Je ne suis pas mort

Cette période électorale a décidément des relents étranges. Pas un seul sujet de discussion n’échappe au prisme de la remise en cause inutile, parfois gratuite, souvent polémique. Jamais la famille des mots issus de «mensonge» est autant utilisée, et certains concepts refont surface avec plus ou moins de finesse. Dans cet exercice du grand n’importe quoi, ce n’est pas un billet de Rue89, annonçant la mort des blogs politiques, qui me contredira.

Cimetière de blogs politique ou de presse ?Je ne suis blogueur que depuis presque 2 ans, et publie des billets dont la portée n’est pas que politique à mon rythme, sans m’imposer de règles. Un billet tous les 2 ou 3 jours. Je ne suis guère influent, et ne souhaite d’ailleurs pas l’être car cette étiquette me donnerait des obligations, voire des responsabilités que je ne veux pas endosser. Derrière cette activité, il y a certes un engagement personnel, un ressenti du monde qui tourne plus ou moins bien, mais il y a essentiellement une dimension plaisir, convivialité, rencontre, partage, à laquelle je tiens et que j’ai perçu chez beaucoup d’autres blogueuses et blogueurs politiques. Les habituels railleurs diront certainement que je cède à la facilité. Evidemment.

Cela sentirait dont la fin des blogs politiques ? Ce type d’affirmation, du reste assez récurrente dans certains médias au format très proche du blog, m’amuse. Les constats de ce genre montrent un étonnante méconnaissance du sujet, ou plus grave, un transformation de la réalité, très à la mode en ce moment. On compare une chèvre à un choux pour en retirer des conclusions douteuses. Désolé, mais pour moi, les blogs politiques et réseaux sociaux ne sont pas comparables et le format «blog» est loin d’être obsolète puisqu’il est repris par l’intégralité de la presse en ligne et autres agrégateurs. Et surtout, le blogueur n’est pas contraint au scoop, à instantanéité, ni aux exigences liées à l’actionnaire ou aux marchés publicitaires…

Ce qui est vrai en revanche, c’est la reprise en main du web, la perte de son image alternative, une forme à peine masquée de privatisation, de confiscation de l’outil, auxquelles participent des Lois comme LCEN, DADVSI, LOPPSI, HADOPI et au-dessus, SOPA, ACTA… Dans ces nébuleuses, ce sont les modes d’expressions individuels tout court qui sont menacés d’extinction pure et simple. Le vrai danger pour l’avenir est là : l’arsenal répressif et de censure est quasiment en place, la neutralité du réseau déjà une illusion, le filtrage des flux une certitude.

La réalité d’aujourd’hui en matière de blog politique semble bien différente : ils ne sont pas morts, loin de la. C’est un monde en perpétuel renouvellement. La principale raison est certainement la tentative de débauchage en masse de blogueurs pour alimenter des pure-players et sites de presse en ligne, évidemment gratuitement. Décréter la mort des blogs politiques est un rien manipulatoire en période électorale quand les grands quotidiens peinent à vendre, quand les journalistes font face à la défiance du citoyen, quand les blogs de droite ont disparu des classements et autres outils d’évaluation de la blogosphère.

Pour un temps, il reste un espace immense d’expression sans contraintes, et c’est bien ce point qui gêne les grands pouvoirs, qui fait de l’ombre. Avec un peu de bouteille et de jugeote, on prend vite l’habitude de démasquer les trolls. Affirmer est une chose, la réalité en est une autre.

Tout est finalement dans la taille de la ficelle

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ACTA : tous en prison !

Depuis le fameux 19 janvier, pas un jour ne passe sans que l’actualité n’aborde le vaste sujet d’internet. La réalité est qu’un bras de fer monumental s’est engagé entre les «institutions» au sens large et une petite catégorie d’utilisateurs suffisamment informés pour alerter des tenants et aboutissants des différents projets de réglementation et de contrôle de ce qui passe dans les tuyaux du net. Ainsi exposé, le manant de passage ici pourrait penser être en présence d’un énième billet pour geek boutonnant. Il n’en est rien : le sujet est éminemment politique parce qu’il concerne notre vie de tous les jours, parce qu’il touche à l’aspect le plus fondamental de nos sociétés dites moderne : la liberté.

Dans la guerre qui se dessine, on fourbit ses armes : HADOPI, SOPA, PIPA, etc… Maintenant, il y a ACTA, pour AntiCounterfeiting Trade Agrement. En France, ce traité international, élaboré depuis plusieurs années dans le plus grand secret par de sombres représentants de 39 pays, a été adopté le 26 janvier. Son objet ? Les infractions au droit d’auteur. Mais le sujet est trop vaste pour le résumer en quelques lignes. Pour appréhender ACTA, je vous conseille vivement d’aller au bout des 6 minutes de cette présentation explicite des plus limpides.

Cela permet de remettre bien des faits dans une perceptive différente.

Revenons au 19 janvier. Megaupload est fermé à grand renfort de médias, abreuvés par les lobbys et l’industrie du disque de propos et commentaires mensongers et déplacés sur l’activité et la personnalité de Kim Schmitz Dotcom et ses comparses, accusés des pires crimes, d’agissements sordides, d’un train de vie honteux, construit sur le bien d’autrui… Pour ACTA, pour la seule reproduction de cette illustration certainement protégée par un copyright, je risque la fermeture de mon blog...Une grossière manipulation. On sait aujourd’hui que Mégaupload était en mesure de lancer, 2 jours plus tard, une offre de téléchargement «légal» rétribuant directement les artistes, c’est à dire sans passer par les Majors et autres institutions de profiteurs. Comme l’image parle plus qu’un long discours sur les conséquences de cette modification de répartition des fruits de la création, je vous laisse contempler ces quelques chiffres. A vous de trouver les vrais raisons de cette fermeture.

C’est la guerre, et le terrain actuel, c’est internet. D’un coté, il y a une industrie privée qui s’est mis le monde politique (et complètement incompétent sur le sujet) dans la poche, en lui amenant sur un plateau un instrument de contrôle d’un outil de communication planétaire réputé jusque là totalement in-maîtrisable. De l’autre, il y a une nouvelle forme de résistance, solide, ultra technique, efficace et médiatique, politiquement mature, insaisissable et déterminée, les Anonymous. Les tentatives de salir leur image, de les faire passer pour des pirates, des voyous, des irresponsables, des criminels qui se cachent sous leurs masques n’y feront rien : ils sont le seul contre-pouvoir actuel disposant d’une capacité de nuisance à la mesure des attaques subies par la démocratie et la liberté individuelle… Il y a 22 règles (pas de liens, vous comprendrez pourquoi, mais pour l’heure, Google vous les livrera encore) qui régissent leurs actions et permettent de percevoir les usurpations et les manipulations des puissants : pas de violence, pas de dégradation, pas d’action contre les journalistes, les circuits et relais d’information… Et, en toute circonstance, rester cool.

C’est la guerre, et elle finira par déborder de l’internet, parce qu’en fin de compte, c’est l’avenir de la démocratie et l’évolution des libertés telles que nous les connaissons actuellement qui se jouent. Il n’y a aucune paranoïa dans ce constat, il y a une réalité globale, qui dépasse les frontières : le partage, quel qu’il soit, quel que soit son objet, sera payant, ou ne sera pas, ou sera puni. Une chose est absolument sûre : avec un tel arsenal de censure, les révolutions arabes n’auraient jamais vu le jour, et c’est bien de cela qu’ont besoin nos dirigeants : d’avoir les mains libres.

Ou qu’on se trouve, il va falloir se serrer les coudes.

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Faire du gras

Il y a une semaine, la police a mis hors d’état de nuire des individus très dangereux, escrocs notoires, qui sévissaient au mépris des lois, par dessus les frontières, sans aucune limite, et exclusivement sur le net. La pêche au gros a rapporté au delà des espérances : des masses insensées de billets, des comptes bancaires un peu partout, des voitures luxueuses à foison, et même des armes…

Kim Dotcom, un gros poisson qui fait du lard...C’est ainsi qu’une certaine presse a rapporté la rocambolesque fermeture de Megaupload et l’arrestation en Nouvelle-Zélande de Kim Dotcom, le patron de la plus grande plate-forme d’échange de fichiers, alias Kim Schmitz, ou le contraire, et de quelques comparses. Même les responsables politiques s’en sont mêlés, en soutenant ostensiblement l’opération, en fustigeant ces criminels qui font du gras sur le dos d’autrui.

A vrai dire, bien que porté sur la chose, j’en sais bien peu sur le fondateur de Megaupload et sur son modèle économique. Les acteurs majeurs du net passent tous pour être des personnalités marquées et singulières, comme Bill Gates, Mark Zuckerberg, Linus Torvald, Steve Jobs, Larry Wall, et autre Richard Stallman. Le poisson du moment appartient bien à cette catégorie, brillant, excentrique, hors de toute norme, insaisissable. Ils ont à peu près tous bâti des fortunes colossales grâce à ce qu’internet permettait : le partage sous toutes ses formes. Mais aujourd’hui, le partage, c’est mal… Mais Kim Dotcom est tombé pour ses provocations perpétuelles et surtout en raison de sa titanesque fortune. le reste n’est que prétexte.

Faire du gras serait donc un crime. Je me suis pincé jusqu’au sang à l’annonce des justifications avancées : les responsables de Mégaupload étaient avant tout des voleurs, leurs revenus provenaient de la spoliation des artistes et des ayant-droits… Pourtant, il en est d’autres à faire éhontément du gras, autrement dit un bénéfice hors norme, sans conséquences aussi funestes. Et certains magots résultent manifestement d’escroqueries exécutées au grand jour. Total, par exemple, a fait 14 milliards de bénéfice au plus fort de la crise des subprimes quand Bernard Arnaud, patron de LVMH et parrain du dernier de la famille régnante, doublait quasiment sa fortune personnelle. Et cela continue. Pour les opérateurs de téléphonie mobile, dont l’un est dirigé par un intime du roi, l’escroquerie est toute autant colossale, puisque, dans leur grande mansuétude, ils ont divisé sans dommages le prix de certains forfaits par 3 du jour au lendemain pour s’aligner sur le dernier entré. De son côté, EDF, sur un secteur monopolistique, annonce devoir augmenter ses prix de 30%, excusez du peu, alors que la maintenance et l’avenir devrait en principe être compris dans le prix actuel. C’est pourtant ainsi que fonctionnent les TPE et PME… La grande distribution mérite une mention spéciale en asséchant producteurs et consommateurs, et en règle générale, toutes les boites cotées au CAC40 se gavent à un point inimaginable. Et pendant ce temps, le tissu économique local se meurt en silence, ignoré, abandonné.

Je suis volé tous les jours, et vous aussi, le plus légalement du monde, et il n’y a pas de police pour intervenir. Ce n’est pas une surprise, c’est le résultat du vrai programme de l’UMP, et dont le vrai bilan s’affiche au grand jour : en 10 ans de pouvoir absolu de la droite, c’est toujours plus de chômage, plus de précarité et plus de bénéfices….

Ce jour, François Hollande a dévoilé son programme, le vrai programme du PS, celui qui doit faire consensus entre le 22 avril et le 6 mai 2012 et rassembler toutes les voix d’une France attachée à d’autres valeurs que celles de l’argent roi, du bling-bling et du clientélisme exacerbé. Dans ce programme, il y a 60 mesures réalisables, pouvant opérer un véritable changement, déjà dans la manière d’exercer le pouvoir. Ensuite viendra peut-être le temps du partage équitable des produits d’une société apaisée, raisonnable et responsable, libre et solidaire. J’espère, mais très honnêtement, j’ai beaucoup de mal à y croire.

Une chose est sûre : les vaches maigres, ça suffit.

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Partageons…

Je ne pensais pas refaire un billet sur le sujet si vite. Je ne pensais pas trouver si rapidement une preuve aussi évidente de ce que j’avançais hier, illustrant les conséquences des lois HADOPI, SOPA, PIPA et consorts. Dans le monde du net, il y a des dates incontournables. Depuis hier, il en est une nouvelle : le 19 janvier 2012. Megaupload, site de partage et de diffusion d’un peu tout, y compris de documents personnels, est inaccessible sur décision de justice américaine, et son fondateur arrêté en Nouvelle-Zélande !

Copie d'écran de megaupload le 19 janvierJe ne vais pas paraphraser Korben, qui fait un exposé très complet des événements. Megaupload était dans l’oeil du cyclone depuis longtemps. A lui seul, c’est 4% du trafic mondial. Certains applaudissent, dont notre monarque. Mais Megaupload, ce n’est pas seulement du contenu de pirate, de dangereux faussaires, d’escrocs qui piquent la mine d’or aux artistes et ayants-droits désormais à poil. C’est aussi pour le quidam lamba le moyen de partager une foule de documents de toutes sortes comme des photos de vacances, des vidéos de ses gamins, de la documentation, etc, etc… Tout cela est désormais inaccessible, perdu.

En la matière, je vais aller un peu plus loin. Les quelques geeks qui passent ici connaissent ma position sur la mode du moment, sur la possibilité d’externaliser ses données, notamment via les «clouds». Techniquement, cette solution est un bijou absolu, mais dans le cadre actuel et à venir, elle reste terriblement dangereuse. Imaginons que vos données transitent via le réseau, quelque part, mais que leur hébergement se fasse pourrir colatéralement par une décision de justice telle celle qui frappe Mégaupload… Considérons également l’indiscrétion que constitue l’inspection continue des flux qui circulent pour permettre le contrôle réclamé par les «ayant-droits» sur vos propres données… C’est bien la réalité du moment, non ?

La gageure n’était pas mince. Comme il était compliqué de poser un mouchard sur chaque machine, ou du moins, trop facile à contourner, on a fait croire à l’utilisateur moyen que le cloud était LA solution permettant un l’accès universel à ses données, qu’il répondait parfaitement aux impératifs liés au nomadisme. C’est en partie vrai, mais l’objectif est ailleurs. Il fallait surtout obtenir le consentement de l’utilisateur pour qu’il externalise lui-même ses données, ce qui, sous le couvert de la nouveauté, a été très facilement obtenu. Un attrape geek facile.

La boucle est quasi bouclée. Les données sont sur le réseau, et les lois sur le filtrage, dont on vient de voir la portée, en passe d’être prises sans qu’on se rende compte de quoi que se soit. Pour le négligent, l’étourdit, l’addition sera salée. Un exemple simple du risque désomais encouru : aux US, télécharger «illégalement» un titre de Michael Jackson vous coûtera 6 ans de prison, soit 2 ans de plus que son toubib qui l’a fait passer de vie à trépas. On marche sur la tête… Pendant ce temps, le rédacteur de SOPA, sur son site d’élu, contrevient au copyright de la manière la plus grossière.

Mégaupload est mort ? Pas sûr, le web a des ressources. Il y a les réactions de la communauté, qui elle aussi, ne connaît pas de frontières, les Anonymous en représailles ayant réduit au silence les site du FBI, UniversalMusic, et même HADOPI. En matière de site de partage, il en existe d’autres. Pour Megaupload, il doit bien y avoir quelques sites miroirs qui doivent dormir et qui vont se reveiller bientôt.

Allez voir http://109.236.83.66/

Ailleurs, sur le sujet :

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L’image de la censure

Le web est depuis plusieurs mois en lutte contre deux projets américains de censure du web mondial. SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act) sont en passe d’être votés respectivement par la chambre des représentants et le sénat des États-Unis. Compte tenu de leurs teneurs, même les mastodontes du net comme Facebook, Google, Yahoo, Ebay, Twitter ou Paypal ne sont pas à l’abri, et pourraient à titre de protestation participer au black-out pendant une courte période. Wikipédia, Reddit, Mozilla, Boing Boing, Failblog, WordPress, la Free Software Foundation ont déjà officialisé la leur.

page d'accueil d'Alter-Oueb, le 18 janvier 2012SOPA, c’est un HADOPI puissance 10 dont les limites ne s’arrêtent pas à la frontière US, ni, pour les contrevenants, à la suppression de l’abonnement ADSL… Pour toute utilisation d’un contenu protégé par droit d’auteur, c’est la cape d’invisibilité immédiate garantie. Les effets de SOPA se ressentiront dans les DNS (sur les 13 root-servers assurant le service de traduire le nom du site en adresse IP, seule routable, 9 sont américains…), rendant l’accès par l’adresse URL du site (Uniform Ressource Locator, le fameux www.quelchechose.com) impossible. Elle obligera les moteurs de recherche de désindexer les contenus, les FAI de bloquer tout transport, les éditeurs de retirer les liens. Pour finir l’asphixie, la SOPA interdira aux prestataires publicitaires et financiers (comme Paypal par exemple) de traiter avec de tels sites sous peine d’être eux même lourdement condamnés.

Les plus au fait de la chose diront que SOPA est mort-né, la Maison Blanche ayant menacé de mettre son veto sur certains aspects du texte. Mais il n’a guère cette possibilité pour son clone quasi parfait, PIPA, examiné par le Sénat le 24 janvier… Même commanditaires, même formulation vague du délit permettant d’écouter et bloquer tout site, y compris d’opinion, même arsenal répressif. Le différence ? SOPA c’est l’Amérique : on flingue d’abord, on discute après. Avec PIPA, on est notifié avant le blocage. Ca change vraiment tout.

Enfin, penser que ce problème est purement américain serait une grave erreur. La majorité des grands acteurs sont implantés outre-atlantique et une grande partie de l’innovation en matière de web en vient. Les répercussions d’une telle loi seraient dramatiques à l’échelle de la planète : contenu policé, uniforme, aucune page dissonante, aucune tête qui dépasse, un rève pour tout dirigeant quel qu’il soit, de Ben Ali, en passant par Poutine, Kim Jong-eun, Orban, jusqu’à notre bellâtre en talonnettes.

Il y a grand besoin que le net se rebiffe. Imaginez la toile, un seul jour, simplement sans Google… Ca aurait vraiment de la gueule.

A mon tout petit niveau, je participe.

Beaucoup plus sur le sujet :

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Novembre au balcon

Un mois chaud-bouillant se termine. C’est un mois exceptionnel : température douce, discours sirupeux, plans et mesures lénifiants, candidatures loufoques ont marqué ce mois de novembre comme jamais. Absolument tout dans l’actualité, chaque petite nouvelle, aussi insignifiante soit-elle, nous rappelle que nous nous rapprochons chaque jour un peu plus de la fin du monde. Le terme est connu depuis longtemps : pour le camp défait, le 22 avril ou le 6 mai 2012 sonnera bien comme la fin d’un monde.

Novembre au balcon, Noël en zonzon ?Dans ce contexte, tout ce que j’ai à dire aujourd’hui n’a guère d’importance. J’ai bien lu ce matin qu’après la récente annonce de HADOPI 3, un certain nombre de syndicats du monde du cinéma et de la vidéo ont assigné en référé FAI, opérateurs de téléphonie et référenceurs pour les enjoindre de bloquer les flux vers les sites de streaming et supprimer des moteurs de recherche toute information relative à cette pratique. Après le récent rappel à la Loi en matière de filtrage par la Cour Européenne de Justice, la partie sera intéressante à suivre…

Il y a aussi cette affaire un rien puante, qui ne semble concerner pour l’instant que les utilisateurs de smartphones sous Androïd aux Etats-Unis : parfois pré-installée, l’application Android «IQ Insight Experience Manager» destinée au départ à améliorer la qualité du service, est en fait un parfait mouchard : invisible à l’utilisation, impossible à arrêter, ou même à désinstaller, elle loggue absolument tout  : les numéros de téléphone appelants et appelés, le contenu, la provenance et la destination des SMS, les requêtes et sites visités, les identifiants et mots de passe, même en HTTPS, le tout géolocalisé et à l’insu du plein gré de l’utilisateur… Une broutille par les temps qui courent, qui relègue le pisteur de l’iphone à un bricolage d’amateur.

Ce qui est vraiment important, et le sera toujours, c’est de remercier les copains qui m’ont envoyé quelques uns des 1.600 visiteurs uniques. Mais avant, tradition oblige, un petit coup de projecteur sur les 3 billets remarquables de novembre. Il y d’abord un habitué de cette rubrique : le questionnement du Capitaine est «glaçant», et j’adore. Presque sur le même sujet, un autre homme proche de l’océan pose une autre question, qui restera également sans réponse. Enfin, en bon moussaillon, le gaillard aux Pin-ups voit double, mais juste : le bateau prend l’eau de toute part, dans la plus grande indifférence des autorités. Allez les lire.

Merci à vous, lecteurs qui passez ici de temps en temps, merci à vous, bloggeurs qui partagez vos lecteurs avec moi. Je vous recommande de parcourir tous les blogs suivants :
Bah !
Chez El Camino
Les divagations NRV de cui cui fit l’oiseau.
Princesse101
Carnet de notes de Yann Savidan
les échos de la gauchosphère
Une Autre Vie
Ce Que Je Pense …
Saint-Pierre-des-Corps, c’est où ça
Le grumeau
Chez Homer
100 000 V
Traqueur Stellaire
Je pense donc j’écris
J’ai rarement tort …
Politiko.fr
Partageons mon avis
A perdre la raison
Lyonnitude(s)
Variae
Les jours et l’ennui de Seb Musset
Intox2007.info
Arnaud Mouillard
La Maison du Faucon
Partageons nos agapes
De tout et de rien, surtout de rien d’ailleurs
La revue de Stress
des pas perdus
Le Monolecte
CSP
Chez dedalus
Trublyonne voit la vie en rouge
Crepe georgette
Fattorius
Minijupe
ArN
BlogExpérience
Oh Océane
mipmip’s posterous
Création Monétaire
le blog franchement politique de dedalus
Totem
Andrée OGER, conseillère générale communiste de Saint
Mes coups de coeur
FEIGNIES Ensemble-FEIGNIES Pour Tou
Seniorette made in Web
Liste générée à partir des infos du Top Blog ebuzzing par le Jegounotron.

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Megaupload en sommeil

Au lendemain d’une nouvelle et très pertinente réflexion comme à l’accoutumée du Lider Minimo au sujet de la nécessité de filtrer les sites de streaming, une Loi HADOPI 3 en somme, la brutale impossibilité d’accès au site Mégaupoad hier vers 23 heures a enflammé la communauté, notamment sur Twitter. Le «direct download» serrait déjà impacté, filtré, interdit, inaccessible ? En fait, il n’en est rien. Mégaupload vit très bien, aux antipodes, mais un petit problème de DNS, les serveurs qui changent les noms de sites tels qu’on les connaît en adresses IP seules compréhensibles par des machines, a fichu une belle frousse aux internautes un peu partout sur la planete.

«Mais sur les sites de streaming, l'idéologie du partage, c'est l'idéologie de l'argent : je vole d'un côté et je vends de l'autre. Je ne peux pas soutenir cela. Personne ne peut soutenir cela»Ca faisait longtemps que je n’avais pas pondu un petit billet «geek», poussé en cette période pré apocalyptique électorale par une actualité bouillonnante. Mais finalement, le sujet est assez proche parce que HADOPI voit sa finalité se déplacer de son aspect «protection de la création» en «outil de surveillance», éminemment politique….

HADOPI a vu le jour sous la pression d’un lobby qui reste attaché à un modèle économique en vigueur au temps de l’industrie du vinyle. Les «Majors» n’ont pas vu les conséquences du virage numérique, et ne se sont pas adaptés aux nouveaux modes de distribution que permettait cette révolution. Pour rattraper la sauce et continuer de bénéficier d’une manne qui revient normalement aux artistes, on use ainsi d’un expédient pour le moins fallacieux en inventant le nouveau pirate des temps modernes. D’ailleurs, parallèlement, les mêmes ou leurs copains, expliquent les licenciements en masse des ouvriers comme un fait normal, presque banal, parce qu’ «ils n’ont pas su s’adapter aux méthodes modernes et aux nouveaux besoins de la société»… Ainsi, pour compenser leur manque de clairvoyance, les gros labels se sont vus offrir une Loi sur mesure. Par analogie, c’est comme si les ouvriers bénéficiaient d’une Loi interdisant les licenciements… 2 poids et 2 mesures !

Mais en même temps, HADOPI, autorité purement administrative, arrange bien les pouvoirs parce que cela permet d’exercer un filtrage, donc une potentielle surveillance des flux. En retournant la charge de la preuve sur le prétendu pirate, via l’installation obligatoire sur son PC d’un élément logiciel, un super «malware», c’est bien un mouchard en bonne et due forme qui effectue une bien sale besogne. Inutile de dire qu’un tel dispositif serait excessivement dangereux pour les libertés individuelles, même si elles ne tombaient pas entre de mauvaises mains.

Mais la donne à quelque peu changé, puisque la justice européenne vient de condamner le filtrage du Web. Par un arrêt du 24 novembre par la Cour Européenne de Justice (CEJ), dans une affaire opposant la SABAM (SACEM belge) à un FAI, la CEJ rappelle les droits fondamentaux de l’Union, notamment en matière de «protection des données à caractère personnel ainsi qu’à leur liberté de recevoir ou de communiquer des informations». En cette période ou les velléités de limitation des libertés est patente, cet arrêt sonne comme un rappel vigoureux à la Loi. Et pan sur les doigts.

Dans ce grand tourbillon HADOPI, le dernier épisode de la saga est quasi burlesque. L’ARJEL, l’autorité de régulation des jeux en ligne, cette nébuleuse destinée à promouvoir le racket à toute heure, qui arrose des mafias proche du pouvoir, mis en place avec la haute bienveillance des puissants de ce pays, voit ses ouailles contribuer via la publicité (pop-ups, page d’attente…) au financement de Megaupload que les mêmes tentent actuellement d’interdire… On avait bien pris l’habitude du n’importe quoi, mais là, on a incontestablement franchi un nouveau palier. Mort de rire.

Dans ce pays, à force de multiplier de telles gesticulations, on serait plutôt mort de honte.

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Un nouveau regard

Pas facile de s’extraire de l’actualité politique. Chaque jour apporte son lot de nouvelles pareilles à l’étale du poissonnier d’un village gaulois célèbre et irréductible : pas très fraîches. En l’occurrence, il ne sert à rien de tourner autour du pot pendant 107 ans sans discontinuer et de pousser l’analyse au paroxysme : je ne vois pas trop comment les positions exprimées par Arnaud Montebourg peuvent êtres solubles dans les programmes des deux derniers protagonistes des primaires du Parti Socialiste, François Hollande et Martine Aubry, tant ils sont eux-même convaincus de disposer d’un «package» parfait.

Le débat de mercredi risque d’être plus qu’intéressant puisqu’en fin de compte, il faudra choisir celui ou celle qui non seulement devra battre Toto 1er, mais ensuite et surtout, il ou elle devra mettre en place un nouveau contrat social, un nouveau mode de gouvernance, une nouvelle manière de faire de la politique, afin de prévoir et non subir les éléments, afin de retrouver un peu plus de liberté.

A propos de liberté, le TGI de Paris se prononcera demain pour le filtrage du site copwatchnord-idf.org, une première en France. En fait, l’audience, en tout et pour tout, se contentera de demander aux FAI français Orange, SFR, Bouygues, Free, Numericable et Darty «d’interdire, sous astreinte de 2000 € par jour de retard, l’accès aux pages…» parce que le Ministère de l’Intérieur n’a pas trouvé l’hébergeur et ne peut donc pas l’assigner directement. Une bonne blague, c’est à la portée d’un débutant comme le démontre Bruno de l’excellentissime Turblog. Allez le lire, son éclairage sur le filtrage et les excès de la LCEN en la matière est limpide et édifiant.

Anduze, 21 janvier, des hordes (de jeunes) (assis) assaillent un gendarme...Le site incriminé est un peu particulier. Le «copwatch» est une pratique qui vient des Etats-Unis, et vise à faire connaître et dénoncer les dérapages de policiers dans l’exercice de leurs fonctions. On comprend que Guéant cherche à le réduire au silence. Si le sujet est intéressant, légitime même, au vu du comportement indigne des forces de l’ordre dans les manifestations, notamment à Anduze le 21 janvier et à Lille ce 8 octobre, le procédé a ses limites, engendrant encore plus de violence au travers de représailles imbéciles. Mais dans tous les cas, le filtrage de l’accès à un site un brin marginal, très peu connu jusqu’alors, ne résoudra en rien ce problème, et les moyens de contournement doivent déjà être en place. A moins que l’objectif du pouvoir actuel ne soit ailleurs… L’affaire en question est un peu tordue, j’en conviens, mais la réalité est là : l’arsenal législatif existe pour, avec une formulation vague à souhait, réduire quiconque au silence, pour «prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d’un service de communication au public en ligne».

Après le récent cafouillage de Hollande sur HADOPI, j’attends aussi de vraies propositions de la part des 2 candidats sur les libertés individuelles et d’expression. Le gouvernement actuel a élaboré des lois particulièrement restrictives de liberté et répressives, dont les véritables objectifs restent inconnus du grand public. Je serai sensible à l’annonce de leur abrogation parce qu’une démocratie digne de ce nom, attachée aux grands principes de liberté et des droits de l’Homme, ne saurait supporter plus longtemps de tels errements.

Le monde change, la politique et la manière de la pratiquer doit changer aussi.

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Ca ne fait que commencer

J’avais vraiment pas envie d’en rajouter sur l’actualité chaude du moment, qu’elle résulte d’une odieuse manipulation, ou d’une toute autant abjecte conception d’autrui. Je préfère parler d’une actualité tout autant brulante et mouvante : la dépendance à Google. C’est chez Lolo que j’ai trouvé le sujet de mon billet bien dans mes cordes. L’indisponibilité du Play-Station Network, puis celle de Blogger, la plate-forme blog de Google a causé quelques jolis remous dans le monde des geeks, posant clairement la question de la dépendance croissante envers les mastodontes du net.

Richard Stallman, mon papa informatique...Dans le monde informatique professionnel et grand public, le phénomène n’est pas récent. La relative perte d’influence causé par les trublions du monde libre, avec la montée en charge des systèmes et logiciels «Open Source» type Linux, Firefox, OpenOffice, etc… a fait quelques dégâts. Du coup, faute de pouvoir concurrencer les nouveaux produits «éthiques», gratuits, fiables, sécurisés et sécurisants, les grands du Net sont en passe de nous sortir toute une panoplie de nouveautés toutes aussi innovantes les unes que les autres, mais qui n’ont qu’une seule finalité : nous remettre un fil à la patte, celui même dont Linus Thorvald et Richard Stallman avaient su nous libérer. Les usages ont aussi évolué. Déjà, notamment parmi les plus jeunes, le net n’est plus vu qu’au travers de Facebook qui agit comme un prisme, et lie l’utilisateur, non à ses amis virtuels, mais au facilitateur. Sans lui, données et amis sont inaccessibles, et la jeunesse est perdue, orpheline. Le néant…

La mode actuelle, c’est le «cloud», où tout ce dont on a besoin se trouve quelque part, dans les nuages, au travers du réseau. Sur le papier, c’est idéal : l’utilisateur ne s’occupe de rien… Google vient d’ailleurs d’annoncer la sortie du chromebook, l’ordinateur 100% Cloud sous ChromeOS, où toutes les opérations passent au travers du navigateur Chrome… A ce niveau, déjà, le choix n’est plus possible. L’oncle Billou doit l’avoir mauvaise, lui qui avait fait les frais dans les années 90 d’un navigateur trop intimement lié au système…

Mais la mode actuelle est aussi la montée en puissance du contrôle des flux. Les tentatives de battre en brèche le concept de neutralité du Net aboutissent sous la pressions de lobbys divers. La première application française grand public est sans conteste le dispositif HADOPI… Et oublier la volonté des opérateurs de téléphonie d’entrer dans la danse pour facturer la bande passante qu’on dit de plus en plus limitée, serait une grossière erreur. Là aussi, les menaces sont pressantes, certains FAI ayant déjà dans leur cartons des abonnements «premium».

En somme, sous le couvert d’une révolution architecturale apportant modernité, simplicité et souplesse, on va finir par payer ce qui est utilisable gratuitement, et laisser nos données à la disposition de qui en voudra. Mais plus grave encore, en cas de panne ou coupure (volontaire ou non) du réseau, de Google, de Sony ou autre grand malin, vos données, vos statistiques, vos blogs, vos outils seront purement et simplement inaccessibles, et au pire, vendues à un hacker russe. Mais tout cela n’est que pure invention, cela n’arrive jamais.

L’illusion de liberté et de choix est parfaite, mais à la sortie, la dépendance est bien réelle, l’adhérence irréversible… C’est pour ces raisons que je n’utilise rien qui soit estampillé Google, même si certains services semblent réellement intéressants. Surtout que du côté libre (de la force), il existe bien souvent l’équivalent…

Quen pensent les geeks fréquentant ou non la Comète ?

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1ère bougie

Ce jour est incontestablement très particulier : le blog alter-oueb souffle sa première bougie. L’aventure a commencé le 12 mai 2010 après quelques hésitations et un peu d’appréhension, et ma motivation, ce besoin d’expression depuis cette date n’a pas changé. 117 billets plus tard, l’expérience est pour moi plus que concluante : 98 commentaires, entre 100 et 150 visiteurs par jour. Certains vont trouver ces chiffres franchement ridicules. Mais je m’en suis déjà expliqué, les chiffres, les classements n’ont que très peu de signification pour moi, cela ne flatte que les égos. L’essentiel n’est évidemment pas là.

Anniversaire...L’essentiel, c’est la pluralité des expressions, c’est de confronter mon ressenti des choses avec les avis et les réactions d’autres gens,de différents horizons, de sensibilités diverses et variées. Il y a toujours à apprendre des autres… Après, on partage ou pas, selon son humeur, son ouverture d’esprit et ses convictions. On participe, on commente, on twitte, encore que pour moi, ce genre de pratique est impossible en journée, faute à un p*§$#* de proxy… et faute d’avoir cédé à l’addiction d’un smartphone.

L’essentiel aussi, c’était la soirée d’hier, lors de la rencontre entre Gérard Collomb, sénateur-Maire de Lyon venant entre-autre présenter son ouvrage «Et si la France s’éveillait» et la communauté des blogueurs et acteurs du Web lyonnais . Elle m’a permis de rencontrer quelques noms devenus familiers avec le temps, et mettre ainsi un visage sur quelques avatars. Aidé par Romain, reconnaissable entre 1000 en grand ordonnanceur de la manifestation, j’ai échangé quelques verres avec Bembelly, puis taillé le bout de gras avec Trublyonne et Camille juste avant l’orage qui a secoué la fin de soirée. Pas de vallenain, ni de minijupe, dommage, mais il y aura des prochaines fois…

Mais la soirée, dans son contenu strict, m’a laissé un peu sur ma faim. Lors de son exposé, Gérard Collomb a parlé de l’avenir. Tout est avenir. Hors flux, formation, innovation et entreprise, point de salut. Dans cet élan qu’il qualifie de «socialisme de l’entreprise», il affirme que les schémas actuels mènent à l’immobilisme, donc à la disparition, qu’il faut entreprendre, bouger, et qu’il faut cesser de tout attendre de l’Etat… J’ai déjà entendu ce genre de discours quelque part. Dans la discussion qui a suivi, la parole a été monopolisée par les acteurs de l’économie numérique, les créateurs de start-up réclamant au décideur local des aides en matière de locaux et d’infrastructures spécifiques aux métiers de l’internet. Pas vraiment compatible avec le «moins d’Etat» prôné par le libéralisme ambiant…

On n’a pas entendu les blogueurs. Pourtant il y a des sujets de première importance, dont celui de la neutralité du réseau, le filtrage et le contrôle des flux. Il concerne tous les publics, encore plus les acteurs du Net, mais surtout les responsables politiques dans leurs fonctions législatives. C’est en sa qualité de représentant du peuple que je souhaitais interpeller Gérard Collomb sur ce sujet qui me tient particulièrement à coeur. Je n’ai pu le faire de vivre voix. Dommage. Là aussi il y aura des prochaines fois.

Et mai sera joli, ce n’est pas qu’un dicton. Le 19, c’est KDB, et j’y serai.

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