Monologue social

Au lendemain d’une grève de l’ensemble des fonctions publiques, opportunément éclipsée par les agitations violentes des chauffeurs de taxis et des agriculteurs, l’ensemble des questions qui fâchent restent posées. J’ai évidemment fait partie des fonctionnaires en grève. Ce n’était ni par coutume, ni par amusement comme on l’entend ici ou là dans la bouche de communicants peu au fait de la vie, la vraie, celle que l’on subit plus qu’autre chose. C’était juste l’expression d’une profonde colère, bien plus nourrie par l’impossibilité d’exercer les missions de service public que par des problèmes de rémunérations qui demeurent cependant bien réels.

manif-fonctionnaires-01La seule chose vraie que j’ai entendu de la part des observateurs de la vie économique reste cette augmentation exponentielle de la démotivation parmi les serviteurs de l’Etat. Mal considérés, mal utilisés, mal payés, même parmi le personnel d’exécution, les fonctionnaires craignent l’avenir autant que les salariés du secteur privé auxquels on les oppose sans cesse. Mais le travail de sape des décideurs publics comme privés a déjà fait son œuvre : plus personne ne se rend compte des grèves, et les bastions syndicaux à fort pouvoir de nuisance se dissolvent au gré des démantèlements des différents services publics.

Mais le syndicalisme n’est pas encore mort bien qu’il suscite raillerie voire carrément défiance d’une grande part du monde salarié public comme privé. C’est surtout oublier que les syndicats, quels qu’ils soient, ne sont que l’image de ce que les salariés en font. C’est un outil à leur entière disposition afin de faire respecter leurs droits, afin de pouvoir mieux effectuer leurs devoirs. Quand j’entends les interpellations comme «mais que font les syndicats», «les syndicats sont nuls», je réponds juste aux salariés mécontents qu’ils ne contemplent que leur propre reflet. Si tout le monde baisse la tête, les syndicats seront faibles et apparaîtront inutiles. S’il est décidé de ne pas se laisser faire, si les salariés prennent leur part aux luttes, les syndicats interviendront en interlocuteurs incontournables. C’est plutôt simple.

Pas encore mort mais pas loin. S’ils continuent d’être les représentants des salariés dans tous les organes du fameux dialogue social, il faut bien reconnaître que le nombre d’encartés se réduit comme peau de chagrin. Excellente occasion pour le gouvernement de communiquer sur la perte d’influence des syndicats et de mettre à bas le principe de représentativité en instituant «le referundum d’entreprise». Ainsi, le système rendrait plus ou moins la main aux salariés quand les organisation syndicales refusent obstinément les avancées proposées par les décideurs.

A entendre le Medef, chefs d’entreprises, ministres, négociateurs de tous poils, les blocages viennent toujours des syndicats arqueboutés sur des positions d’un autre temps. C’est parfois vrai, mais dans la majorité des cas, on leur demande quand même de valider l’inacceptable : travail dominical, heures supplémentaires sans majoration, baisse de salaire, pour ne pas dire pire encore. La réalité est que la fameuse flexibilité tant réclamée par le Medef vous rend servile corps et âme, et vous exclut de toute vie sociale. Impossible de prévoir une activité sportive ou culturelle régulière. Prendre un rendez-vous chez un médecin devient un casse-tête insoluble. Une telle mise à disposition d’autrui s’appelait naguère l’esclavage. Les syndicats ne le savent que trop. Ne soyez pas étonnés ensuite qu’ils n’acquiescent pas.

Il est naturel de discuter de l’organisation du travail. Mais ce ne sera désormais plus nécessaire. Dans les faits, ce référendum d’entreprise reviendrait simplement à court-circuiter les représentants légitimes afin d’imposer les vues patronales : avec un revolver sur la tempe, le salarié fera évidemment le choix qu’on attend de lui. Voilà comment contourner habilement les principes démocratiques. Combiné au changement de mentalité cher au libéralisme, qui fait la part belle à l’individualisme exacerbé, ou chacun examinera son nombril au regard des consignes et contreparties personnelles promises, nul doute que le mouvement syndical va payer cher. C’est désolant à plus d’un titre : c’est bien un gouvernement de gauche qui est à la manœuvre. Sous Sarkozy, la manoeuvre aurait été immédiatement dénoncée et aurait généré une riposte vigoureuse. Sous Hollande, rien, silence… Une redoutable efficacité. Divisez, et régnez.

Et si on appliquait le même principe à nos représentants les députés ? Chiche !

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Le Donald Trump à la française

On peut retourner le problème dans tous les sens et dire qu’on a échappé au pire, mais rien n’est plus faux. Pour l’électeur moyen, le paysage politique a été modifié en profondeur en moins de temps qu’il n’en faut pour glisser une enveloppe dans une urne. Les plus opportunistes ont clamé que c’était prévisible, les autres se sont réveillés un lendemain de 1er tour des Régionales avec la tête dans le seau. Il ne reste quasiment qu’une seule question en suspens avant le second tour : comment empêcher le front national de briguer une ou plusieurs régions ?

Dans ce contexte, je fais figure de privilégié. Je ne vote ni dans le nord, ni dans le sud et n’ai donc pas à débattre avec moi-même sur l’opportunité de mettre un bulletin à l’odeur d’excréments l’un comme l’autre dans l’urne. Déjà en 2002, pour empêcher le borgne d’accéder à la Présidence, attraper celui de Chirac sans même parler de l’autre, me fut totalement impossible. Je vote en Rhône-Alpes-Auvergne. Ici, l’officiel du FN n’a aucune chance. La partie se jouera entre Laurent Wauquiez, l’officieux de l’extrême droite et Jean-Jack Queyranne, président PS sortant de l’ex région Rhône-Alpes.

Laurent Wauquiez, gendre idéal, et clown de serviceWauquiez a tout du beau gosse bien né. Fils à papa pas trop dans le besoin, un peu fanfaron sur les bords, perpétuellement 1er partout, surtout sur la photo et sur les bancs de l’église, il a l’air plutôt gentil avec son petit cheveu sur la langue. Mais ce n’est qu’une façade. Incapable de respecter la moindre discipline collective, ses nombreux dérapages en font un personnage qui fait peur même dans son entourage.

Le blondinet n’est pas complètement fou. Avec son bac+17, il a vite compris le monde et les règles du jeu. Voilà que démarre une carrière de haut vol, aux frais du contribuable et de généreux donateurs. Et cela commence fort : prôner à tue-tête la valeur travail alors que celui-ci est non seulement rare, mais ne paie pas, est un rien malsain ! C’est pour cela que Wauquiez fait de la politique : c’est bien plus gratifiant, bien plus rémunérateur.

Dans une lente dérive droitière initiée par son nouveau maître Nicolas Sarkozy, Wauquiez se lâche. Son crédo ? Les protections sociales, l’assistanat, et… les étrangers. De son fauteuil de notable institutionnel, il juge les chômeurs, les précaires, toute cette plèbe grouillante qualifiée sans ambages de «cancer de la société», jusqu’aux malades de ne pas agir en «responsables» en bénéficiant d’arrêts de maladie. Cela donne des déclarations comme : «Aujourd’hui, un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux (sic), peut gagner plus qu’un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au Smic». Mais bien sûr… Mais qui de censé peut croire une telle contre-vérité ?

Cela donne aussi quelques propositions ignobles visant à faire travailler gratuitement les chômeurs et quelques saillies écoeurantes sur les étrangers profiteurs «de nos différents outils de solidarité». Tout un discours qui, à l’image de la stratégie de Nicolas Sarkozy en 2007, se révèle être un pâle copié-collé du parti de l’extrême droite.

En 2014, alors ministre des Affaires européennes, Wauquiez est même allé jusqu’à vanter l’inverse des concepts traditionnels de la droite républicaine : protectionnisme, sortie de Schengen, retour d’une Europe à 6, etc. On est loin du modèle libéral qui guide l’UMP d’alors, mais tout près des thématiques préférées du front national. Jacques Barrot, qui a suivi ses premiers pas en politique, a même fini par dénoncer le «populisme» de son poulain.

Il y a cependant une forme de cohérence dans l’action de Laurent Wauquiez : c’est la surenchère perpétuelle. Il faut toujours aller plus loin, frapper plus fort. Peut-être est-ce une manière de faire allégeance à son maître, à la manière de Pitivier dans la 7ème compagnie. «Pour nager comme vous chef, c’est comme ça les mains ? »

Et plus c’est gros, plus ça passe… La dernière en date est son souhait de voir enfermé préventivement l’ensemble des personnes fichées «S» dans un «Guantanamo» à la française. Sur quelles bases ? Wauquiez n’en a cure. Tous en zonzon. Sur les 22.000 fiches actuelles, il y a pour une large part la mouvance islamique, mais il y a aussi des zadistes, des militants politiques et activistes pas forcément extrémistes, des syndicalistes, des altermondialistes, des supporters de foot… Mais dans sa grande mansuétude, Laurent-le-Sage nous rassure aussitôt : ils ne seront pas torturés. C’est toujours cela de gagné.

Pour un personnage qui vit aux crochets de la société, fustiger d’assistanat serait presque drôle. Ce qui l’est moins, c’est le rôle qu’il peut jouer dans la région s’il en prenait la présidence. La présence sur la liste d’intégristes catholiques en position éligible en dit long sur les hautes valeurs morales de Laurent Wauquiez. Il confirme, s’il en était besoin, son attachement viscéral pour les mouvements proches de l’extrême-droite qui ignorent les valeurs humanistes et laïques fondant l’identité de la république. Cette capacité à l’agitation perpétuelle, à sur-réagir en permanence à l’actualité, à agiter les peurs et à désigner ouvertement les responsables de la crise actuelle parmi les plus défavorisés de la société en font un personnage réellement dangereux, à la lubie mystique, à l’outrance «Trumpesque», à l’image du clan du FN. Une gangrène qui pourrit en profondeur la vie publique.

De grâce, ne remettez pas sur le devant de la scène la clique qu’on a chassé il y a maintenant 3 ans. Pas mal de régions restent gagnables. Je supplie la gauche boudeuse de ne pas laisser autrui décider à sa place et d’aller voter, de faire barrage à Pecresse, Sauvadet, Morin, etc. On aura déjà Bertrand et Estrosi. Ca suffit, le quota est atteint. En Rhône-Alpes-Auvergne, en votant Jean-Jack Queyranne, on votera doublement contre les idées tordues et nauséabondes de Wauquiez et des fachos du FN, et on s’évitera quelques années de galère : on a tous vu la capacité des républicains à respecter les règles (Bygmalion), et la manière dont la France et l’UMP ont été gérée en période sarkozyste… Aux urnes citoyens !

Une dernière pour la route : Wauquiez a annoncé vouloir fermer les «formations fantaisistes» comme celles des métiers du cirque et des marionnettistes. Dans le pays de Guignol – une institution – c’est à peu près tout sauf intelligent, à l’image du reste. Mais le Mickey n’en a pas besoin : comme clown, il est déjà diplômé.

Et ça, il le fait plutôt très bien. mais ce ne sont pas des qualités requises pour être président de région.

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Et maintenant, c’est mieux ?

Le premier tour de scrutin pour les régionales a livré son verdict. Si la raclée tant attendue en terme de pourcentage global est moins sévère qu’annoncée, les conséquences sont cependant des plus graves : au train ou vont les choses, la gauche va être durablement absente de pas mal d’hémicycles régionaux. Pire encore : non content de ne pouvoir voter pour ses couleurs, pour éviter la peste brune, il va falloir glisser dans l’urne le bulletin de ceux qui ont opprimé durablement les français d’une manière des plus cyniques.

Maréchal nous voilà...On a tous une part de responsabilité dans cette nouvelle affaire. C’est bien une déception de plus, une de celle qui laisse des traces et grave profondément le cuir, dont le «mérite» revient d’abord aux responsables politiques. En se parant des atours d’une vertu qui n’existe guère en la matière, le peuple de gauche a cru – certes naïvement, mais comment pouvait-il en être autrement vu la bande de mafieux au pouvoir avant 2012 – qu’il était possible d’être plus proche des gens et de leurs préoccupations du quotidien. Tout n’est pas à jeter dans ce qu’ont réalisé les gouvernements Hollande successifs. Mais les gens, à raison, n’ont retenu que les reculades et les renoncements successifs. Ils ont oublié le détricotage de lois scélérates et l’héritage du gouffre économique et sociétal laissé par les sarkolâtres. Ils n’ont retenu que le chômage galopant et les lois Macron qui promouvaient des mesures que même la droite n’avait jamais osé mettre en œuvre. Ce n’est pas ce que le peuple de gauche attendait. Ce n’était pas faute de le lui rappeler : toutes les échéances électorales depuis 2012 ont sonné comme un cinglant rappel à l’ordre. Et puis rien…

Cela état dit, les politiques ne sont pas seuls. Electeurs et abstentionnistes participent largement à cette danse désormais macabre pour les 2 grands partis institutionnels. Dimanche, ce sont 6 millions de bulletins bruns relevés dans les urnes qui croient plus que jamais que le FN va les considérer autrement que comme des jambons. A les entendre, il n’y aura désormais plus de cambriolages, plus de gros-mots proférés, plus de chômage, plus d’attentats, plus d’immigrés aussi. Demain, tous les problèmes, comme par miracle, vont s’envoler. J’aimerai juste savoir avec quel programme. Coté économique, c’est le néant cosmique. Côté sociétal par contre, il risque bien d’y avoir du changement, et même pour des bien français. A opposer les gens en permanence en fonction de leur couleur, de leur religion, de leur activité associative, le climat ne risque pas de s’apaiser… 6 millions y croient. Ils risquent d’attendre…

Reste les abstentionnistes, tous ces déçus, essentiellement de gauche, qui ont boudé les urnes. Ils clament haut et fort que le PS est devenu une composante de la droite en reprenant à son compte l’idéologie néo-libérale, en renonçant à la justice sociale la plus élémentaire et les grands principes égalitaires. Ce n’est pas faux, il faut bien le reconnaître. J’ai moi-aussi mangé mon chapeau plus d’une fois. Mais renoncer à s’exprimer est un caprice qui coûte très cher. Au moins le gouvernement d’Hollande évitait certains excès. Cette gauche boudeuse a-t-elle si vite oublié les funestes années Sarkozy et les attaques permanentes contre les petites gens au profit des Bolloré et Tapie ? Vraiment ? C’était mieux alors ?

Maintenant, on y est. Et on fait quoi ? La gauche, parti socialiste et tout le reste avec, est désintégrée, et on a devant nous la peste et le choléra. Se rend-on bien compte de la situation ? Pour qui veut remplir son devoir de citoyen, il faut choisir entre Maréchal-Nous-Voilà et Christian Estrosi, dont on peine à savoir qui est le modèle de qui. Il faut désigner Xavier Bertrand ou la maquerelle mère dont les programmes sont un pâle copier-coller l’un de l’autre. On combattait les fachos et la droite dure, et il faut désormais choisir l’un pour éviter l’autre ? On continue les gars ? Voilà le résultat de cette abstention stupide. Je vais finir par être désagréable et sortir la boite à calottes tant la bêtise a dominé ce dimanche. Ce n était peut-être pas terrible jusque là, mais maintenant, vous sentez vous bien ?

Je suis entré en guerre. Et je me sens un peu seul.

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Putain, 2 ans…

La période est certainement mal choisie pour faire preuve d’un optimisme béat en l’avenir. De tous les côtés, l’horizon nous rappelle la grisaille du moment et déverse son flot ininterrompu d’actualités déprimantes. La cour est pleine : chômage, charges, impôts, déficits, et autres dégâts collatéraux de l’économie ultra-libérale saturent l’espace vital, et la nausée est proche. C’est du moins ce que tout le monde affirme…

Aujourd’hui, impossible ou presque de renverser cette tendance. Et le grand responsable est tout désigné : François Hollande. Il y a 2 ans, jour pour jour, il débarquait celui qui, à force de chercher la croissance avec les dents, l’a fait fuir très loin tout en distribuant plus de 600 milliards d’argent public à ses copains du CAC40. Le changement tant attendu était enfin à portée de main.

Putain, 2 ans...Il est clair que ces 2 ans de gouvernance socialiste ont un goût plutôt amer, même s’il existe à mes yeux de grandes réussites. Il n’est pas bien compliqué de comprendre que dans un si court délai, il est impossible d’obtenir quoi que ce soit de tangible tant l’héritage de la décennie précédente était délabré. Comment redistribuer quoi que ce soit quand la caisse a été pillée et qu’on se trouve sous la menace des agences de notation et de traités déséquilibrés ? De surcroît, quand on renonce aussi facilement devant la pression des lobbys, quand on vote ce que l’on a combattu quelques mois auparavant, quand on reforme les retraites à la manière du gouvernement précédent, et que l’on commet de si grossières erreurs de communication, la tâche se complique sérieusement. Empêtrée dans sa volonté de faire simple, la gauche a principalement été incapable de capitaliser et promouvoir ses vrais avancées.

Evidemment que j’ai sauté de joie le 6 mai 2012. C’en était enfin fini de la gouvernance brutale de Sarkozy. Mais je ne savais que trop ce qui allait suivre et les difficultés auxquelles il faudrait faire face. Les solutions ne peuvent venir que de la société dans son ensemble, chacun selon sa position et ses moyens. Malheureusement, il est impossible d’impliquer les plus fortunés dans le redressement économique et social du pays. Cette catégorie a d’ailleurs eu en son temps la peau de Léon Blum et de Pierre Mauroy en asséchant «patriotiquement» les finances de l’Etat par une impressionnante évasion de capitaux. Rien de très surprenant…

Dans la tourmente, on entend alors des bruits réclamant une troisième voie. A les entendre, droite est gauche sont pareils, alors autant essayer autre chose. Sauf que le FN n’a absolument aucun début de solution. Si elles existaient, si elles étaient sans douleur, elles seraient déjà mises en œuvre… Fermer les frontières, revenir au franc, chasser celui qui ne nous ressemble pas finirait à coup sûr de mettre le pays à genoux, la marre de sang en plus.

J’en suis franchement désolé, mais la droite et la gauche, ce n’est pas pareil. Se rend t-on vraiment compte à quoi le pays a échappé en évinçant Sarkozy de l’Elysée, de surcroît libéré de la nécessité du bilan pour la réélection ? Le 6 mai, j’ai, pour une fois, voté pour une personnalité et non contre. En ce jour, je renouvellerai sans aucune hésitation ce geste parce qu’au delà de l’étiquette des partis, des difficultés et des hésitations, je préfère mille fois une politique basée sur la solidarité où l’état est redistributeur et aplanit autant que faire se peut les inégalités, plutôt qu’une politique d’exclusion où l’état est absent et livré à la loi du plus riche, de l’individualisme roi.

Petit retour en arrière…


LE 6 MAI de Jeremy Sahel (EnfinBrefProd)

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Violence ordinaire

Pour une fois, je vais m’embarquer sur un sujet que je ne maîtrise globalement pas pour ne jamais y avoir été confronté personnellement. Je peux cependant en parler parce qu’il est omniprésent et constitue la première raison de préoccupation des populations et pas seulement en France. Mon seul lien avec lui reste l’actualité et évidemment la situation de quantité de proches pour lesquels le quotidien en est dramatiquement saturé.

Ce sont les images des futurs chômeurs de l’usine Goodyear d’Amiens-nord, retenant 2 chefaillons dans une salle de réunion, qui m’ont décidé. Le chômage est un sujet grave et délicat et j’ai cette grande chance, pour l’instant, de ne pas avoir à envisager cette situation. Mais j’en mesure la portée parce que, comme tout le monde, j’ai une famille à nourrir, des enfants à éduquer et à lancer dans le grand bain. Je n’ose même pas imaginer le cataclysme que constitue un licenciement, de surcroît dans certaines contrées déjà sinistrées, et passé un certain age. Rien que l’idée me fait trembler, moi qui, avec mon salaire garanti de petit fonctionnaire affecté aux taches d’exécution, compte chaque jour au centime près pour tenter de donner à ma descendance des armes contre ce fléau.

GoodyearAlors, quand j’entends le monde politique quel qu’il soit parler de chômage et des solutions pour arriver au plein emploi, je bous. Dans les systèmes libéraux tels que ceux du moment, aux mains des puissances de l’argent, régis par la loi de l’offre et de la demande, il n’y a aucun intérêt d’y parvenir. Un volant élevé de chômeurs est primordial car il empêche de fait toutes velléités des travailleurs qui sont systématiquement cantonnés à l’état de demandeurs. L’employeur est tout puissant et impose ses conditions d’autant plus facilement que les demandeurs sont nombreux. Et comme l’épée de Damoclès de la perte d’emploi frôle les têtes, il n’y a quasiment plus de grèves et de manifestations. L’autorégulation, c’est cela. C’est ainsi qu’en 2013, les seules manifs ont été celles des chefs d’entreprises/pigeons/rapaces friqués défendant leurs fortunes trop facilement acquises, et de fachos/bigots effrayés que tous disposent de mêmes droits…

Les vrais victimes de la crise ne battent plus le pavé. Et je persiste à le dire : le chômeur est d’abord une victime, statut parfois confirmé en raison des agissements peu scrupuleux des donneurs d’ordre. La sanction est immédiate, violente, abrupte et sans recours, avec des conséquences démesurées et à vie. Sans opposition, sans contrôle puisque dans le même temps on a asséché tous les corps de contrôle de l’Etat, tout devient possible et ordinaire. Parce que tout est possible pour cette catégorie de dirigeants. Ils ne connaissent pas la crise, et si jamais elle pointait le bout du nez dans leurs affaires, ils actionnent leurs réseaux et montent au créneau comme jamais pour ne subir aucune chute même minime de revenu. La crise, ce n’est pas pour eux, que les pauvres se débrouillent. Sous Sarkozy, on leur a fait et tenu des promesses sur mesure. Sous Hollande, menaces incessantes et lobbying agressif reçoivent bizarrement une oreille attentive. Mais quand un ouvrier défend son emploi et ses 1600 euros brut mensuel après 30 ans de labeur, maladie professionnelle comprise, toutes les portes se ferment et on lui envoie les CRS.

Le monde a la fièvre, et les dollars montent dans le thermomètre plus vite que le mercure. Les 300 premières fortunes de la planète ont vu leurs avoirs gonfler de 524 milliards de dollars. Pour Goodyear, la société a annoncé en février 2013 sa prévision de bénéfice de 1,4 milliard en même temps la fermeture de son site d’Amiens-nord. Et à y regarder de plus près, cet arrêt d’exploitation ressemble assez à une punition pour ne pas avoir, comme les ouvriers du site du même groupe d’Amiens-sud, accepté quelques menus sacrifices comme la réorganisation d’horaires en 4×8 qui est particulièrement perturbante pour la vie familiale. Quant aux bénéfices, bien réels, ils partent sous le manteau directement au Luxembourg pendant qu’on annonce que l’usine n’est pas compétitive. Du grand art.

Guère étonnant alors d’assister à ces secousses de personnalités. On se demande juste pourquoi cela n’arrive pas plus souvent. Et d’ailleurs, que faire d’autre devant le mépris affiché et l’absence de tout discussion ? Comment pourrait-il y avoir puisque dans la majorité des cas, il s’agit de soigner un cours de bourse, donc des actionnaires. Je comprends et soutiens toutes ces personnes abattues, aux yeux rougis de fatigue et de colère à force de se battre contre du vent. Que reste t-il à part secouer un peu les esclavagistes ou saccager son outil de travail pour solde de tous comptes ? Je comprends et serais même capable d’être en première ligne dans la bagarre parce qu’en restant bien gentiment dans la légalité, on ne récolte guère que des miettes. De toute manière, les mets de choix, on ne les aura jamais.

Mais parallèlement, s’en prendre à Hollande et Montebourg m’apparaît comme assez injuste. Dans cet espace mondialisé, il n’y sont pour rien dans l’attitude ignoble de Goodyear, de Mittal, de Total et autres grands profiteurs. Cela reste quand même la conséquence directe de ce que promeuvent les libéraux les plus acharnés de la «World Company» dont notre parti de droite dite populaire fait son fond de commerce : faire du pognon, vite et beaucoup, sans entrave, et quelles qu’en soient les conséquences. On y est. Puisque la casse est permise pour eux, cassons aussi.

Et évitons juste à l’avenir de leur redonner les clefs du camion.

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Non essentiel

Encore une fois, le monde vient de frôler l’apocalypse absolu. Le défaut de paiement du principal argentier de la planète n’aura pas lieu, enfin pas immédiatement. Les élus américains, en relevant provisoirement le plafond de la dette, permettent à l’Etat yankee d’emprunter sur les marchés, et autorisent le retour à leur poste des fonctionnaires mis au chômage technique pendant 15 jours.

Essentiel ou non ?Car de l’autre coté de l’atlantique, on ne rigole pas. Le côté très tranché, quasi binaire de bien des aspects de cette société nous laisse, nous autres du vieux continent, un peu dubitatif. Le budget n’est pas voté au premier jour de l’exercice comptable ? Aucun souci, la machine s’arrête net : toutes les dépenses non essentielles sont purement et simplement ajournées jusqu’à l’adoption du texte. Reste à définir cette notion de «non essentielle».

Je ne me lancerai pas dans l’explication du mécanisme du «shutdown». Mais la chose a fait parler parce que dans l’histoire, des simples gens perdent, momentanément ou non, leurs moyens de subsistance. Autour de moi, j’ai entendu des réactions assez bizarres, voire absurdes (*), qui montrent qu’une partie de l’élite libérale n’a décidément plus aucun complexe. Nos institutions ont d’ailleurs prévu l’éventualité d’un budget non voté et mis en place des systèmes évitant de tels blocages. Quelques uns semblent d’ailleurs le regretter, tels Raymond Soubie, Michel Godet, Agnès Verdier-Molinié et quelques autres parasites, se précipitant sur les plateaux télé pour vanter les mérites en terme de dépense publique du «shutdown» à l’américaine.

Pensez-donc : rien qu’à l’idée de ne plus payer les fonctionnaires, certains ont eu du mal à cacher la bosse sur leur pantalon et leur extase…Et associer de façon aussi visible l’agent de l’Etat avec la qualification de «non essentiel», c’était l’orgasme en direct. Voila le remède pour éviter de creuser la dette du pays. C’est simple, sans douleur, quasi invisible puisque non essentiel. Et terriblement efficace. Mais pourquoi n’y a t’on pas pensé plut tôt ? Mais les américains ont fait leur compte. La plaisanterie, selon Standard & Poor’s (c’est dire si c’est sérieux) a coûté 24 milliards de dollars et 0,6 point de pourcentage à la croissance économique pour le 4ème trimestre. Rien que cela.

Cela fait tout de même beaucoup pour des gens soi-disant non essentiels…

(*) Pas de lien. Comprenez que je ne vais pas linker des aneries…

Quelques billets non essentiels de copains pris au hasard :

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Qu’en penser ?

C’est la question qui tourne en boucle dans ma tête, un rien lancinante, jusqu’à me hanter. Je ne parle pas de la magistrale démonstration d’égo de l’UMP mais de la décision gouvernementale concernant l’avenir du site de Florange. J’ai beau lire à droite et à gauche pas mal de choses sur le sujet mais j’avoue être un peu perdu, incapable en somme de me déterminer sur ce qu’il faut vraiment faire pour sauver les emplois.

Ce qu'il reste de Florange...Ce que je sais en revanche, au delà de la sombre agitation politicienne, c’est qu’à l’ombre des haut-fourneaux vivent des gens simples, en chair et en os, et guère favorisés par la vie. Ils apparaissent au gré des articles de presse et des reportages comme une masse anonyme posée là, quelque part en Lorraine, autant dire au bout du monde. Inutile de feindre d’ignorer que les quelques centaines de fondeurs ne sont qu’une insignifiante variable d’ajustement au yeux du capitalisme moderne, ce monstre glouton passé maître dans l’art et la manière de provoquer la pénurie pour mieux faire monter les prix de l’énergie et des matières premières.

Je pourrais me satisfaire de l’attitude de ce gouvernement. On ne peut guère lui reprocher de ne pas avoir cherché de solutions. Le précédent n’aurait rien fait du tout. Mais les marges de manœuvre face au marché, face à des mastodontes comme Mittal sont faibles… Evidemment, une nationalisation temporaire aurait été un sacré signal, mais avec d’autres conséquences et obligations économiques pas forcément faciles à assumer. La montagne a donc accouché de petites promesses.

Pas sûr du tout que cela constitue une victoire, comme je peux le lire parfois. On ne parle certes plus de plan social, le site est pérennisé mais il est à l’arrêt. A Florange comme ailleurs dans les bassins ouvriers en lutte pour l’emploi, on sait ce qu’on fait habituellement des promesses. Je me rappelle de celles proclamées haut et fort au sommet d’un tas de palettes à Gandrange. Les salariés connaissent leur invariable destination après les avoir taillés en pointe. Comment se prémunir du cynisme de Mittal, comment lui accorder une once de crédibilité dans sa démarche ? Chacun le sait bien, ce ne sera probablement qu’un court répit alors que le besoin, la technologie et le savoir-faire sont présents. C’est bien celà le pire.

Je suis un peu dérouté. J’ai même du mal à écrire ces temps, mais je me rappelle tout de même d’où l’on revient…

J’en profite pour faire ressurgir une vieille tradition, celle du premier billet du mois consacré à remercier les copains et copines qui m’ont envoyé quelques visiteurs grâce aux 18 liens qu’ils ou elles ont fait sur mon Alter-Oueb ce mois de novembre. Merci à :
Ecume de mes jours
Partageons l’addiction
Affichage libre
– Les échos de la gauchosphère
Le jour et la nuit
Les coulisses de Juan
Partageons mon avis
Le Grumeau
Une autre vie
Ce que je pense
et aussi à Lolobobo (après, je dis ça, je dit rien…)

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Le signal

J’entends d’ici les mains qui se frottent d’aise dans les états-majors politiques de l’ancienne majorité. A la veille du 14 juillet, les premières bombes à retardement, savamment confectionnées, habilement réglées pour produire un maximum de dégâts dans les rangs du nouveau gouvernement et de ses soutiens, commencent à illuminer le paysage, et retombent en chapelets sur une population hagarde et désemparée. Devant un tel choc, la tentation est grande de vouloir s’en prendre à François Hollande, à Jean-Marc Ayrault et consorts. Même la blogosphère, dite de gauche, se chauffe.

PSA, la bombe à retardement de l'UMPPour ma part, le coup porté avec l’annonce du plan social de PSA s’apparente même à une déclaration de guerre. D’autres, et non des moindres comme Sanofi (5,7 milliards d’euros de bénéfices en 2011), Areva, les opérateurs de téléphonie mobile, le volailler Doux, Arcelor à Florange, mais aussi Carrefour, la Société Générale, Air France, Groupama, Danone, la Fnac et quelques autres mastodontes ont ou vont très bientôt communiquer dans ce sens. On y trouve des fleurons naguère, voire toujours ultra-profitables, et on peut légitimement se demander ou sont passés les colossaux bénéfices, et les diverses aides mises à disposition par la collectivité.

Je parle à dessein de guerre, parce que tout simplement, la société a été trompée. La droite précédemment au pouvoir a trompé la France. Cette manne a essentiellement servi à développer les délocalisations et à entretenir les rémunérations des actionnaires et dirigeants, tous grands soutiens de l’état UMP d’alors, pendant qu’on exigeait des salariés toujours plus d’efforts, de sacrifices, et de productivité, faute de quoi, le chômage serait au bout du chemin. Aujourd’hui, on y est. La crise a bon dos. Elle n’explique pas tout, et surtout pas les choix stratégiques désastreux, le manque d’anticipation et de vue à long terme. Rappeler que tout cela est la faute aux 35 heures, au coût du travail, au manque de compétitivité, de formation, d’innovation, c’est oublier qui était au manche pendant les 10 dernières années.

En principe, personne de devrait être dupe. Il est de notoriété publique que l’annonce d’un nombre conséquent de plans sociaux a été repoussé au delà des élections présidentielles afin de ne pas alourdir un peu plus le bilan du président sortant. La bombe PSA est un bien mauvais signal, une peau de banane en bonne et due forme, annonçant une période mouvementée, certainement violente, dont l’actuel gouvernement va inévitablement souffrir.

Que faire, de surcroît dans des entreprises souveraines, libres de leurs choix ? Le gouvernement a peu de marge de manœuvre, sauf qu’en la matière, l’incurie des directions engage la nation puisque c’est la collectivité qui mettra au final la main au portefeuille. J’ai personnellement bien peu d’idées à proposer dans ce vaste gâchis. Mais je commencerai par supprimer toutes les parties variables des rémunérations des décideurs, puis je limiterai leur fixe à 20 fois le salaire minimum de l’entreprise, comme l’a proposé François Hollande lors de la campagne présidentielle, ce qui sauverait certainement quelques centaines d’emplois…

Chiche !

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De Gandrange à Florange…

« … Et je viendrai moi-même dans l’usine, je reviendrai pour annoncer la solution qu’on aura trouvée. Voilà. Et je vous dis une chose, je ne peux pas annoncer une solution que je n’ai pas. Mais on va se battre pour en trouver une et de toute manière, il faut bien se serrer les coudes parce que vous avez besoin de votre propriétaire MITTAL, vous avez besoin de l’Etat et nous on a besoin du savoir-faire qui est le votre. Voilà le message que je voulais vous dire ce matin. Vous n’êtes pas seuls, on ne laissera pas tomber… »

Toto 1er vient d’annoncer avoir fait ce jour des «propositions très précises» concernant l’usine quasiment fermée à Florange en Moselle. Mais les propos ci-dessus n’ont pas été Cette plaque, à Gandrange, a mystérieusement disparu... prononcé ce matin, ils datent du 4 février 2008, il y a 4 ans, et concernaient le site de Gandrange, une aciérie voisine du même opérateur ArcelorMittal. Des promesses dont tout le monde a pu apprécier la suite : aujourd’hui, ce site est une friche, et 575 personnes ont été renvoyé dans leurs foyers, aux bons soins de la société de l’assistanat tant vilipendée par le président-candidat qui peine à se rappeler de tous les engagements qu’il a pris naguère.

A Florange, l’amnésie est soudainement passée, au point de ressortir les mêmes promesses aux 5.000 personnes dépendantes de l’aciérie sans aucun état d’âme, sans aucune honte. A ce point, on est loin du mensonge institutionnel et courant du politicien de base. De la part du président sortant, ces actes relèvent de la maltraitance, de la manipulation, de la malhonnêteté la plus crasse. Lui confier la barre 5 ans de plus dans de telles conditions serait suicidaire. Qu’on y croit ou pas, les victimes sont toutes désignées et sans aucune possibilité de se défendre… Vivement que cette campagne cesse pour qu’on en finisse de jouer avec la vie des gens aussi légèrement.

Gandrange, Florange, rien ne change. La particularité de la rime est qu’on en connaît invariablement sa fin : identique.

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Sous(rire) jaune

On n’en parle très peu, du moins jusqu’à cette heure, mais samedi 11 février est le dernier jour pour ramener les tirelires jaunes à la Poste, c’est l’épilogue de la fameuse opération «pièces jaunes». Fondée en 1989, la fondation présidée par Bernadette Chirac s’est donné pour objectif d’apporter bien-être et réconfort aux personnes hospitalisées les plus fragiles. C’est parfaitement louable, et j’ai par le passé apporté avec fierté quelques boites au facteur. Mais pas cette année.

Tiens, tu l'as vu ma boite de pièces jaunes ?Depuis 1989, pas mal de personnalités se sont affichées aux coté de l’ex première dame qui se targue de plus de 10.000 projets dans les hôpitaux français. Il y a là beaucoup de réalisations de tout premier ordre, indispensables, structurantes, financées en grande partie par les petites pièces en cuivre qui échappent régulièrement à nos doigts et croupissent au fond des porte-monnaies. Mais je ne puis m’empêcher de penser que c’est plutôt à l’Etat de combler les manques en matière de santé publique, carences d’ailleurs savamment provoquées. Cette manière de susciter la générosité publique en provoquant la pénurie et le sous-équipement me dérange.

Cela me révolte d’autant plus que les sommes récoltées sont importantes et qu’elles proviennent d’une population généreuse, mais pas vraiment aisée. En cette période troublée d’insolente opulence et de grande misère, il n’est plus guère question de faire des cadeaux. Mes pièces jaunes ne sont pas inutiles, je les utilise jusqu’à la dernière parce qu’avec l’augmentation des prix et la stagnation, voire la baisse des revenus, ce genre de fantaisie est devenu un grand luxe. Ce ne sont que quelques centimes par enfant, quelques euros par familles, quelques centaines d’euros par bureau de Poste. Les petites rivières font les grands fleuves, et les personnalités le savent et en usent : la cause est belle et les réalisations sonnantes et trébuchantes, mais qu’en est-il vraiment ? Des réceptions au décorum toujours somptueux, des défraiements hors normes pour le commun des mortels, des avantages liés au rang des «prestataires», sur des fonds généreusement attribués, ce n’est pas acceptable. Sans parler de l’exposition médiatique maximum et gratuite…

Il se dit que David Douillet a utilisé un temps pour ses déplacements privés un puissant et prestigieux 4X4 founi par la fondation. Je ne suis pas journaliste, je n’ai pas à vérifier la véracité du fait. On me soutiendra certainement que c’est faux, sans que je puisse en être convaincu. Le vrai, le faux, ce n’est que de la communication. J’ai bien été obligé de croire, comme on me l’avait affirmé, que Eric Woerth était un homme honnête, que Jannie Longo n’était pas dopée, que la crise est du fait des chômeurs, et qu’un agité inculte et agressif était président de la République.

Je garde les centimes de mon ménage. Comme je suis à Paname pour formation professionnelle la semaine prochaine, je les dépenserai plus utilement un soir, à la Comète.

Santé.

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