La Médaille d’Or de la Syrie

Les habitués de ces pages savent qu’il est des sujets que je n’aborde pas d’emblée. Ce n’est pas qu’ils ne me touchent pas, bien au contraire, mais je sais trop le poids démesuré donné à la communication pour permettre d’évoquer des événements dramatiques comme l’actuel massacre qui se déroule en Syrie sans être instrumentalisé, manipulé. Je ne suis qu’un simple observateur, sans sources privilégiées. Je ne fais que réagir avec mon libre-arbitre, mon éducation et mes lectures. L’actuelle campagne de Médecins du Monde m’a fait changer un peu d’avis.

[simple_slideshow]

En l’absence d’observateurs, de journalistes et d’ONG, systématiquement pris pour cibles, la situation dans ce pays est au-delà du chaos. Bachar El-Assad a vraisemblablement dépassé son despote de père, ordonnateur en 1982 d’une féroce répression à Hama causant vraisemblablement plus de 20.000 morts, laissant déjà la communauté internationale impuissante et incrédule. Depuis quelques mois, l’histoire recommence : le tyran qu’on a hier invité en grandes pompes dans le pays des Droits de l’Homme fait donner la troupe contre le peuple. S’en suit un numéro de haute voltige : on ergote de partout sur les protections chinoises et russes au Conseil de Sécurité de l’ONU en oubliant de souligner que le veto rouge arrange un occident faussement outré. La réalité est implacable : personne n’est prêt à envoyer des troupes à Damas, personne ne veut froisser ce berceau d’authentiques plaques tournantes du terrorisme mondial sous peine de se voir immédiatement frappé… A se demander si, en sous-main, on ne demande pas aux protecteurs de Damas de poursuivre leur entreprise, moyennant de possibles contreparties occultes…

L’attention du monde est ailleurs. A Londres, la flamme diffuse dans l’atmosphère les valeurs sacrées de l’olympisme mais aussi du microcosme des affaires. La défense de la veuve et de l’orphelin, même menacés par les hélicoptères de combat, cela peut attendre. Il faut d’abord protéger les intérêts des argentiers des jeux, quitte à piétiner allègrement les grands principes de libertés fondamentales, quitte à dépenser sans compter pour surveiller et traduire en justice quiconque utilise la plus insignifiante image des JO, faisant dire à Patrick Clastre que le CIO a besoin «d’une dictature ou d’un pays ultralibéral» pour fonctionner…

La Syrie de Bachar fait ses propres jeux chez lui et concourt pour la pire des médailles. Aucune des règles du droit international ne sont respectées. Même la trêve olympique, cette période de paix durant l’olympiade, qui fait d’ailleurs l’objet d’une résolution à l’Organisation des Nations Unies, est ignorée. L’ONU, c’est l’autre grande victime, totalement paralysée par les lobbys et les intérêts commerciaux des firmes multinationales qui dictent leurs conditions aux états influents.

Une partie du monde s’indigne, une autre s’en moque, et devant ce constat d’impuissance politique, il reste le message des ONG et des humanitaires. Cela peut sembler dérisoire, mais il n’en est rien : il faut continuer à informer, à dénoncer, à mettre la pression. La constance finira par payer.

A vous de jouer, diffusez ! (hashtag #AppelSyrie)

Share Button

La statue, c’est pour quand ?

Si la date du 6 mai 2012 matérialise pour beaucoup, dont moi, le début d’un changement dont l’ampleur reste à écrire, elle marque pour d’autres un moment particulièrement difficile. Les sportifs connaissent bien ce sentiment. Les lendemains de défaite sont pénibles mais utiles : en acceptant le verdict, en portant un regard critique et lucide sur son action, on fait une partie du chemin qui permettra plus tard d’envisager une autre issue pourvu évidemment de tenir compte des avertissements et de se donner les moyens.

Statue du Mandarom à Castellane, 33 mètres de haut, détruite en septembre 2001...Dans la «compétition» politique, c’est un peu différent, quoique. A entendre quelques réactions entendues au hasard, la prise du pouvoir par François Hollande a déjà brisé des idéaux jugés fondamentaux pour le camp d’en face. Le dépit est tel que chaque jour apporte son lot de petites phrases. C’est de bonne guerre. Les chiens aboient. La caravane passe, et personnellement, aujourd’hui, cela m’amuse follement.

Visiblement, les adorateurs de Toto 1er, Brice Hortefeux en tête, sont très loin d’avoir fait leur autocritique. Inconsolables, ils ne comprennent toujours pas leur défaite. Et dans leur aveuglement, ils poussent le délire jusqu’à créer une association pour «entretenir la flamme» envers leur mentor, ce grand incompris. Parmi ces inconditionnels, il n’y a que des têtes d’affiches, des ultra-fidèles, dont Estrosi, Ciotti, Charon, Novelli, Leroy, Lefebvre… Ah la nostalgie ! Déjà ! Je la savais moteur de pas mal de réactions irrationnelles, mais de là à passer du temps et mobiliser des moyens pour «défendre les acquis de ce quinquennat», pour ne pas oublier «son exceptionnel bilan», c’est carrément surréaliste. C’est sûr, ce bilan, il nous pèse tous les jours davantage : plus de 600 milliards de dettes supplémentaires, plus de déréglementation, donc plus de crises engendrant toujours plus de précarité. Est-il bien nécessaire de défendre ce calamiteux résultat, et remettre constamment au jour l’ensemble des exactions commises à la France par Nicolas Sarkozy ? Sans compter que ce vénérable ramassis d’incapables névrosés va évidemment demander des subventions pour faire face à leur menues dépenses… Pendant ce temps, les restos du cœur et quelques autres associations d’utilité vraiment publique se battent chaque jour pour ne pas simplement disparaître !

J’ai bien peur qu’une partie de l’UMP ne sait plus quoi faire pour exister. Le boss réduit au silence après avoir cassé son jouet, éjecté du trône, il ne reste éparpillé que des orphelins déboussolés, incapables d’exister par eux-même. A voir leur béate admiration, à la manière de celle témoignée par quelques paumés au Messie Cosmo-planétaire, feu Gilbert Bourdin, Grand Maître du Mandarom, cette secte de dégénérés ultimes, j’espère juste qu’il ne leur viendra pas l’idée pour moins saugrenue d’édifier une statue en l’honneur du Lider Minimo avec de l’argent public.

Ou alors, grandeur nature. Elle ne gênera personne

Share Button

De plus en plus intolérable

C’est par ces mots qu’Alain Juppé a déploré la mort de 2 journalistes occidentaux à Homs, en Syrie. Rémi Ochlik, photographe de guerre, lauréat du prix World Press Photo 2012 pour ses clichés pris en Libye et Marie Colvin, ressortissante américaine installée à Londres et correspondante de guerre pour le Sunday Times sont les nouvelles victimes de la barbarie du pouvoir de Bachar El Assad. D’ailleurs, notre frétillant ministre des affaires étrangères ne s’y trompe pas : «c’est une démonstration supplémentaire de la dégradation de la situation en Syrie». Sans blague…

Rémi Ochlik (photo Yoan Valat/Maxppp)Marie Colvin (photo AFP/Getty Images)J’avais prévu un autre billet aujourd’hui, mais ces réactions officielles m’ont mis hors de moi. La disparition de Gilles Jacquier le 11 janvier avait déjà été qualifiée d’intolérable. Mais rien n’a changé pour notre classe dirigeante. Elle observe, de loin, bien au chaud, sans bouger d’un pouce, sans froisser en rien les 2 géants qui s’opposent à toute intervention sur place. Par sa passivité, elle laisse des pauvres gens se faire massacrer, en direct à la télé. Elle se contente de petites phrases servies entre la poire et le café, de banalités d’usage, comme la déclaration du jour de Toto 1er : «maintenant, ça suffit, ce régime doit partir. Il n’y a aucune raison que les Syriens n’aient pas le droit de vivre leur vie et de choisir leur destin librement».

Il a raison. Mais ça fait longtemps que ça suffit. 2 nouveaux journalistes sont morts et on s’en émeut, mais cela fait longtemps que les meurtres d’enfants, les tirs dans les cimetières, les chars dans les rues, la terreur et la barbarie ordinaire sont monnaie courante. Selon les rares ONG sur place, la répression syrienne aurait fait à ce jour 7.600 victimes… On va continuer longtemps ainsi ? Notre expérimenté président, celui même qui raille la capacité de son adversaire à gérer ce type d’affaire, si réactif et volontariste dans la crise libyenne, qu’attend-il pour agir ? Qu’attend-il pour cesser de taper inutilement du poing sur la table ? Peut-être que sur le plan humanitaire, perçoit-il une différence entre le destin du peuple libyen et syrien ! Ou plutôt a t-il peur de froisser russes et chinois, ces grandes nations des droits de l’Homs et leurs marchés ou ses proches ont de gros intérêts !

On me rétorquera qu’il y a le droit international, l’ONU, bla-bla, tout cela… Bien sûr. Mais si le droit international doit laisser se dérouler une telle boucherie pour un intérêt très particulier, à la face du monde, sans même se cacher, cela n’a aucun sens. J’avais vigoureusement critiqué l’intervention française à Tripoli, jugeant qu’elle servait d’autres intérêts, notamment celui de redorer le blason de notre monarque. Mais au fond de moi, il ne faisait aucun doute qu’il fallait aider ce peuple à se défaire d’un tyran notoire et sanguinaire. On se trouve dans le même cas de figure, à ceci près que les exactions de Bachar El-Assad pour se maintenir au pouvoir sont à une toute autre échelle, suivant de peu son feu père, auteur d’un massacre similaire à Hama en février 1982, pour écraser une révolte motivée par la même soif de liberté.

Finalement, au bout de ces cinq années de brassage d’air, à force de s’agiter, de toiser le monde, d’avoir réponse à tout comme le fayot du premier rang à chaque question de l’institutrice, je me demande si notre monarque n’a pas perdu toute crédibilité sur la scène internationale au point d’être ignoré de tous, et surtout des vrais puissants. On ne sait jamais. En période électorale, continuer d’aboyer peut encore faire illusion.

La grandeur de la France en a pris un sacré coup.

Share Button

Sous(rire) jaune

On n’en parle très peu, du moins jusqu’à cette heure, mais samedi 11 février est le dernier jour pour ramener les tirelires jaunes à la Poste, c’est l’épilogue de la fameuse opération «pièces jaunes». Fondée en 1989, la fondation présidée par Bernadette Chirac s’est donné pour objectif d’apporter bien-être et réconfort aux personnes hospitalisées les plus fragiles. C’est parfaitement louable, et j’ai par le passé apporté avec fierté quelques boites au facteur. Mais pas cette année.

Tiens, tu l'as vu ma boite de pièces jaunes ?Depuis 1989, pas mal de personnalités se sont affichées aux coté de l’ex première dame qui se targue de plus de 10.000 projets dans les hôpitaux français. Il y a là beaucoup de réalisations de tout premier ordre, indispensables, structurantes, financées en grande partie par les petites pièces en cuivre qui échappent régulièrement à nos doigts et croupissent au fond des porte-monnaies. Mais je ne puis m’empêcher de penser que c’est plutôt à l’Etat de combler les manques en matière de santé publique, carences d’ailleurs savamment provoquées. Cette manière de susciter la générosité publique en provoquant la pénurie et le sous-équipement me dérange.

Cela me révolte d’autant plus que les sommes récoltées sont importantes et qu’elles proviennent d’une population généreuse, mais pas vraiment aisée. En cette période troublée d’insolente opulence et de grande misère, il n’est plus guère question de faire des cadeaux. Mes pièces jaunes ne sont pas inutiles, je les utilise jusqu’à la dernière parce qu’avec l’augmentation des prix et la stagnation, voire la baisse des revenus, ce genre de fantaisie est devenu un grand luxe. Ce ne sont que quelques centimes par enfant, quelques euros par familles, quelques centaines d’euros par bureau de Poste. Les petites rivières font les grands fleuves, et les personnalités le savent et en usent : la cause est belle et les réalisations sonnantes et trébuchantes, mais qu’en est-il vraiment ? Des réceptions au décorum toujours somptueux, des défraiements hors normes pour le commun des mortels, des avantages liés au rang des «prestataires», sur des fonds généreusement attribués, ce n’est pas acceptable. Sans parler de l’exposition médiatique maximum et gratuite…

Il se dit que David Douillet a utilisé un temps pour ses déplacements privés un puissant et prestigieux 4X4 founi par la fondation. Je ne suis pas journaliste, je n’ai pas à vérifier la véracité du fait. On me soutiendra certainement que c’est faux, sans que je puisse en être convaincu. Le vrai, le faux, ce n’est que de la communication. J’ai bien été obligé de croire, comme on me l’avait affirmé, que Eric Woerth était un homme honnête, que Jannie Longo n’était pas dopée, que la crise est du fait des chômeurs, et qu’un agité inculte et agressif était président de la République.

Je garde les centimes de mon ménage. Comme je suis à Paname pour formation professionnelle la semaine prochaine, je les dépenserai plus utilement un soir, à la Comète.

Santé.

Share Button

Mes amis, au secours !

C’est plus qu’un cri. Henry Grouès, alias l’Abbé Pierre, lançait ces mots sur les ondes de RTL le 1er février 1954 suite au décès d’une femme, expulsée la veille de son logement. Depuis 58 ans, alors que les hivers se succèdent, il résonne toujours et encore, mais personne ou presque ne l’entend. En la matière, rien n’a vraiment bougé, la France a certes changé d’époque. Elle a évolué, elle est riche et opulente. Si si. La misère, elle, est restée la même, froide, absolue, sans retour, mortelle.

Henri Grouès, dit l'Abbé Pierre 1912 - 2007Aujourd’hui, dans notre beau pays riche, on ne meurt pas de froid, on meurt de la misère, de la plus ignoble façon. On meurt ainsi parce que notre belle société se soucie plus du cours de bourse, du résultat du tiercé et du programme télévisuel d’abrutissement des masses plutôt que d’empêcher un partie de la population de basculer dans la précarité. Ensuite, le mal est fait, la déstructuration sociale fait très vite son œuvre, et très peu en reviendront. Ce n’est pas une fois marginalisés qu’il faut apporter des solutions, c’est bien en amont. Il y a suffisamment d’accidents de la vie pour ne pas y rajouter le cynisme d’une économie de la performance financière coûte que coûte, qui rapporte gros à une poignée d’actionnaires et qui dépouille au sens propre sa main d’oeuvre sans discernement, comme une faux s’abattant au hasard des besoins et objectifs des argentiers.

Cette poussée de libéralisme et d’individualisme, à grand coup de doigt tournoyant en l’air, est un peu la grande évolution de nos sociétés modernes. Certains parleront de civilisation. La notre a incontestablement cette supériorité, cette capacité plus que toute autre d’exclure n’importe qui d’un coup de plume, sans état d’âme, sans appel possible. Impossible de lutter, de se sauver, de nager, parce qu’en plus, en tant que profiteur d’un système passant pour démesurément coûteux, on vous appuie sur la tête pour mieux vous envoyer au fond.

A l’heure du bilan, voilà que les responsables de ce massacre social rivalisent en petites phrases pour faire le buzz et attraper l’électeur crédule qui lui fait cruellement défaut, et pour cause. Et tant qu’à faire, autant ratisser large puisque le candidat de la droite extrême risque d’être empêché faute de parrainages. A ce petit jeu, les grands idéaux de notre République sont en passe de finir dans la cuvette des chiottes, au même titre que la destruction des services publics de la santé, de l’éducation, et du saccage de la protection sociale et des retraites. Responsables, mais coupables de rien.

Mes amis, au secours ! Comme l’Abbé Pierre devant ce mur d’indifférence, je serai toujours pétrifié, non par les propos proférés par une certaine clique, mais par leur impact dans la société, par la réaction d’une partie de l’opinion publique. Les inconditionnels applaudissent, et le clan fait bloc quels que soient les propos tenus, aussi grossiers et déplacés soient-ils. Je n’arrive pas à comprendre comment on peut cautionner, et même excuser de tels errements, de tels manquements à la plus élémentaire humanité. Je ne m’explique pas qu’après autant de propos scélérats, de promesses non tenues, d’irrespect des lois, de brutalité envers les simples gens, de copinage dans la manière de gouverner, de propos traduisant le dénigrement, le mépris voire la répulsion d’autrui, on puisse continuer à accorder à ces voyous une quelconque confiance et leur redonner les clefs du coffre.

Cela m’échappe et me navre. Je vois arriver le moment où on nous expliquera que ma voix dans l’urne vaudra moins que celle exprimée par un chef d’entreprise ou un notable. Et cela va passer comme une promesse électorale.

Aucun doute, d’ici le beau mois de mai, on va tout entendre.

PS : ce mardi 7 vers 20 heures, vous me trouverez au Double-Mixte, à Villeurbanne, au meeting de Jean-Luc Mélenchon…

Share Button

2011 en photos

Je ne pouvais guère laisser ce blog finir l’année sur cette impression diffuse de lassitude. Fatigué, oui, mais résigné, non… Alors je vais finir cette trop longue année par un petit billet «rétrospective» puisque Corto nous demande quelles empreintes nous en garderont, quels clichés marqueront l’Histoire, ou, plus proche de nous, quelles images nous auront frappé à titre personnel.

2011 a été riche en événements de tous ordres, avec ses calamités naturelles, le tsunami japonais, ses catastrophes technologiques, Fukushima, ses désastres humains, la guerre en Irak, en Afghanistan, le massacre d’Oslo, la misère grandissante. On a surtout assisté à un regain de lutte pour les libertés, et des milliers l’on payé de leur vie, à commencer par Mohamed Bouazizi, le marchand ambulant dont le suicide est à l’origine du printemps arabe. On pourrait presque parler de la disparition d’Oussama Ben Laden et de quelques dictateurs patentés, de celle de Steve Jobs, personnage emblématique d’un monde axé sur la création de besoins technologiques somme toute assez inutiles et de l’ultra-consommation.

Mais l’unique image que je garderai de cette année 2011 est toute autre. Elle est issue d’une campagne de publicité qui a été retirée sous la pression. Un des visuels montrait le Pape Benoit XVI embrasser sur la bouche l’imam sunnite de l’université égyptienne Al-Azhar, Ahmed el Tayyeb. J’ai trouvé l’image forte, et le symbole magnifique : le jour où le monde en sera à ce point, bien des rancoeurs, des instincts de domination, des conflits et des drames auront disparu de ce monde. La religion occidentale dominante a préféré l’interdire…

Je suis le premier des mécréants. Mais les valeurs telles que le partage, la compassion, l’entraide, la compréhension mutuelle, l’acceptation et le respect d’autrui me parlent. Elles composent pourtant bien le message originel de paix et d’amour de toutes religions quelles qu’elles soient. Alors, pourquoi tant de haine et d’intolérance ?

A vous de répondre et à bientôt en 2012.

Share Button

Recherche humanité, désespérément

Le traqueur stellaire tague quelques blogueurs politiques, dont Nicolas, Homer, Eric, Des pas perdus, 100000V, Falconhill, Jujusete, Romain Pigenel, Romain Blachier et le vénérable Yann Savidan, sur un sujet qu’ils n’ont pas l’habitude de traiter : quelles orientations ces derniers voudraient voir proposées par leurs partis ou candidats préférés, quels thèmes de recherche scientifique pour demain, quelle impulsion donner à la recherche afin de remplir ses missions envers notre société ?

La question est autant vaste que très fondamentale : les idées et grands courants politiques visent tous, plus ou moins, les mêmes objectifs : développer la société et permettre de vivre heureux en son sein… et la recherche scientifique fondamentale permet d’apporter des réponses concrètes. Nous vivons entourés par tant de progrès et de technologie, parfois futiles, qui ont sorti une partie de l’humanité de conditions de vie souvent terribles. Mais une partie seulement. Vallenain est le mieux placé. Etudiant, il est directement concerné. Nicolas, depuis son comptoir, évoque les enjeux majeurs des prochaines décennies que sont le stockage de l’électricité, et la problématique de la nourriture des habitants de la planète. J’y ajouterai la recherche médicale.

En fait, tous ces domaines sont interdépendants. L’énergie, ses différentes formes, ses modes de production, ses modes de consommation, son stockage, c’est un peu la même problématique que celle d’apporter la nourriture aux 7 milliards d’individus de la planète, et cela recoupe les questions de santé et de lutte contre les maladies. Comment contenter tout le monde sans peser sur les ressources que notre hôte, la Terre, est capable de mettre à notre disposition, sans la détruire irrémédiablement ? Je crois bien que l’enjeu commun, majeur, complètement primordial à assez court terme, est de sauvegarder, non nos modes de vie, mais notre planète.

Y a-t'il vraiment besoin de recherche pour résoudre la misère et la faim dans le monde ?Notre génération, plus que tout autre, est la première à prendre conscience du leg terrible fait aux générations futures. C’est à mon goût encore un peu mou et désordonné, mais la prise de conscience existe et ne demande qu’à s’amplifier, notamment sous l’insupportable constatation des déséquilibres et des catastrophes humanitaires, des ravages que produit l’économie de marché mondialisé. La recherche actuelle doit se pencher sur cet objectif absolu, car, au final, personne n’y échappera, même les titulaires de comptes à dix zéros devant la virgule. Mais pour cela, il va falloir se battre face aux lobbys de toutes sortes, qui n’ont que faire des problèmes d’environnement. N’a t-on pas entendu assez récemment un tonitruant «l’écologie, ça commence à bien faire» ?

La recherche, l’innovation, d’accord… mais si c’est pour mettre la télé-poubelle dans un téléphone portable, c’est inutile. J’attends des prochains responsables politiques un réel changement de cap, de monter une voie totalement nouvelle et résolue en faveur de la préservation de l’environnement, de replacer l’homme au centre des toutes les préoccupations. La recherche, c’est aussi de trouver les moyens de façonner des solidarités sincères, solides et protectrices, en tout point du globe, parce que la situation actuelle de misère de la moitié de l’humanité, ce n’est pas acceptable, ce n’est plus acceptable.

Quand est-ce qu’on commence ?

Share Button

Salauds de pauvres

Impossible de faire un billet hier, trop occupé à livrer à Alter-Conso un outil informatique pour gérer sa distribution de paniers agricoles en local et en circuit court sur 14 lieux de l’agglomération lyonnaise. Comme les AMAP, jardins collectifs et autres coopératives de consommation, cette SCIC milite pour limiter les transports et réduire l’utilisation d’emballages, soutient l’agriculture locale paysanne, raisonnée, biologique, et cherche à développer le lien social entre ville et campagne… Le système fonctionne bien, producteurs et consommateurs s’y retrouvent, avec des produits de qualité et une convivialité appréciable.

«alors qu'il n'y a jamais eu autant de demandes, il n'y a jamais eu autant de menace sur notre action...»Mais dans le même temps, j’apprends que, sous la pression de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la Suède, du Danemark, de l’Autriche, des Pays-Bas et de la République Tchèque, l’Union Européenne remet en question le Programme Européen d’Aide aux plus Démunis (PEAD) créé en 1987 notamment grâce à l’action de Coluche au sein de ses Restos du Coeur. Ce fond permet actuellement de distribuer à la louche 160 millions de repas aux pauvres et laissés pour compte sur le continent. L’Europe est un espace d’opulence mais il ne permet pas de sortir les plus faibles de la pauvreté, et en l’absence de toute régulation, son modèle économique exclut régulièrement du monde du travail, du monde social, du monde tout court, nombre de ses habitants. On compte actuellement 13 millions d’européens qui ne survivent qu’en ayant recours aux associations caritatives telles que, en France, le Secours Populaire, les Restos du Cœur, la Croix-Rouge, etc…

Et comme l’overdose de chiffres approche déjà, je ne vais en aborder qu’un : cette grande et très symbolique décision représente simplement la suppression de 80% des repas distribués. Une paille. Les responsables des associations ont d’ores et déjà prévenus, annonçant une catastrophe humanitaire à brève échéance : «alors qu’il n’y a jamais eu autant de demandes, il n’y a jamais eu autant de menace sur notre action». Je rappelle bien que cela concerne l’Europe, je ne parle pas de l’Afrique…

Ce jour, d’intenses débats se trament à Bruxelles, entre ceux qui clament que «l’aide aux nécessiteux relève de la politique sociale, qui est du ressort des Etats membres» et ceux dont le PEAD représente 50, voire 90% des approvisionnements des banques alimentaires comme en Hongrie et en Pologne. Sur ce point, mes interrogations sont comme d’habitude indignées. A quoi sert l’Europe si elle décide unilatéralement sur des sujets à autant des facettes ? A quoi sert l’Europe si chacun fait ses affaires dans son coin en se cachant derrière l’institution pour justifier ses manques ou ses excès ? A quoi ont pensé les pères de l’Euro, dotant d’une monnaie commune des Etats où absolument rien d’autre n’est commun, aucun système, aucune réglementation, et surtout pas les fondements économiques, base essentielle de la crédibilité d’une monnaie ? Les résultats de cette gabegie, débouchant sur les crises à répétition, ne sont pas du fait des pauvres, mais bien des décideurs.

Mais tout cela passe bien haut par dessus les têtes des exclus. L’Union Européenne ne sert plus que les banques et les multinationales. Pour les autres, elle a trouvé une nouvelle occupation : après la recherche d’un hypothétique emploi, il y a maintenant la quête de la nourriture. Il n’y a plus qu’à espérer qu’en chemin, ne leur prenne pas l’envie de se rebeller, la faim bousculant parfois bien des repères. A continuer ainsi à pressurer les pauvres, la catastrophe pourrait déborder, et ne plus se limiter à l’alimentaire, à l’humanitaire…

Et l’on finirait encore par accuser les pauvres.

PS : je viens de découvrir (via le NumberOne) que MHPA, après le sabordage apparemment malencontreux de «Fucking Disgrâce», a remonté un nouveau lieu d’écriture. Ne le ratez pas, son premier billet est grandiose.
Très longue vie à Disgrâce funky

Share Button

#botzaris36

Les habitués d’Alter-Oueb commencent à bien le connaître. Mon calendrier signale de temps en temps des événements et manifestations qui me semblent digne d’intérêt parce qu’ils abordent des sujets souvent graves, mais peu en vue dans les canaux habituels de diffusion d’information. Bien sûr, c’est moi seul qui décide de publier, mais si vous êtes une association à vocation «alter», Suivez le hashtag #botzaris69 sur Twitter de l’économie sociale et solidaire, dans les domaines humanistes, équitables, éthiques, écologiques, syndicaux, de défense des droits, d’aide aux personnes, et que vous avez un message à faire passer, je me ferai le plus grand plaisir de vous donner un peu de visibilité…

Il se trouve qu’à la lecture du dernier billet de MHPA, j’ai trouvé la cause juste, et me suis donc «auto-saisi» pour diffuser cette manifestation dont l’appel original se trouve sur http://paris.indymedia.org, et que je vous livre intégralement ci-dessous. Dimanche 3 juillet, je serai un peu loin de Paris, mais avec les Tunisiens et tous les révoltés par la pensée…

Crédit photo : http://botzaris36.posterous.com

Dimanche 3 juillet : Concert en soutien au #botzaris36

Tu fais quoi le Dimanche 3 Juillet vers 17h ? Tu viens boire un coup pour faire une Bonne Action !

As tu entendu, lu, vu, discuté de ce qui se passe pour les immigrants tunisiens qui se retrouvent persécutés de toute part aux alentours des Buttes Chaumonts dans le 19eme arrondissement de Paris ?

Rappel des faits

A LIRE : l’article de Christiphe Colinet (@chrisreporter sur twitter) dans Nouvelle République, le site Botzaris36.org, un article du blog de @Menilmuche sur twitter, l’article du Monde ,l’article de Libération, L’article de Rue89, l’article d’ElectronLibre #Botzaris36 est un «hashtag» Twitter basé sur une adresse : le 36 rue Botzaris à Paris (XIXe). A cette adresse se trouve un bâtiment qui fut occupé pendant un mois par des migrants Tunisiens en provenance de Lampedusa où certains ont eu des papiers les autorisant à rester en Europe (Schengen) pour plusieurs mois. Le 16 Juin ces gens ont été mis à la porte par les autorités française sur ordre des autorités tunisiennes pour reclasser le bâtiment en tant qu’ambassade «annexe», contraignant par la même les migrants résidant ici à chercher une autre place où vivre. Sauf que les foyers étant vides et aucune structure n’étant prévue pour les accueillir, cela fait plusieurs jours qu’une trentaine de migrants dorment dans le parc des Buttes Chaumont, dans la précarité la plus totale, sous la pluie et harcelés par les autorités françaises. En parallèle à cela, il s’agit aussi d’une affaire politique sordide mêlant les autorités françaises et tunisiennes (je vous renvoie vers les articles et sites déjà nommés plus haut) car là n’est pas le propos de ce billet. (oui oui j’y viens)

Depuis le 16 Juin, ces hommes, ces jeunes hommes car certains sont mineurs, d’autres malades vivent dehors dans des conditions plus que précaire sans que rien ne se passe de concret pour eux, malgré le soutien actif d’avocats. Des citoyens, tel @Paul_Da_Silva @Ooouups @MsTeshi , se sont relayés pour aller passer des nuits là bas afin de les soutenir, informer en temps réel sur Twitter et tenter d’apporter leur aide à ces gens. Jusqu’à mercredi 22 Juin midi, où une intervention policière plus que douteuse et relativement injustifiée, a embarqué la trentaine de migrants.

Voilà le résumé éclair d’une situation humaine révoltante.

D’où ce pourquoi j’écris aujourd’hui, peu le suivent sur Twitter (oui je radote mais certains ne savent pas ce que c’est) mais j’ai observé du coin de l’œil l’action d’un restaurateur du coin : @joueurs. Cet homme a, durant une semaine, contribué avec d’autres à nourrir une petite quarantaine de personnes. Sans rien demander, juste parce que (et je vais le citer) «ca me troue le cul une situation pareille».

Et bien cher @Joueurs, sache que moi aussi ça me troue le cul. J’assiste, spectateur(trice) impuissant(e), à ce que je considère comme indigne de la République des droits de l’homme. Ces hommes ont fui un régime et une révolution qui auraient pu ne pas leur être favorable (ce n’est pas encore le cas) ; à peine débarqués en France, ils se retrouvent pris en otage d’intérêts qui je pense, les dépassent (et me dépassent aussi je l’avoue). L’horrible sensation de la double peine pour eux. Des associations célèbres françaises ont normalement été mandatés pour s’occuper d’eux mais… rien ne passe, encore une fois pour des raisons qui surement nous échappent…

ALORS voici la #BABotzaris36

Le Dimanche 3 Juillet 2011 vers les 17h, venez assister à la #BABotzaris36, un concert de jazz manouche (avec URBAN GYPSY+ guest), 5 euros le droit d’entrée

Le prix des conso est assez bas (2 euros la bière, pas de quoi se ruiner pour passer un bon moment). L’intégralité des prix d’entrée reviendra directement aux tunisiens, en achetant plus de nourriture, de quoi avoir un peu de confort (couvertures, cartes téléphoniques, piles, etc) voire s’il est possible un petit pécule à chacun. Pas grand chose certes mais juste un peu de solidarité.
Une BA sympa en musique autour d’un verre.

Ras le bol d’assister impuissant à des situations révoltantes ? Pas envie de manipuler ou d’être manipulé(e) par telle ou telle cause ? Le but de #BABotzaris36 est que chacun puisse participer à une action concrète dans la joie et la bonne humeur.
L’argent récolté servira concrètement et directement à ces personnes.

#BABotzaris36 :

Rendez-vous le dimanche 3 juillet en fin d’après midi au restaurant Aux Petits Joueurs, soit 300 m² de convivialité, pour déguster de la bonne musique en écoutant un bon petit verre, situé au 59 rue Mouzaïa, 75019 Paris, (visualiser le plan)

Accès :

Métro : lignes 11 et 7bis : Place des Fêtes / Pré Saint Gervais
Bus : PC 2 et PC 3 : Mouzaïa / Ligne 48 : Pré Saint Gervais- Alles / Ligne 75 : Rhin et Danube
Noctilien : N12 : arrêt Porte des Lilas
Vélib’ : station la plus proche : face au 109 Bd Serurier. 4 autres stations à proximité
Périphérique : sortie Porte du Pré Saint Gervais
Parking à proximité : parking Robert Debré, 48 Bd Serurier

Il est très clair que nous communiquerons la somme récoltée afin de prouver l’authenticité de la démarche.

Alors tu viens ?

Ça te prendra 30min (voire une heure ou plus) de ton temps et seulement 5 petits euros (soit l’équivalent d’un paquet de clope, ou deux tranches de saumon fumé monop, ou un coca en terrasse). Tu viens seul(e) ? Tu viens à plusieurs ? Quoi qu’il arrive, tu ne seras pas le seul ! Tu pourras passer un moment sympa avec des gens sympas (moi déjà… et je suis vraiment sympa) et tu pourras rentrer chez toi avec ta conscience d’avoir participé à quelque chose de vrai.

Donc tu viens hein ?
N.B. A venir l’évènement Facebook pour ne pas laisser dans l’ignorance ceux qui n’ont pas twitter !

FAITES CIRCULER, COPIER COLLER CE TEXTE SUR VOS BLOGS / SITES, ENVOYER LE A TOUTES VOS CONNAISSANCES SUR PARIS ET BANLIEUES ET DE PASSAGE. Merci.
Merci pour eux, merci à tous ceux qui ne baissent pas les bras et merci à toi… oui toi.
ET je t’attends Dimanche 3 Juillet vers 17h. Ne sois pas en retard, j’ai horreur de ça !

Share Button

La fin de la faim

Le G20 agricole n’a pas suscité beaucoup de lignes dans la presse. D’abord parce que ce genre de grand-messe, il y en a à tout bout de champ, sur toutes sortes de sujets, au point que je me demande quand les ministres et autres techniciens oligarques fréquentent leurs somptueux bureaux. Ensuite et surtout parce que s’il en ressortait quelque chose d’utile pour la planète et leurs habitants, cela se saurait.

Ce sommet organisé à Paris sous présidence française était essentiellement destiné à adopter un «plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires» pour permettre d’atténuer les effets des grandes crises alimentaires. Les grandes manifestations de la faim de l’an passé, un peu partout sur le globe sont là pour rappeler au monde opulent que ce problème est politique, que ce n’est pas une fatalité, qu’il résulte uniquement de la cupidité et de l’inaction de l’homme.

Toutes les 6 secondes, quelque part dans le monde, un enfant est en réalité assassiné faute de nourriture par l’incurie de nos bien pansants pensants qui finiront leur sommet par un opulent banquet. D’ailleurs Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, président du barnum, l’a claironné sans détours : «aujourd’hui est un grand jour, nous sommes parvenus à un accord historique». Mais il ne faut pas s’y tromper. Un satisfecit n’engage que ceux qui y prêtent une oreille dénuée du plus élémentaire bon sens. Si le gros-mot «réguler», éminemment tabou, est bien présent dans le texte final, ce qui pourrait presque sonner pour une victoire, on sait tous ce que sont ces belles et grandes déclarations d’intention proclamées dans des salons feutrés. En Afrique, dans les pays les plus pauvres, les gosses continueront de crever en silence pendant que les acteurs des marchés poursuivent leurs lucratives activités comme si de rien n’était…

Parce que rien ne va changer, évidemment. Comment peut-on sérieusement croire que la pseudo-transparence induite par l’information désormais requise sur l’état des stocks agricoles ne va pas alimenter davantage la spéculation ? Comment comprendre cet encouragement à augmenter la productivité alors qu’on sait que 30 % de la production agricole de par le monde n’arrive pas à destination, devient inutilisable car mal stockée et mal répartie sur la planète… Mais on persiste à subventionner les grands systèmes productifs du nord, laissant la mondialisation épuiser les paysans du sud, ou carrement leur voler les terres… Pendant ce temps, l’industrie agro-alimentaire attend son heure pour abattre sa botte ultime, les OGM comme panacée universelle… Plutôt une belle corde autour du cou.

Ainsi va le monde. Grands sourires, grandes tapes dans le dos, on brasse, on s’embrasse, et on n’oublie pas de communiquer et de ramasser la monnaie. Concernés ou non, peu importe, mais on statue sur les grandes questions du monde en laissant à la génération suivante le soin de gérer les conséquences. Au Japon les enfants autour de Fukushima ont été dotés d’un dosimètre, permettant aux parents de savoir précisément quand les bambins seront cramés. Pas de doutes, le système est bien fait.

Vrais problèmes, fausses solutions, et c’est loin d’être fini.

Share Button