Putain, 2 ans…

La période est certainement mal choisie pour faire preuve d’un optimisme béat en l’avenir. De tous les côtés, l’horizon nous rappelle la grisaille du moment et déverse son flot ininterrompu d’actualités déprimantes. La cour est pleine : chômage, charges, impôts, déficits, et autres dégâts collatéraux de l’économie ultra-libérale saturent l’espace vital, et la nausée est proche. C’est du moins ce que tout le monde affirme…

Aujourd’hui, impossible ou presque de renverser cette tendance. Et le grand responsable est tout désigné : François Hollande. Il y a 2 ans, jour pour jour, il débarquait celui qui, à force de chercher la croissance avec les dents, l’a fait fuir très loin tout en distribuant plus de 600 milliards d’argent public à ses copains du CAC40. Le changement tant attendu était enfin à portée de main.

Putain, 2 ans...Il est clair que ces 2 ans de gouvernance socialiste ont un goût plutôt amer, même s’il existe à mes yeux de grandes réussites. Il n’est pas bien compliqué de comprendre que dans un si court délai, il est impossible d’obtenir quoi que ce soit de tangible tant l’héritage de la décennie précédente était délabré. Comment redistribuer quoi que ce soit quand la caisse a été pillée et qu’on se trouve sous la menace des agences de notation et de traités déséquilibrés ? De surcroît, quand on renonce aussi facilement devant la pression des lobbys, quand on vote ce que l’on a combattu quelques mois auparavant, quand on reforme les retraites à la manière du gouvernement précédent, et que l’on commet de si grossières erreurs de communication, la tâche se complique sérieusement. Empêtrée dans sa volonté de faire simple, la gauche a principalement été incapable de capitaliser et promouvoir ses vrais avancées.

Evidemment que j’ai sauté de joie le 6 mai 2012. C’en était enfin fini de la gouvernance brutale de Sarkozy. Mais je ne savais que trop ce qui allait suivre et les difficultés auxquelles il faudrait faire face. Les solutions ne peuvent venir que de la société dans son ensemble, chacun selon sa position et ses moyens. Malheureusement, il est impossible d’impliquer les plus fortunés dans le redressement économique et social du pays. Cette catégorie a d’ailleurs eu en son temps la peau de Léon Blum et de Pierre Mauroy en asséchant «patriotiquement» les finances de l’Etat par une impressionnante évasion de capitaux. Rien de très surprenant…

Dans la tourmente, on entend alors des bruits réclamant une troisième voie. A les entendre, droite est gauche sont pareils, alors autant essayer autre chose. Sauf que le FN n’a absolument aucun début de solution. Si elles existaient, si elles étaient sans douleur, elles seraient déjà mises en œuvre… Fermer les frontières, revenir au franc, chasser celui qui ne nous ressemble pas finirait à coup sûr de mettre le pays à genoux, la marre de sang en plus.

J’en suis franchement désolé, mais la droite et la gauche, ce n’est pas pareil. Se rend t-on vraiment compte à quoi le pays a échappé en évinçant Sarkozy de l’Elysée, de surcroît libéré de la nécessité du bilan pour la réélection ? Le 6 mai, j’ai, pour une fois, voté pour une personnalité et non contre. En ce jour, je renouvellerai sans aucune hésitation ce geste parce qu’au delà de l’étiquette des partis, des difficultés et des hésitations, je préfère mille fois une politique basée sur la solidarité où l’état est redistributeur et aplanit autant que faire se peut les inégalités, plutôt qu’une politique d’exclusion où l’état est absent et livré à la loi du plus riche, de l’individualisme roi.

Petit retour en arrière…


LE 6 MAI de Jeremy Sahel (EnfinBrefProd)

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La peur

La France a peur. Ce n’est pas Roger Gicquel qui le dit mais les préfets de la république dans une note confidentielle qui ne l’est déjà plus. Ainsi, pas seulement en Bretagne mais partout sur le territoire, il n’y aurait de manière «presque spontanée» que «crispation, exaspération et colère» : «la situation sociale laisse peu de place à l’optimisme», parlant même d’une possible «explosion sociale». Rien que cela…

Qu’il y ait un malaise dans la société française n’est pas vraiment une surprise. Mais ce n’est pas franchement nouveau non plus. Les signes de crispation, d’exaspération et de colère sont monnaie courante et occupent depuis longtemps une place centrale dans le quotidien au travers des difficultés comme le chômage, le coût de la vie et les diverses réformes et attaques des système de solidarité. Les chocs pétroliers des années 1970 et l’américanisation de l’économie ont sonné le grand départ du tourbillon néo-libéral avec toutes les conséquences qu’on connait.

Manifestation spontannée ? Ben voyons...Cette évolution, si je puis dire, a produit des fortunes immuables : il n’y a qu’à observer dans la rue, les comportements, les gens, les voitures, les titres dans les journaux : les riches le sont de plus en plus, les pauvres aussi, et la classe moyenne l’est de moins en moins. L’ensemble des propos tenus pas les préfets ne résultent pas d’un fait précis, suffisamment grave et destructeur, mais d’une évolution naturelle d’un système économique qui agit lentement mais sûrement, à l’image de la fameuse allégorie de la grenouille. Rien de bien nouveau donc.

Les préfets semblent ainsi sentir l’eau chauffer autour d’eux. François Hollande est devenu clairement la cause de tous les maux et cristallise autour de lui toutes les critiques. Avec son gouvernement, il doit gérer une friche laissée par son prédécesseur et même au-delà : on ne retourne pas en quelques coups de bêche un champ aussi vaste, autant caillouteux. Confronté aux lobbys de toutes sortes, Hollande à reculé un peu sur tous les sujets, surtout ceux concernant les «possédants», et a déçu, même dans son camp. Et alors ? L’eau du bain est chaude depuis un moment. Sarkozy, pour sa part, y a mis un sérieux coup de lance-flamme en tenant chaque nouveau jour des propos plus qu’outranciers, divisant le pays en jetant à la vindicte populaire, le doigt tendu et le rictus aiguisé, telle ou telle catégorie de français, ou de moins français. Les préfets n’ont alors rien trouvé d’anormal dans le climat social alors que 3 millions de paires de jambes battaient le pavé la même journée lors du dépeçage des systèmes de retraites.

Aucun sondeur ne m’a jamais interrogé pour alimenter la côte de popularité de président Hollande. Et autour de moi, si le moral n’est guère brillant, je ne compte malgré tout que peu d’avis vraiment hostiles. Je ne suis donc pas le seul à penser que Hollande reste le seul rempart crédible face au mouvement libéral réformateur et dérégulateur généralisé. Il y une forme évidente de fatalisme, et même de désillusion face à la politique en général, parce que la chose publique a été entièrement phagocyté par la haute finance globale qui dirige seule le monde. Et cela, Hollande n’y peut absolument rien.

Peut-être qu’aussi pour moi, inconsciemment, il y a le souvenir de ce qu’a été le quotidien sous un gouvernement de droite, avec sa vision très particulière du monde du travail dit moderne et décomplexé : imaginons un seul instant «TalonetteMan» au manche, de surcroît débarrassé de la nécessité de ménager l’opinion pour la réélection… Le peuple de gauche oublie un peu vite à quoi il a échappé.

D’ailleurs, le seul fait de l’évoquer me fait frissonner, de peur, mais certainement plus de rage. Rappelons nous bien d’où l’on revient.

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La caravane passe

Ce dimanche fut étrange. Il a été à peu près impossible d’occulter de mon esprit la manifestation du jour contre le mariage pour tous, non pas par peur de la mobilisation, mais parce que le message qui s’en échappait était empreint d’une rare radicalité, et il m’a profondément bouleversé. J’étais atterré de constater avec quelle virulence l’homophobie et l’intolérance pouvaient s’exprimer aussi librement dans notre pays.

Un slogan parmi d'autres, raccoleur et dégueulasseAutant le dire tout de suite, je ne suis pas gay. Je suis ce qu’il y a de plus commun : j’ai 49 ans, marié depuis 23 ans à une femme que j’aime, 2 enfants aujourd’hui autonomes, ce qui me donne une vision éclairée et assez éprouvée de cette entité sociale qu’est la famille. Dans mon entourage, j’en côtoie d’autres, aux histoires semblables ou différentes, qui font leur chemin avec plus ou moins de chance et de bonheur. Mais je vois aussi des enfants ballottés par la vie, repoussés, battus, délaissés, livrés à eux-mêmes, avec ce qu’il reste de parents «classiques». Ces enfants sont là, bien vivants, souvent heureux que la recomposition de la cellule familiale se fasse avec un compagnon quelque soit son sexe, qui les aime et s’occupe d’eux.

Je n’ai aucune envie d’exposer des arguments et de chercher à convaincre qui que ce soit. C’est inutile, le débat est même impossible : bigots, fachos, réactionnaires et conservateurs de tous poils s’acharnent avec des motifs éculés. Elle est belle la famille de France, toujours magnifiée par les calotins qui savent de quoi ils parlent, habitués qu’ils sont au contact de la jeunesse. Un peu trop même. Jusque là un peu délaissé, l’enfant est soudain redevenu l’argument suprême, et placé au centre de toutes les préoccupations. Je ne doute pas que dans ce rassemblement grotesque devait se trouver nombre de conjoints ayant plaqué femme et enfants sans se soucier si ces derniers pouvaient un seul instant souffrir de l’absence d’un des parents «traditionnels». Et pourtant…

Cette journée est assez emblématique de l’état de la société. Elle a jeté dans la rue une population peu au fait des évolutions du monde, engoncée qu’elle est dans son confort de petit bourgeois, avec sa télé poubelle et ses dogmes religieux ancestraux et puritains. On y a entendu des amalgames douteux, des propos d’un autre temps, on a même comparé François Hollande à Hitler. Visiblement, pour une part de la société, les homosexuels sont toujours des «Untermensch», des sous-hommes… C’est particulièrement grave, mais surtout désolant..

Ce n’est pas parce que je soutiens la gauche que je suis favorable au mariage pour tous. Je ne suis pas homosexuel et pas vraiment concerné par la mesure, mais je me rends compte de la situation globale de ces couples qui seraient durement précarisés en cas de coup dur. C’est une simple mesure d’égalité, et ce seul point mérite qu’on y accorde une attention particulière. Et pour les enfants, il vaut mieux un environnement apaisé où les faisant fonction de père et mère, quels qu’ils soient, s’aiment et soient attentionnés les uns envers les autres. Inutile donc de vociférer : le mariage civil n’a pas une fin de procréation, et au final, chacun fait bien ce qu’il veut chez lui…Fermez le ban !

Quant à François Hollande, il a pu paraître hésitant dans ses prises de décisions, allant parfois même jusqu’à renoncer devant le bruit de la rue, sauf quand il est produit par le monde ouvrier. Il ne le sait que trop : en matière économique, il n’a aucune marge de manœuvre ou presque. Le patron, le juge de paix, c’est les marchés, les banques, les agences de notation. Pour le reste, et le mariage pour tous en particulier, François Hollande n’a aucune contrainte d’aucune sorte. La 31ème proposition du candidat n’a nul besoin de passer par un référendum puisqu’il a été élu pour appliquer ce programme. Il ne reste donc plus qu’à emballer et peser le paquet final pour entrer dans l’Histoire au même titre que l’abolition de la peine de mort et la légalisation de l’avortement.

A cette époque aussi, les chiens aboyaient leur haine…

Edit du 16 janvier : pour ceux qui, droits dans leurs bottes, sont toujours sûr de leur conscience et de leur supposée bonne foi, allez lire le billet magistral de James.

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Et si François Hollande réussissait ?

L’exercice était attendu. Conformément à ses engagements, François Hollande, Président de la République s’est livré à un devoir périlleux en pleine tourmente : expliquer et justifier avec calme et détermination le cap qu’il entend imprimer à la France pour la sortir d’une ornière consciencieusement creusée pendant la dernière décennie.

François Hollande, un Président qui présideBousculé de partout, souffrant d’un chute brutale de popularité, il a livré, à mon sens, une copie de haute tenue. Il y avait dans cette conférence de presse une présence, une stature, une dimension présidentielle, mais surtout la démonstration d’une connaissance pointue des dossiers de la République. Aucune hésitation, aucune approximation n’a été relevée par une presse habituellement friande de ce genre de choses.

Malgré ma déception, en raison d’un début de mandat marqué par de retentissants renoncements, même s’il y a aussi de réelles avancées, je ne regrette absolument pas mon choix d’il y a 6 mois. Aujourd’hui, cette conférence de presse a modifié sensiblement ma manière de percevoir l’action de ce gouvernement. Certains y verront une forme de découragement, un renoncement, une forme de capitulation face à l’ennemi voire un ralliement au capitalisme débridé. Il n’en est rien. Absolument rien.

Ce qui est sûr, c’est qu’il est inutile de continuer à consommer son énergie à fustiger sans cesse l’action des prédécesseurs. Toute la gauche devrait en prendre acte, et garder son calme. Le bilan est là, catasptrophique, terriblement présent et tangible. C’est un fait. François Hollande n’y peut rien, mais c’est à lui qu’incombe désormais la solution, ou du moins l’atténuation des conséquences sur toutes les composantes de la nation. Il le savait en sollicitant la fonction.

Ce qui est certain aussi, c’est que s’attaquer de plein front aux patrons et aux financiers devient rapidement contre-productif. Incontestablement une majorité s’en met plein les fouilles en exploitant honteusement les ressources et en surfant habilement sur les réglementations. Ils continueront leur manèges et profiteront des recommandations du rapport Gallois en soustrayant bien des ressources à la solidarité nationale et au redressement du pays. On voit bien le résultat à chaque possible ponction du clan des riches : ils montent au créneau ou s’enfuient… Ils en ont les moyens, et la société les écoute.

Pas nous. Nous n’avons aucun moyen d’échapper à la loi du marché qui contrôle tout. Il y a la certitude de la main-mise du système, de la sanction immédiate si François Hollande se proposait soudainement de distribuer une manne dont à l’évidence l’Etat est privé. Il n’y a pas de sous, pas de boulot, juste des dettes et un sixième de la population en grande détresse. Il m’est aussi difficile de l’admettre, mais au final, n’avons-nous pas intérêt à davantage soutenir ce gouvernement dans son action ? N’avons-nous pas le devoir de montrer que le redressement du pays est non seulement possible, mais faisable, envers et contre les geonpis, les patrons-voyous et les millionnaires de Neuilly et du CAC40 ? Parce qu’il n’est pas envisageable d’échouer, parce que ce faisant, on livrerait dans 4 ans le pays à une droite rancunière et revancharde ou au Front-National, ce qui en somme est un peu pareil. Et si François Hollande réussissait ? On en profiterait tous…

Je le répète, il n’y a pas de virage de ma part, mais une forme de pragmatisme sourd, presque forcé. Même si tout n’est pas parfait, loin de là, ces 6 mois d’après Sarkozy ont définitivement démontré que droite et gauche, ce n’est vraiment pas pareil.

Rappelons-nous tout de même d’où l’on revient…

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Sortir du piège

On dit François Hollande un rien immobiliste. Il faut être resté cloîtré au fond d’une grotte pour persister dans ce sens. Les grandes réformes structurantes avec notamment une nouvelle fiscalité et le mariage pour tous, arrivent pour la fin de l’année. Il faut dire que jusque là, il y avait fort à faire pour détricoter les innombrables entreprises de saccage du quotidien de ceux qui n’auront jamais de Rolex à leur poignet. Ces 4 mois n’auront peut être rien amélioré, mais ils auront au moins permis d’arrêter le massacre.

Cartes ou pions, c'est selon...En fait, le gouvernement va bien plus vite que l’on croit. D’ailleurs, le Président de la République veut faire ratifier au plus vite par la Parlement le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), tel qu’il a été signé par son prédécesseur le 25 mars dernier. Ce texte, pur jus de technocrate ultra-libéral, totalement imbuvable, pris sous la dictée d’organisations pas forcement très reluisantes, imposerait de manière permanente une politique d’austérité qui n’a en fait, qu’un seul but. En contraignant les budgets nationaux à des règles tellement rigides, les états qui en disposent encore seraient obligés de saborder les système de protection et de solidarité envers les plus faibles. Il ne s’agit ni plus ni moins de la raison d’être du traité : faire rentrer dans le rang de la mondialisation les derniers récalcitrants. Le reste, ce qu’on entend dans les hautes sphères, bien à l’abri du besoin, n’est qu’habillage et communication…

C’est pour cela que je relaye l’initiative d’ATTAC dont je vais reprendre les propos : «Nous, organisations associatives, syndicales et politiques, avons décidé de mener ensemble une vaste campagne d’éducation populaire et de mobilisation citoyenne, avec en particulier une grande manifestation unitaire le 30 septembre à Paris.
L’intervention des citoyens dans le débat démocratique doit convaincre les parlementaires, particulièrement celles et ceux qui ont été élus sur la promesse d’une renégociation de ce Pacte budgétaire, de refuser sa ratification et de permettre ainsi la réouverture du débat en Europe.
»

Vous pouvez interpeller vos députés en envoyant manuellement l’appel ou en utilisant l’envoi automatique via le formulaire ci-dessous :

Monsieur le Député, Madame la Députée,

François Hollande, candidat, s’est engagé devant les Français à renégocier le nouveau Traité pour la stabilité, la coopération et la gouvernance, dit aussi Pacte budgétaire, signé en mars dernier par Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui le gouvernement présente pour ratification au Parlement ce même Traité, rigoureusement inchangé.

Le Pacte budgétaire interdit les déficits publics et donne aux instances européennes des pouvoirs de sanction inédits contre les pays en difficulté. Dans l’espoir de rassurer les créanciers et les spéculateurs, il impose aux États une austérité perpétuelle sans apporter aucun remède aux causes réelles de la crise: la concurrence effrénée au sein de la zone euro et la domination des marchés financiers. Ce Pacte va aggraver le chômage et bloquer toute amorce de transition écologique. Les très maigres mesures « pour la croissance » adoptées par le Conseil européen fin juin n’y changeront rien.

Si la construction européenne devait se poursuivre contre les intérêts et la volonté des peuples, elle n’y survivra pas, pas plus que la démocratie. Je vous demande de voter contre le Pacte budgétaire. Votre vote, et le rejet du Traité par la France, permettront de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe.

En vous remerciant de votre réponse, croyez, Monsieur le Député, Madame la Députée, à mes sentiments républicains,

Je vais tagguer tous les leftBlogs : Abadinte, Antoine, Annie, Aurelien, Dedalus, Balmeyer, Bembelly, CC, Captainhaka, Océane, Gaël, Frédo Camino, Marie, le clown, gularu, Arnaud, les iliens, Jeannot, Nicolas, Cyril, Elmone, Juan, Mamie Kamizole, Sasa, Mehdi, Elooooooo…ooody, Lolotrouvetou, Louis, Magic, Mathieu, Mipmip, Isa, See Mee, Eric, Monsieur Poireau, Mrs Clooney, Le Partageux, Melclalex, Philippe, Vogelsong, l’Omelette, Dagrouik, Gilles, Nico, Rimbus, Romain, Dada, Seb, David, Slovar, Trub, Steph, Romain, Jeremy et Yann… Ouf ! J’espère avoir oublié personne !
A vous de jouer, moi c’est fait.

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Dansez maintenant !

Je dois faire ici un aveu qui me coûte : hier soir, j’ai regardé TF1. J’ai même résisté plus de 2 minutes 30 face à Claire Chazal sans zapper, sans aller aux gogues ou me pointer devant le réfrigérateur pour attraper une petite boisson houblonnée. Le Président de la République, passablement chahuté en ce moment, avait des choses bigrement importantes à dire.

J’ai bien écouté. François Hollande a demandé du temps pour le juger. «Je ne vais pas faire en 4 mois, ce que d’autres n’ont pas fait en 5 voire en 10 ans». Il a annoncé un redressement du pays en 2 ans, avec un budget 2013 basé sur un taux de croissance réaliste de 0,8 % et la nécessité de trouver 33 milliards pour parvenir aux fameux 3%, un des critères de convergence stupides instaurés par le Traité de Maastricht. Aucun mystère n’est fait : tout le monde mettra la main à la poche, même si elle est déjà vide ou percée.

On peut raconter beaucoup de choses sur la présidence Hollande, sur son gouvernement, sur sa manière de prendre en compte les soucis des français. On peut évidemment céder à l’invective, mais pour l’heure, il exécute un budget établi par l’équipe précédente désavouée par les électeurs. Il n’y a que les nostalgiques de Sarkozy, les agités du «yaka fokon» qui pensent que tous les problèmes se résolvent d’un simple coup de doigt, sous l’action supérieure de la seule volonté ou d’un geste nerveux d’épaule. On en voit encore les résultats : 3 millions de chômeurs, un salaire médian en baisse sensible, des français qui s’appauvrissent pendant que les plus riches continuent de se gaver. Pour eux, rien ne change, sauf pour quelques-uns la nationalité.

Il faudra bien un jour commencer par accepter l’idée que Hollande ne va pas pouvoir faire grand chose pour nos petites vie individuelles. Nous ne sommes que quantité négligeable, même plus une variable d’ajustement de l’économie mondiale. L’européen moyen patauge et se débat comme il peut dans une société déclinante, de plus en plus malade de son individualisme et de son incapacité à se rebeller. Le chômage ne fera qu’augmenter, et les protections sociales finiront par disparaître. C’est inéluctable sans révolte. Le monde se dirige dans les salles de marchés, et les bonnes volontés de Hollande sont de simples gouttes d’eau insignifiantes dans un océan de dollars. En Grèce, c’est le FMI qui soumet aux ministres les textes des réformes ahurissantes à entreprendre…

Hollande n’a peut être pas la solution, ni les moyens de ses promesses, mais il sera toujours mille fois meilleur que le précédent qui n’a fait que démolir, diviser, menacer, invectiver, sans parler de sa contribution en 5 ans de plus de 600 milliards au déficit de la France. On ne peut donc pas dire que je déchante, loin de là. Mais il n’y a pas de quoi danser non plus.

Pour retrouver un peu le sourire, je vous offre ces quelques instantanés du défilé de la 15ème Biennale de la Danse dans les rues de Lyon. C’était un magnifique spectacle.

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Un discours juste

Il est des ambiances particulières, des atmosphères lourdes, des moments qui laissent une impression diffuse mais suffisamment reconnaissable pour savoir qu’ils vont marquer durablement l’Histoire. Les commémorations de l’abomination commise 70 ans plus tôt au Vel d’Hiv de ce dimanche feront incontestablement date. J’ai écouté en direct l’intervention du Président de la République, et ce que j’ai entendu m’a rendu fier.

Enfin un vrai discours de présidentJ’avais l’impression de redécouvrir une sensation inconnue : j’ai été fier d’être français et admiratif de la personne qui parle au nom du peuple français. François Hollande a dit en mots simples, ce qu’a été cet épisode glaçant de l’histoire : une monstruosité commise par des hommes, français, envers d’autres hommes, juifs ou non, français ou non, et a surtout pointé toute la responsabilité de l’Etat français dans cet horrible épisode. Seul Jacques Chirac, en 1995, avait osé l’évoquer. Tous les autres, engoncés dans leurs postures idéologiques, n’ont fait que déblatérer consensuellement, en occultant toute forme aussi minime soit-elle des responsabilités pourtant indiscutables de la France dans cette histoire.

François Hollande est allé beaucoup plus loin. Il n’a fait cependant que rappeler des évidences : «ce crime fut commis en France, par la France», «pas un soldat allemand n’a participé à cette rafle». Mais il a aussi évoqué l’autre visage d’une France généreuse. Ce crime «fut aussi un crime contre la France, une trahison de ses valeurs. Ces mêmes valeurs que la Résistance, la France libre, les Justes surent incarner dans l’honneur».

En fait, j’ai été scotché par ce que j’ai entendu. Une posture digne, un discours limpide, des mots simples, une expression grave, des évidences humanistes qui tranchent avec tout ce qui a été fait jusque-là. Au lendemain d’autres événements dramatiques où des gamins se font exécuter dans une école, dans une société où un adolescent sur deux ne connaît pas la rafle du Vel d’Hiv, et vraisemblablement beaucoup d’autres épisodes, il y avait besoin d’un discours qui sonne juste : «l’antisémitisme n’est pas une opinion mais une abjection», il est nécessaire de rappeler avec force ces pages d’histoire parce qu’elles ont une fâcheuse tendance à vouloir réapparaître.

«Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre». Cette phrase, attribuée à Winston Churchill, à Primo Levi, et même à Karl Marx, retrouve plus que jamais toute sa pertinence, et surtout toute sa place dans l’école républicaine et laïque, saccagée, démolie par l’ancien gouvernement. C’est vrai qu’on ne peut pas à la fois courir après le FN et instruire la jeunesse sur les dangers de la xénophobie…

Merci Monsieur le Président. Maintenant, j’attends les réactions des barons de l’UMP.

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Un vulgaire licenciement

J’en avais une énorme envie. J’attendais ce moment depuis si longtemps, à ressasser sans relâche cette phrase célèbre du président à l’endroit d’un quidam l’invitant avec rudesse de partir séance tenante. Elle résonnait depuis 5 ans dans ma tête. Je m’étais juré de la crier au monde, de l’expulser au plus loin le jour venu. Il est 20 heures passé d’une minute. Le verdict est tombé et je n’ai rien dit. Je suis étonnement calme, presque serein. Ma télévision est déjà éteinte. Je n’ai aucune envie d’entendre les gémissements des vaincus expliquer l’inexplicable… Je m’apprête à descendre dans la rue avec ma bouteille de champagne.

Place Bellecour 21h : le début de la vie, en rose...François Hollande a été désigné par les français Président de la République. Pour moi, depuis ce jour, la fonction reprend une majuscule. Je me fiche bien du score, des reports de voix, et des déclarations des uns et des autres, vainqueurs ou vaincus. D’ailleurs, je ne me sens pas gagnant, je suis surtout soulagé, débarrassé d’un poids invisible qui, chaque jour davantage, me faisait baisser la tête. Par mon vote pour François Hollande, je me suis surtout exprimé pour la République, pour plus de solidarité, pour plus de respect, face à l’extrémisme, la manipulation, le mépris et le mensonge poussé en 15 jours à son paroxysme. Je n’ai visiblement pas été le seul frappé par cette opposition, par cette outrance inimaginable. Un second mandat de cet acabit aurait été une catastrophe sans nom.

Je ne veux rien entendre du bruit qui a suivi la chute du grand maître. J’en connais déjà toute la teneur : Morano, Copé, et tous les clowns de l’UMP vont se présenter tel le Caliméro moyen, argumentant que ce n’est toujours pas de leur faute, que la crise a rendu leur tâche difficile, et que les français n’ont pas compris l’action salvatrice de ce président dont les effets bénéfiques se produiront sur un terme plus long… Bien sûr, la crise… Il n’ont toujours rien appris, rien compris. Aucune humilité, aucune remise en cause. La crise, ils ne l’ont subie en aucune façon puisqu’ils l’ont entièrement provoqué et favorisé par toutes leurs décisions. Ils n’ont fait que s’en servir quotidiennement pour remettre en cause les fondement et les protections de notre société en pensant que personne ne s’en apercevrait. C’est raté.

La sanction est là. Le peuple s’est exprimé souverainement. Sarkozy, c’est fini. Lui a perdu gros. Les protections vont bien vite tomber, faisant sortir des placards les dossiers Karachi, les financements occultes de campagnes, les cadeaux démesurés aux copains et les petits arrangements avec des dictateurs… Le costume était trop grand pour lui, trop occupé à utiliser la fonction et le pouvoir attaché à se venger de tous ceux qui ne lui ont pas apporté un soutien inconditionnel. Je suis sûr que, même dans son camp, pas mal de personnes doivent être soulagées.

Je me rappelle de la liesse de 1981. Je n’avais pas 18 ans, et tout cela me passait bien haut par dessus la tête. Ce soir, je pars avec ma bouteille et ma femme sous le bras (ou l’inverse) fêter, non pas la victoire de Hollande, mais bien l’éviction de Sarkozy. Je veux dire le licenciement, pour faute professionnelle. Viré, comme un vulgaire ouvrier. Et je m’en réjouis, sans aucune insulte.

Merci à vous tous, et à très bientôt…

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Sans aucun doute

La tocante tourne. Ces 5 années m’ont paru une pesante éternité. Il a fallu en supporter des moqueries et des vexations bien blessantes. Il a fallu se plier de force aux restrictions imposées par une oligarchie pleine aux as, et accepter sans broncher de se faire gazer selon le bon vouloir des condés pour un oui ou un non. Et voilà qu’elles sont sur le point de succomber. Les grains de sable glissent inlassablement et s’échappent comme le pouvoir entre les doigts du petit Napoléon. Enfin…

Hollande à gauche, Sarkozy à l'extreme-droite...La soirée a été conforme a ce qui était attendu : un débat âpre, technique par moment, confus dans d’autres, mais qui reste globalement cantonné à ce qui se fait dans les cours de récréation des écoles maternelles. On s’y traite à tour de rôle de menteur, on de bouscule un peu, et on finit par se serrer les mains en attendant la prochaine fois. Chaque camp désigne son poulain comme vainqueur. C’est de bonne guerre, évidemment. L’objectivité en politique, c’est comme les promesses électorales, c’est un peu l’arlésienne de Daudet. Je vous laisserai donc vous faire votre opinion.

On nous annonçait un «explosage» en règle de flanby, mais le pétard a fait long-feu. Pour ma part, François Hollande est apparu très à l’aise, coriace, pertinent, affûté, professoral même. Je lui sais gré de ne pas avoir utilisé d’arguments que je juge déloyaux, notamment concernant des affaires judiciaires en cours. La matière ne manquait pas de faits croustillants, particulièrement graves et accablants : Bettencourt, les fadettes, Takieddine, Karachi, Kadhafi, etc… Inutile d’en jeter davantage, la cour était de toute façon déjà pleine. Son adversaire, lui, en évoquant DSK et ses frasques à 5 minutes de la fin, ne s’en est pas privé, comme un aveu d’impuissance. Aucune pudeur, aucune fierté, mais cela, on le savait depuis longtemps.

Dans 3 jours, le peuple parlera. Je ne doute absolument pas de l’issue : TalonnetteMan sera remercié, licencié, viré pour insuffisance professionnelle, pour injures publiques, pour non-respect de la Constitution, pour prise illégale d’intérêt, pour favoritisme, pour abus de bien sociaux et enrichissement sans cause. Cela fait beaucoup pour un seul homme, pour un homme désormais seul, qui va devoir gérer à son tour la frustration, celle d’un pouvoir bêtement retiré dans un pays foncièrement ancré à droite. Un comble. Ce triste monsieur aura tout perdu de son seul fait, et de personne d’autre. Cette fois, assumera t’il ?

C’est gagné, à condition d’aller voter dimanche. N’oubliez pas !

Le changement, c’est maintenant !

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Qui a gagné le débat ?

Selon vous, qui a gagné le débat du 2 mai ?

  • François Hollande (76%, 148 voix)
  • Nicolas Sarkozy (17%, 33 voix)
  • Obi-Wan Kenobi (6%, 11 voix)
  • Je m'en fiche (2%, 4 voix)

Total exprimés : 196

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N’hésitez pas de laisser un avis en commentaire sur ce grand moment de politique. Quelles sont les attitudes, les sujets, les petites phrases qui vont, selon vous, alimenter l’Histoire ?

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