne se discute même pas, sont venus en aide aux populations assiégées. Avant de s’attaquer aux fondements religieux, ils ont pris soin de palier d’abord les manques les plus élémentaires du quotidien : logement, nourriture, aides diverses, soins, petits boulots… qui s’apparentent le plus souvent à de la survie. Le reste vient ensuite tout seul. Vous n’isolerez les extrémistes qu’en venant en aides aux palestiniens. Et ce serait là votre plus grande force, et le monde entier vous en sera reconnaissant.

Israël et la Palestine peuvent vivre ensemble, côte à côte, chacun avec ses spécificités. Certainement pas demain, ni même après-demain. Bien sûr qu’il y aura des heurs et des drames commis par des irréductibles, mais un acte isolé ne doit pas remettre autant de choses en question. Pour cela, il faut que votre espèce, Monsieur Kupfer, et toute cette génération de vieux faucons issus des guerres passées et du Mossad, dont le passe-temps favori était de saboter tous les traités et notamment les accords d’Oslo, s’en aillent, et qu’une nouvelle classe politique moins extrémiste apparaisse et apaise enfin cette terre de providence et de repère de tant de religions. Rappelez-vous, elles sont toutes bienveillantes et respectueuses d’autrui.

Plus que jamais, j’y crois.

D’ailleurs, il ne faut jamais dire jamais.

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Voter FN, c’est approuver les méthodes Buisson

Il y aurait de quoi écrire des centaines de pages sur la crise politique que traverse la droite qui se dit encore républicaine. Mais je ne vais pas perdre mon temps pour expliquer des évidences tant elles sautent aux yeux au moment de devoir se prononcer sur ceux qui vont diriger nos cités pour les 5 prochaines années.

Dans cette affaire des enregistrements, les seules questions qui m’intéressent sont de savoir à qui profite le crime, qui va bénéficier au final de cet épisode ? D’aucuns y voient une manœuvre de l’ex-président Sarkozy, qui a démontré depuis longtemps ses capacités à surnager dans les coups les plus tordus et à inverser avantageusement la perception de certaines affaires pour apparaître en victime et finalement en sauveur….

Sarkozy, Buisson, tous pourris !Malgré cette posture pour des actes accomplis visiblement dans le dos de l’ex-président, ce qui reste cependant à démontrer, je rappellerais tout de même que c’est Sarkozy tout seul qui a appelé Patrick Buisson à ses côtés en tant que conseiller spécial, pour droitiser son discours, pour radicaliser ses positions et chasser sur les terres extrêmes… Il a ignoré tous les avertissements concernant ce personnage déjà controversé, même ceux venus de son propre camp. Parce que, outre son idéologie inhumaine, cet oiseau est connu pour tenir un discours pour le moins puant et être un habitué de l’enregistrement en douce dans la rédaction d’un torchon d’extreme-droite. Jouer ensuite les vierges effarouchées devant les faits est autant scandaleux que les enregistrements eux-mêmes, surtout quand on est président. Encore un expérimenté donneur de leçon qui s’est fait avoir comme un bleu. Et dire que son camp traite la gauche d’amateurs…

L’autre point important est le contenu de ces enregistrements. Ici, on n’apprend finalement pas grand chose qu’on ne savait pas déjà : un exercice du pouvoir brutal, paranoïaque, dénué de tout respect d’autrui, empreint de manipulation, de grossièreté, considérant le pays comme un simple support pour mener ses petites affaires et régler quelques comptes personnels. On dirait un film de série B relatant le parcours d’un boss d’une mafia quelconque, entouré de ses vassaux et quelques porte-flingues… Sarkozy victime ? Impossible de m’y résoudre.

Le coup est cependant rude pour l’ensemble de la classe politique. Le «tous pourri» va sûrement amener beaucoup d’eau au moulin du Front National. Seulement voilà : que ceux qui sont tentés par un bulletin FN aux prochaines élections municipales comme sanction d’un espace naturellement imparfait se rendent bien compte à qui ils donnent les clefs. Voter FN, c’est approuver les méthodes Buissson. Ce sinistre personnage vient de son sein et a appliqué ce qu’il y a appris. Le FN n’est pas républicain, le FN est la négation de la démocratie. Il enregistre, manipule, discrimine, exclut… D’ailleurs toutes les municipalités dirigées par le FN par le passé ont été balayées en raison d’un affairisme et d’une corruption exacerbée.

Coté UMP, les donneurs de leçons ont montré toutes leurs aptitudes en matière de gestion. Comptes de campagne retoqués, argent envolé, sans compter leurs exploits lors du dernier quinquennat : 600 milliards de déficit… et une constance à s’affranchir des règles qui fondent une société. Bel exemple de compétence. Et ces gens veulent revenir au pouvoir sans déontologie, sans aucun programme, en utilisant le seul bashing comme argument ?

Finalement, j’irai à nouveau voter rose alors qu’il y a peu encore, j’étais prêt à déchirer ma carte d’électeur. Je peste souvent contre certaines mesures et face à la lenteur du redressement. Mais petit à petit, les choses commencent à bouger… J’ai entendu ce matin un chiffre encourageant concernant le taux de chômage.

Franchement, on n’est pas si mal. Rappelons-nous d’où l’on vient.

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Ebuzzing devient une vieille pute

Désolé pour cette grossièreté, mais spontanément, c’est la seule image qui me vient à la lecture de la réponse faite par Pierre Chappaz en personne à la requête de quelques blogueurs dont l’actuel Number One du fameux fumeux classement des blogs Ebuzzing (ex-Wikio). Ils ont simplement fait part d’un légitime étonnement de faire cohabiter de simples blogs dits «amateurs», tenus à la mimine, écrits avec les tripes, avec du contenu institutionnel qui n’a rien à voir avec les blogs comme les sites de presse, de journalistes, d’hommes politiques, des «machins» communautaires écrits à 180 mains, les agrégateurs…

En sortir ou pas, telle est la question !Je n’ai jamais fait mystère du peu d’intérêt que je porte aux évaluations, statistiques et classements en tout genre, aux jeux puérils de kikalaplugrosse, cet espèce de marotte pour tout libéral qui se respecte. Son seul intérêt, très basiquement du moins pour moi, était de se faire payer une tournée lors des KDB par le Number One… Mais la dérive actuelle de ce qu’il faut tout de même qualifier d’«institution» de la blogosphère reflète la glissade de la société vers une extrémité dangereuse. Et c’est suffisamment grave pour me tirer de mon demi-sommeil bloguesque actuel.

Car il s’agit bien d’un dérive, même si le contexte a profondément changé. C’est vrai qu’un nombre non négligeable de blogs, pas que des LeftBlogs d’ailleurs, ont trusté le Wikio d’alors. On bloguait comme des fous, mus par l’énergie du désespoir face à Sarkozy et sa bande de malfaisants. Face à l’intox du pouvoir, il y avait une vraie activité de réaction, débordante et dérangeante. Chappaz a même sous-entendu que, durant cette période, les gauchistes avaient triché pour en arriver là. Avec le changement d’hommes en mai et la sensible baisse de régime de la gauchosphère, l’occasion était trop belle pour tenter de réduire leur petite visibilité en la noyant dans un magma constitué de tout, sauf de blogs… Ebuzzing, c’est ça…

Le racolage, c’est maintenant : tout ce qui ressemble dans sa forme à un blog est bon à prendre, à générer du trafic, donc des recettes, immédiatement mises à l’abri en Suisse… quitte à accueillir à bras ouvert des expressions brunâtres qu’on aurait espéré ne plus jamais avoir à lire. Le fric n’a pas d’odeur, tout devient profitable. Demain peut-être auront droit de cité des parutions zoophiles, voire plus exotiques (pour rester politiquement correct). C’est très bon ces domaines pour le trafic, c’est participatif, donc ce sont bien des blogs, Monsieur Chappaz…

Excessif ? Ben voyons ! Changer les règles du jeu d’un outil utilisé jusque là comme une référence pour modifier l’orientation générale et promouvoir ses propres parutions, c’est déjà pas bien classe. Mais quand on se livre à des bidonnages à la #geonpi, quand on s’expatrie sous des prétextes grotesques, quand on encourage l’expression des nostalgiques de l’épuration ethnique et du bras droit tendu bien haut, pas grand chose ne peut plus me paraître excessif. Qu’il vire mon blog de la liste puante, si cela lui chante…

Quelle insignifiance cependant devant ce que vit Malala, une vraie blogueuse pakistanaise de 14 ans, entre la vie et la mort pour avoir osé écrire vouloir aller à l’école. Avec toute mon admiration et mon respect, Mademoiselle.

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Clause de conscience

La société française est en train d’écrire un nouvelle page de son histoire. Après la légalisation de l’avortement, l’abolition de la peine de mort, un gouvernement se réclamant à gauche va déposer une proposition de loi sur un sujet qui fait débat depuis des décennies, le mariage pour tous, respectant ainsi une promesse de campagne emblématique. C’était inévitable. La droite n’a pas su ou voulu se mettre dans le sens de l’histoire et de l’évolution des choses. La gauche, du moins ceux qui s’en réclament, est en passe de le réaliser. Je dis bravo.

Pour tous, cela veux dire pour tous, quel que soit le sexe. Il s’agit tout simplement, comme Jean-Marc Ayrault l’a rappelé «d’une décision de justice et d’égalité, qui prend acte de l’évolution de notre société». Si le mariage en tant que tel n’est pas un droit, il donne par-contre des droits importants, incontestables, et des protections en cas de décès du conjoint. Le mariage gay, on ne peut s’y opposer aujourd’hui qu’en étant d’une mauvaise foi empreinte de traditionalisme mêlé d’un certain extrémisme religieux. C’est un peu les mêmes d’ailleurs qui soulignent perpétuellement l’attitude quasi primitive de l’Islam et son incapacité d’adapter ses préceptes au monde qui l’entoure…

Agir en conscience : José Bové et les arracheurs d'OGMMais le plus bizarre finalement, c’est cette menace à peine voilée émanant d’élus de la nation, de le pas respecter la Loi si elle venait à être adoptée par la représentation nationale à laquelle la plupart appartient… Une pétition circule. Jacques Bompard, ex FN, en est à l’origine. Il y parle de «la liberté primordiale de ne pas cautionner ce qui ne correspond pas à son éthique» (sic), et demande «l’instauration d’un droit de retrait pour les élus en vertu d’une clause de conscience» (re-sic).

Bigre. Ces gens ne manquent pas d’air. Je vais poser une autre question. Pourrais-je faire valoir cette clause de conscience quand, en conscience, j’irai me livrer à des actes de lutte sur des sujets qui vont à l’encontre de mon éthique, comme par exemple arracher avec quelques copains des plants OGM poussant en plein champs alors que cette pratique est sous moratoire ? Certainement pas ! Le rappel à la Loi, avec sanction sonnante et trébuchante sera immédiate…

Au delà, constater qu’une élite veuille mettre en œuvre une clause de conscience, alors que ces dernières années, elle a prouvé par ses actes qu’elle n’en avait absolument aucune, est truculent au début, puis rapidement écœurant.

Je sens que mon 44 fillette va bientôt être plus efficace qu’une quelconque clause, fût-elle de conscience.

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Twitter bâillonne

«C’est ce qui arrive inévitablement lorsque l’on confie la protection de la liberté d’expression à des entreprises privées. Dans l’environnement médiatique d’aujourd’hui, le droit de parler et d’écrire librement des uns s’arrête là où commencent les intérêts commerciaux des autres.»

C’est l’évidence que décrit Dan Kennedy, professeur de journalisme à l’Université du Nord-Est à Boston à l’occasion du blocage du compte Twitter de Guy Adams. Le tort de ce correspondant aux Etats-Unis du journal «The Independant» ? Avoir critiqué via Twitter NBC pour avoir diffusé en différé certaines compétitions des JO de Londres…

Encore un compte suspendu. Demain le mien ?Comme à l’accoutumée, le site de microblogage s’est défendu avec la traditionnelle langue de bois bien adaptée en la matière, évoquant la présence d’une adresse mail dans le twit incriminé, ce qui serait formellement interdit… Imparable. Mais au delà, quand on sait que Twitter et NBC sont liés pour le contenu en ligne des Jeux Olympiques de Londres, cela change singulièrement la donne. Les esprits les plus avertis en matière de liberté d’expression y voient une forme de censure pure et simple.

La période est à la protection exclusive des marques, des ayants-droits, des actionnaires et autres profiteurs de haut-vol à grand renfort de lois, de surveillance, de restriction de libertés fondamentales. C’est ainsi. Durant les jeux, même l’expression individuelle des participants au barnum mondial est réglementée de la plus stricte façon. On y intime ce qu’il faut faire, comment le faire, et quasiment ce qu’il faut dire.

Une étrange sensation m’envahit : la fameuse toile, cet immense espace d’expression censé rapprocher les hommes et les idées, me semble de plus en plus étouffante. Accaparé par des pouvoirs de moins en moins cachés, internet échappe complètement à l’esprit initial que lui ont insufflé ses créateurs. J’ai d’ailleurs mal compris la participation à la cérémonie d’ouverture de Tim Berners-Lee, génial créateur du World Wide Web, que j’ai eu la grande chance de croiser en avril dernier à Lyon, lui qui est certes anglais, mais surtout si loin de l’état d’esprit pourri de ces Jeux. (Normalement, le CIO devrait me demander de retirer ce lien puisque, comme prévu dans les règles qu’il impose au monde, nul ne peut linker sur le site officiel des JO si les propos ne sont pas «positifs»)

Il faut que je me calme, sinon mon compte twitter risque de prendre du plomb dans l’aile.

Edit du 2 août : le compte de @guyadams a été débloqué dans la soirée, avec les excuses de Twitter. Comme quoi, rester vigilant et faire du bruit reste encore bien efficace. Qu’on se le dise !

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La statue, c’est pour quand ?

Si la date du 6 mai 2012 matérialise pour beaucoup, dont moi, le début d’un changement dont l’ampleur reste à écrire, elle marque pour d’autres un moment particulièrement difficile. Les sportifs connaissent bien ce sentiment. Les lendemains de défaite sont pénibles mais utiles : en acceptant le verdict, en portant un regard critique et lucide sur son action, on fait une partie du chemin qui permettra plus tard d’envisager une autre issue pourvu évidemment de tenir compte des avertissements et de se donner les moyens.

Statue du Mandarom à Castellane, 33 mètres de haut, détruite en septembre 2001...Dans la «compétition» politique, c’est un peu différent, quoique. A entendre quelques réactions entendues au hasard, la prise du pouvoir par François Hollande a déjà brisé des idéaux jugés fondamentaux pour le camp d’en face. Le dépit est tel que chaque jour apporte son lot de petites phrases. C’est de bonne guerre. Les chiens aboient. La caravane passe, et personnellement, aujourd’hui, cela m’amuse follement.

Visiblement, les adorateurs de Toto 1er, Brice Hortefeux en tête, sont très loin d’avoir fait leur autocritique. Inconsolables, ils ne comprennent toujours pas leur défaite. Et dans leur aveuglement, ils poussent le délire jusqu’à créer une association pour «entretenir la flamme» envers leur mentor, ce grand incompris. Parmi ces inconditionnels, il n’y a que des têtes d’affiches, des ultra-fidèles, dont Estrosi, Ciotti, Charon, Novelli, Leroy, Lefebvre… Ah la nostalgie ! Déjà ! Je la savais moteur de pas mal de réactions irrationnelles, mais de là à passer du temps et mobiliser des moyens pour «défendre les acquis de ce quinquennat», pour ne pas oublier «son exceptionnel bilan», c’est carrément surréaliste. C’est sûr, ce bilan, il nous pèse tous les jours davantage : plus de 600 milliards de dettes supplémentaires, plus de déréglementation, donc plus de crises engendrant toujours plus de précarité. Est-il bien nécessaire de défendre ce calamiteux résultat, et remettre constamment au jour l’ensemble des exactions commises à la France par Nicolas Sarkozy ? Sans compter que ce vénérable ramassis d’incapables névrosés va évidemment demander des subventions pour faire face à leur menues dépenses… Pendant ce temps, les restos du cœur et quelques autres associations d’utilité vraiment publique se battent chaque jour pour ne pas simplement disparaître !

J’ai bien peur qu’une partie de l’UMP ne sait plus quoi faire pour exister. Le boss réduit au silence après avoir cassé son jouet, éjecté du trône, il ne reste éparpillé que des orphelins déboussolés, incapables d’exister par eux-même. A voir leur béate admiration, à la manière de celle témoignée par quelques paumés au Messie Cosmo-planétaire, feu Gilbert Bourdin, Grand Maître du Mandarom, cette secte de dégénérés ultimes, j’espère juste qu’il ne leur viendra pas l’idée pour moins saugrenue d’édifier une statue en l’honneur du Lider Minimo avec de l’argent public.

Ou alors, grandeur nature. Elle ne gênera personne

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Un vulgaire licenciement

J’en avais une énorme envie. J’attendais ce moment depuis si longtemps, à ressasser sans relâche cette phrase célèbre du président à l’endroit d’un quidam l’invitant avec rudesse de partir séance tenante. Elle résonnait depuis 5 ans dans ma tête. Je m’étais juré de la crier au monde, de l’expulser au plus loin le jour venu. Il est 20 heures passé d’une minute. Le verdict est tombé et je n’ai rien dit. Je suis étonnement calme, presque serein. Ma télévision est déjà éteinte. Je n’ai aucune envie d’entendre les gémissements des vaincus expliquer l’inexplicable… Je m’apprête à descendre dans la rue avec ma bouteille de champagne.

Place Bellecour 21h : le début de la vie, en rose...François Hollande a été désigné par les français Président de la République. Pour moi, depuis ce jour, la fonction reprend une majuscule. Je me fiche bien du score, des reports de voix, et des déclarations des uns et des autres, vainqueurs ou vaincus. D’ailleurs, je ne me sens pas gagnant, je suis surtout soulagé, débarrassé d’un poids invisible qui, chaque jour davantage, me faisait baisser la tête. Par mon vote pour François Hollande, je me suis surtout exprimé pour la République, pour plus de solidarité, pour plus de respect, face à l’extrémisme, la manipulation, le mépris et le mensonge poussé en 15 jours à son paroxysme. Je n’ai visiblement pas été le seul frappé par cette opposition, par cette outrance inimaginable. Un second mandat de cet acabit aurait été une catastrophe sans nom.

Je ne veux rien entendre du bruit qui a suivi la chute du grand maître. J’en connais déjà toute la teneur : Morano, Copé, et tous les clowns de l’UMP vont se présenter tel le Caliméro moyen, argumentant que ce n’est toujours pas de leur faute, que la crise a rendu leur tâche difficile, et que les français n’ont pas compris l’action salvatrice de ce président dont les effets bénéfiques se produiront sur un terme plus long… Bien sûr, la crise… Il n’ont toujours rien appris, rien compris. Aucune humilité, aucune remise en cause. La crise, ils ne l’ont subie en aucune façon puisqu’ils l’ont entièrement provoqué et favorisé par toutes leurs décisions. Ils n’ont fait que s’en servir quotidiennement pour remettre en cause les fondement et les protections de notre société en pensant que personne ne s’en apercevrait. C’est raté.

La sanction est là. Le peuple s’est exprimé souverainement. Sarkozy, c’est fini. Lui a perdu gros. Les protections vont bien vite tomber, faisant sortir des placards les dossiers Karachi, les financements occultes de campagnes, les cadeaux démesurés aux copains et les petits arrangements avec des dictateurs… Le costume était trop grand pour lui, trop occupé à utiliser la fonction et le pouvoir attaché à se venger de tous ceux qui ne lui ont pas apporté un soutien inconditionnel. Je suis sûr que, même dans son camp, pas mal de personnes doivent être soulagées.

Je me rappelle de la liesse de 1981. Je n’avais pas 18 ans, et tout cela me passait bien haut par dessus la tête. Ce soir, je pars avec ma bouteille et ma femme sous le bras (ou l’inverse) fêter, non pas la victoire de Hollande, mais bien l’éviction de Sarkozy. Je veux dire le licenciement, pour faute professionnelle. Viré, comme un vulgaire ouvrier. Et je m’en réjouis, sans aucune insulte.

Merci à vous tous, et à très bientôt…

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