La panique

On est loin des beaux discours, ceux de l’Europe des peuples, ceux qui la présentait comme moteur de développement, facteur de solidarité. L’Europe de Monnet et Schuman, instrument de paix et de stabilité, est venue brutalement se placer au centre d’un crise d’ampleur nouvelle. A vrai dire, bien malin est celui qui est en capacité de mesurer toutes les conséquences de la sortie, ou non, de la Grèce de l’Europe et de l’Euro.

Troupeau attendant sagement l'ouvertude de l'abattoirPour l’heure, c’est la panique à tous les étages. Bourse et banques hellènes sont fermées pendant que les autres plongent. Chacun spécule, comme on le fait depuis longtemps, et de préférence avec l’argent d’autrui. On se tient chacun par la barbichette en grimaçant pour ne pas rire, sauf que rien n’est drôle : il n’y a rien d’autre à sauver que les banques, principales détentrices d’un fardeau qui dépasse l’entendement. Les grecs ? Tout le monde s’en moque bien.

On peut être tenté de trouver un coupable, et si possible aussi responsable. C’est inutile, c’est personne, ou plutôt selon les plus libéraux des créanciers, c’est les grecs eux mêmes. Sauf que c’est bien l’Europe entière qui a accepté les comptes plus maquillés qu’une voiture volée au moment de l’intégration de la Grèce dans l’Union. Aucun des dirigeants de l’institution n’a sourcillé devant la manipulation aussi honteuse que grossière. Ils ont bien fait entrer le loup dans la bergerie en toute connaissance de cause. Cela arrangeait bien les banques de proposer des taux substantiellement élevés, sans parler de certaines ventes d’armement ou les allemands n’ont pas trop laissé le choix à leur partenaire grec qu’ils savaient passablement endettés. Les voir se plaindre ensuite est un rien cocasse.

En, fait, le vent de panique s’est vraiment levé depuis qu’Alexis Tsipras a annoncé remettre la décision de la Grèce à son peuple. C’est vrai : laisser le peuple s’exprimer, c’est jamais bon. Il y a trop d’incertitude, c’est trop dangereux : vu d’en haut, la populace ne comprend rien de la substantifique moelle du bien-être libéral qui emplit pourtant ce monde avec évidence. Une représentation nationale est bien plus digne de foi, bien plus docile aussi, et assez peu concernée quand il s’agit de prendre des mesures qui visent à réduire le train de vie des concitoyens.

La France a connu un épisode identique, rejetant lors du referendum du 29 mai 2005 la ratification du traité établissant une constitution pour l’Europe à 54 % avant que les parlementaires ne corrigent le tir à plus de 90 %… L’ensemble du monde politique avait communiqué en faisant croire de les citoyens ne voulaient pas d’Europe alors qu’ils souhaitaient simplement une Europe plus juste, plus sociale, plus transparente, plus démocratique. On comprend mieux la peur qui ronge les technocrates de Bruxelles : en cas de refus de se plier au diktat des banques, il n’y aura pas de seconde chance. La Grèce sera alors éjectée de l’Euro, avec des conséquences dont on ignore tout puisque parmi la pléthore de traités qui régissent l’institution européenne, aucun ne prévoit un tel mécanisme… Et dans ce grand cyclone financier, la question subsidiaire ne manquera pas de tomber : qui sera le canard boiteux suivant qui sera passé par dessus bord ?

Pour en revenir au principe démocratique dont chaque état civilisé se prévaut, le choix de laisser le premier concerné par les mesures qui seront prises de s’exprimer directement est louable. Ce devrait être la règle. Dans nos sociétés, la démocratie se limite juste au dépôt d’un bulletin de vote de temps en temps dans une urne, et c’est fini. C’est maigre. C’est mieux que rien, mais c’est notoirement insuffisant. Le fait que la panique gagne les politiques et les financiers de manière aussi aiguë dès lors que la parole est redonnée aux citoyens est symptomatique du malaise et de la fracture qui existe entre le peuple et sa classe dirigeante. Et ce n’est rien de le dire.

Décision dimanche. On a une petite semaine pour constater comment les élites jugent ceux qui les portent au pouvoir. Vous ne serez pas déçu.

 

Tout autre chose, tout en restant dans une certaine continuité, voici ma contribution à la Radio des Blogueurs de l’ami Lolobobo qui en est à sa 6ème saison. Cette année, je ne serai pas le dernier.

Etonnant, non ?

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Mémoire courte

Et voilà, ça continue. Dans les gros titres de la presse du jour, les propos sont les mêmes que la veille, l’avant veille, la semaine passée, le mois précédent. Entre ces 2 tours de scrutin des municipales, la gauche est une nouvelle fois désavouée. Cette fois, c’est le Conseil Constitutionnel qui a censuré une grande partie de la «Loi Florange» censée protéger certaines entreprises de la prédation financière au nom du «droit de la propriété privée et de la liberté d’entreprendre». En gros, on n’a pas le droit de sanctionner le pauvre propriétaire d’une entreprise rentable qui renvoie ses gens vers Pôle Emploi pour arrondir substantiellement ses fins de mois.

Loi Florange : mal barrée...A droite on jubile, et il y a de quoi. Selon l’UMP qui a saisi l’instance suprême de la République, c’est une nouvelle ligne écrite au passif du gouvernement décidément incapable. Et dans le contexte ambiant, les porte-flingues à droite ne se privent pas de tirer sur l’ambulance et occupent tout l’espace médiatique : en haranguant l’opinion sans cesse de la sorte, on contribue essentiellement à occulter la belle image d’une défense des intérêts des patrons et de la finance au détriment des ouvriers et du chiffre du chômage. Parce qu’en période électorale sur fond de crise, le bruit profite toujours. Le bashing anti Hollande, anti PS, anti gauche est devenu une stratégie absolue, et les slogans martelés depuis deux ans par Copé et ses vassaux sont repris partout en boucle, sans aucune précaution par toute la presse pourtant dénoncée régulièrement pour être à la solde du PS.

On favorise donc les licenciements sans cause en dénonçant dans le même temps l’incapacité du gouvernement à enrayer la montée de la courbe du chômage. «Molex», cette entreprise pourtant rentable en 2009, au plus fort du sarkozysme débridé et triomphant, a été saccagée, pillée de sa technologie, sacrifié eu nom d’une logique boursière scélérate et individualiste. L’affaire est emblématique. Aujourd’hui, cette fermeture est qualifiée de «sans cause réelle et sérieuse» mais le mal est fait : les gens gonflent les chiffres des sans-emplois sans aucun retour possible. Voilà ce que défend l’UMP.

A gauche, c’est un nouveau coup de bâton dans les jambes. Le gouvernement se refuse, et c’est tout à son honneur, de se lamenter sur le passif hérité mais qui continue à plomber lourdement le quotidien et les résultats. Parce que la croissance ne se décrète pas, pas plus à droite qu’à gauche et parce que les recettes ne sont pas françaises mais mondiales… D’ailleurs, ces recettes sont simples : il est interdit d’aider d’une quelconque manière la populace. A chaque fois qu’un projet social ou relevant de la plus élémentaire justice sociale a vu le jour, il a été combattu par de puissants et influents lobbys occupés à défendre leurs privilèges, et par des instances supra-nationales qui infligent amendes et sanctions financières. On peut réformer les retraites, le code du travail, la sécurité sociale mais qu’à la baisse. On peut aussi réduire les impôts des plus riches. C’est tendance. C’est ce qu’a promis le candidat UMP de ma commune, en qualifiant cette mesure de courageuse (sic)… Ca, c’est permis, mais pas l’inverse…

Najat Vallaud-Belkacem a beau déclarer «nous devons tirer de ces municipales une leçon, celle de travailler au redressement du pays, avec plus de rapidité, plus de force, plus de cohérence et de justice sociale.», mais avec quelles marges de manœuvre pour l’exécutif du pays ? Les français demandent un résultat immédiat là ou seules des mesures à long terme peuvent produire des effets. Et sanctionnent. Dans ce contexte, le recours au Front National est au mieux une vaste blague. Certains sont prêts à tenter l’aventure ? On en connaît pourtant le résultat, le changement : Vitrolles, Marignane, Carpentras, Orange, rien que des modèles de gestion et de vertu politique où le clientélisme et l’exclusion sont la règle… Courte mémoire.

Sans aller si loin, a t-on à ce point perdu la mémoire de la gestion UMP du pays, sans même remonter plus loin que le quinquennat entre 2007 et 2012 ? Ne se rappelle t-on plus de la manière dont on a traité les ouvriers à Gandrange, Florange, ceux de Continental, Peugeot et tous les autres, comment on a contribué à faire échapper à l’impôt des plus aisés tout en contraignant tous les autres, comment on a sauvé les copains banquiers, comment le pouvoir s’est protégé de la justice pour se garantir son impunité ? A t-on oublié à ce point les raisons du marasme actuel causé par un système capitaliste dévoyé par la finance et érigé en dieu absolu par l’UMP ? La crise a plombé l’armée des smicards, pas les millionnaires qui continuent à saturer les stations de ski huppées.

Bon sang, même si rien ne semble bouger, ce qui est faux, rappelons-nous d’où l’on vient !

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Cherchez l’erreur

Plus que quelques jours à patienter. Ensuite, ce sera un vrai changement : le quidam lambda ne sera plus harcelé par les instituts de sondages, ou abordé à la hussarde sur les marchés, entre l’étale de fruits et légumes et la camionnette du crémier, par un candidat à une quelconque fonction élective. Ainsi, jusqu’en mars 2014, date des prochaines élections municipales, j’ai toutes les raisons de penser que nos chers représentants, de quelques bords qu’ils soient, vont subitement devenir invisibles et disparaître sous les ors de la République.

Depuis 5 ans, les campagnes se suivent et se ressemblent. L’ère Sarkozy n’aura connu aucun succès depuis juin 2007, soit les dernières législatives. Tout a été perdu, même les sénatoriales, pourtant régies sur une loi taillée sur mesure pour ne jamais virer de bord. On n’a pas non plus assisté à une vague rose, mais ce n’est franchement pas important. Un certain changement est en marche.

Les valeurs de Nadine Morano...Finalement, au lendemain de ce premier tour, la seule chose qui m’interpelle vraiment est le taux d’abstention record de presque 43 %. Et très curieusement, si les responsables politiques le soulignent, c’est pour minimiser la victoire de la gauche, mais jamais pour insister sur leur immense responsabilité dans ce chiffre. Si l’électeur boude les urnes, c’est qu’il a, à tord ou à raison, la certitude que son vote est inutile et que les choses ne vont que peu changer pour rester dans le symbolique négligeable. Ce défaut d’expression est aussi un forme de rejet d’une certaine classe d’élus affairistes et corrompus, une espèce de mafia indétrônable prête à tout pour garder ses privilèges. J’y assimile ceux dont les convictions sont à géométrie variable, et qui n’hésitent pas à s’acoquiner avec la peste brune pour continuer d’exister. Les actuelles danses du ventre de l’UMP pour tenter de capter l’électeur frontiste sans l’exprimer formellement seraient désopilantes si elles n’étaient pas aussi dangereuses pour l’avenir de la France et celle de la démocratie. Faire entrer le loup dans la bergerie ne se fait jamais sans risque…

Il reste un tour de scrutin. Dans ma circonscription, la 12ème du Rhône, la candidate du PS Joëlle Sechaud a recueilli 31,85 % des voix, là où sont prédécesseur en 2007 n’en avait obtenu que 20,97 %. En réduisant l’écart de 18,14 à 7,26 % au premier tour, elle garde une toute petite chance de déposséder le député UMP sortant Michel Terrot de son 7ème mandat. 7 mandats, franchement, est-ce raisonnable ?

En attendant un vrai changement, les grecs n’ont toujours pas remboursé le moindre centime d’euro de dette publique puisque, depuis 2 ans, ils ne paient que des intérêts aux banques, pendant que 100 milliards d’argent, toujours public, renflouent d’autres banques pour combler leurs dettes de jeux, nées d’une irrationnelle spéculation immobilière. Pas d’erreur, ce monde ne tourne pas bien rond.

Le changement, il y en a plus que jamais besoin.

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Voleurs de patates

Depuis quatre ans et demi, on a presque tout vu, presque tout entendu de la part des décideurs. De nouveaux tabous tombent tous les jours, ainsi que les règles élémentaires de bien-séance. Tout est permis, pour peu que sa place sur l’échelle sociale soit à une hauteur convenable.

Voleurs de patates...Bien en place dans les hautes sphères, Stefano Chmielewski, président de Renault Trucks jusqu’au 31 décembre, a fait très fort. Constatant une forte augmentation de l’absentéisme dans les ateliers, il n’a pas hésité de traiter ses salariés de voleurs, en regrettant même de ne pas les avoir licenciés en 2009. Dans le contexte de crise où chacun se débat comme il peut, ce qualificatif utilisé à l’encontre de salariés de plus en plus serviles, résonne comme une insulte suprême.

«Voleur» est pour moi un mot à forte connotation, à symbolique lourde. Mon éducation basée sur le respect des autres et des choses m’en donne une image méprisable et assez abjecte. Mais le fait de s’attribuer le bien d’autrui est devenu un acte d’une banalité confondante, empreinte d’une grande violence pour la victime, autant psychologique que physique, et n’est pas réservé à certaines populations régulièrement désignées comme pratiquantes patentées. Il faut tout de même rappeler que, si crise il y a, elle ne résulte pas des agissements des glaneurs de poubelles à Nogent-sur-Marne, elle découle essentiellement du «transfert» ou de la «soustraction» démesurée de richesses produites aux quatre coins de la planète vers quelques poches bien privées avec des procédés boursiers et des manipulations comptables qui s’apparentant à du vol légal et de grande ampleur…

Cette manière d’inverser les rôles est malheureusement fréquente. Rappelons ici quelques évidences. Le voleur est bien celui, comme notre président, qui multiplie son salaire par 3 sans justification. Le voleur, c’est bien celui qui touche 300 fois le salaire le plus faible de son entreprise. Le voleur, c’est aussi celui qui bénéficie des subsides de l’Etat pour ne pas licencier et ne pas délocaliser mais le fait tout de même. Les voleurs, ce sont tous ceux qui ont joué en bourse avec l’argent des autres, et qui réclament aujourd’hui qu’on les renflouent, quitte à creuser les déficits publics, et dont ils tirent par ailleurs grassement profit. Les voleurs, ce sont surtout tous ceux qui permettent cet état de choses, aux ordres des multinationales, exonérant les copains, légiférant sans scrupule, utilisant la République à des fins très personnelles. Ce ne sont pas les salariés, ouvriers, à 1300 € après 20 ans de boite, chômeurs, précaires, par ailleurs tous fraudeurs, retraités indigents, cabossés de la vie, contraints aux pommes de terres 30 jours par mois, les responsables de cette situation de crise à répétition. L’UMP et son chevalier servant, le MEDEF, y ont toute leur part. Et j’arrête là mon exposé, sinon je vais devenir vulgaire !

Leur raclée, en mai prochain, ils l’auront pas volé.

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A nous de choisir

Ouf, c’est fini. Depuis la mi-septembre, les débats se suivent, mais finissent par se ressembler. Je n’y ai pas appris grand chose de fondamentalement nouveau, j’ai même l’impression de m’être ennuyé par moment. En fait, je n’attendais pas le clash magistral tant espéré par Copé, Morano et les hordes d’aboyeurs de droite, je ne redoutais pas non plus l’expression de divergences flagrantes, je restais en veille, sans zapper, presque uniquement pour mesurer la manière dont chaque candidat à la candidature allait répondre à la lettre ouverte envoyée par Arnaud Montebourg.

C'est vous qui décidezTout l’enjeu était là, finalement, puisque tous les autres battus du premier tour se sont rallié sans ambiguïté à François Hollande. Le programme de chacun, leurs motivations, leur manière d’exercer le pouvoir sont exprimées depuis longtemps, et je n’ai guère entendu de grande évolutions, au point de me demander si la fameuse lettre leur est bien parvenue. J’espère qu’Arnaud a bien mis un timbre sur l’enveloppe, et qu’il ne s’est pas trompé d’adresse ou de boite aux lettres… Les candidats ont bien parlé un peu des banques, comme d’autres sujets graves qui hantent notre quotidien, qui bloquent l’ascenseur social, mais cette retenue permanente, destinée à ne pas trop faire peur au potentiel électeur du centre-droit et autre déçu du grand bonimenteur, enlève la symbolique forte des mesures proposées par Montebourg, en les diluant jusqu’à les rendre quasi invisibles. D’ailleurs, il me semble bien que ce nom n’a jamais été prononcé par Aubry et Hollande.

Avec une nuit de recul, je suis même un peu déçu. J’ai assisté à un débat technique, relativement pointu et maîtrisé de part et d’autre. En la matière déjà, cela tranche avec l’usurpateur qui nous sert actuellement de président. Mais je n’y ai toujours pas senti de flamme humaniste, celle qui place l’Homme au centre du dispositif, pour lequel l’économie est un outil à son service, et non une fin en soi. On a effleuré les banques, le mix nécessaire entre maîtrise de la dette et croissance. Mais on n’y a toujours pas parlé de logement, de la condition étudiante, de l’indigence et l’indépendance de la justice, de la gestion de la dépendance. On n’a toujours pas parlé de l’armée des travailleurs pauvres qui ont chacun besoin de deux ou trois petits boulots pour rassembler péniblement un SMIG, et sur qui on fait peser la totalité des efforts à consentir. Pendant ce temps, on rembourse les impôts de Mamie Zinzin…

Entre Aubry et Hollande, il n’y a franchement pas grand chose, les positions sont souvent partagées. Il y a un affichage constant de mettre en œuvre des mesures justes, rationnelles, sincères et réalisables. L’un et l’autre sont bien préparés et capables de battre Toto 1er, parce qu’en fin de compte, il n’y a que la victoire qui compte, quel que soit celui ou celle qui la matérialisera, et il n’y aura pas de victoire sans unité, sans rassemblement. J’ai trouvé Martine un peu mieux, plus agressive qu’à l’accoutumée, et François moins fringant, en retard, souvent sur la défensive, sans que cela change mon impression du départ : pour le moment, je ne sais toujours pas quel billet je glisserai dans l’enveloppe dimanche.

Qu’est ce que l’un va apporter de plus que l’autre à la tête du pays ? Je n’en sais rien. La différence, comme souvent finalement, est une question de ressenti de la personne, de «feeling». On choisira un individu plus qu’un programme, puisqu’il est le même, et que l’équipe qui le mettra en œuvre, sauf grande surprise, sera issue de la grande famille rassemblée…

Votez Aubry, votez Hollande, votez blanc (pas Laurent), mais votez.

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Revolving à deux balles

J’ai reçu hier dans ma boite aux lettres un courrier me proposant d’assouvir immédiatement toutes mes envies. Par les temps qui courent et la sinistrose permanente, la chose est résolument attrayante. Mais pour être honnête, ce genre de sollicitation est fréquente, un peu trop même, pour l’être vraiment. Il s’agit en fait d’un courrier me proposant d’emprunter pour financer mes coups de cœur sans contraintes, sans justificatifs, sans aucun garde-fou, à un taux imbattable de… 21,14%.

Cela me rappelle une chaîne qu’a lancé un jeune marié sur la question de nationaliser le crédit à la consommation aux particuliers, au moins pour les petits prêts de 3000 euros ou moins, avec un taux spécifique et social, et qui n’a pas obtenu beaucoup de réponses. Etaient tagués Variae, Carnet de notes de Yann Savidan, Le Blog de Gabale, A perdre la raison, Bah ! By CC, Les jours et les nuits de Seb Musset, Au comptoir de la Comète, Une Autre Vie, Arnaud Mouillard, Blog de David Burlot, Les divagations NRV de cui cui fit l’oiseau, Je pense donc j’écris, Partageons mon avis, Antenne-relais, Ce Que Je Pense, Les coulisses de Sarkofrance, Chez El Camino, La revue de Stress, A toi l’honneur, Unhuman, Je n’ai rien à dire ! et alors, Mon avis t’intéresse, Chez Homer, Sète’ici, La rénovitude, Chez dedalus, Intox2007, Voie Militante, Rimbus, le blog, Des pas perdus, Monsieur Poireau et Le grumeau. Et pourtant le problème est crucial puisque la maîtrise de la dette, qu’elle soit publique ou privée est l’élément quasi central de nos existences, du moins sur le plan matériel, et influe dans de grandes proportions sur la qualité du quotidien…

La cavalerie : un système de financement régulièrement utilisé par les EtatsPour illustrer le propos, je reproduits quelques lignes de mon fameux courrier : «Le crédit est une solution qui permet de faire face sereinement aux différentes étapes de la vie. En maîtrisant la mensualité et la durée, il permet de financer un coup de cœur ou de faire face à un imprévu». Je vous fais grâce du reste, sauf à rajouter les mots «offre exceptionnelle», «facilités», «avantage», «taux préférentiel».

Il y a quelques temps, j’ai eu recours à ce genre d’arnaque de prêt, ma banque n’étant à l’époque pas habilité à en proposer. Si j’ai alors eu recourt à cette formule de «revolving», c’est que je n’avais pas le choix, parce qu’il y a des aléas peu maîtrisables dans une vie, parce que dans ces cas, il faut souvent aller vite. Bien que totalement conscient des dangers de ce genre de produit, j’ai un temps été amené à emprunter pour simplement rembourser… J’ai fini par en sortir, au prix d’années difficiles, en payant 3 fois le montant initialement emprunté.

Ces établissements le savent, jouant habilement sur les situations délicates des ménages, titillant les désirs, poussant sans cesse à la consommation, jusqu’au harcèlement par téléphone. Ils ciblent des populations déjà fragiles, et font leur beurre avec une facilité insupportable. Romain a mille fois raison : la création d’un établissement public de prêt à la consommation est une bonne solution. Mais avant, en dehors de toute autre considération, il faudrait purement et simplement interdire l’usure que pratiquent ces enseignes. 21 % d’intérêts quand le taux interbancaire de base est à 2,06%, c’est de l’escroquerie, ni plus, ni moins.

La pression sur les ménages en prise avec la crise me fait craindre malheureusement des sombres perspectives. Il est temps de reprendre la main sur l’ensemble du domaine financier. Quitte à devoir recapitaliser les banques, forcément avec de l’argent public, pourquoi ne pas les mettre une fois pour toute sous la coupe de l’Etat et réglementer de manière draconienne leurs missions ? Ce ne serait que justice au vu des soubresauts que provoquent leur errements, et des effets désastreux engendrés sur l’économie réelle. Et les bénéfices ainsi constatés seraient bien utiles pour commencer à rembourser la fameuse dette.

Rappel : l’économie est au service des hommes, non l’inverse.

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Le droit de subir

C’est un besoin qui me tiraille depuis quelque temps. A la veille d’une élection tellement capitale, j’ai moi-aussi envie de parler de ma vison d’une société ou l’économie doit être au service des hommes et de la collectivité et non l’inverse. L’exercice est difficile, forcement parcellaire, maintes fois procrastiné, mais le temps est venu d’exposer et partager mon point de vue sur la création et le partage des richesses, sur les grandes questions de société, sur les institutions, sur la manière de gérer les affaires courantes du pays, sur la nature des services publics indispensables et les moyens à leur attribuer, etc, etc… D’autres appelleraient cet exercice un programme.

Tous les bulletins ont la même couleur...Le domaine à couvrir est immense. Je vais tenter d’aborder autant de sujets que je pourrait d’ici la fin de l’année 2011, toujours en fonction de mes envies et mon humeur (sur le nouveau tag Mon programme). Le premier thème m’a été bien involontairement fourni par Corto qui exprimait dans son billet sa crainte de voir le PS donner à terme le «droit de vote aux étrangers» puisque, écrit-il, les étrangers «prendront part à la désignation du candidat unique du PS pour l’élection présidentielle de 2012, […] participant de manière indirecte mais bien réelle à une scrutin à caractère national».

Ce n’est pas une nouvelle, je suis très loin de la droite politique, mais je lis Corto et quelques autres (dont H16, c’est dire…) parce qu’ils expriment des choses intéressantes, souvent censées, parfois justes, parce qu’il faut connaître les idées et positions de tous pour pouvoir les confronter. Pour Corto, je connais sa lutte pour faire accepter sa manière d’être et de vivre dans une société encore peu disposée à le faire puisqu’elle refuse toujours et encore de donner à tous, quels qu’ils soient, les même droits… Dans ce contexte, j’ai exprimé mon étonnement envers son discours consistant à exclure l’expression démocratique d’une partie de la population sur le seul critère de leur nationalité différente alors que lui-même a certainement été un moment ou un autre victime d’ostracisme, de rejet, de discrimination, de regards noirs, voire menaçants du fait de sa «particularité». Sa lutte pour la reconnaissance de sa manière d’être est juste, simplement humaine et rien ne justifie les différences que la société impose encore aujourd’hui, malgré l’évolution des mentalités. Alors pourquoi en serait-il autrement sur le fait d’intégrer les non-français aux décisions de la cité ?

La société évolue, peut-être pas aussi vite qu’on le souhaiterait. Nos chers représentants de droite ont d’ailleurs une nouvelle fois raté une belle occasion de renter dans l’Histoire en repoussant le mariage – et par la pareille occasion l’adoption d’enfants – pour des personnes de même sexe, comme ils se sont exprimés par le passé contre le PACS, contre l’abolition de la peine de mort, et longtemps contre le droit à l’avortement avant de l’accepter à contre-coeur… Le monde avance, mais pas les mentalités, et les vieux anathèmes persistent à s’abattre comme seule réponse solennelle : on ne peut élever convenablement des enfants dans une telle configuration. Ces rengaines ont vécu. Tant pis, la gauche le fera, j’espère.

La société évolue. Elle applique son nouveau modèle mondialisé sur les sujets en exigeant flexibilité et mobilité. Il n’y a plus de frontières, plus d’entraves, sauf pour s’exprimer, pour voter. J’ai bien du mal à percevoir les raisons pour lesquelles les «non-français» établis, intégrés, payant leurs impôts, participant à la vie de la cité, militant dans les associations, participant à la production de la richesse nationale ne pourraient pas participer aux consultations électorales. La vie nous ballade, et Ahmed, Conchita, Silvio, euh non, pas Silvio, Giovanni, Kim, Goran, Liu, Aylin n’ont peut-être pas décidé de leur trajectoire, souvent contraints, fuyant la misère, parfois les menaces de mort… N’empêche qu’ils sont là, et qu’ils ont voix au chapitre.

Je suis favorable au vote des étrangers quand ils peuvent justifier d’un intégration dans notre société, ce qui ne me semble pas bien compliqué à établir. Il n’y a là aucun opportunisme, simplement le fruit de l’évolution du monde et des mentalités. Corto propose que les étrangers souhaitant participer aux scrutins demandent la nationalité, ce dont s’affranchit haut-la-main le monde de la finance puisque les chinois et les américains pilotent déjà nos entreprises via le crédit et la dette… sans choisir la belle nationalité française. Toujours deux poids, deux mesures.

Avant de parler de droit de vote aux étrangers, il serait bon de commencer à revoir un certain nombre de principes élémentaires. Je ne peux parler des consultations électorales au sens large, symbole ultime d’un système politique démocratique, sans relever que notre beau pays est une caricature en matière d’expression du peuple. D’abord parce que la promesse de mise en place d’un référendum d’initiative populaire, dispositif majeur de consultation de la nation, annoncée à grand bruit par le Leader Minimus lors de sa campagne électorale de 2007 ne voit toujours aucun début d’existence, ensuite et surtout parce que la voix souveraine du peuple, exprimé le 29 mai 2005 sur le projet de constitution européenne (55% de non), a été bafouée, ignorée, méprisée, au point de faire revoter la représentation nationale aux ordres… Un coup de gomme pas vraiment démocratique qui s’apparente plutôt à des pratiques despotiques, et qu’on voit se multiplier au fil du temps…

Il paraît qu’en démocratie, c’est le peuple qui décide. Les indélicatesses des gouvernants, le coût des opérations libyennes, le déficit abyssal, les exonérations et facilités accordées aux plus riches, les mesures antisociales, les stigmatisations des plus faibles, je n’ai rien choisi, rien décidé, mais je subis.

Ca va un peu mieux, je me shoote à la Kro.

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Trouvé le remède

Le monde avance par secousses. Il n’y a là aucun sous-entendu, surtout ces temps-ci. Il est incontestable que certains événements soudains et impromptus, heureux ou malheureux, sont le moteur de bien des évolutions sans qu’on en sache parfois le sens. La toute dernière crise financière, puis économique, a en partie provoqué d’épiques révolutions là où on ne les attendait pas, et un peu partout l’indignation gronde face aux mesures que le Fonds Monétaire International (FMI) va appliquer un peu partout en Europe afin de remédier au problème de dette des Etats.

AurélieTrouvé, ça change de Christine lagarde...A la tête du FMI, une place encore chaude est à prendre. Christine Lagarde s’est empressée de déposer sa candidature et délaisse actuellement ses fonctions de ministre pour sa campagne de charme aux quatre coins de la planète, aux frais du contribuable français soit dit en passant. Il est clair qu’à la tête de cette institution, ce personnage a toutes les qualités, dont la moindre est d’être toute aux ordres de ses maîtres les hauts dignitaires de la finances mondiale.

En France, Il y a un autre candidat à la fonction, c’est Aurélie Trouvé, 31 ans, maître de conférence en économie, mais surtout vice-présidente depuis 4 ans d’Attac France, association née du mouvement alter-mondialiste qui participe de manière globale à la reconquête par les citoyens des questions politiques, économiques, sociales et culturelles, contre l’emprise des marchés financiers. Elle vient d’adresser à Christine Lagarde, une lettre ouverte ou elle motive son action.

Attac, c’est une drôle de machine. Il y a quelques temps, je suis allé traîner mes oreilles dans les groupes locaux, et j’ai été particulièrement bluffé par le niveau d’implication, de réflexion, et des propositions qui s’échafaudent. On rétorquera qu’il n’y a là que des bobos, des personnes d’age mûr, voire plus… Mais l’étude et l’analyse des grands problèmes de la planète qui s’en dégage montre que les causes de la misère sont partout les mêmes. A force d’avoir dérégulé et laissé le monde se débrouiller tout seul, pas étonnant que les margoulins soient les seuls à retirer les marrons du feu. La dernière «péripétie» en date est de faire payer la casse du jouet par ceux qui n’ont aucun moyen d’y accéder…

Il y a bien eu des «plus jamais ça» assénés du haut de 35 cm de talonnettes mais les belles paroles n’ont jamais entravé la spéculation et la corruption, elle est repartit de plus belle, profitant du moindre prétexte comme la guerre en Libye, le concombre masqué ou la sécheresse… Les prix s’envolent, mais ne redescendent jamais la crise passée. D’ailleurs, quelle crise ?

Aurelie Trouvé propose d’arrêter les plans d’austérité destructeurs, de modifier fondamentalement le fonctionnement de l’institution pour la rendre plus démocratique et plus transparente, de créer une monnaie internationale comme alternative au dollar, mais surtout de mettre en place la fameuse taxe Tobbin et une régulation des marchés spéculatifs.

Marchera, marchera pas, la question reste entière. Mais Aurélie Trouvé a des propositions toutes autant sérieuses et crédibles que les politiques actuelles, à la différence que depuis 30 ans, les politiques libérales ont prouvé leur incapacité à répartir équitablement les fruits de la croissance et du progrès. Confronter les «utopies» issues d’un laboratoire d’idées à la réalité serait un défi intense, mais surtout un immense espoir de réel progrès social.

Le dernier hic vient du mode de désignation des candidats au poste vacant, effectué par un gouverneur ou administrateur du FMI, poste occupé pour la France par… Christine Lagarde. Pas de doutes, le système est vraiment bien conçu.

Si vous voulez vous présenter vous aussi, c’est trop tard.


On a Trouvé mieux que Lagarde pour la présidence… par lyon_videos_fr

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3H30 de grande lessive

Ca ne m’arrive vraiment pas souvent, mais hier soir, j’ai réservé mon fauteuil pour une soirée devant la télé. La dernière fois, c’était pour le 8ème de finale retour de la Ligue de Champions opposant les Merengue à l’OL. Et tout doit être prêt à l’heure dite : dès lors, comme le célèbre diction trouvé parfois sur la devanture des bouchons lyonnais, rien ne doit plus me déranger… le téléphone est débranché, tout doit être à portée de la main, télécommande, papier, stylo, mousse… Et c’est parti pour 3 heures 30 de haute voltige, le grand bal des menteurs…

Daniel Leconte raconte à sa manière la grande saga Clearstream qui a defrayé la chronique politique et judiciaire depuis 2001. Clearstream, point de départ général, est une banque luxembourgeoise un peu spéciale, une chambre de compensation, une banque de banques, en fait une monstrueuse machine à laver permettant entre-autres aux établissements financiers bien lisses et proprets de se livrer via des filiales dans les paradis fiscaux à des activités disons «lucratives»…

Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, du menu frottin au service des politiquesUne liste de comptes circule et va tomber entre des mains expertes aux multiples facettes, pour devenir l’instrument d’une lutte de pouvoir délirante au possible. On y trouve à boire et à manger, et à peu près tous les personnages et les évènements des dernières décennies. Donc sur fond de lutte pour la domination du marché de l’armement, des frégates taïwanaises, de la mort plutôt brutale et sujette à interrogation de Jean-Luc Lagardère, du Karachi Gate, de haute finance (dont la gestion de la fortune de Ben Laden) et de corruption généralisée et à grande échelle, du renseignement et d’anti-terrorisme, 2 protagonistes crèvent l’écran : Imad Lahoud, mathématicien et financier, et Jean-Louis Gergorin, vice-président d’EADS, qui a visiblement des comptes à régler, d’abord vis-à-vis de ses concurrents dans le monde de l’armement, puis dans le milieu politique… Apparaissent aussi dans les listings falsifiés, au fur et à mesure des évènements, des mafieux, oligarques, journalistes, policiers, juges et haut-fonctionnaires, et bien sûr quelques politiques dont celui qui n’est alors que ministre des finances mais appelé à la consécration suprême. En même temps, le petit jeu du poker menteur se met en place, et chacun va consciencieusement brouiller les cartes au point que la vérité disparaisse purement et simplement. Un «c’est pas moi c’est lui» appliqué digne de l’école maternelle.

Cela va paraitre prétentieux, mais cette affaire, pour moi, est somme toute limpide : ce n’est qu’une grossière lutte de pouvoir, un combat de coq par valets interposés entre 2 clans qui veulent chacun la mort politique de l’autre. Cette affaire aura permis de mettre à jour les turpitudes ahurissantes des élites servantes de nos décideurs, et de montrer un visage inquiétant du Chef de l’Etat actuel, n’hésitant pas à commenter et intervenir dans le cour de la justice contre tous les usages. De son côté, Dominique de Villepin est loin d’être net dans sa posture de victime accroché à son croc de boucher, prisonnier maintenant d’une stratégie de défense qui lui interdit tout revirement, au risque de se décrédibiliser complètement pour 2012. A ce point du dossier, tous les initiés, la classe politique, les protagonistes savent que le premier qui livrera la vérité «est mort».

Dans ce contexte, comment interpréter le scoop final laissé par Imad Lahoud, l’homme aux 15 versions, à la fin du film ? Le réalisateur Daniel Leconte ne dit rien, il nous laisse juge. Au terme, les bras m’en tombent, et pas que de lassitude. Le jugement en appel, fixé du 2 au 26 mai avec un délibéré jusqu’en septembre, va sans nul doute peser fortement sur l’échéance électorale à venir. Mais quoi qu’il en ressorte, aucun de ces voyous n’aura ma voix. Si vous avez 3h30 à tuer, cela vaut le coup à visionner….

Pendant ce temps, la lessiveuse continue son office, toujours en silence.

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Looking for Eric

Descendre dans la rue, même avec des motifs des plus légitimes, c’est dépassé, c’est du passé. Le pouvoir n’entend la rue qu’au travers des urnes, et encore. Il faut donc trouver d’autres moyens de s’exprimer. Et dans cette société de l’ultra communication, ce n’est paradoxalement pas facile de trouver les bonnes formules. Mais apparemment, “King” Eric Cantona a trouvé un angle d’attaque intéressant, en tout cas suffisamment significatif pour que le monde de la finance s’en soucie, en proposant une révolution décalée.

« La révolution, aujourd’hui, se fait dans les banques : tu vas à la banque de ton village et tu retires ton argent. Et s’il y avait 20 millions de gens qui retirent leur argent, le système s’écroule. Pas d’armes, pas de sang, rien du tout, à la Spaggiari”. Vu comme cela, ça reste une sortie médiatique de plus pour le roi des rectangles verts, richissime résident d’un paradis fiscal sur une ile anglo-normande. On s’est naguère bousculé pour lui au stade pour des gestes hors du commun. On se rue maintenant à chacune de ses apparitions, dans la presse, toujours à l’affut de petites phrases sibyllines. Il est écouté, et il le sait. Et le ton a changé. Pour ATTAC, « cette initiative rencontre un écho certain auprès de citoyens atterrés de voir des plans d’austérité déferler sur l’Europe au motif qu’il faudrait rassurer les marchés financiers et sauver les banques« . Bien plus de 1000 milliards d’euros pour les sauver, mais rien pour la misère crasse, rien pour le social, rien pour les victimes du système, il y a de quoi révolter, même parmi les privilégiés.

Provoquer une panique bancaire, un “bank run” à la 1907, 1929, ou plus proche de nous, en juillet 2008 dans une banque californienne, pourquoi pas ? Mais pour que cela fonctionne, les mouvements d’argent doivent être significatifs, ce qui n’est pas possible. D’abord, la législation actuelle de limitation des retraits en numéraire empêche techniquement l’opération. Ensuite, dans ce maquis d’obligations monétiques, les banques se sont rendues indispensables, comment s’en passer au quotidien ? Enfin, question primordiale, pour retirer des économies, il faudrait déjà en disposer, ce qui là aussi, est loin d’être le cas. Pour beaucoup, l’exercice mensuel est de finir le mois à la dizaine, voire à l’euro près, en jonglant avec le découvert quand c’est possible. Et dans l’hypothèse utopique d’une déstabilisation du système, il y a fort à parier que les effets produits par cette nouvelle crise seraient d’abord ressentis par les petites gens. Pour les banques, c’est toujours gagnant-gagnant, même pas responsable, et jamais coupable.

Trois fois rien multiplié autant de fois qu’on voudra ne pèsera pas grand chose face aux fortunes qui dorment et font le socle et la richesse des banques. C’est un peu pareil en politique : le peuple pèse pas lourd. Quant au Roi Eric, je garde pour lui une grande admiration : pour le génial footballeur d’abord, mais surtout pour l’homme de caractère et de conviction, entier, sans concessions, sans compromis, surtout quand il s’agit de valeurs humanistes. Alors demain, j’irai retirer 200 Euros, et peut-être les 80 Euros euros qui me restent sur mon livret A. Ce sera mon acte de protestation du moment. Mon banquier ne faisant pas de cadeaux, même à Noël, j’irai les redéposer le surlendemain…

Pas le choix, où alors comme aux élections, entre la Peste et le Choléra.

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