Sarkozy, Blatter, même combat

Quand on croise une célébrité, surtout quand elle est issue du monde politique ou des affaires, dans les couloirs d’un palais de justice, le sourire de façade dissimule souvent mal la tension, ce qui ne l’empêche nullement d’asséner avec conviction l’invariable «je suis serein, le dossier est vide, et j’ai confiance en la justice»… Parce qu’on ne s’aventure en ces lieux que forcé. A l’évidence, cet endroit est assez mal adapté pour y passer un moment de détente, pour y déambuler en sifflotant l’esprit léger. Si leur présence est requise, c’est bien souvent suite à des faits suffisamment tangibles susceptibles de porter atteinte aux règles régissant le vivre ensemble, et qui fondent notre belle, grande et harmonieuse société. Ensuite la justice passe. Elle juge et se prononce. Ou pas.

Il faut cependant reconnaître que dans cet ensemble idyllique, il reste des individus qui traversent l’espace de manière atypique en nourrissant la gazette judiciaire de grandes histoires, de procès retentissants, et de décisions souvent déconcertantes. Lequel des deux est le plus filou, lequel des 2 sera condanné en premier ?Concernant le monde politique et des affaires, c’est le moins que je puisse dire. C’est un peu ainsi que je perçois le verdict que vont prononcer les juges bordelais dans l’affaire Bettencourt. Vraisemblablement, une partie de la nébuleuse entourant la richissime héritière sera condamnée pour avoir profité de son incapacité en raison d’une maladie invalidante… Dépouiller une infirme ! Quels personnages ! J’aime cette grandeur d’âme, cet état-d’esprit. Dire ce certains ensuite se présentent ensuite devant les caméras de télévision clamer leur sens du sacrifice pour le pays et leur foi dans l’intérêt général !

En fait, ce n’est pas tant le verdict que la population mise en cause qui me pose problème. Les quelques margoulins pris par la patrouille sont incontestablement d’abjects personnages, des escrocs professionnels. Mais le principal bénéficiaire, celui par lequel tout s’est fait jour ne figure même pas au rang des prévenus. S’il n’y est pas, c’est que la justice l’a blanchit, pour vice de forme, en non sur le fond, qui n’a donc jamais pu être vraiment examiné. C’est fini, enterré. Bien joué Bismuth.

Il y avait déjà le «responsable mais pas coupable», on est désormais passé à autre chose, au «je suis en plein dedans et en plein jour, mais vous fatiguez pas, je suis intouchable» avec un posture habile de victime faisant face à un acharnement maladif. Un peu comme Sepp Blatter, autre président omnipotent, grand mamamouchi d’une association à but non lucratif, qui trempe dans toutes les magouilles et à l’échelle planétaire, qui achète qui et ce qu’il veut au su et au vu du monde entier, à faire pâlir les pires mafias et voit tous ses copains de jeu se prendre un carton rouge, mais pas lui, pas sa famille… Joli dribble Blatter.

Le temps et l’état de droit sont des alliés précieux. Les Bismuth, Copé, Balkany, Tibéri et consorts ne le savent que trop. Pas une semaine ne passe sans une sordide affaire bien puante contraire à toute morale pour des individus en quête de responsabilités publiques. Sans parler de Pasqua, naguère omniprésent, grand-maître incontesté en matière de corruption et de trafic d’influence, qui a miraculeusement traversé toutes les tempêtes judiciaires sans jamais se mouiller. Et pourtant, sa vie de truand en costard était aussi visible qu’un nez au milieu de la figure.

Côté justice, du point de vue du citoyen lambda, rien ne se passe, rien qui remette un peu ces indélicats à leur place. Entre la rigueur de la procédure, le manque de moyens récurent de l’institution, et évidemment les accusations qu’elle subit sur sa non-indépendance face au pouvoir, il n’est pas facile de faire tomber les gros bonnets. La lenteur de l’ensemble leur permet de bien profiter à titre personnel des largesses qu’ils savent attirer, et quand la lame de la justice passera, ils seront sagement rangés des voitures dans un état physique qui leur épargnera, par humanité, les désagréments de la vie en promiscuité forcée, et même les réparations pécuniaires…

Là, c’est trop. J’ai l’air un peu naïf de m’emporter ainsi. Tout cela n’est guère nouveau. C’est vieux comme le monde. A son époque, Jean de la Fontaine l’avait aussi remarqué. Ce n’est pas une raison en tout cas pour s’abstenir de le répéter.


Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Les animaux malades de la peste (1678)

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Le rapport à l’argent

Ainsi, au plus fort de la tourmente causée par l’élimination du candidat UMP au premier tour de la législative partielle dans la 4ème circonscription du Doubs, la tête du parti était ailleurs, très loin, vaquant à des occupations très personnelles. Pendant que le président de l’UMP donnait une «conférence» très rémunératrice au Quatar, ses ouailles ferraillaient dur pour savoir si on pouvait aider le loup à entrer dans la bergerie. Devant le début de polémique engendré, un commentateur avisé de cette actualité, sur une radio d’info continue, avait cru utile de justifier ce déplacement en soulignant que s’il y avait controverse, c’était notamment parce que «les français avaient un rapport difficile à l’argent».

Alors là, je dis bravo. Jolie pirouette, triple boucle piquée arrière sur une jambe cambrée inversée… Me voila rassuré : il ne s’agit donc que d’un simple problème d’argent. Rien à voir avec la politique, avec l’expression des idées et la manière dont on organise la société. Aucun lien avec un élémentaire problème de gouvernance alors que l’UMP est dans la tourmente, incapable d’avoir une ligne directrice, un début de programme cohérent. Non. Sarkozy, chef de parti, ancien président de la république, était attaqué parce qu’il gagnait beaucoup d’argent.

Ali Baba et les 40 voleurs, mythe ou réalité ?Rien de bien nouveau donc, mais le thème du rapport à l’argent me pose question. Le commentateur sus-cité n’a pas totalement tort dans son affirmation. C’est vrai qu’ici, il est assez mal vu d’afficher sa réussite. Ce que je nuancerais toutefois en ajoutant «quand c’est ostentatoire», et d’autant plus que cette réussite, si c’en est une, «est rapide» et surtout «hors de toute proportion».

En fait, je ne crois pas que ce rapport soit plus difficile qu’ailleurs. Je crois essentiellement qu’en période de crise, qui dure tout de même, et officiellement, depuis le premier choc pétrolier, gagner beaucoup d’argent sans raison réelle est insupportable aux yeux du citoyen lambda. Voir les entassements se faire avec facilité et régularité sont un rien déconcertants alors que l’immense majorité des foyers gère au quotidien la pénurie et les privations. Sans parler que les mêmes vous somment, au nom du bien-être commun (qui n’a rien de commun puisque c’est eux qui le détiennent), de faire davantage d’efforts pour rembourser la dette du pays…

Dans ces cas, il est assez légitime de couiner quand l’ex-président, bien qu’annonçant «renoncer à la politique pour faire du fric», s’envole pour palper 150.000 euros, montant moyen de ses «prestations» (on l’imagine mal toucher moins que d’habitude) pour tailler le bout de gras avec 15 personnes pendant 2 heures. J’imagine moyennement l’aide quelconque que peut apporter Sarkozy à des quataris dans la manière d’aider un fonds souverain à faire encore plus de profits que ce qu’il fait déjà… Le tout en continuant évidemment la politique.

Inutile de réaffirmer que, dans le contexte économique actuel, où la précarité n’est jamais loin, l’argent est avant tout synonyme de sécurité. Chacun d’entre nous, quel qu’il soit, aspire naturellement à élever son niveau de vie. Le désir n’est pas forcément de devenir riche – qu’est ce que être riche ? -, mais au moins, de se mettre à l’abri, de se fondre dans cette société de consommation qui vante si bien le modèle néolibéral basé sur la satisfaction des besoins, là aussi quels qu’ils soient.

La vérité est que la grande majorité en est exclu, souvent dès la naissance, et que ceux qui en jouissent font à peu près tout pour que les autres n’y accèdent jamais. Ce qui n’empêche pas les élites de vanter continuellement et avec force les vertus de la valeur «travail» Il y a effectivement des exceptions, des réussites fabuleuses, des «rêves américains» réalisés, mais l’autre grande réalité est que la seule façon d’avoir aujourd’hui de l’argent en France c’est d’en hériter et d’avoir des relations. Si de nos jours, le travail permettait une quelconque élévation, ça se saurait, ça se vérifierait. D’ailleurs, le discours est limpide : le travail coûte trop cher : on cherche bien, et par tous les moyens, a en réduire les rétributions, à baisser les salaires. C’est bien la réalité du moment ?

On n’a guère de rapport difficile avec l’argent si l’on peut dire, on a un rapport difficile avec nos représentants politiques et les dirigeants économiques qui se croient au dessus de tout, qui prônent la modération salariale et s’octroient un gain de Loto tous les ans, rien qu’en augmentation… 150.000 euros pour 2 heures de parlote, c’est de l’escroquerie. C’est tout comme pour les rémunérations hors de l’entendement, surréalistes, astronomiques, des patrons du CAC 40, de sportifs, artistes, rentiers à la mode Bettencourt (cette pauvre femme qui n’a jamais travaillé de sa vie), profiteurs en tout genre. Et dans le cas de Sarkozy, après tous les discours tenus par ce personnage, c’est immoral, indigne, et incompatible avec les futures fonctions qu’il vise.

Reste dans cette histoire à déterminer la destination de la rétribution : sur le compte courant de Sarkozy, ou sur un compte à numéro quelque part dans un paradis fiscal ? Puisque son entourage assure qu’il s’agit d’un vrai travail, il est donc normal, comme tout à chacun gagnant de l’argent, en tant que citoyen français, de participer selon ses moyens aux charges de son pays. J’aimerai assez avoir une réponse à cette question, bien que je la connaisse déjà.

Doucement, mais sûrement, la cabane se rapproche.

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Incivilité ordinaire

Lors des célébrations de l’armistice de la grande guerre, la der des der comme tout le monde le sait, un petit avion de tourisme a survolé le Mémorial de Notre-Dame de Lorette en tirant une banderole demandant la démission de François Hollande. Cela a bien évidemment fait un instant la une de la plupart des médias, entre Nabilla, les écolos casseurs et quelques voleurs de grand chemin.

Notre-Dame-de-NorettePour reprendre brièvement le clavier, il fallait vraiment que je sois outré : sortir une telle banderole un jour de souvenir et de respect pour ceux qui ont vécu l’enfer et donné leur vie pour notre liberté représente un acte des plus odieux. L’inauguration de cet «anneau de la mémoire» regroupant sans aucune distinction toutes les victimes anonymes de la bêtise humaine n’est en aucun cas le moment de revendiquer quoi que ce soit, sinon la fin des boucheries stupides qui foisonnent toujours de par le monde.

Ce survol est ignoble et revient à cracher sur tous les noms gravés sans aucun égard. Pour le monde libéral, tout est permis : la morale et le bon-sens sont à géométrie douteuse. Et dire que le protagoniste, qui aura mis des moyens assez conséquents dans son geste (il en faut pas mal pour faire voler un avion, sans parler du prix de la bâche), n’en finit pas de manifester pour protester contre l’État, contre Hollande, contre la gauche, contre on ne sait plus trop quoi… Nul doute qu’il doit fulminer régulièrement face à l’impôt spoliateur. Il ne manquerait plus qu’il s’offusque de l’insécurité grandissante et les incivilités quotidiennes, la cohérence étant visiblement le cadet de ses soucis… Et ce sont des gens de cet acabit, parés de respect d’autrui et des règles fondant la société, qui aspirent à exercer demain le pouvoir ? Rappelons-nous d’urgence d’où l’on vient.

Mais le plus grave finalement, c’est le mutisme du Parti Socialiste, incapable de communiquer, de protester et de défendre son propre camp.

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Voter FN, c’est approuver les méthodes Buisson

Il y aurait de quoi écrire des centaines de pages sur la crise politique que traverse la droite qui se dit encore républicaine. Mais je ne vais pas perdre mon temps pour expliquer des évidences tant elles sautent aux yeux au moment de devoir se prononcer sur ceux qui vont diriger nos cités pour les 5 prochaines années.

Dans cette affaire des enregistrements, les seules questions qui m’intéressent sont de savoir à qui profite le crime, qui va bénéficier au final de cet épisode ? D’aucuns y voient une manœuvre de l’ex-président Sarkozy, qui a démontré depuis longtemps ses capacités à surnager dans les coups les plus tordus et à inverser avantageusement la perception de certaines affaires pour apparaître en victime et finalement en sauveur….

Sarkozy, Buisson, tous pourris !Malgré cette posture pour des actes accomplis visiblement dans le dos de l’ex-président, ce qui reste cependant à démontrer, je rappellerais tout de même que c’est Sarkozy tout seul qui a appelé Patrick Buisson à ses côtés en tant que conseiller spécial, pour droitiser son discours, pour radicaliser ses positions et chasser sur les terres extrêmes… Il a ignoré tous les avertissements concernant ce personnage déjà controversé, même ceux venus de son propre camp. Parce que, outre son idéologie inhumaine, cet oiseau est connu pour tenir un discours pour le moins puant et être un habitué de l’enregistrement en douce dans la rédaction d’un torchon d’extreme-droite. Jouer ensuite les vierges effarouchées devant les faits est autant scandaleux que les enregistrements eux-mêmes, surtout quand on est président. Encore un expérimenté donneur de leçon qui s’est fait avoir comme un bleu. Et dire que son camp traite la gauche d’amateurs…

L’autre point important est le contenu de ces enregistrements. Ici, on n’apprend finalement pas grand chose qu’on ne savait pas déjà : un exercice du pouvoir brutal, paranoïaque, dénué de tout respect d’autrui, empreint de manipulation, de grossièreté, considérant le pays comme un simple support pour mener ses petites affaires et régler quelques comptes personnels. On dirait un film de série B relatant le parcours d’un boss d’une mafia quelconque, entouré de ses vassaux et quelques porte-flingues… Sarkozy victime ? Impossible de m’y résoudre.

Le coup est cependant rude pour l’ensemble de la classe politique. Le «tous pourri» va sûrement amener beaucoup d’eau au moulin du Front National. Seulement voilà : que ceux qui sont tentés par un bulletin FN aux prochaines élections municipales comme sanction d’un espace naturellement imparfait se rendent bien compte à qui ils donnent les clefs. Voter FN, c’est approuver les méthodes Buissson. Ce sinistre personnage vient de son sein et a appliqué ce qu’il y a appris. Le FN n’est pas républicain, le FN est la négation de la démocratie. Il enregistre, manipule, discrimine, exclut… D’ailleurs toutes les municipalités dirigées par le FN par le passé ont été balayées en raison d’un affairisme et d’une corruption exacerbée.

Coté UMP, les donneurs de leçons ont montré toutes leurs aptitudes en matière de gestion. Comptes de campagne retoqués, argent envolé, sans compter leurs exploits lors du dernier quinquennat : 600 milliards de déficit… et une constance à s’affranchir des règles qui fondent une société. Bel exemple de compétence. Et ces gens veulent revenir au pouvoir sans déontologie, sans aucun programme, en utilisant le seul bashing comme argument ?

Finalement, j’irai à nouveau voter rose alors qu’il y a peu encore, j’étais prêt à déchirer ma carte d’électeur. Je peste souvent contre certaines mesures et face à la lenteur du redressement. Mais petit à petit, les choses commencent à bouger… J’ai entendu ce matin un chiffre encourageant concernant le taux de chômage.

Franchement, on n’est pas si mal. Rappelons-nous d’où l’on vient.

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Un bras ou un doigt ?

Plus un seul chroniqueur politique n’hésite : la campagne pour 2017 est véritablement lancée à droite. En fait, c’est devenu un état quasi permanent, depuis que certains y pensent tous les matin en se rasant. Il n’y a plus guère de périodes qui échappent à l’agitation, avec en toile de fond, les échéances électorales majeures. C’est d’ailleurs l’unique sujet où le monde politique fait preuve de sa capacité à développer une vue à long terme. La gestion du pays et les questions économiques et sociales n’ont pas droit à ce traitement.

Cet état de chose est un rien pénible car il pollue totalement le débat. L’intérêt général tant invoqué, vanté, glorifié comme moteur de l’action politique est tout bonnement relégué loin, très loin derrière les égos et les ambitions personnelles démesurées. Ce n’est guère une surprise. Le vrai changement, c’est que les protagonistes ne s’en cachent même plus. En l’occurrence, en rajoutant une couche sur son ancien maître, François Fillon ne fait que suivre la méthode du Lider Minimo qui prônait, dès la prise de la place Beauvau en 2002, le besoin de rupture avec la politique mené par sa propre famille politique. Brûler ses idoles est une mode qui ne passera pas de sitôt.

Sarkozy Fillon copains comme...Ainsi, que Fillon monte au créneau n’est guère étonnant : il lui faut occuper la scène. Et il n’y va pas avec le dos de la cuillère : «quand on perd une élection, il est impossible de dire qu’on a fait une bonne campagne (…) On a le devoir d’en analyser les raisons. On est obligé de se remettre en cause, sinon, c’est un bras d’honneur aux Français.» Sur le coup, je ne peux pas lui donner tort. Mais j’aimerai bien prolonger l’allégorie. Le bras, au lendemain d’une décision de non-lieu pour une affaire qui fleure si bon l’escroquerie institutionnelle, s’est mu pour un grand nombre de français en un gigantesque doigt qu’il faudra endurer toujours et encore pendant que le parrain fait du fric. Sarkozy se tait, mais reste omniprésent, et son majeur, un rien vengeur contre cette plèbe ignare, s’élève de plus en plus et plane au dessus de nos têtes.

Dans ce contexte de guerre fratricide à la tête de l’UMP, le gouvernement ne profite guère de ce désordre. L’héritage laissé est lourd pour François Hollande, et de la difficulté à réaliser le changement attendu par le peuple de gauche naît une incompréhension, voire une hostilité dont le Front National fait son miel, lui aussi en silence. A mon sens, l’adhésion grandissante au FN dans le pays relève plus de l’approche «décomplexée» répétée de quelques sujets chauds de notre société. En conférant à ses thèses une image plutôt respectable, notamment lors des multiples tentatives de siphonnage, l’état d’esprit d’un partie de la population a évolué par l’altération, voire la chute des barrières naturelles et de valeurs humanistes. Certaines discussions, entendues ça et là, d’un racisme glaçant, étaient impensables, il y a 10 ans… La déception n’excuse pas tout.

Sarkozy le sait et l’exprime tout les jours dans un rictus nerveux. Il est le grand responsable de cette dislocation, en plus d’avoir mis le pays par terre, vidé le coffre, fait voter des lois sur mesure pour protéger ses amis mafieux, monté la population l’une contre l’autre, allant jusqu’à criminaliser les plus démunis et ceux qui leur viennent en aide. Les étrangers n’ont qu’à crever en mer, et Mamie Zinzin de donner sans broncher son pognon. Et François Fillon, avec son ton condescendant coutumier, y a sa part. Le bras d’honneur, doublé du doigt, auront été permanent durant son ministère.

Pensez-y bien avant de glisser un bulletin de vote UMP ou FN dans l’enveloppe si la tentation vous prenait. Bien sûr, la gauche est décevante, mais est-ce vraiment suffisant pour laisser le manche à la maquerelle brunâtre ou au nouveau calife qui veut être calife à la place du calife ?

Rappelez-vous un seul instant d’où l’on vient.

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Médiapart, encore…

Il n’y a aucun miracle ou hasard en matière de boules puantes politiques : quand elles tombent dans un camp, il y a une très forte probabilité qu’elles ne mettent guère de temps à s’abattre dans celui d’en face. C’est la vie diront certains analystes cyniques, mais toutes les victimes de ce jeu de massacre grandeur nature n’ont pas la même aptitude à résister à ce qui s’apparente à une corrida en bonne et due forme. La queue et les oreilles ne repoussent jamais, même si l’on ressort blanchi de l’arène…

Médiapart, encore...A vrai dire, l’affaire de la semaine soulevée par Médiapart sur le prétendu compte suisse de Jérome Cahuzac est symptomatique de notre société malade et clivée. A gauche, on joue le pompier de service pendant qu’à droite on appuie de tout son poids sur l’endroit ou ça fait mal avec l’énergie de la vengeance et du souvenir du traitement infligé jadis entr-autres à Eric Woerth. Du coup, quelques valeurs jusque là bien figées ont brutalement changé d’ordre, les sympathisant de droite se laissant aller à soutenir et encenser un média tenu par des activistes à la solde des socialo-communistes mangeurs d’enfants…

J’ai toujours été très méfiant face à ce genre du curée, de quelque coté d’où vienne le vent. D’abord parce que nos sources d’information sont forcément partiales, souvent partielles, et qu’en particulier les intérêts politiques en jeu font que le quidam moyen ne perçoit que ce qu’on veut bien lui laisser attraper. La manipulation n’est jamais loin. Ensuite parce que derrière le supposé scandale, il y a un homme ou une femme, une famille, des proches, qui seront à divers degrés immanquablement impactés, surtout quand les reproches ne reposent sur rien. Pierre Bérégovoy en est mort. L’effet de meute est un amplificateur déraisonnable et destructeur.

Dans ce dossier, il me semble urgent d’attendre que la passion se tasse un peu pour qu’on y voit plus clair. Encore une fois, je suis perplexe. Je me fiche de savoir si c’est plus ou moins grave que d’escroquer mamie Zinzin. Si l’actuel ministre du budget détenait effectivement un compte en Suisse, il doit en assumer les conséquences au titre de l’exemplarité prônée par le Président de la République. Quant à Médiapart, remettre aussi vite en cause la probité de sa rédaction me semble également excessif. Toutes ses enquêtes sont jusque-là de grande qualité, et les «affaires» relatées n’ont jamais été publiées à la légère. Je vois mal ce média lancer une bombe sans avoir assuré ses arrières, au risque de voir sa crédibilité ébranlée au point d’entraîner l’ensemble par le fond…

J’en retire surtout qu’il faudrait un peu plus de médias indépendants de ce type, qui fassent de l’investigation afin de démêler le vrai du manipulé, de débusquer et relayer toutes ces turpitudes qui polluent la vie politique, contribuant à creuser le fossé séparant la population de ses représentants. La moralisation de la vie politique reste un vœux pieu, maintes fois promis et jamais réalisé, et à défaut de vrai gendarme, cette presse pourrait bien être cet empêcheur de se comporter au dessus des lois, des usages et de la bienséance.

Attendons, écoutons, mais toujours se rappeler d’ou l’on revient.

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Ca glisse !

Le monde est rempli de questions existentielles qui se battent pour paraître à la une des journaux. Il en a toujours été ainsi. Mais il faut bien avouer qu’en ce moment, ce qui s’affiche m’inquiète, et les nouvelles tordues viennent de partout. Elles ne sont guère rassurantes sur la nature même de l’homme : l’évolution et la sophistication extrême de son mode de vie le conduit paradoxalement à se comporter de plus en plus souvent comme une bête immonde et écervelée, en cherchant des prétextes insensés.

Je me suis trouvé retiré du monde ce week-end, sans télé, sans radio, sans internet, ce qui constitue quasiment un privilège de temps en temps. Bien qu’isolé, je ne suis pas resté totalement ignare de l’actualité, j’ai zieuté, même de loin, les quelques mots affichés en caractères gras sur la page 1 de la presse papier. Au milieu des agissements d’une poignée d’abrutis blessés par des images ridicules, un des gros titres étaient relatifs aux «roberts» de la future reine d’Angleterre, et la mise en vente prochaine d’un nouvel iphone, rendant la version précédente obsolète mais tout de même vendue pour un montant approchant le minimum vieillesse… Des nouvelles de première importance dans un océan de haine et d’individualisme primaire.

Je crois bien que je sature. En observateur relativement averti, je passe finalement mon temps à compiler beaucoup d’informations, à tenter de comprendre le monde qui m’entoure et les phénomènes qui le secoue. Je le vois se déliter inexorablement sans rien pouvoir faire : les points chauds se multiplient, la misère progresse, l’obscurantisme s’étale, et une nouvelle forme d’esclavage devient la règle.

Le calme avant la tempête...J’ai le sentiment de plus en plus vif que je ne finirai pas mon existence sans connaître un conflit majeur, les thèses «malthusiennes», poussées par l’ignorance, la cupidité et la vanité de quelques-uns reprenant à nouveau du service. Pour la World Company aux commandes, ce n’est que du bonheur, une nouvelle possibilité de faire des affaires. Le profit maximum et immédiat est le seul moteur des décisions qu’elle prend. Le reste, le long terme, les dégâts collatéraux sur les gens où qu’ils se trouvent et l’environnement, elle n’en a cure. Après elle le déluge, ce qui est pris n’est plus à prendre.

J’ai donc passé ce week-end hors du temps, préservé du flot d’information, reclus volontaire dans une patinoire, pour découvrir et pratiquer un sport très confidentiel avec une joyeuse bande de bons-vivants. On aurait dit une secte, mais sans les gourous… Je suis rentré fourbu, heureux comme cela m’est rarement arrivé ces dernières années, mais avec plein de nouvelles questions. Après l’épreuve terrible que je viens de traverser, j’ai beaucoup de choses à changer, à commencer par une nécessaire prise de recul sur la manière d’appréhender les faits et gestes qui me passent devant les yeux. C’est complètement indispensable.

Ma manière de bloguer va s’en ressentir puisque j’étais souvent dans la réaction un peu exacerbée. Il y a tant à dire, de quoi faire 5 billets par jour à commenter scandales, méthodes de voyous, et autre escroqueries intellectuelles. Mais je ne peux plus vivre ainsi. Cela ne sert à rien sauf à s’aigrir. Je ne vais pas arrêter de bloguer, mais je vais peut-être le faire différemment, en suivant les conseils de Nicolas lors de son passage dans la Capitale des Gaules cet été. Il y aura peut-être une nouvelle interface, ou un autre blog. Je ne sais pas encore. Le changement, c’est maintenant…

Pour la petite histoire, mon équipe de balayeurs fous a fini 15ème sur 18. Inoubliable !

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Qu’on en finisse !

A un peu plus de quinze jours du premier tour de l’élection présidentielle, je suis partagé entre la saturation, engendrée par une campagne vide et sans relief, et l’impatience de voir le Lider Minimus perdre l’immunité due à son rang. La tension monte, mais je ne suis pas inquiet pour une victoire de la gauche. Ce n’est pas la récente publication d’un catalogue d’idées réchauffées, très loin des préoccupations de français, toutes aussi démagogiques les unes que les autres, qui va modifier la donne.

Avec 5 ans de plus, Sarko va nous tuer...D’ailleurs, personne dans le corps électoral ou si peu n’a changé d’avis au vu des programmes publiés, les choix étant très majoritairement dictés par la couleur politique, puis par les personnalités intrinsèques des candidats. A ce compte, bâtir une image est un travail de longue haleine, et une campagne électorale à elle seule n’y suffit pas.

Comme le citoyen va devoir désigner un bonhomme, je souhaite apporter un éclairage sur l’actuel taulier de l’Elysée. Ce qui suit est extrait de «Sarko m’a tuer» de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Cette lecture m’a consterné parce qu’au travers de personnages aussi divers que variés, on y retrouve notre chef de l’Etat dans des postures qui sont très éloignées de sa fonction officielle, avec une constante : l’extorsion, la corruption, la manipulation, la vengeance… Cela ne se fait pas, je le sais, mais ce passage est tellement révélateur du personnage qu’il ne peut être passé sous silence… J’espère que les auteurs ne m’en tiendront pas rigueur.

Cette détestation pour l’actuel hôte de l’Elysée, Jacques Dupuydauby dit l’éprouver depuis leur première rencontre, voilà près de trente ans, au cours de laquelle il aurait donc vu le « vrai » Sarkozy, en étant témoin – et acteur – d’une scène compromettante. Un scène qu’il n’a jamais rapportée jusqu’alors, et dont aucun témoin ne peut confirmer la véracité. Mais Dupuydauby assure que tous les détails sont restés gravés dans sa mémoire. Comme pour marquer la solennité du moment, l’homme d’affaire écrase son cigare dans un cendrier et s’avance sur le bord du fauteuil en cuir. A propos de Nicolas Sarkozy, il dit, en préambule : « c’est un homme qui n’oublie rien. Mais moi non plus. »

Puis il déballe ses souvenirs.

« Ma première rencontre avec cet individu remonte à 1983, peu après son élection surprise à la mairie de Neuilly-sur-Seine. » A cette époque, Dupuydauby était vice-président de la SCAC, un groupe de fret dont le siège était situé à Puteaux, dans la circonscription législative de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). « Un jour, une secrétaire me téléphone pour me dire que M. le maire souhaite me rencontrer. J’ai dit OK, je n’avais aucune raison de refuser. » L’homme d’affaire dit avoir proposé au jeune maire de Neuilly de venir déjeuner au siège de l’entreprise, dans la salle à manger de la direction. Nicolas Sarkozy, alors âgé de 28 ans, accepte l’invitation. « Le jour dit, il se présente et, là, d’emblée, le contact n’est pas passé entre nous. Mais bon, on a quand même déjeuné ensemble. Au début du repas, j’ai tenté de lui parler des choses qui me passionnent : le gaullisme bien sûr, la situation économique. Mais j’ai vite renoncé, j’ai bien vu qu’il n’en avait rien à faire. "Je ne suis pas venu pour ça", m’a-t-il dit. En fait, il voulait parler argent. Il m’a d’entrée entrepris sur la prochaine élection législative, avec une obsession : comment la financer. Il voulait savoir si j’étais prêt à payer ».

A cette époque, le financement de la vie politique n’était pas encadré. L’opacité était de mise, on flirtait avec la légalité à tout instant. « Je lui ai répondu que, pour moi, ce n’était pas un problème de personnes, que je soutiendrai le candidat ou la candidate gaulliste. Et je lui ai rappelé que la candidate sortante, Florence d’Harcourt, risquait d’être réinvestie. » Florence d’Harcourt fut effectivement réélue en 1986, mais céda sa circonscription à Nicolas Sarkozy lors des législatives en 1988. Il affirme : « Quand j’ai prononcé son nom, Sarkozy a lâché "Ah, cette conne…" C’est alors que qu’il a enchaîné avec cette phrase : "Maintenant, parlons de la suite de ma carrière." Et là, il a commencé à me décrire, avec un aplomb invraisemblable pour un type de son âge, ce qu’il pensait que serait son parcours politique. Il m’a dit qu’une fois élu député, il serait secrétaire d’Etat, puis ministre. Ensuite, bien sûr, il viserait Matignon. Et enfin, pourquoi pas l’Elysée ! Je n’en revenais pas, j’étais soufflé. »

[…] « Après m’avoir déroulé son projet de carrière, il m’a dit : "Vous le savez, pour une carrière politique d’envergure, il faut de l’argent, beaucoup d’argent." Il a enchaîné par cette phrase que je n’oublierai jamais : "Il y a deux catégories de personnes : celles qui vont m’aider, qui seront mes amies, et celles qui ne vont pas m’aider, qui seront mes ennemies." Il a poursuivi : "J’ai un cabinet d’avocats. Prenez-moi comme avocat-conseil et tous les mois je vous enverrai une facture." Je lui ai répondu : "Mais notre société a déjà des avocats, vous ferez quoi ?" Il a souri et m’a lancé : "Allons, vous comprenez bien ce que je veux dire non ?" Bien sûr que j’avais compris. Il voulait une convention d’honoraires pour des prestations fictives. »

D’un geste du bras, Jacques Dupuydauby mime Nicolas Sarkozy : « Il a sorti un papier de sa poche : il avait préparé un projet de contrat ! J’ai été stupide, j’aurais dû le garder. Mais j’ai été tellement choqué que je ne l’ai pas pris. Il y avait un montant mensuel inscrit dessus, c’était très élevé. Mais en même temps très malin : il savait bien que, pour une boîte aussi énorme que la SCAC (on avait plus de cinq cents filiales en France et à l’étranger, notamment en Afrique), qui devait bien dépenser 500.000 francs en avocats chaque mois, ce serait passé comme une lettre à la poste. C’était très crédible, d’autant plus que nous n’avions pas d’avocat coordonnateur. Il l’a très mal pris, le repas s’est fini là-dessus. Avant de partir, il m’a lâché : "Je m’en souviendrai." Il a tenu parole, effectivement, il s’en est souvenu ! Ce déjeuner m’a coûté cher, il m’a même pourri la vie ! Je n’ai rien oublié de cette conversation, j’avais tout noté après son départ. C’est une habitude chez moi, je note tout. Et je conserve mes notes… »

[…] « Sans ce déjeuner et ce contact physique avec lui, mon antisarkozysme n’aurait pas été ce qu’il est. Ce déjeuner, c’est comme une graine qu’il a été semée. A partir de cet incident, j’ai senti sa main partout, chaque fois que j’ai eu des ennuis. »

De quelque bord que vous soyez, lisez «Sarko m’a tuer» avant le second tour, et votez ensuite en pleine connaissance de cause.

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Notes blanches

Les membres les plus éminents de la blogosphère contemplent, un rien désenchantés, des courbes qui n’ont rien d’anatomiques, quoique. Il ne s’agit que des tracés de fréquentation de leurs blog où transpire une baisse de visites dû à un déficit de «production». C’est la crise, Madame Michu, vous m’entendez, la crise ! Tout cela n’est pas très important. L’expert ès Pin’up l’a fort bien exprimé, les gros blogueurs, influents et fortement suivis, n’ont pas d’obligation de résultats. Il s’agit juste de lever un peu le nez des chiffres, pour que l’envie d’écrire reste de l’envie.

Il est vrai aussi que la période n’est guerre réjouissante. Je n’ai pas caché ma lassitude dans mon dernier billet, me sentant prisonnier d’une actualité qui tourne en boucle, entre débats à répétition où rien n’est vraiment neuf et de nature à juguler les profiteurs, et affaires où le lanceur des boules puantes se drape de vertu en accusant le reste de l’assistance.

pour faire des notes sur tout, et de toutes les couleurs...Non, la période n’est guère réjouissante. La dernière «bizzareté» en date est cette enquête sous forme de notice biographique fouillée révélée par le magasine l’Express sur la compagne de François Hollande, Valérie Trierweiler, et sur son réseau de connaissance. L’Express fait état de sources concordantes, à plusieurs niveaux hiérarchiques. La gauche, d’un bloc, s’est offusquée, et la droite s’est offusquée qu’on s’offusque, et a porté plainte contre le magazine… C’est souvent ainsi, la plainte vise celui qui rend public, et non les faits délictueux.

A ce stade, je n’ai pas de certitudes. Vrai ou faux, je confesse volontiers que la chose me parait réaliste parce que, par le passé, ces enquêtes étaient monnaie courante. Mais je ne peux ignorer que Toto 1er lui-même, alors ministre de l’intérieur, et grand adepte de la fiche sans entête ni signature élaborée par les Renseignements Généraux, appelée «note blanche», utilisée à tout-va pour les journalistes, syndicalistes et autres activistes, et relatée par le scandale de la surveillance du conseil national du PS en 1995, avait abrogé cette pratique. Et sous son règne, ce ne serait pas la première fois qu’une mesure annoncée comme supprimée perdurerait en douce ! Dans le contexte de la surveillance parfaitement illégale de journalistes enquêtant sur l’affaire Woerth-Bettencourt, pour ne parler que d’elle, cela fait désordre. Un de plus…

Inutile de me lancer à la figure la litanie des indélicatesses passées des personnalités de gauche. Elle n’est pas foncièrement plus vertueuse en soi. Mais aujourd’hui, j’ose penser avec force que les 6 candidats à la primaire ont capté ce besoin de droiture, cette nécessité absolue d’honnêteté et de respect du mandat. Tout le contraire du moment. J’ose croire à cette seule promesse. Elle est essentielle, et fondatrice d’une confiance retrouvée. L’espoir suscité est tel qu’oublier ce grand principe exposerait alors la gauche à un grand fracas, amplifié par la déception et l’exaspération grandissante et incontrôlable. Je me répète certainement, mais le pouvoir n’est que concédé. Il est distribué par les urnes, mais il peut être repris à tout moment. Ce n’est qu’une question de volonté collective. Une gauche avertie en vaut deux.

A droite, à la mode Guéant, on connaît aussi la musique : une blanche vaut deux noires.

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En boule

Je crois bien que je vais finir la semaine à répondre aux innombrables chaînes qui fleurissent actuellement dans les blogs des copains. Pouf, pouf, pouf, une main innocente (pas celle de DSQ) sort du chapeau la question lancée par… un twit d’Agnès et relayée par l’abonné de la Comête, à savoir quelles sont les 10 raisons majeures qui me plongeront à coup sûr dans une colère noire :

Grande gueule, mais qui ne ferait pas de mal à une mouche...1- L’expression de la mauvaise foi caractérisée, à la mode des répliques habituelles de Copé, Morano, et autres clowns de l’UMP. La dernière en date sur l’ «allégeance aux armes» en est une illustration cinglante. Mais comment des gens à priori intelligents peuvent-ils se laisser aller à ce point dans l’hypocrisie et la bêtise ? Sont-ils tant à cours d’arguments pour faire passer leur idéologie, et se livrer à une telle escalade ? Au début, c’est rigolo, mais au bout d’un moment, ça lasse.

2- L’injustice. Je ne supporterai jamais l’injustice. Prononcer une «relaxe générale» dans la nébuleuse des affaires Chirac me fait hurler alors que tout est là, le système, les complicités, la magouille, l’abjecte nature humaine qui se pare sans rougir de son indéfectible sens de l’intérêt général. Pendant ce temps, on va tirailler le précaire qui a perçu à tort 20 euros d’allocations qu’il remboursera jusqu’au dernier centime, non sans essuyer quelque suspicion de fraude caractérisée.

3- Après ceux qui ne vont pas voter. La liberté ne se décrète pas, elle se prend, et parfois au péril de sa vie, c’est d’une actualité récente. Le droit de vote en est l’expression la plus noble. L’oublier est irresponsable. Inutile ensuite de se plaindre, ou de crier au «tous pourris».

4- Après ceux qui baissent les bras, qui abandonnent, démissionnent avec un «à quoi bon» pour tout message. Le mouton se laisse tondre parce qu’il n’a guère le choix. Le citoyen dispose de sa conscience, de la réflexion, d’un esprit critique, devant lui permettre de reprendre le pouvoir qu’il délègue un temps par les urnes. A croire que l’abrutissement des masses via TF1 produise bien tous ses effets.

5- Quand je participe à des réunions en présence de gens qui n’y connaissent rien, qui ne font que cela, qui touchent 3 fois mon salaire pour produire du vent, et qui forcément, choisissent toujours par privilégier les plus mauvaises options. Ce n’est pas une tare de ne pas savoir. Mais le mépris affiché en pareil cas pour le petit personnel besogneux et servile finit par être insupportable.

6- La présence des véhicules 4X4 hors normes en ville, parés de surcroît de gigantesques pare-buffles. C’est une espèce qui pullule (pas les buffles… ). Symbole de la réussite sociale bien plus gros et voyant que la rollex, leurs propriétaires écrasent tout sur leur passage, au propre comme au figuré, jusqu’à tout se permettre en matière d’usage de l’espace public… Beau principe de respect et d’égalité.

7- Après tous ceux qui ne «conduisent» pas leur véhicule, mais le «pilotent». La différence n’est pas que sémantique, elle conduit à des comportements que je qualifie sans hésiter de criminels, qui mettent la vie d’autrui en péril sans aucun état-d’âme, conduisant notamment un de mes copains pour de très longs mois dans de nombreux hôpitaux. Courage Yann.

8- Après tous ceux qui argumentent avec véhémence contre l’ouverture des magasins le dimanche, mais qui s’y précipitent avec femme et enfants le jour venu.

9- Quand on me rappelle que je dois téléphoner à ma mère.

10- De boire une bière tout seul.

Honnêtement, il y en a d’autres… que je garde momentanément pour moi. Ont déjà répondu Stef et CaptainHaka. A GdC, DesPasPerdus, FalconHill, j’ajoute El Camino, Petit Louis, Bembelly, Nico93, et même Corto.

Pour Gildan, inutile de demander, il n’en trouvera jamais 10.

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