On continue ?

Les membres du 4ème gouvernement du quinquennat Hollande seront bientôt connus. A ce stade, je ne sais si on peut parler d’un nouveau positionnement réellement à gauche. C’est trop tôt. Je me rappelle juste qu’il y a un peu plus de deux ans, comme la majorité des français, j’avais placé dans une urne un bulletin qui exprimait un besoin de changement, de progrès, de partage, de solidarité, d’écologie et de respect.

Vaste programme en effet, car au sortir de l’ère du Lider Minimo, toutes ces valeurs n’existaient plus, ou qu’à l’état comateux, consciencieusement piétinées par une politique basée sur l’individualisme triomphant si cher au clan libéral, et à l’adoration sans limite du dieu pognon. Qu’il soit en dollars ou en euros importe peu, l’ivresse de la fortune vite faite reste la même.

gros-tempsParce qu’en ces temps reculés, les différents gouvernements de droite ont toujours agi d’abord pour leur électorat. C’est bien naturel. Le monde de l’entreprise, les professions libérales et supérieures, les retraités des 30 glorieuses, les fortunes diverses et grandes familles bien de souche n’ont pas eu vraiment à se plaindre : ils n’ont guère été impactés par les mesures impopulaires et contraignantes imposées par les schémas économiques du moment. Bernard Arnaud, en 2009, au plus fort de la crise, doublait quasiment sa fortune personnelle pendant que l’économie réelle fauchait les ouvriers à 1200 euros par mois. Quelques 650 milliards d’euros d’argent public ont changé de main, aux ordres d’une droite libérale et décomplexée, sauvant ainsi nos actuels étrangleurs. Cherchez l’erreur.

Devant l’injustice manifeste des choix effectués alors, mais surtout face à la brutalité de ce pouvoir d’où transpirait un imperceptible relent de vengeance, les cartes se sont petit à petit redistribuées. Une immense majorité de communes, de départements, et toutes les régions sauf une, devenaient roses. Même le très conservateur Sénat basculait à gauche pour la première fois de son histoire… Tout était en place pour, enfin, voir des promesses, des vraies et de gauche, se concrétiser. La droite s’était largement servie. Ca allait être notre tour. Enfin.

J’ai attendu. Patiemment. Et encore. J’ai applaudi aussi. Et j’ai surtout pesté. Mais j’ai toujours défendu l’homme et son action. Economiquement, il ne peut pas grand-chose car c’est ailleurs que les dés se jettent. Le système globalisé est bien trop ancré dans le quotidien pour pouvoir l’ébranler. Même l’égratigner semble d’une difficulté absolue. Mais ce n’est pas une raison pour céder ainsi au renoncement généralisé. Comment voter le TSCG alors que peu avant, dans l’opposition, le parti socialiste avait avancé des arguments des plus valables pour le dénoncer. Hollande et le PS, sans opposition, ont gâché tout seuls une bien belle occasion de concilier brillamment la liberté, l’égalité et la fraternité.

Bilan ? 2 ans et demi d’atermoiements pour quasi rien, un électorat dérouté et aigri, des institutions qui retournent à la droite, un monde politique déchiré d’où le FN tente d’émerger en sauveur. L’électeur de gauche, en prime, fait les frais de cette rigueur qui ne dit pas son nom et qui passe par vagues successives. Pire, les mesures prisent sont clairement de nature à flatter l’électorat de l’UMP : des dizaines de milliards d’euros de cadeaux et d’exonérations sans contrepartie, financées par la réduction des dépenses publiques. En clair, on donne aux patrons ce qu’on prend aux fonctionnaires. Evidemment, rien ne va à la création d’emploi ou à l’investissement : la distribution de dividendes a même atteint son plus haut, en augmentant de 30 %…

Je comprends le désarroi des pauvres gens qui se sentent abusés, et qui paient la note. Et partout la même expression jaillit : «je n’irai plus voter, A quoi bon ?» Comment leur en vouloir ? Quand la droite est au pouvoir, elle les tond et les méprise. Quand c’est la gauche, au mieux, elle ne leur offre rien. Et si le Front National y parvenait, on pourra retirer le mot «liberté» des frontons des mairies, et les autres aussi.

Cette ingratitude du PS va coûter très cher au parti et à la gauche en entier. Le discours de politique générale qui indique le cap de la nouvelle équipe gouvernementale risque d’être houleux, et dans le climat de fronde actuel, rien ne dit que la confiance sera votée… Parce que si la gauche perd le pouvoir à ce moment, elle ne le retrouvera pas de sitôt.

Malgré tout, je ne renonce pas. Mon soutien est toujours là. Je sais trop d’où l’on vient. Et compte-tenu qu’aucune famille politique n’est actuellement en état de montrer une image digne et responsable – personne à l’UMP n’a demandé de dissolution – , le PS a une petite chance de rectifier le tir. Il faut la saisir vite, très vite, et entr-autres faire la grande réforme fiscale qui s’impose et la faire entièrement, contre vents et marées s’il le faut. Les aboyeurs seront à droite. Un bon moyen de reconquérir l’électorat de gauche. Monsieur Hollande, vous avec 32 mois.

Sans renoncer une nouvelle fois au milieu du gué.

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Réduire la dépense

Certains l’ont remarqué : je suis loin des blogs en ce moment. Peu de sujets me poussent à rompre cet espèce de détachement de la chose politique qui s’est emparé de moi depuis quelque temps. Même si la période est loin d’être aussi rose que je l’aurais espéré, mes coups de gueule du moment et mes emportements ne se traduisent plus en écrits. Mes proches seraient même enclin à trouver qu’une forme de sagesse toute relative s’est enfin réveillée en moi…

Même Toto 1er en plein écran, tentant pathétiquement de démontrer l’implication du pouvoir socialiste dans sa disgrâce, n’a rien provoqué d’autre qu’un sourire amusé, et pour cause : le chantre de la droite dure va tomber entre-autres par simple application des lois LOPPSI 1 et 2 particulièrement liberticides et qu’il a lui-même fait voter… Joli. La racaille, qu’elle soit de bas-étage ou des beaux quartiers, ça reste de la racaille.

Mon sujet du moment est tout autre. Je suis tombé hier sur une dépêche AFP concernant la réforme de l’État, et plus précisément la refonte de ses services informatiques ainsi que la simplification des mesures administratives pour les particuliers. Ce dossier, qui relevait jusque-là du périmètre de la ministre de la Fonction Publique, Marylise Lebranchu, a été confié récemment à Thierry Mandon, secrétaire d’État qui dépend directement de Matignon.

La chose me parle. Je suis même directement concerné puisque je suis informaticien pour un grand ministère régalien. Je vous passe rapidement le côté simplification du sujet. Depuis des années maintenant, les mesures de simplification des procédures sont devenues une priorité absolue dans l’administration française. On simplifie déjà, et à tout va, on rationalise dans tous les sens, mais bizarrement, jamais le quotidien n’a été autant compliqué…

Pour la partie informatique, il s’agit de mutualiser les ressources informatiques de l’Etat et de favoriser la transparence en rendant accessibles les données publiques partout et pour tout le monde. Et pour y arriver, Thierry Mandon n’y va pas par le dos de la cuillère : «l’Etat produit trop lui-même, il y a plein d’entreprises en France sur plein de sujets qui peuvent apporter énormément de réponses très rapides et très qualifiées». En d’autres termes, on externalise vers les grosses boites du privé la fonction informatique de l’État (et on ferme ces services évidemment).

Je peine réellement à voir le gain de l’opération. S’il est parfois nécessaire d’être assisté par des prestataires sur des points précis, ce qui peut apporter des compétences nouvelles, confier tout ou partie de son activité informatique au secteur privé est une manœuvre dangereuse et sans retour. Outre la fin de son indépendance, l’État deviendrait une vache à lait phénoménale pour les entreprises comme Cap-Gémini, Athos, Accenture et quelques autres de cet acabit, qui réalisent déjà de colossaux profits. Si c’est pour donner un coup de fouet au secteur, pourquoi pas, mais quid des collusions et des copinages dans les attributions de ces marchés, et à quel prix ?

A moins que l’objectif poursuivi soit plus terre-à-terre, plus dogmatique dira t-on. En transférant au privé tout ou partie du système d’information, on va réduire un peu la fameuse dépense de l’État puisque la poignée d’agents qui mettaient ce système en œuvre seront privés de boulot. Mais compte-tenu du coût de fonctionnement global, du niveau de salaires de la fonction publique et du faible nombre de personnels concernés, il ne fait pas l’ombre d’un doute que la facture au final va exploser… Pour le contribuable, ce sera encore plus cher.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle menace se profile. A chaque fois, une certaine forme de raison et la mobilisation des personnels ont empêché l’inexorable. Face aux coûts d’une sous-traitance qui ne remplissait pas toujours les objectifs fixés, mon administration a procédé récemment à des ré-internalisations significatives. D’autant plus que son personnel est qualifié et formé. En tout état de cause, cela m’embêterai assez que ce soit un gouvernement de gauche qui rince ainsi les grosses SSII.

Hasard du calendrier, mon unité vient d’apprendre qu’elle perdait sa mission principale, au motif notamment, qu’on était «sur-qualifié» (sic).

Va comprendre Charles (c’est mon troisième prénom).

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Alors bonne année…

On n’échappe pas à une tradition aussi séculaire : après les agapes et leurs lentes digestions, le cérémonial des vœux de bonne année est incontournable. On sert les pognes par ci, on claque une bise par là, un franche accolade encore ici, et même avec des gens que d’ordinaire on apprécie guère. Une bonne année, une bonne santé, avec aussi du pognon ! Des vœux pieux, évidemment…

Heureusement, je repère bien vite ceux qui sont de pure forme. Ils sont les plus mielleux, croisant un sourire béat à une emphase ridicule. Et dans ce domaine, les personnalités politiques, comme celles placées haut sur l’échelle sociale, excellent. Ils nous promettent chaque année le meilleur, mais toutes se ressemblent, avec cette maxime en dogme absolu, et qui fait toute la différence : «dites nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer»…

2014Quelques minutes après les vœux aux français de François Hollande, cette pitrerie de Coluche m’est revenue en tête. C’est donc un président qui se dit à gauche qui propose de refaire confiance aux entreprises pour qu’elles embauchent, avec en contrepartie, un allègement significatif des charges et une réduction toute autant significative de la dépense publique. Mais bien sûr… Sur le coup, je n’étais pas bien sûr de ce que j’avais entendu. Après le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) attribué sans aucune contrepartie – on voit bien comment la mesure a dopé l’emploi – , voilà une annonce qui ressemble à un nouvel abandon de ceux qui ont porté Hollande aux affaires.

Charges, encore des charges, toujours des charges, on n’entend plus que ce mot qui alimente tous les fantasmes pour la compétitivité du pays. On oublie un peu vite que les fameuses «charges sociales» représentent d’abord une portion non négligeable du salaire. Mais son versement au travailleur est en somme «différé» et sert d’abord à alimenter les système de solidarité en contrepartie de droits dont les effets peuvent être immédiats (chômage, maladie, accidents du travail) ou à terme (retraite). Alléger ces fameuses charges revient dont à baisser purement et simplement les salaires. Ou de laisser la charge de ces salaires différés à la collectivité. En exonérant les entreprises des cotisations sociales, on ne fait que creuser les déficits publics puisque les droits sont acquis, et qu’à ce titre, il faut bien payer la protection sociale, les allocations et les retraites.

Si on cumule à ce petit cadeau une réduction de la dette publique, la boucle est bouclée : on réduit de fait les salaires en baissant le montant des prestations, on entrave l’action de l’Etat dans ses missions des contrôle et de régulation par la suppression d’emploi public, et on va donner à la droite libérale et conservatrice tout ce qu’elle demande. Parce qu’il ne faut pas se leurrer : moins de dépense publique, c’est rogner sur les retraites, mouvement déjà bien entamé, c’est réduire les prestations sociales, mouvement également en cours, c’est supprimer les subventions aux associations, c’est étrangler le service public pour le remplacer par des entreprises privées qui sauront se faire grassement rémunérer. Cela ne concerne évidemment pas les projets pharaoniques de quelques élus mégalomanes, certains cadeaux fiscaux aux puissants du monde, et les «sauteries aux petits fours» des très hauts fonctionnaires.

Le plus agaçant dans cette histoire est que la cerise arrive sur le gâteau alors que l’UMP en tant qu’opposant politique est complètement muet, trop occupé par la lutte intestine qui sévit à sa tête. Le manque de compétitivité et le chômage sont savamment entretenus et résultent d’abord de l’accaparement de la richesse par la haute finance et ses ayant-droits, en soustrayant les montants normalement dévolus à l’investissement pour alimenter les dirigeants, les rentiers et les actionnaires. De ce coté, pas de crise : Les stations d’hiver ont fait le plein pour les vacances…

Alors bonne année puisqu’il le faut. En tant que petit fonctionnaire, je sais à quoi m’attendre pour cette année. Elle commence d’ailleurs bien : un récent déménagement forcé d’un bâtiment adapté vers un taudis immonde et confiné dans la poussière a considérablement fait évoluer mes conditions de travail au point de ne plus pouvoir exercer mon métier dans les règles de l’art. Tout cela ressemble à s’y meprendre à un sabotage venu de l’intérieur.  Et pourtant, dans ses vœux tous frais, mon big-boss me souhaite le meilleur dans un monde de bisounours. Qu’il se les taille en pointe, et se les mette ou je pense…

Bonne année sincère à tous les LB et à vous qui passez ici.

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Non essentiel

Encore une fois, le monde vient de frôler l’apocalypse absolu. Le défaut de paiement du principal argentier de la planète n’aura pas lieu, enfin pas immédiatement. Les élus américains, en relevant provisoirement le plafond de la dette, permettent à l’Etat yankee d’emprunter sur les marchés, et autorisent le retour à leur poste des fonctionnaires mis au chômage technique pendant 15 jours.

Essentiel ou non ?Car de l’autre coté de l’atlantique, on ne rigole pas. Le côté très tranché, quasi binaire de bien des aspects de cette société nous laisse, nous autres du vieux continent, un peu dubitatif. Le budget n’est pas voté au premier jour de l’exercice comptable ? Aucun souci, la machine s’arrête net : toutes les dépenses non essentielles sont purement et simplement ajournées jusqu’à l’adoption du texte. Reste à définir cette notion de «non essentielle».

Je ne me lancerai pas dans l’explication du mécanisme du «shutdown». Mais la chose a fait parler parce que dans l’histoire, des simples gens perdent, momentanément ou non, leurs moyens de subsistance. Autour de moi, j’ai entendu des réactions assez bizarres, voire absurdes (*), qui montrent qu’une partie de l’élite libérale n’a décidément plus aucun complexe. Nos institutions ont d’ailleurs prévu l’éventualité d’un budget non voté et mis en place des systèmes évitant de tels blocages. Quelques uns semblent d’ailleurs le regretter, tels Raymond Soubie, Michel Godet, Agnès Verdier-Molinié et quelques autres parasites, se précipitant sur les plateaux télé pour vanter les mérites en terme de dépense publique du «shutdown» à l’américaine.

Pensez-donc : rien qu’à l’idée de ne plus payer les fonctionnaires, certains ont eu du mal à cacher la bosse sur leur pantalon et leur extase…Et associer de façon aussi visible l’agent de l’Etat avec la qualification de «non essentiel», c’était l’orgasme en direct. Voila le remède pour éviter de creuser la dette du pays. C’est simple, sans douleur, quasi invisible puisque non essentiel. Et terriblement efficace. Mais pourquoi n’y a t’on pas pensé plut tôt ? Mais les américains ont fait leur compte. La plaisanterie, selon Standard & Poor’s (c’est dire si c’est sérieux) a coûté 24 milliards de dollars et 0,6 point de pourcentage à la croissance économique pour le 4ème trimestre. Rien que cela.

Cela fait tout de même beaucoup pour des gens soi-disant non essentiels…

(*) Pas de lien. Comprenez que je ne vais pas linker des aneries…

Quelques billets non essentiels de copains pris au hasard :

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TSCG : le cercle vicieux de l’austérité

C’est un grand jour, ou un jour noir, selon la vision qu’on porte à l’Europe. Les représentants de la nation française s’apprêtent à ratifier le Traité pour la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG). Rédigé par Angela Merkel, ce texte emblématique du monde de la finance, est le dernier bijou devant enfin et à coup sûr sauver l’Europe de ses maladies structurelles.

Qui l’eût cru, l’Europe est malade. Pourtant notre président d’avant avait bien juré craché cent fois l’avoir guéri définitivement. Mais au-delà de ces gesticulations théatrales, la succession des traités montre que la construction de l’Europe a pris un virage majeur. Depuis l’acte fondateur en 1957 (Traité de Rome) consacrant un engagement dans une union forte, cet ensemble dérive dangereusement jusqu’à se faire menaçant pour les peuples.

Le premier gros coup vient de l’Acte Unique en 1986. Sous la poussée de l’Angletterre tatchérienne, on promeut la libre circulation des biens et services, et on cherche à supprimer tout interventionnisme des états, sauf en faveur du marché. S’en suivent une série d’autres (traité de Maastricht, traité d’Amsterdam, pacte de stabilité et de croissance, traité de Nice) qui posent petit à petit les bases d’un pouvoir néolibéral au dessus des Etats. Ils font les beaux jours des financiers et spéculateurs avenc notamment une nouvelle monnaie qui ne dispose d’aucuns des outils de régulation normalement à sa disposition pour se défendre face aux autres devises. Les fortunes se sont amplifiées pendant qu’on faisait déjà payer la note à la masse laborieuse.

Cercle vicieux de l'austéritéCertains peuples n’ont toutefois pas été totalement aveugles des manigances libérales en refusant le traité constitutionnel, mais n’ont pas eu droit au chapître pour le traité de Lisbonne qui reprend mot pout mot la défunte constitution… S’en suit une activité continue, sur fond de désordres majeurs, pour finir le travail et faire totalement échapper la chose européenne au contrôle des citoyens. Les patrons en sont les éminences de Goldmann & Sachs et consorts, ceux-là même qui ont provoqué la crise et poussé les pays les plus faibles dans l’état dans lequel ils se trouvent.

Ainsi, tout est désormais en place. Pour stimuler l’emploi, la compétitivité et renforcer la stabilité financière, on en arrive à des remises en causes des plus importantes engendrant une précarité généralisée, menaçant tous les systèmes de protection et de solidarités, conduisant par exemple à considérer qu’un contrat de travail en CDI est un frein à la flexibilité… TINA (There is no alternative)…

On est très loin de l’Europe des peuples, par et pour les peuples. Le TSCG, que la gauche a dénoncé avant d’arriver aux affaires, sera ratifié en l’état, alors que le candidat Hollande avait promis de le renégocier. Par le fait, il valide cette austérité perpétuelle rendue necéssaire pour les besoins des financiers, cette tutelle continue sur les Etats avec les coups de matraques pour ceux qui oseraient crier leur désacord dans la rue. Ce n’est ni plus ni moins que l’alignement total et entier sur l’idéologie néolibérale pronée par Milton Friedman et Friedrich Von Hayek.

J’avais alerté les députés de mon département il y a peu sur les dangers du TSCG. Seul Jean-Louis Touraine, député PS de la 3ème circonscription du Rhône a pris soin de me répondre, ce qui ne m’étonne pas de sa part. Je l’en remercie, même si je ne partage pas ses arguments, notamment quand il explique que «l’adoption de ce traité fait partie d’un ensemble, d’un compromis nécessaire pour le rééquilibrage de la construction européenne vers des politiques de relance keynésiennes». Je n’y crois pas un seul instant, Keynes et Hayek n’ayant pas vraiment d’atomes crochus…. Je redoute beaucoup ce que je considère comme une volte-face dans le message politique délivré parce que les français, en mai dernier, n’ont pas changé les hommes pour poursuivre cette politique de soumission aux marchés et de promotion du libéralisme exacerbé.

La Grèce, l’Espagne et l’Italie montrent à l’évidence que l’austérité ne résoud en rien les problèmes au contraire. J’aurais apprecié que le nouveau pouvoir, dit de gauche, brise le cercle vicieux dans lequel il s’enferme tout seul, et qui risque fort de le broyer à son tour.

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Ave Marché, morituri te salutant !

Je suis un peu assoupi volontaire en ce moment, mais je ne dors que d’un œil, d’une narine, d’une oreille… Alors forcement, quand on annonce un nombre record de chômeurs, je ne peux que me réveiller. Et la deuxième lame vient de passer avec le confirmation de ce qu’on présentait depuis longtemps : Mittal ferme les derniers hauts-fourneaux de Florange.

Les hauts fourneaux, vu du cimetière voisinCe site est assez emblématique du système mondialisé actuel : voilà un outil rentable qui fait les frais d’une recherche exacerbée du profil quel qu’en soit le coût humain. Depuis 2008, les salariés d’Arcélor-Mittal en ont entendu des promesses et vu défiler des personnalités, avec cet arrière goût de déjà vu : une fin inéluctable. «Ave Cesar, morituri te salutant !».

Arcelor-Mittal maîtrise la totalité de la chaîne depuis l’extraction jusqu’à la transformation du minerai. En réduisant sa capacité de production d’acier face à une demande mondiale en constante augmentation, le magnat indien fait monter les prix et les bénéfices… Un peu comme le cas Sanofi, largement subventionné en France par la Sécurité Sociale, 3ème plus forte rentabilité du CAC40, plusieurs milliards d’euros de dividendes dont la moitié n’est pas réinvestie puisque distribuée aux parasites actionnaires, qui n’hésite pas à annoncer malgré tout la suppression de 2500 emplois.

Je n’ai pas l’impression qu’en France, on se rende bien compte de l’ampleur et de la portée du crime : 3 millions de chômeurs officiels, et certainement beaucoup plus, des annonces et des plans sociaux qui se suivent, des nouvelles peu sujettes à optimisme, pendant que les bailleurs de fonds continuent et amplifient leur razzia. C’est pas la crise pour tout le monde.

On marche tout droit dans les pas de la Grèce et de l’Espagne, ces merveilleux pays pris comme laboratoire d’expérimentation et de mesure de la capacité de résistance des populations face aux remèdes libéraux. Il n’y même plus besoin d’en débattre tant la situation est limpide. Contrairement à Pierre Chappaz, qui croit dur comme fer que le «libéralisme est LA réponse à la crise», chaque jour nouveau montre à l’évidence que le libéralisme est la CAUSE de la crise.

Reste à savoir combien de morts il faudra avant qu’on se réveille.

Crédit photo : Vincent Kessler (Reuters)

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Sortir du piège

On dit François Hollande un rien immobiliste. Il faut être resté cloîtré au fond d’une grotte pour persister dans ce sens. Les grandes réformes structurantes avec notamment une nouvelle fiscalité et le mariage pour tous, arrivent pour la fin de l’année. Il faut dire que jusque là, il y avait fort à faire pour détricoter les innombrables entreprises de saccage du quotidien de ceux qui n’auront jamais de Rolex à leur poignet. Ces 4 mois n’auront peut être rien amélioré, mais ils auront au moins permis d’arrêter le massacre.

Cartes ou pions, c'est selon...En fait, le gouvernement va bien plus vite que l’on croit. D’ailleurs, le Président de la République veut faire ratifier au plus vite par la Parlement le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), tel qu’il a été signé par son prédécesseur le 25 mars dernier. Ce texte, pur jus de technocrate ultra-libéral, totalement imbuvable, pris sous la dictée d’organisations pas forcement très reluisantes, imposerait de manière permanente une politique d’austérité qui n’a en fait, qu’un seul but. En contraignant les budgets nationaux à des règles tellement rigides, les états qui en disposent encore seraient obligés de saborder les système de protection et de solidarité envers les plus faibles. Il ne s’agit ni plus ni moins de la raison d’être du traité : faire rentrer dans le rang de la mondialisation les derniers récalcitrants. Le reste, ce qu’on entend dans les hautes sphères, bien à l’abri du besoin, n’est qu’habillage et communication…

C’est pour cela que je relaye l’initiative d’ATTAC dont je vais reprendre les propos : «Nous, organisations associatives, syndicales et politiques, avons décidé de mener ensemble une vaste campagne d’éducation populaire et de mobilisation citoyenne, avec en particulier une grande manifestation unitaire le 30 septembre à Paris.
L’intervention des citoyens dans le débat démocratique doit convaincre les parlementaires, particulièrement celles et ceux qui ont été élus sur la promesse d’une renégociation de ce Pacte budgétaire, de refuser sa ratification et de permettre ainsi la réouverture du débat en Europe.
»

Vous pouvez interpeller vos députés en envoyant manuellement l’appel ou en utilisant l’envoi automatique via le formulaire ci-dessous :

Monsieur le Député, Madame la Députée,

François Hollande, candidat, s’est engagé devant les Français à renégocier le nouveau Traité pour la stabilité, la coopération et la gouvernance, dit aussi Pacte budgétaire, signé en mars dernier par Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui le gouvernement présente pour ratification au Parlement ce même Traité, rigoureusement inchangé.

Le Pacte budgétaire interdit les déficits publics et donne aux instances européennes des pouvoirs de sanction inédits contre les pays en difficulté. Dans l’espoir de rassurer les créanciers et les spéculateurs, il impose aux États une austérité perpétuelle sans apporter aucun remède aux causes réelles de la crise: la concurrence effrénée au sein de la zone euro et la domination des marchés financiers. Ce Pacte va aggraver le chômage et bloquer toute amorce de transition écologique. Les très maigres mesures « pour la croissance » adoptées par le Conseil européen fin juin n’y changeront rien.

Si la construction européenne devait se poursuivre contre les intérêts et la volonté des peuples, elle n’y survivra pas, pas plus que la démocratie. Je vous demande de voter contre le Pacte budgétaire. Votre vote, et le rejet du Traité par la France, permettront de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe.

En vous remerciant de votre réponse, croyez, Monsieur le Député, Madame la Députée, à mes sentiments républicains,

Je vais tagguer tous les leftBlogs : Abadinte, Antoine, Annie, Aurelien, Dedalus, Balmeyer, Bembelly, CC, Captainhaka, Océane, Gaël, Frédo Camino, Marie, le clown, gularu, Arnaud, les iliens, Jeannot, Nicolas, Cyril, Elmone, Juan, Mamie Kamizole, Sasa, Mehdi, Elooooooo…ooody, Lolotrouvetou, Louis, Magic, Mathieu, Mipmip, Isa, See Mee, Eric, Monsieur Poireau, Mrs Clooney, Le Partageux, Melclalex, Philippe, Vogelsong, l’Omelette, Dagrouik, Gilles, Nico, Rimbus, Romain, Dada, Seb, David, Slovar, Trub, Steph, Romain, Jeremy et Yann… Ouf ! J’espère avoir oublié personne !
A vous de jouer, moi c’est fait.

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Fuite en avant

J’ai parfois de drôles de lectures. Comme si je n’en avais pas assez à parcourir les billets des copains présents dans ma «blogroll», je me suis volontairement aventuré au delà de la ligne jaune, celle qui ressemble à la délimitation des deux espaces d’opinion politique de notre pays. Il y a de l’autre coté des choses intéressantes et quelquefois bien dites, mais globalement, je ne peux m’empêcher de percevoir dans leur expression, au delà de l’amertume d’avoir perdu le manche, une forme d’égoïsme extrême quand il s’agit d’évoquer la manière de combler les déficits des Etats.

Non aux coupes budgétaires en EspagneCe genre d’attitude est un peu problématique parce que cela ne cadre pas avec les valeurs qui fondent notre société au sens large. Dans le pays des Lumières et des Droits de l’Homme, il y existe des éléments de cohésion sociale plus développés qu’ailleurs avec des dispositifs de solidarité et d’assistance nés de luttes épiques et de la volonté de grands hommes. Hélas, tous ces beaux principes volent en éclat au moment où, justement, face à l’adversité, cette belle société devrait se resserrer et se protéger collectivement.

Au-lieu de cela, on se divise, on attaque, on rappelle toujours et encore les effets des années Mitterand. Depuis, rien de ce que l’Etat met en œuvre n’est rentable, hôpitaux, école, sécurité sociale, même la SNCF… On fustige les socialistes oeuvrant ici et ailleurs en Europe, qui prennent tout aux riches sans rien changer dans leur gouvernance dépensière, laxiste et irresponsable. On déclame d’un ton professoral que le problème des déficits ne sera jamais réglé puisqu’aucune des «mesures structurelles» indispensables n’est prise pour réduire les dépenses et amorcer la croissance. Je ne mets pas de liens sur ce style de sources, nul besoin de leur faire de la publicité. C’en est parfois abjecte de bêtise et d’individualisme. Quand on est riche et en bonne santé, c’est évidemment plus facile.

Reste le dernier argument, et non des moindres : «à force de les taxer, les riches vont fuir». Donc contribuer à la hauteur de ses revenus, une autre base de notre société, se révèle être une autre douce chimère. Depuis la brutale secousse de 2008, je vois bien dans mon entourage que les gens aisés n’ont en rien changé leurs habitudes de consommation, comme si la crise n’avait quasiment aucune prise sur leur train de vie. Il ne faut rien leur demander, au risque de les effrayer. Il vaut mieux se rabattre sur les chômeurs, les précaires, les fonctionnaires, pleinement concernés par les fameuses mesures structurelles. Ceux là ne risquent pas de traverser la frontière suisse ou luxembourgeoise avec une valise en croco. De surcroît, déjà passablement étranglés, ils ne descendront même pas dans la rue pour protester contre l’inégalité de l’effort à consentir.

Sauf en Espagne, où les manifestations spontanées sont devenues impressionnantes. Les commentaires qu’on y entend font preuve de détermination et d’une grande maturité : oui il y a crise, oui il faut payer, oui on paye, mais pas n’importe comment, et il faut que tout le monde en fasse autant, et surtout ceux qui ont provoqué cette situation… Ce qui est très loin d’être le cas aujourd’hui.

C’est là toute la difficulté. Réduire les indemnisations du chômage, les retraites, ponctionner de 15% un salaire de 1.500 euros, c’est brutal, non-négociable, et terriblement douloureux. Mais augmenter la pression fiscale dans les mêmes proportions envers la bourgeoisie, c’est totalement impossible sinon ils se délocalisent. Visiblement, ce doit être un véritable catastrophe de changer l’Audi tous les 3 ans au lieu de 2… Avec de tels principes, la situation ne risque pas de s’arranger.

Le menu ce soir : le 20 du mois, c’est jambon – pâtes au beurre, sans beurre.

Crédit photo : © AFP – Dominique Faget

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Je reprendrais bien un peu de dettes

Je n’ai pas trop envie de faire un billet aujourd’hui. Je me réserve. Après le show lamentable de Jean-François Copé sur France 5 dimanche, j’attends avec une certaine impatience celui de son mètre Maître, demain, sur France 2 dans «Des Paroles et Des Actes». Pour patienter, je vous laisser (re)découvrir un des grands principes monétaires responsable (en partie) de cette entité bien artificielle qu’on nomme la dette publique, et qui finira par nous étrangler comme elle étrangle la Grèce. Parce que tout simplement, c’est sa finalité.

J’avais surtout envie de vous remercier tous, lectrices, lecteurs, blogueuses et blogueurs, de passer par ici. Pour ce mois de février, 35 d’entre vous m’ont fait l’honneur de 46 liens, les plus assidus étant Bembelly, Philippe, Homer, Nicolas, Hern, CaptainHaka et Vallenain… Parmi les principaux apporteurs de visite, il y a Bibi, CaptainHaka, Yann, Juan, Céleste, Gabale, Io, Romain, Corto74, sans compter l’excellent MHPA, et le Dazibaoueb parmi les 1.700 visiteurs uniques, les 7.100 visiteurs et les 19.000 pages vues.

Merci aussi à tous les autres qui m’ont envoyé du monde par leurs liens, Melclalex, Seb, Romain, Stef, Le Faucon, El Camino, le comptoir de Nicolas, David, la cambuse de Nicolas, la salle blanche de Nicolas, Mehdi, Eric, Cuicui, Elmone, Iboux, Ruminances, Cycee, Lolo, MAJiCWoofy, Répertoire de la SF, Guillaume, Louis, Princesse101, Aurèle, Petit Louis, Euterpe, et Laurent.

Merci enfin à tous ceux qui ne font que passer et lire mes bêtises, mes état-d’âmes et mes coups de gueule.

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Les rats et le navire

A l’annonce de la dégradation de S&P avec perspective négative, faut-il le rappeler, j’ai vu, entendu et lu de tout ce week-end. La blogosphère s’est surpassée, décrivant avec délice un épisode bien connu de tous les cancres lors de la remise du carnet de note scolaire aux parents, entre les remontrances du paternel excédé et les tentatives d’avancer des excuses crédibles par un élève qui sait pertinemment l’ampleur des ses manquements. La sanction est tombée. Franchement, elle nous pendait au nez depuis un petit moment.

Il y a des capitaines qui frôlent trop les côtes et qui conduisent leurs bateaux sur les récifs...Je ne vais pas en rajouter une couche, elle est déjà bien assez épaisse. Ce qui m’intéresse, c’est la suite. Après une longue période de prostration, le Lider Minimo a annoncé vouloir parler aux français à la fin du mois, pour leur annoncer les décisions importantes qu’il faut prendre sans perdre de temps… Il n’en fallait pas plus pour moi pour tenter d’imaginer ce que pourrait être ces nouvelles réformes de l’ultime dernière chance de sauver ce qui peut l’être.

Il me faut donc me mettre dans l’idéologie de cette droite au pouvoir depuis une décennie, et chercher ou il est possible encore de gratter sans gêner les copains, évidemment. Allons, courage, ce n’est pas difficile, les thuriféraires de l’UMP ont largement balisé le chemin : pour stopper l’hémorragie, il faut tailler dans le code du travail, et dans la dépense publique.

Le principal credo pour être à nouveau compétitif, c’est baisser le coût du travail. L’UMP n’a cessé de le dire, il faut abolir la semaine de 35 heures, il faut supprimer les charges, et tant qu’à faire, revenir également sur la 5ème semaine de congés payés… Peu le savent, mais la France est le pays à la plus forte productivité horaire. Dans ce contexte, rallonger le temps de travail sans contrepartie n’est rien d’autre qu’une mesure de baisse généralisée des salaires. La différence, comme lors d’une baisse de TVA, je sais dans quelle poche elle ira s’engouffrer.

Même topo concernant les fameuses charges, qui constituent en fait un salaire différé (retraite) et une participation aux solidarités (retenues maladie, chômage, etc…). Leurs remise en cause fragiliserait encore davantage une société de plus en plus individualiste, mais au plus grand bénéfice des employeurs et actionnaires. Si, dans le même mouvement, il était possible de «réguler» le mouvement syndical, d’introduire un peu plus de flexibilité, et de fermer le robinet de l’assistance, ce serait assurément un mandat enfin bien rempli.

Il reste encore un levier à actionner, très efficace en matière d’économie : en s’attaquant directement à la paye des quelques 5 millions de fonctionnaires, on réduit visiblement la dépense publique. Ce poste représente un peu plus de 40% du budget de l’Etat, et 12% du Produit Intérieur Brut du pays… Baisser leur salaire, «c’est une idée qui n’est pas du tout absurde», a estimé très récemment Agnès Verdier-Molinié, la directrice de l’IFRAP. «Il faut savoir que 5% de baisse sur les salaires en France laisseraient espérer une économie de 4 à 5 milliards d’euros. Donc c’est pas du tout inimaginable, surtout quand on sait à quel point il est difficile dans notre pays de réaliser des économies». Electoralement, comme les fonctionnaires votent assez majoritairement à gauche, la mesure est neutre. Mais elle devient vite payante en tant que signal vers la fraction de population de droite déçue par l’inaction du monarque. Un bon coup de pied au cul à ces fainéants va assurément faire plaisir dans bien des chaumières.

On verra bien fin janvier. En attendant, les rats sont encore sur le navire. Babord est toujours hors de l’eau, le reste baigne, et le capitaine, quelque part, mégalomane, fier comme un coq de combat, ergots dressés contre toute critique, est encore à la manœuvre. Il vient de fracasser son jouet sur les rochers. Pendant ce temps, les passagers, en bas, se battent pour tenter se survivre, piétinant les enfants sur le chemin des canots de sauvetage. Les procédures de secours, les protections, les gilets, les consignes de bon sens, il y en avait. Mais faute de les entretenir, parce qu’on a décreté que cela coûte cher, que cela ne sert à rien, parce cela empêche de faire du «business», du fric, toujours plus d’oseille, on a arrêté, et on a fermé les yeux sans réagir. Maintenant, que chacun se débrouille, ou crève.

On a 97 jours pour rectifier le tir.

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