19
2012
Miaaaaoooouuuuuuu
Je n’ai jamais su faire de billet très court, qui colle à l’actualité avec trois fois rien, avec un visuel qui se suffit à lui-même. En fait, l’actualité ne m’en donne guère la possibilité. Mais aujourd’hui, j’ai le clavier paresseux. De plus, tout a déjà été dit, et je ne trouve rien à ajouter pour tenter de qualifier ce simulacre de démocratie pour désigner le chef d’une formation politique moribonde.
Je ne peux cependant pas m’empêcher de remarquer la béate admiration de cette militante UMP pour son favori. C’est extraordinaire, ce pouvoir, cette passion ! Je ne pensais pas Fillon et Copé capables de cela. Mais c’était certainement avant la magnifique auto-proclamation des résultats parce qu’à cette heure, cette militante doit être toutes griffes dehors…
Tout cela pour devenir Président d’un parti qui va se faire dicter sa ligne de conduite par le FN…
14
2012
Et si François Hollande réussissait ?
L’exercice était attendu. Conformément à ses engagements, François Hollande, Président de la République s’est livré à un devoir périlleux en pleine tourmente : expliquer et justifier avec calme et détermination le cap qu’il entend imprimer à la France pour la sortir d’une ornière consciencieusement creusée pendant la dernière décennie.
Bousculé de partout, souffrant d’un chute brutale de popularité, il a livré, à mon sens, une copie de haute tenue. Il y avait dans cette conférence de presse une présence, une stature, une dimension présidentielle, mais surtout la démonstration d’une connaissance pointue des dossiers de la République. Aucune hésitation, aucune approximation n’a été relevée par une presse habituellement friande de ce genre de choses.
Malgré ma déception, en raison d’un début de mandat marqué par de retentissants renoncements, même s’il y a aussi de réelles avancées, je ne regrette absolument pas mon choix d’il y a 6 mois. Aujourd’hui, cette conférence de presse a modifié sensiblement ma manière de percevoir l’action de ce gouvernement. Certains y verront une forme de découragement, un renoncement, une forme de capitulation face à l’ennemi voire un ralliement au capitalisme débridé. Il n’en est rien. Absolument rien.
Ce qui est sûr, c’est qu’il est inutile de continuer à consommer son énergie à fustiger sans cesse l’action des prédécesseurs. Toute la gauche devrait en prendre acte, et garder son calme. Le bilan est là, catasptrophique, terriblement présent et tangible. C’est un fait. François Hollande n’y peut rien, mais c’est à lui qu’incombe désormais la solution, ou du moins l’atténuation des conséquences sur toutes les composantes de la nation. Il le savait en sollicitant la fonction.
Ce qui est certain aussi, c’est que s’attaquer de plein front aux patrons et aux financiers devient rapidement contre-productif. Incontestablement une majorité s’en met plein les fouilles en exploitant honteusement les ressources et en surfant habilement sur les réglementations. Ils continueront leur manèges et profiteront des recommandations du rapport Gallois en soustrayant bien des ressources à la solidarité nationale et au redressement du pays. On voit bien le résultat à chaque possible ponction du clan des riches : ils montent au créneau ou s’enfuient… Ils en ont les moyens, et la société les écoute.
Pas nous. Nous n’avons aucun moyen d’échapper à la loi du marché qui contrôle tout. Il y a la certitude de la main-mise du système, de la sanction immédiate si François Hollande se proposait soudainement de distribuer une manne dont à l’évidence l’Etat est privé. Il n’y a pas de sous, pas de boulot, juste des dettes et un sixième de la population en grande détresse. Il m’est aussi difficile de l’admettre, mais au final, n’avons-nous pas intérêt à davantage soutenir ce gouvernement dans son action ? N’avons-nous pas le devoir de montrer que le redressement du pays est non seulement possible, mais faisable, envers et contre les geonpis, les patrons-voyous et les millionnaires de Neuilly et du CAC40 ? Parce qu’il n’est pas envisageable d’échouer, parce que ce faisant, on livrerait dans 4 ans le pays à une droite rancunière et revancharde ou au Front-National, ce qui en somme est un peu pareil. Et si François Hollande réussissait ? On en profiterait tous…
Je le répète, il n’y a pas de virage de ma part, mais une forme de pragmatisme sourd, presque forcé. Même si tout n’est pas parfait, loin de là, ces 6 mois d’après Sarkozy ont définitivement démontré que droite et gauche, ce n’est vraiment pas pareil.
Rappelons-nous tout de même d’où l’on revient…
6
2012
Les donneurs de leçons
Ca y est, le rapport Gallois tant attendu est rendu public. Commenté plus que de raison avant même sa sortie, il se présente comme un diagnostic de la situation économique de la France. J’ai parcouru docilement ses 74 pages (dont 27 de titres ou carrément blanches et 7 de rappels et d’annexes) pour y trouver noir sur blanc le bilan économique désastreux des années Chirac et Sarkozy : abandon total de l’industrie, décrochage abyssal de la compétitivité, pourrissement des rapports sociaux…
Le rapport le dit : hors énergie, la balance commerciale de la France est passé de 2002 à 2011 de +25,5 milliards d’Euros à -25,4. Ce résultat n’est pas celui de l’incurie économique d’un gouvernement socialiste, comme se plaît à le souligner l’UMP à longueur de journée depuis 6 mois, c’est bien l’héritage qu’a laissé un gouvernement bien plus soucieux de protéger une France de rentiers et de profiteurs de haut vol. Et c’est à cette situation de calamité industrielle et morale que Jean-Marc Ayrault et son gouvernement doit faire face aujourd’hui. Les donneurs de leçons seraient bien avisés de la mettre en veilleuse quelque temps.
L’exercice est compliqué mais peut être grandement profitable. Le constat fait sur situation économique de la France est indéniable. Inutile de se lamenter davantage sur son origine. En fait, la manière dont le gouvernement va se saisir des 22 propositions de Louis Gallois peut déterminer l’ensemble du quinquennat de François Hollande, et pourquoi pas en positif ?
Pour l’heure, je ne commenterai que la mesure phare, la 4ème proposition : le choc de compétitivité. Parce qu’elle est emblématique de la capacité à ne pas produire les effets escomptés sans un encadrement draconien. Il s’agit d’une vieille rengaine libérale maintes fois mise sur le devant de la scène : transférer 30 milliards d’allègement de cotisations patronales et salariales vers la CSG et la TVA… afin de redonner aux entreprises un «ballon d’oxygène».
Mais quelques rappels s’imposent. Il faut déjà se souvenir que la part des salaires dans la valeur ajoutée a reculé pour passer de 68 % dans les années 1980 à 58 % aujourd’hui. Les différentes politiques d’exonérations ou de réduction des cotisations sociales sont passés de 1,9 milliards en 1992 à 30,7 milliards en 2008… Durant cette période, le partage de la richesse produite a fait basculer en cumul 1.500 milliards de salaires et cotisations vers les profits. Il y avait bien de quoi investir. Qu’en ont fait les entreprises ?
En cause : la pression des actionnaires sur les salaires, mais aussi sur les investissements : les données de l’INSEE sur les sociétés non financières montrent qu’en 2009, les dividendes distribués équivalent à 12,4 % de la masse salariale, contre seulement 4,5 % au début des années 1980. Ces mêmes dividendes représentaient 41 % de l’investissement des sociétés contre 16 % au début des années 1980. En fait, le manque de compétitivité ne semble dû qu’à l’avidité des rentiers qui ponctionnent jusqu’à empêcher l’investissement le plus élémentaire…
Qu’est ce qui changerait si on appliquait en l’état la 4ème proposition Gallois ? Rien. Sans parler de l’inévitable baisse de pouvoir d ’achat engendré par la hausse de la CSG et de la TVA, reporter le produit des cotisations sociales (un salaire indirect en somme) vers l’impôt va accentuer le déséquilibre dans le partage de la valeur ajoutée et perturber l’aspect redistributif attaché initialement au produit fiscal. Mais surtout, rien ne garantit du résultat escompté, à l’image de la fameuse baisse de la TVA dans la restauration où moins de 1/5ème des établissements concernés n’ont réellement joué le jeu. Il y aura bien un ballon d’oxygène, mais sans encadrement dans son utilisation, qui peut affirmer que le produit de la mesure ne partira pas directement dans les poches des actionnaires ?
Enfin, pour être totalement honnête, je vois mal les grands patrons du CAC40 agir autrement. Imaginons un seul instant que sous le coup de la mesure l’investissement se relance, que l’économie reparte, que le commerce extérieur s’équilibre, que la croissance revienne, donnant à ce quinquennat un bilan en béton armé et à François Hollande l’image d’un sauveur…. Comment l’UMP pourra-t’elle ensuite critiquer l’inexpérience, l’inculture économique et l’amateurisme du gouvernement et faire valoir ses méthodes qui ont mené la France dans le mur ?
Tout cela me paraît bien peu crédible. Jean-Marc Ayrault aura à faire un choix important : s’appuyer tout ou partie sur le catalogue Gallois et ses mesures dictées par le MEDEF, ou les assortir de garde-fous pour mesurer, réguler et encadrer l’utilisation des fonds destinés à l’investissement dans l’outil de production, la recherche et l’innovation. En somme, tout ce que ne veulent pas les entreprises…
On est pas sorti de l’auberge. Par contre, les pots cassés, je sais qui les paiera.
2
2012
J’approuve, mais…
31
2012
De moins en moins rose
Chaque nouveau jour apporte au gouvernement son lot de tracasserie politique, offrant à l’opposition, et sur un plateau d’argent, des munitions en nombre pour un dézingage d’usage. Au départ, il y a incontestablement quelques hésitations et maladresses, inhérentes à tout apprentissage d’une nouvelle fonction. Tout le monde, même à droite, est passé par là. En somme, cela ne serait pas bien significatif si dans l’ensemble, le camp aux manettes montrait une cohésion un peu plus manifeste.
J’ai une désagréable impression qui se renforce chaque jour davantage au fur et à mesure des contrariétés accumulées par le gouvernement socialiste. Il y a, et ce n’est pas une surprise, toutes ces actions des lobbys patronaux qui montent au créneau tous les 4 jours pour défendre ces pauvres entrepreneurs spoliés. Mais il y a aussi toutes ces petites phrases, parfois assassines, qui proviennent de membres du PS… A ce titre, l’attitude de l’actuel Maire de Lyon Gérard Collomb me semble symptomatique dans le brouillage du programme sur lequel François Hollande a été élu.
La dernière sortie médiatique du baron lyonnais est éloquente. Interrogé sur Europe1 au sujet du mariage pour tous, il a expliqué qu’il «laisserait le soin à ses maires et ses adjoints de célébrer ces mariages».
En pratique, Gérard Collomb ne célèbre que très exceptionnellement des mariages. Autant dire jamais, ce qui rend l’affirmation somme toute cohérente avec sa réalité. Mais cette petite phrase peut être utilisée à toutes les fins. En communication pure, c’est une porte grande ouverte à toutes les interprétations possibles et inimaginables pour une opposition qui n’en espérait même pas tant… Il me semble que dans le contexte actuel, il aurait pu s’en passer. Il aurait dû s’en passer. Ce faisant, en tant que pièce maîtresse sur l’échiquier politique, il contribue activement à fragiliser la position du gouvernement dans sa croisade pour l’égalité de tous face à l’institution du mariage.
Ce n’est pas la première fois d’ailleurs qu’il brouille les pistes et froisse son propre camp. Ségoléniste quand il était de bon ton de l’être, Strauss-Kahnien au sortir des primaires jusqu’à la fameuse nuit du 14 mai 2011, Hollandiste non pratiquant depuis, ce libéral pur jus est très lié au grand patronat lyonnais, prônant dans ses écrits le désengagement de l’Etat dans la vie économique… Sans remonter bien loin, sans même évoquer les tourments qu’il fait subir à ceux qui s’opposent un peu trop à sa volonté, j’ai encore l’aigre souvenir du non respect de l’accord électoral PS/EELV lors des élections législatives, puis la tonitruante annonce qu’il refusait purement et simplement de renoncer au cumul des mandats… On ne peut guère attribuer ces agisements à un quelconque amateurisme ou inexpérience politique. En fait, je me demande ce qu’il fait au PS.
Gérard Collomb a certainement été utile à la ville de Lyon et son image. Mais certaines attitudes «old school» du personnage, cette manière de faire de la politique, d’abord pour soi, à sa main, accroché à son rang et ses privilèges, sans se soucier de ce qui se passe ailleurs et dans son parti, ça ne passe plus. Sur le coup, je ne vais pas me faire des amis, mais je rappellerai juste que François Hollande, lors de la campagne présidentielle, prônait un changement de mœurs politiques, dans la manière de servir l’intérêt général. En restant au PS, il a accepté de fait ces nouvelles dispositions. Mais à la mairie place de la comédie, rien n’a changé.
Il me semble que s’occuper de l’intérêt général, aujourd’hui, ça se partage, comme le travail, comme le reste.
22
2012
Le média de ceux qui n’en ont pas #touchepasmablogo
Nous, blogueurs et blogueuses, et avant cela citoyens et citoyennes, défendons les valeurs de l’indépendance et du bénévolat. C’est dans cet esprit que nous alimentons nos blogs, libres de tout intérêt financier extérieur qui pourrait guider notre expression.
Wikio avait en son temps joué un rôle important dans l’émergence de cette communauté de blogs, en assurant leur promotion et entretenant une saine émulation entre eux, avec son classement des blogs.
Wikio est devenue plus grande, elle s’appelle aujourd’hui Ebuzzing et a de nouvelles ambitions. Des blogs institutionnels, des blogs de personnalités venues du monde politique ou médiatique rémunérés par des journaux ou des partis politiques ont été intégrés à la liste des blogs. Pis encore, des agrégateurs de liens et de contenus, des sites semi-professionnels, ont soudainement rejoints les bases de données d’Ebuzzing, y compris des sites d’extrême-droite qui usent à grande échelle de méthodes plus que suspectes pour gagner en notoriété.
Nous considérons donc, puisque ce n’est plus un classement des blogs, mais un fourre-tout de ce qui se produit sur Internet, que nous n’avons plus notre place dans ce classement. Nous suspectons que le patron d’Ebuzzing, qui vient de lancer sa carrière politique et qui est aussi un des fers de lance du mouvement des «pigeons», a changé les règles du jeu pour des raisons idéologiques. Il y a pour nous conflit d’intérêt.
Nous avons décidé de ne plus en être et avons exigé de Ebuzzing la suppression de nos blogs de ses bases de données, parce que nous voulons que notre liberté et notre indépendance soient traitées à part.
Un message auquel je m’associe pleinement et qui renvoie à une tribune «Touche pas à ma blogosphère» plus détaillée consultable chez Dedalus.
16
2012
Français et libéral de souche
C’est le dernier billet de la série. On passera ensuite à autre chose. Mais avant, battons le fer pendant qu’il est chaud, soufflons encore un peu sur les braises, histoire de montrer que le blogage de gauche est loin d’être mort, comme semble le souhaiter Pierre Chappaz, grand patron de net-entreprises, fondateur de Kelkoo, de Wikio devenu Ebuzzing et fer de lance des #geonpi… Installé en Suisse depuis peu, il aurait été fort courroucé d’être qualifié d’«exilé fiscal». Il explique les raisons de ce choix en présentant ce pays comme une «société agréable à vivre», etc, etc… En quelques mots le programme de la France forte en 2007.
Je lui rappellerais juste que c’est exactement les mêmes raisons qui poussent les sénégalais, les malins, les libyens et autres africains à franchir à grand péril la Méditerranée pour arriver en France, pour trouver un peu de respect, de travail, de réussite, de démocratie qui font tant défaut chez eux, manquements qui pourrissent carrément la vie et dont nos sociétés sont d’ailleurs grandement responsables. Sauf que dans cette société française façonnée par les libéraux à la sauce Chappaz, ces gens là, on les embarque, on les place en centre de rétention, et on les renvoient dans leur enfer. La France aux français de souche, les autres dehors…
Comme d’habitude, il y a deux poids deux mesures. Le libéral aime à vivre sans entraves mais réglemente la vie d’autrui, sans parler des moyens de se soustraire de la contrainte liée à la solidarité nécessaire dans toute vie en société. Quelle société d’abord ?
Je suis d’accord avec Pierre Chappaz sur un point : ce pays est malade. Comme lui, depuis un paquet d’années, j’en prend plein la gueule du climat dépressif et de la haine anti-pauvre, anti-assisté, anti-chômeur, anti-étranger, anti fonctionnaire, anti-syndicaliste, anti-retraité relayés par les médias, les pseudos-entrepreneurs, les #geonpi, les banquiers, les politiques français. Et je ne l’ai pas supporté. Je ne le supporte toujours pas. Il me semble qu’avec un peu plus de partage, il y aurait de la place pour tout le monde.
Après y avoir foutu le bordel, voilà qu’il se casse. Pour ma part, je reste, même si j’avais le choix.
12
2012
Ebuzzing devient une vieille pute
Désolé pour cette grossièreté, mais spontanément, c’est la seule image qui me vient à la lecture de la réponse faite par Pierre Chappaz en personne à la requête de quelques blogueurs dont l’actuel Number One du fameux fumeux classement des blogs Ebuzzing (ex-Wikio). Ils ont simplement fait part d’un légitime étonnement de faire cohabiter de simples blogs dits «amateurs», tenus à la mimine, écrits avec les tripes, avec du contenu institutionnel qui n’a rien à voir avec les blogs comme les sites de presse, de journalistes, d’hommes politiques, des «machins» communautaires écrits à 180 mains, les agrégateurs…
Je n’ai jamais fait mystère du peu d’intérêt que je porte aux évaluations, statistiques et classements en tout genre, aux jeux puérils de kikalaplugrosse, cet espèce de marotte pour tout libéral qui se respecte. Son seul intérêt, très basiquement du moins pour moi, était de se faire payer une tournée lors des KDB par le Number One… Mais la dérive actuelle de ce qu’il faut tout de même qualifier d’«institution» de la blogosphère reflète la glissade de la société vers une extrémité dangereuse. Et c’est suffisamment grave pour me tirer de mon demi-sommeil bloguesque actuel.
Car il s’agit bien d’un dérive, même si le contexte a profondément changé. C’est vrai qu’un nombre non négligeable de blogs, pas que des LeftBlogs d’ailleurs, ont trusté le Wikio d’alors. On bloguait comme des fous, mus par l’énergie du désespoir face à Sarkozy et sa bande de malfaisants. Face à l’intox du pouvoir, il y avait une vraie activité de réaction, débordante et dérangeante. Chappaz a même sous-entendu que, durant cette période, les gauchistes avaient triché pour en arriver là. Avec le changement d’hommes en mai et la sensible baisse de régime de la gauchosphère, l’occasion était trop belle pour tenter de réduire leur petite visibilité en la noyant dans un magma constitué de tout, sauf de blogs… Ebuzzing, c’est ça…
Le racolage, c’est maintenant : tout ce qui ressemble dans sa forme à un blog est bon à prendre, à générer du trafic, donc des recettes, immédiatement mises à l’abri en Suisse… quitte à accueillir à bras ouvert des expressions brunâtres qu’on aurait espéré ne plus jamais avoir à lire. Le fric n’a pas d’odeur, tout devient profitable. Demain peut-être auront droit de cité des parutions zoophiles, voire plus exotiques (pour rester politiquement correct). C’est très bon ces domaines pour le trafic, c’est participatif, donc ce sont bien des blogs, Monsieur Chappaz…
Excessif ? Ben voyons ! Changer les règles du jeu d’un outil utilisé jusque là comme une référence pour modifier l’orientation générale et promouvoir ses propres parutions, c’est déjà pas bien classe. Mais quand on se livre à des bidonnages à la #geonpi, quand on s’expatrie sous des prétextes grotesques, quand on encourage l’expression des nostalgiques de l’épuration ethnique et du bras droit tendu bien haut, pas grand chose ne peut plus me paraître excessif. Qu’il vire mon blog de la liste puante, si cela lui chante…
Quelle insignifiance cependant devant ce que vit Malala, une vraie blogueuse pakistanaise de 14 ans, entre la vie et la mort pour avoir osé écrire vouloir aller à l’école. Avec toute mon admiration et mon respect, Mademoiselle.
11
2012
Clause de conscience
La société française est en train d’écrire un nouvelle page de son histoire. Après la légalisation de l’avortement, l’abolition de la peine de mort, un gouvernement se réclamant à gauche va déposer une proposition de loi sur un sujet qui fait débat depuis des décennies, le mariage pour tous, respectant ainsi une promesse de campagne emblématique. C’était inévitable. La droite n’a pas su ou voulu se mettre dans le sens de l’histoire et de l’évolution des choses. La gauche, du moins ceux qui s’en réclament, est en passe de le réaliser. Je dis bravo.
Pour tous, cela veux dire pour tous, quel que soit le sexe. Il s’agit tout simplement, comme Jean-Marc Ayrault l’a rappelé «d’une décision de justice et d’égalité, qui prend acte de l’évolution de notre société». Si le mariage en tant que tel n’est pas un droit, il donne par-contre des droits importants, incontestables, et des protections en cas de décès du conjoint. Le mariage gay, on ne peut s’y opposer aujourd’hui qu’en étant d’une mauvaise foi empreinte de traditionalisme mêlé d’un certain extrémisme religieux. C’est un peu les mêmes d’ailleurs qui soulignent perpétuellement l’attitude quasi primitive de l’Islam et son incapacité d’adapter ses préceptes au monde qui l’entoure…
Mais le plus bizarre finalement, c’est cette menace à peine voilée émanant d’élus de la nation, de le pas respecter la Loi si elle venait à être adoptée par la représentation nationale à laquelle la plupart appartient… Une pétition circule. Jacques Bompard, ex FN, en est à l’origine. Il y parle de «la liberté primordiale de ne pas cautionner ce qui ne correspond pas à son éthique» (sic), et demande «l’instauration d’un droit de retrait pour les élus en vertu d’une clause de conscience» (re-sic).
Bigre. Ces gens ne manquent pas d’air. Je vais poser une autre question. Pourrais-je faire valoir cette clause de conscience quand, en conscience, j’irai me livrer à des actes de lutte sur des sujets qui vont à l’encontre de mon éthique, comme par exemple arracher avec quelques copains des plants OGM poussant en plein champs alors que cette pratique est sous moratoire ? Certainement pas ! Le rappel à la Loi, avec sanction sonnante et trébuchante sera immédiate…
Au delà, constater qu’une élite veuille mettre en œuvre une clause de conscience, alors que ces dernières années, elle a prouvé par ses actes qu’elle n’en avait absolument aucune, est truculent au début, puis rapidement écœurant.
Je sens que mon 44 fillette va bientôt être plus efficace qu’une quelconque clause, fût-elle de conscience.
2
2012
TSCG : le cercle vicieux de l’austérité
C’est un grand jour, ou un jour noir, selon la vision qu’on porte à l’Europe. Les représentants de la nation française s’apprêtent à ratifier le Traité pour la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG). Rédigé par Angela Merkel, ce texte emblématique du monde de la finance, est le dernier bijou devant enfin et à coup sûr sauver l’Europe de ses maladies structurelles.
Qui l’eût cru, l’Europe est malade. Pourtant notre président d’avant avait bien juré craché cent fois l’avoir guéri définitivement. Mais au-delà de ces gesticulations théatrales, la succession des traités montre que la construction de l’Europe a pris un virage majeur. Depuis l’acte fondateur en 1957 (Traité de Rome) consacrant un engagement dans une union forte, cet ensemble dérive dangereusement jusqu’à se faire menaçant pour les peuples.
Le premier gros coup vient de l’Acte Unique en 1986. Sous la poussée de l’Angletterre tatchérienne, on promeut la libre circulation des biens et services, et on cherche à supprimer tout interventionnisme des états, sauf en faveur du marché. S’en suivent une série d’autres (traité de Maastricht, traité d’Amsterdam, pacte de stabilité et de croissance, traité de Nice) qui posent petit à petit les bases d’un pouvoir néolibéral au dessus des Etats. Ils font les beaux jours des financiers et spéculateurs avenc notamment une nouvelle monnaie qui ne dispose d’aucuns des outils de régulation normalement à sa disposition pour se défendre face aux autres devises. Les fortunes se sont amplifiées pendant qu’on faisait déjà payer la note à la masse laborieuse.
Certains peuples n’ont toutefois pas été totalement aveugles des manigances libérales en refusant le traité constitutionnel, mais n’ont pas eu droit au chapître pour le traité de Lisbonne qui reprend mot pout mot la défunte constitution… S’en suit une activité continue, sur fond de désordres majeurs, pour finir le travail et faire totalement échapper la chose européenne au contrôle des citoyens. Les patrons en sont les éminences de Goldmann & Sachs et consorts, ceux-là même qui ont provoqué la crise et poussé les pays les plus faibles dans l’état dans lequel ils se trouvent.
Ainsi, tout est désormais en place. Pour stimuler l’emploi, la compétitivité et renforcer la stabilité financière, on en arrive à des remises en causes des plus importantes engendrant une précarité généralisée, menaçant tous les systèmes de protection et de solidarités, conduisant par exemple à considérer qu’un contrat de travail en CDI est un frein à la flexibilité… TINA (There is no alternative)…
On est très loin de l’Europe des peuples, par et pour les peuples. Le TSCG, que la gauche a dénoncé avant d’arriver aux affaires, sera ratifié en l’état, alors que le candidat Hollande avait promis de le renégocier. Par le fait, il valide cette austérité perpétuelle rendue necéssaire pour les besoins des financiers, cette tutelle continue sur les Etats avec les coups de matraques pour ceux qui oseraient crier leur désacord dans la rue. Ce n’est ni plus ni moins que l’alignement total et entier sur l’idéologie néolibérale pronée par Milton Friedman et Friedrich Von Hayek.
J’avais alerté les députés de mon département il y a peu sur les dangers du TSCG. Seul Jean-Louis Touraine, député PS de la 3ème circonscription du Rhône a pris soin de me répondre, ce qui ne m’étonne pas de sa part. Je l’en remercie, même si je ne partage pas ses arguments, notamment quand il explique que «l’adoption de ce traité fait partie d’un ensemble, d’un compromis nécessaire pour le rééquilibrage de la construction européenne vers des politiques de relance keynésiennes». Je n’y crois pas un seul instant, Keynes et Hayek n’ayant pas vraiment d’atomes crochus…. Je redoute beaucoup ce que je considère comme une volte-face dans le message politique délivré parce que les français, en mai dernier, n’ont pas changé les hommes pour poursuivre cette politique de soumission aux marchés et de promotion du libéralisme exacerbé.
La Grèce, l’Espagne et l’Italie montrent à l’évidence que l’austérité ne résoud en rien les problèmes au contraire. J’aurais apprecié que le nouveau pouvoir, dit de gauche, brise le cercle vicieux dans lequel il s’enferme tout seul, et qui risque fort de le broyer à son tour.





Alter Oueb, déclaré à la