Rendez-vous dans la rue

Puisque rien n’a fondamentalement changé ces derniers jours, puisque le projet de loi, dit «travail» porté par un gouvernement dit «de gauche» continue d’être le texte de trop, je serai à nouveau dans la rue ce samedi 9 avril. Bien que peu concerné à priori puisque fonctionnaire d’Etat, du moins à court terme, je ne peux que me mobiliser contre la précarisation du monde du travail et la transformation d’une société aboutissant à l’asservissement systématique du salarié.

Parce qu’en fin de compte, les enjeux sont moins une enième reforme du travail qu’une profonde transformation de la société dans laquelle le système dominant convertirait chaque travailleur en un être d’une souplesse incroyable. Vous avez des souhaits, des besoins, des compétences, des exigences ? Oubliez-les ! Seul le MEDEF sait ce qui est bon pour vous, et surtout pour lui. Ainsi pour vous utiliser, et grâce à un gouvernement socialiste, nul besoin de votre accord, ni même de réfléchir, et encore moins de vous plaindre si votre nouveau Maître ne respectait pas le peu de réglementation qui reste… Et ne parlons pas de salaire, estimez vous juste heureux de travailler un peu, par ci, par là, car la denrée est rare.

Séparation de l'Etat et du MEDEFEt surtout, ne pensez pas qu’il s’agisse d’une caricature. Comme pour la fraude fiscale ou l’ampleur révélée chaque jour qui passe dépasse l’entendement, notre environnement professionnel vire lentement mais sûrement, dans des proportions dont nous peinons à mesurer toutes les conséquences. Dans le même temps, les montants mis au frais dans les paradis fiscaux sont délirants jusqu’à l’écoeurement quand on les mets en perspective des efforts et autres chantages demandés aux salariés dans les différentes mesures de sauvegarde de l’emploi ou de flexibilité exacerbée.

Ainsi, pendant que vous renoncez chaque année à vos droits élémentaires, quand votre salaire est diminué sous de vils prétextes, quand vos protections sociales sont révisées à la baisse et détricotées chaque année davantage, des milliards naviguent au loin pour constituer des sociétés fictives en charge d’évaporer la fortune des puissants au yeux du monde.

Juste un rapide rappel : le déficit de la France s’élevait à 85,7 milliards d’Euros en 2014, et 77,4 en 2015. Pile poil le montant estimé de la fraude fiscale française chaque année. Ce qui voudrait dire que sans voyous financiers, il n’y aurait aucun déficit, ni pour les caisses de retraire, de sécurité sociale et de chômage… Le problème est bien que dans cette très petite minorité qui se livre à ce pillage de fonds publics, on trouve quelques dirigeants politiques mais surtout nombre de sympathisants du MEDEF et de décideurs qui sont à l’origine de lois indignes comme la loi El Khomri. Au train ou vont les choses, l’étape suivante s’appelle le retour à l’esclavage.

Le samedi 9 avril est le moment pour exprimer cette colère sourde et de rappeler quelques vérités fondamentales. Et il y a vraiment besoin de le faire en nombre. Les motifs ne manquent pas. Si seulement toutes les victimes du système que sont les précaires, les chômeurs, ainsi que tout ceux qui se sentent opprimés, brimés ou harcelés par leur hiérarchie, dont les conditions de travail sont détestables, qui font l’objet de chantage à l’emploi, ou qui simplement se sentent mal à l’aise pour se mettre en grève en semaine, si tout ce monde pouvait venir défiler ensemble plutôt que de faire ses courses dans les temples du dieu fric.

Samedi, il n’y a plus d’excuse, on est libre. Pour l’heure, les loups ne gardent pas encore le troupeau. Quand ils seront installés, ce sera nettement plus difficile.

Allons esclave, debout, debout

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Au travail !

Cela devait finir par arriver. Après avoir vu le Parti Socialiste comme parti majoritaire s’éclater en une multitude de courants divers et variés, voilà qu’une partie non négligeable de ses forces vives bruisse. Le projet de Loi de Myriam El Khomri portant réforme du code du travail semble bien être la couleuvre de trop qui finit par briser la fragile allégeance à l’exécutif. En effet, militants, adhérents, secrétaires de section et parlementaires grognent de manière suffisamment significative pour que le recours au 49.3 sur le sujet ressorte de l’ombre, alors même que le texte n’est qu’au stade d’avant-projet.

el-khomri-gattazPour preuve : dans mon entourage «à forte sensibilité de gauche», même les plus ardents défenseurs de la ligne estampillée Valls-Macron semblent embarrassés par la teneur d’un texte dont la raison d’être, outre de régir les contrats de travail, est normalement de protéger la partie la plus faible des outrances propres à la nature humaine. Ce n’est pas le cas. Surtout que ce n’est pas le premier texte dans ce sens. Malgré de belles réalisations, le mandat de François Hollande n’est qu’une suite de reculades et de renoncements incompréhensibles. Que de rendez-vous manqués avec l’Histoire, jusqu’à faire l’inverse des principes et valeurs affirmées lors du fameux discours du Bourget. La lutte des classes, c’est le MEDEF qui l’a gagné, avec la contribution active d’un exécutif de gauche.

J’ai été de ses avocats. C’était jusque là vraiment facile de justifier les actions des gouvernements Hollande tant celles menées par le président précédent avaient été dures et brutales pour les petites gens et les précaires. On avait beau se dire que sous une nouvelle présidence de Sarkozy, débarrassé du besoin de popularité pour être réélu, les choses auraient été encore pires. C’est indéniable tant sa nature complexée est mue par un esprit de vengeance et de rancoeur maladives : ces salauds de pauvres doivent payer. Mais la réalité est aussi que cette gauche m’a fait me pincer le nez de plus en plus souvent, de plus en plus fort, évitant d’en parler ici tant les arguments me manquaient.

On va évidemment ressortir tous les poncifs à la mode, sur l’impossibilité des réformer, sur l’immobilisme maladif du français moyen, peu au fait des impératifs économiques dans un espace mondialisé. « Ne rien changer, c’est nous condamner » s’exclame Manuel Valls. Il n’a pas tort. Mais le problème n’est pas le fait de changer, c’est le contenu du changement qui pose problème. Cela me rappelle la campagne de désinformation qui a accompagné le référendum français de 2005 portant approbation du traité établissant une constitution pour l’Europe. Le «non» qui émergeait a été présenté comme un «non» à l’Europe, en l’imageant sur les conséquences surréalistes d’un tel refus. Or les électeurs ont répondu à la question posée en regard du texte : ils étaient européens convaincus, mais ils ont logiquement repoussé un texte technocratique où le citoyen et la démocratie étaient absents. Oui au changement, mais pas n’importe comment.

On est au même point. Le code du travail a certainement besoin d’être revu, mais pas sous la dictée exclusive de Pierre Gattaz qui obtient pour ses congénères au-delà de ses fantasmes les plus fous sans même avoir à le demander. Joli message envoyé aux chômeurs qui sont désormais à la merci des conséquences de la renégociation en cours des modalités d’assurance chômage. Vous comprenez, les déficits sont abyssaux, les assistés doivent aussi payer. Sauf qu’ils vont payer seuls.

Seulement, si tous ces gens importants contribuaient selon leurs moyens comme le font le commun des mortels, si la fraude fiscale, estimée entre 60 et 80 milliards d’euros par an en fourchette basse, était réduite juste des deux tiers, il n’y aurait plus de déficit,on ne parlerait plus du trou de la sécurité sociale, des caisse de retraite et du chômage… Qu’est ce qu’on attend pour réformer le système fiscal comme promis ?

Je suis stupide, on a déjà renoncé.

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Réduire la dépense

Certains l’ont remarqué : je suis loin des blogs en ce moment. Peu de sujets me poussent à rompre cet espèce de détachement de la chose politique qui s’est emparé de moi depuis quelque temps. Même si la période est loin d’être aussi rose que je l’aurais espéré, mes coups de gueule du moment et mes emportements ne se traduisent plus en écrits. Mes proches seraient même enclin à trouver qu’une forme de sagesse toute relative s’est enfin réveillée en moi…

Même Toto 1er en plein écran, tentant pathétiquement de démontrer l’implication du pouvoir socialiste dans sa disgrâce, n’a rien provoqué d’autre qu’un sourire amusé, et pour cause : le chantre de la droite dure va tomber entre-autres par simple application des lois LOPPSI 1 et 2 particulièrement liberticides et qu’il a lui-même fait voter… Joli. La racaille, qu’elle soit de bas-étage ou des beaux quartiers, ça reste de la racaille.

Mon sujet du moment est tout autre. Je suis tombé hier sur une dépêche AFP concernant la réforme de l’État, et plus précisément la refonte de ses services informatiques ainsi que la simplification des mesures administratives pour les particuliers. Ce dossier, qui relevait jusque-là du périmètre de la ministre de la Fonction Publique, Marylise Lebranchu, a été confié récemment à Thierry Mandon, secrétaire d’État qui dépend directement de Matignon.

La chose me parle. Je suis même directement concerné puisque je suis informaticien pour un grand ministère régalien. Je vous passe rapidement le côté simplification du sujet. Depuis des années maintenant, les mesures de simplification des procédures sont devenues une priorité absolue dans l’administration française. On simplifie déjà, et à tout va, on rationalise dans tous les sens, mais bizarrement, jamais le quotidien n’a été autant compliqué…

Pour la partie informatique, il s’agit de mutualiser les ressources informatiques de l’Etat et de favoriser la transparence en rendant accessibles les données publiques partout et pour tout le monde. Et pour y arriver, Thierry Mandon n’y va pas par le dos de la cuillère : «l’Etat produit trop lui-même, il y a plein d’entreprises en France sur plein de sujets qui peuvent apporter énormément de réponses très rapides et très qualifiées». En d’autres termes, on externalise vers les grosses boites du privé la fonction informatique de l’État (et on ferme ces services évidemment).

Je peine réellement à voir le gain de l’opération. S’il est parfois nécessaire d’être assisté par des prestataires sur des points précis, ce qui peut apporter des compétences nouvelles, confier tout ou partie de son activité informatique au secteur privé est une manœuvre dangereuse et sans retour. Outre la fin de son indépendance, l’État deviendrait une vache à lait phénoménale pour les entreprises comme Cap-Gémini, Athos, Accenture et quelques autres de cet acabit, qui réalisent déjà de colossaux profits. Si c’est pour donner un coup de fouet au secteur, pourquoi pas, mais quid des collusions et des copinages dans les attributions de ces marchés, et à quel prix ?

A moins que l’objectif poursuivi soit plus terre-à-terre, plus dogmatique dira t-on. En transférant au privé tout ou partie du système d’information, on va réduire un peu la fameuse dépense de l’État puisque la poignée d’agents qui mettaient ce système en œuvre seront privés de boulot. Mais compte-tenu du coût de fonctionnement global, du niveau de salaires de la fonction publique et du faible nombre de personnels concernés, il ne fait pas l’ombre d’un doute que la facture au final va exploser… Pour le contribuable, ce sera encore plus cher.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle menace se profile. A chaque fois, une certaine forme de raison et la mobilisation des personnels ont empêché l’inexorable. Face aux coûts d’une sous-traitance qui ne remplissait pas toujours les objectifs fixés, mon administration a procédé récemment à des ré-internalisations significatives. D’autant plus que son personnel est qualifié et formé. En tout état de cause, cela m’embêterai assez que ce soit un gouvernement de gauche qui rince ainsi les grosses SSII.

Hasard du calendrier, mon unité vient d’apprendre qu’elle perdait sa mission principale, au motif notamment, qu’on était «sur-qualifié» (sic).

Va comprendre Charles (c’est mon troisième prénom).

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Alors bonne année…

On n’échappe pas à une tradition aussi séculaire : après les agapes et leurs lentes digestions, le cérémonial des vœux de bonne année est incontournable. On sert les pognes par ci, on claque une bise par là, un franche accolade encore ici, et même avec des gens que d’ordinaire on apprécie guère. Une bonne année, une bonne santé, avec aussi du pognon ! Des vœux pieux, évidemment…

Heureusement, je repère bien vite ceux qui sont de pure forme. Ils sont les plus mielleux, croisant un sourire béat à une emphase ridicule. Et dans ce domaine, les personnalités politiques, comme celles placées haut sur l’échelle sociale, excellent. Ils nous promettent chaque année le meilleur, mais toutes se ressemblent, avec cette maxime en dogme absolu, et qui fait toute la différence : «dites nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer»…

2014Quelques minutes après les vœux aux français de François Hollande, cette pitrerie de Coluche m’est revenue en tête. C’est donc un président qui se dit à gauche qui propose de refaire confiance aux entreprises pour qu’elles embauchent, avec en contrepartie, un allègement significatif des charges et une réduction toute autant significative de la dépense publique. Mais bien sûr… Sur le coup, je n’étais pas bien sûr de ce que j’avais entendu. Après le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) attribué sans aucune contrepartie – on voit bien comment la mesure a dopé l’emploi – , voilà une annonce qui ressemble à un nouvel abandon de ceux qui ont porté Hollande aux affaires.

Charges, encore des charges, toujours des charges, on n’entend plus que ce mot qui alimente tous les fantasmes pour la compétitivité du pays. On oublie un peu vite que les fameuses «charges sociales» représentent d’abord une portion non négligeable du salaire. Mais son versement au travailleur est en somme «différé» et sert d’abord à alimenter les système de solidarité en contrepartie de droits dont les effets peuvent être immédiats (chômage, maladie, accidents du travail) ou à terme (retraite). Alléger ces fameuses charges revient dont à baisser purement et simplement les salaires. Ou de laisser la charge de ces salaires différés à la collectivité. En exonérant les entreprises des cotisations sociales, on ne fait que creuser les déficits publics puisque les droits sont acquis, et qu’à ce titre, il faut bien payer la protection sociale, les allocations et les retraites.

Si on cumule à ce petit cadeau une réduction de la dette publique, la boucle est bouclée : on réduit de fait les salaires en baissant le montant des prestations, on entrave l’action de l’Etat dans ses missions des contrôle et de régulation par la suppression d’emploi public, et on va donner à la droite libérale et conservatrice tout ce qu’elle demande. Parce qu’il ne faut pas se leurrer : moins de dépense publique, c’est rogner sur les retraites, mouvement déjà bien entamé, c’est réduire les prestations sociales, mouvement également en cours, c’est supprimer les subventions aux associations, c’est étrangler le service public pour le remplacer par des entreprises privées qui sauront se faire grassement rémunérer. Cela ne concerne évidemment pas les projets pharaoniques de quelques élus mégalomanes, certains cadeaux fiscaux aux puissants du monde, et les «sauteries aux petits fours» des très hauts fonctionnaires.

Le plus agaçant dans cette histoire est que la cerise arrive sur le gâteau alors que l’UMP en tant qu’opposant politique est complètement muet, trop occupé par la lutte intestine qui sévit à sa tête. Le manque de compétitivité et le chômage sont savamment entretenus et résultent d’abord de l’accaparement de la richesse par la haute finance et ses ayant-droits, en soustrayant les montants normalement dévolus à l’investissement pour alimenter les dirigeants, les rentiers et les actionnaires. De ce coté, pas de crise : Les stations d’hiver ont fait le plein pour les vacances…

Alors bonne année puisqu’il le faut. En tant que petit fonctionnaire, je sais à quoi m’attendre pour cette année. Elle commence d’ailleurs bien : un récent déménagement forcé d’un bâtiment adapté vers un taudis immonde et confiné dans la poussière a considérablement fait évoluer mes conditions de travail au point de ne plus pouvoir exercer mon métier dans les règles de l’art. Tout cela ressemble à s’y meprendre à un sabotage venu de l’intérieur.  Et pourtant, dans ses vœux tous frais, mon big-boss me souhaite le meilleur dans un monde de bisounours. Qu’il se les taille en pointe, et se les mette ou je pense…

Bonne année sincère à tous les LB et à vous qui passez ici.

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Non essentiel

Encore une fois, le monde vient de frôler l’apocalypse absolu. Le défaut de paiement du principal argentier de la planète n’aura pas lieu, enfin pas immédiatement. Les élus américains, en relevant provisoirement le plafond de la dette, permettent à l’Etat yankee d’emprunter sur les marchés, et autorisent le retour à leur poste des fonctionnaires mis au chômage technique pendant 15 jours.

Essentiel ou non ?Car de l’autre coté de l’atlantique, on ne rigole pas. Le côté très tranché, quasi binaire de bien des aspects de cette société nous laisse, nous autres du vieux continent, un peu dubitatif. Le budget n’est pas voté au premier jour de l’exercice comptable ? Aucun souci, la machine s’arrête net : toutes les dépenses non essentielles sont purement et simplement ajournées jusqu’à l’adoption du texte. Reste à définir cette notion de «non essentielle».

Je ne me lancerai pas dans l’explication du mécanisme du «shutdown». Mais la chose a fait parler parce que dans l’histoire, des simples gens perdent, momentanément ou non, leurs moyens de subsistance. Autour de moi, j’ai entendu des réactions assez bizarres, voire absurdes (*), qui montrent qu’une partie de l’élite libérale n’a décidément plus aucun complexe. Nos institutions ont d’ailleurs prévu l’éventualité d’un budget non voté et mis en place des systèmes évitant de tels blocages. Quelques uns semblent d’ailleurs le regretter, tels Raymond Soubie, Michel Godet, Agnès Verdier-Molinié et quelques autres parasites, se précipitant sur les plateaux télé pour vanter les mérites en terme de dépense publique du «shutdown» à l’américaine.

Pensez-donc : rien qu’à l’idée de ne plus payer les fonctionnaires, certains ont eu du mal à cacher la bosse sur leur pantalon et leur extase…Et associer de façon aussi visible l’agent de l’Etat avec la qualification de «non essentiel», c’était l’orgasme en direct. Voila le remède pour éviter de creuser la dette du pays. C’est simple, sans douleur, quasi invisible puisque non essentiel. Et terriblement efficace. Mais pourquoi n’y a t’on pas pensé plut tôt ? Mais les américains ont fait leur compte. La plaisanterie, selon Standard & Poor’s (c’est dire si c’est sérieux) a coûté 24 milliards de dollars et 0,6 point de pourcentage à la croissance économique pour le 4ème trimestre. Rien que cela.

Cela fait tout de même beaucoup pour des gens soi-disant non essentiels…

(*) Pas de lien. Comprenez que je ne vais pas linker des aneries…

Quelques billets non essentiels de copains pris au hasard :

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Ave Marché, morituri te salutant !

Je suis un peu assoupi volontaire en ce moment, mais je ne dors que d’un œil, d’une narine, d’une oreille… Alors forcement, quand on annonce un nombre record de chômeurs, je ne peux que me réveiller. Et la deuxième lame vient de passer avec le confirmation de ce qu’on présentait depuis longtemps : Mittal ferme les derniers hauts-fourneaux de Florange.

Les hauts fourneaux, vu du cimetière voisinCe site est assez emblématique du système mondialisé actuel : voilà un outil rentable qui fait les frais d’une recherche exacerbée du profil quel qu’en soit le coût humain. Depuis 2008, les salariés d’Arcélor-Mittal en ont entendu des promesses et vu défiler des personnalités, avec cet arrière goût de déjà vu : une fin inéluctable. «Ave Cesar, morituri te salutant !».

Arcelor-Mittal maîtrise la totalité de la chaîne depuis l’extraction jusqu’à la transformation du minerai. En réduisant sa capacité de production d’acier face à une demande mondiale en constante augmentation, le magnat indien fait monter les prix et les bénéfices… Un peu comme le cas Sanofi, largement subventionné en France par la Sécurité Sociale, 3ème plus forte rentabilité du CAC40, plusieurs milliards d’euros de dividendes dont la moitié n’est pas réinvestie puisque distribuée aux parasites actionnaires, qui n’hésite pas à annoncer malgré tout la suppression de 2500 emplois.

Je n’ai pas l’impression qu’en France, on se rende bien compte de l’ampleur et de la portée du crime : 3 millions de chômeurs officiels, et certainement beaucoup plus, des annonces et des plans sociaux qui se suivent, des nouvelles peu sujettes à optimisme, pendant que les bailleurs de fonds continuent et amplifient leur razzia. C’est pas la crise pour tout le monde.

On marche tout droit dans les pas de la Grèce et de l’Espagne, ces merveilleux pays pris comme laboratoire d’expérimentation et de mesure de la capacité de résistance des populations face aux remèdes libéraux. Il n’y même plus besoin d’en débattre tant la situation est limpide. Contrairement à Pierre Chappaz, qui croit dur comme fer que le «libéralisme est LA réponse à la crise», chaque jour nouveau montre à l’évidence que le libéralisme est la CAUSE de la crise.

Reste à savoir combien de morts il faudra avant qu’on se réveille.

Crédit photo : Vincent Kessler (Reuters)

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Sortir du piège

On dit François Hollande un rien immobiliste. Il faut être resté cloîtré au fond d’une grotte pour persister dans ce sens. Les grandes réformes structurantes avec notamment une nouvelle fiscalité et le mariage pour tous, arrivent pour la fin de l’année. Il faut dire que jusque là, il y avait fort à faire pour détricoter les innombrables entreprises de saccage du quotidien de ceux qui n’auront jamais de Rolex à leur poignet. Ces 4 mois n’auront peut être rien amélioré, mais ils auront au moins permis d’arrêter le massacre.

Cartes ou pions, c'est selon...En fait, le gouvernement va bien plus vite que l’on croit. D’ailleurs, le Président de la République veut faire ratifier au plus vite par la Parlement le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), tel qu’il a été signé par son prédécesseur le 25 mars dernier. Ce texte, pur jus de technocrate ultra-libéral, totalement imbuvable, pris sous la dictée d’organisations pas forcement très reluisantes, imposerait de manière permanente une politique d’austérité qui n’a en fait, qu’un seul but. En contraignant les budgets nationaux à des règles tellement rigides, les états qui en disposent encore seraient obligés de saborder les système de protection et de solidarité envers les plus faibles. Il ne s’agit ni plus ni moins de la raison d’être du traité : faire rentrer dans le rang de la mondialisation les derniers récalcitrants. Le reste, ce qu’on entend dans les hautes sphères, bien à l’abri du besoin, n’est qu’habillage et communication…

C’est pour cela que je relaye l’initiative d’ATTAC dont je vais reprendre les propos : «Nous, organisations associatives, syndicales et politiques, avons décidé de mener ensemble une vaste campagne d’éducation populaire et de mobilisation citoyenne, avec en particulier une grande manifestation unitaire le 30 septembre à Paris.
L’intervention des citoyens dans le débat démocratique doit convaincre les parlementaires, particulièrement celles et ceux qui ont été élus sur la promesse d’une renégociation de ce Pacte budgétaire, de refuser sa ratification et de permettre ainsi la réouverture du débat en Europe.
»

Vous pouvez interpeller vos députés en envoyant manuellement l’appel ou en utilisant l’envoi automatique via le formulaire ci-dessous :

Monsieur le Député, Madame la Députée,

François Hollande, candidat, s’est engagé devant les Français à renégocier le nouveau Traité pour la stabilité, la coopération et la gouvernance, dit aussi Pacte budgétaire, signé en mars dernier par Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui le gouvernement présente pour ratification au Parlement ce même Traité, rigoureusement inchangé.

Le Pacte budgétaire interdit les déficits publics et donne aux instances européennes des pouvoirs de sanction inédits contre les pays en difficulté. Dans l’espoir de rassurer les créanciers et les spéculateurs, il impose aux États une austérité perpétuelle sans apporter aucun remède aux causes réelles de la crise: la concurrence effrénée au sein de la zone euro et la domination des marchés financiers. Ce Pacte va aggraver le chômage et bloquer toute amorce de transition écologique. Les très maigres mesures « pour la croissance » adoptées par le Conseil européen fin juin n’y changeront rien.

Si la construction européenne devait se poursuivre contre les intérêts et la volonté des peuples, elle n’y survivra pas, pas plus que la démocratie. Je vous demande de voter contre le Pacte budgétaire. Votre vote, et le rejet du Traité par la France, permettront de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe.

En vous remerciant de votre réponse, croyez, Monsieur le Député, Madame la Députée, à mes sentiments républicains,

Je vais tagguer tous les leftBlogs : Abadinte, Antoine, Annie, Aurelien, Dedalus, Balmeyer, Bembelly, CC, Captainhaka, Océane, Gaël, Frédo Camino, Marie, le clown, gularu, Arnaud, les iliens, Jeannot, Nicolas, Cyril, Elmone, Juan, Mamie Kamizole, Sasa, Mehdi, Elooooooo…ooody, Lolotrouvetou, Louis, Magic, Mathieu, Mipmip, Isa, See Mee, Eric, Monsieur Poireau, Mrs Clooney, Le Partageux, Melclalex, Philippe, Vogelsong, l’Omelette, Dagrouik, Gilles, Nico, Rimbus, Romain, Dada, Seb, David, Slovar, Trub, Steph, Romain, Jeremy et Yann… Ouf ! J’espère avoir oublié personne !
A vous de jouer, moi c’est fait.

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Fuite en avant

J’ai parfois de drôles de lectures. Comme si je n’en avais pas assez à parcourir les billets des copains présents dans ma «blogroll», je me suis volontairement aventuré au delà de la ligne jaune, celle qui ressemble à la délimitation des deux espaces d’opinion politique de notre pays. Il y a de l’autre coté des choses intéressantes et quelquefois bien dites, mais globalement, je ne peux m’empêcher de percevoir dans leur expression, au delà de l’amertume d’avoir perdu le manche, une forme d’égoïsme extrême quand il s’agit d’évoquer la manière de combler les déficits des Etats.

Non aux coupes budgétaires en EspagneCe genre d’attitude est un peu problématique parce que cela ne cadre pas avec les valeurs qui fondent notre société au sens large. Dans le pays des Lumières et des Droits de l’Homme, il y existe des éléments de cohésion sociale plus développés qu’ailleurs avec des dispositifs de solidarité et d’assistance nés de luttes épiques et de la volonté de grands hommes. Hélas, tous ces beaux principes volent en éclat au moment où, justement, face à l’adversité, cette belle société devrait se resserrer et se protéger collectivement.

Au-lieu de cela, on se divise, on attaque, on rappelle toujours et encore les effets des années Mitterand. Depuis, rien de ce que l’Etat met en œuvre n’est rentable, hôpitaux, école, sécurité sociale, même la SNCF… On fustige les socialistes oeuvrant ici et ailleurs en Europe, qui prennent tout aux riches sans rien changer dans leur gouvernance dépensière, laxiste et irresponsable. On déclame d’un ton professoral que le problème des déficits ne sera jamais réglé puisqu’aucune des «mesures structurelles» indispensables n’est prise pour réduire les dépenses et amorcer la croissance. Je ne mets pas de liens sur ce style de sources, nul besoin de leur faire de la publicité. C’en est parfois abjecte de bêtise et d’individualisme. Quand on est riche et en bonne santé, c’est évidemment plus facile.

Reste le dernier argument, et non des moindres : «à force de les taxer, les riches vont fuir». Donc contribuer à la hauteur de ses revenus, une autre base de notre société, se révèle être une autre douce chimère. Depuis la brutale secousse de 2008, je vois bien dans mon entourage que les gens aisés n’ont en rien changé leurs habitudes de consommation, comme si la crise n’avait quasiment aucune prise sur leur train de vie. Il ne faut rien leur demander, au risque de les effrayer. Il vaut mieux se rabattre sur les chômeurs, les précaires, les fonctionnaires, pleinement concernés par les fameuses mesures structurelles. Ceux là ne risquent pas de traverser la frontière suisse ou luxembourgeoise avec une valise en croco. De surcroît, déjà passablement étranglés, ils ne descendront même pas dans la rue pour protester contre l’inégalité de l’effort à consentir.

Sauf en Espagne, où les manifestations spontanées sont devenues impressionnantes. Les commentaires qu’on y entend font preuve de détermination et d’une grande maturité : oui il y a crise, oui il faut payer, oui on paye, mais pas n’importe comment, et il faut que tout le monde en fasse autant, et surtout ceux qui ont provoqué cette situation… Ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui.

C’est là toute la difficulté. Réduire les indemnisations du chômage, les retraites, ponctionner de 15% un salaire de 1.500 euros, c’est brutal, non-négociable, et terriblement douloureux. Mais augmenter la pression fiscale dans les mêmes proportions envers la bourgeoisie, c’est totalement impossible sinon ils se délocalisent. Visiblement, ce doit être un véritable catastrophe de changer l’Audi tous les 3 ans au lieu de 2… Avec de tels principes, la situation ne risque pas de s’arranger.

Le menu ce soir : le 20 du mois, c’est jambon – pâtes au beurre, sans beurre.

Crédit photo : © AFP – Dominique Faget

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Marche forcée

Décembre est le mois des lumières et des cadeaux. A Lyon, depuis 1852, c’est la fête le 8 décembre, et pendant quelques jours, on va en prendre plein la vue. Dans le centre-ville, mais aussi dans les quartiers, la lumière va se jouer de la nuit et nous offrir des spectacles éphémères, souvent insolites, parfois émouvants. Mais cette sortie momentanée des turpitudes du quotidien n’arrive pas à me faire oublier les récentes déclarations de nos grands argentiers, et me fait dire qu’on a pas fini d’en prendre plein la gueule…

L'image d'une société riche et fracassée... Imaginez les démunis au milieu...Le quotidien ? Des «sommets» européens se suivant comme des perles sur un trop long collier, invariablement clôturés par un belle déclaration de victoire, des interventions savamment distillées des agences de notation qui font habilement passer l’inéluctable pour une future possibilité, des responsables politiques obnubilés par leur idéologie, prisonniers de leurs bailleurs de fonds qui les pressent de surcroît de supprimer rapidement ce qui reste des protections sociales, ces graves entraves à générer davantage de profit.

Le cadeau du moment, l’outil magique, l’instrument ultime, oserais-je la solution finale, s’appelle la règle d’or. Devant la fronde de la représentation nationale, y compris dans les rangs de l’UMP d’ailleurs, et de la difficulté à la faire adopter en France, voilà que notre Grand Saigneur veut l’imposer à l’Europe entière, via un traité dont rien ne serait discutable puisque renfermant LA solution par essence. Ainsi, dans le seul espace au monde ou demeurent quelques systèmes de solidarités, forcément déficitaires puisqu’on en réduit les financements via les allègements fiscaux des plus aisés, cette règle d’or supra-nationale emporterait légalement ce qui reste des retraites par répartition, des prestations familiales, de l’indemnisation du chômage et de la maladie…

On se gausse dans la presse des errements dans la gestion de certains comités d’entreprises, en s’interrogeant, à raison, sur la destination réelle de quelques millions. Mais pas un mot sur les 500 milliards qui manquent dans le budget de la France depuis 5 ans… Pas un mot sur l’adoption d’un taux de croissance manifestement gonflé, contre toutes les prévisions, générant à lui seul quelques dizaines de milliards de déficit. Quand on réclame aussi bruyamment la mise en place d’un dispositif tel que cette règle d’or, on commence, en principe par se l’appliquer à soi même. Or le budget 2012 de la France est à la base déjà déséquilibré de plus de 80 milliards, auxquels vont se rajouter, du fait de la dégradation inéluctable du AAA, au minimum 10 milliards rien qu’en intérêts… Dans le même temps on annonce qu’il n’y aura pas de nouveau plan de rigueur. On y croit tous, du grand art !

La règle d’or qu’on veut imposer à marche forcée existe pourtant déjà : elle est prévue au Traité de Maastricht via les fameux critères de convergence. Aussi, avant d’élaborer un nouveau traité européen, il faudrait peut-être rappeler à ces messieurs de commencer à respecter ceux qui existent.

A moins que son but soit d’y cacher plein de nouveaux cadeaux.

Pour un prochain pot de départ ?

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La vengeance

Cela fait des années, des dizaines même, où j’entends prononcer les mêmes logorrhées : c’est la crise, le pays vit au dessus de ses moyens, il n’est plus possible de continuer ainsi. Depuis que je travaille, soit depuis 30 ans, les crans sur la ceinture ont bougé, et pas qu’un peu, mais pas dans le sens voulu, au propre comme au figuré… Je consomme dans la limite de ce qui m’est possible de faire, sans fantaisie aucune, et contribue normalement aux charges de la Nation. Je ne peux vivre à crédit et paie tout, sans aides, au prix fort. Je compte tout à l’euro près, et empile de plus en plus fréquemment des renoncements qui se transforment dans la durée en sacrifices chaque fois un peu plus douloureux. Mon livret A, comme seule épargne, a un solde positif de 0,65 euros… Mais de quoi suis-je donc coupable pour reprendre un nouveau coup de bâton dans les jambes ?

Visiblement, je dois être un dangereux générateur de dette publique. Déjà, je suis petit fonctionnaire, besogneux mais invisible, taillable et corvéable… Mais au delà, ce nouveau plan de rigueur, imposé par la communauté internationale, m’apparaît d’abord comme une reprise en main vigoureuse des peuples au sens large. Parce que les pouvoirs, politiques et financiers, ont été pris d’une peur panique. L’épisode grec du référendum, invitant le citoyen à se prononcer, a sonné comme une terrible remise en cause de leur autorité alors qu’aucune question n’était encore élaborée… Le seul fait d’évoquer la possible expression des «sujets» a soulevé des énergies colossales pour que le 1er ministre grec soit prié de revenir sur sa décision et invité à plier les gaules sans moufter davantage.

Suite présidentielle au Majestic à Cannes, à la rigueur...Le boulet est passé près, et nos politiques ont vite fait de concocter un nouveau plan de rigueur, qui sonne comme une vengeance contre toute velléité d’expression. Les indignés du parvis de la Défense en savent quelque chose, harcelés, puis débarrassés qu’ils sont par les Condés de leur matériel de couchage, ce qui s’apparente soit dit en passant à du vol ou destruction volontaire de biens d’autrui puisque rien n’interdit leur présence pacifique dans espace public… Rigueur, rigueur…

Les milliards à trouver sont censés équilibrer un budget 2012 bancal dès la conception, en raison principalement de la prise en compte d’un taux de croissance fixé au doigt mouillé, mais pas que. Sera ainsi ponctionnée la masse laborieuse qui fait déjà les frais de réformes iniques, qui paie au prix fort l’égocentrisme et la mégalomanie du pouvoir. Mais toujours rien de significatif concernant les niches fiscales. Le dispositif Scellier est certes abrogé, mais les plus importantes, coûteuses et improductives demeurent. Par exemple, la «niche Copé», votée en catimini en 2004 sous l’impulsion du Ministre du budget éponyme. Elle exonère d’impôt sur les sociétés les plus-values encaissées par des personnes physiques ou morales en cas de vente de leurs filiales ou titres de participation détenus depuis plus de deux ans. Elle a coûté au budget de l’Etat, la bagatelle de 9 à 10 milliards en 2007, 2008 et 2009… Pour 2010 bizarrement, le chiffre n’est pas connu. On en ferait bien des choses en abrogeant une disposition des plus inutile et improductive économiquement, qui profite essentiellement à 10 grandes entreprises du CAC40. Mais on préfère faire supporter la rigueur aux salariés.

Je ne suis pas responsable de ces âneries, ces mesures de copinage et d’auto-protection, de passe-droit, de magouilles à peine dissimulées, qui font les fortunes sur du vent en peu de temps, mais j’en paie les conséquences tous les jours. Les systèmes de solidarités se délitent, la protection sociale s’effiloche, les retraites fondent alors que nous payons ces dispositifs de plus en plus chers. Mes enfants dégustent aussi, de manière assez invisible pour l’instant, par le sabotage du système éducatif, les livrant le moment venu «clef-en-main» aux prédateurs du monde du travail, démunis, prêts à consentir à tous les caprices de ces esclavagistes modernes pour s’aligner sur les modèles productifs à la chinoise.

Des efforts, cela fait 30 ans que j’en fais. Un peu plus, un peu moins, je suis rodé, et je n’ai guère d’illusion pour la suite. On se passera de sapin pour Noël, et on s’offrira une orange, comme quand j’étais gosse. Je n’en suis pas mort… Demain, c’est ma paie qu’on réduira, comme en Grèce. C’est déjà écrit : il faut réduire la dépense. Il faudra faire avec, en silence, puisque l’indifférence est devenu le sentiment général. Mais je ne peux pas m’empêcher de voir le monde autour de moi, ces grosses berlines dépasser mon bus matin et soir. Je me demande, le nez collé à la vitre humide, si El Minimo ou François Fillon se rappellent la dernière fois qu’il ont sorti leur chéquier pour payer de leurs deniers leur cantine, leur EDF ou leur gasoil, et comment ils ressentent cette période de disette. Parce que pour moi, avec 17% de perte de pouvoir d’achat depuis 2000 et la rigueur actuelle, c’est ceinture ET bretelles.

Je me demande comment on peut prôner la rigueur en posant ses fesses une seule nuit dans un hôtel pour 37.000 euros, payé par le contribuable. Et à crédit.

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