Fin du fondamentalisme ?

C’est une rengaine qui refait surface à chaque secousse de nos sociétés occidentales confrontées aux problèmes sécuritaires : pour se protéger, la seule et unique solution serait de se doter d’un arsenal de moyens de surveillance drastique, quitte au passage à empiéter sur quelques libertés. En la matière, le citoyen n’aurait même rien à craindre car ceux qui n’ont rien à cacher n’ont aucune raison de s’opposer à une mesure qui garantit leur sécurité. Pourtant, rien n’est moins sûr.

Un barbu, c'est un barbu. Trois barbus, c'est des barbouzes...Au lendemain d’événements dramatiques, faisant prendre conscience de la fragilité de la notion de liberté, notamment d’expression, cette question remonte sur le dessus de la pile : le conseil des ministres de ce jeudi 19 février va présenter un «Patriot Act» à la française, un projet de Loi dit de «politique publique» sur le renseignement en vue de prévenir certains actes, notamment de terrorisme. Et le contenu fait froid dans le dos puisque, au-delà des mesures techniques chères aux barbouzes de base, le dispositif sera validé par l’autorité administrative (donc politique) et non judiciaire, ce qui laisse la porte ouverte à bien des dérives. Je n’ose imaginer l’usage que serait fait d’un tel outil s’il tombait entre de mauvaises mains, et notamment celles d’un ramassis de fachos qui rêve tout haut de prendre le pouvoir.

Et comme dans bien d’autres domaines, voila que la France s’apprête à imiter son voisin et modèle d’outre-atlantique : pour des raisons réelles ou supposées de sécurité, absolument rien de nos insignifiantes vies ne pourra échapper aux services de renseignements sur une simple demande administrative, et sans autre forme de procès. Il sera ainsi possible d’écouter, de fouiller et s’immiscer absolument partout, parce qu’un gugusse un rien paranoïaque a estimé sa cible ou son entourage comme une potentielle menace.

Et dans son éternel souci de présenter un profil de bonne foi, le législateur assène le coup de grâce : «il ne s’agit finalement que de légaliser des pratiques qui se font depuis un petit moment déjà, et d’instituer un cadre légal général à des activités susceptibles de porter atteinte à la vie privée et au secret des correspondances». Il était donc normal de cacher micros et caméras, de charger des mouchards sur les ordinateurs, de poser des balises GPS, d’intercepter SMS, mails et communications téléphoniques à tout va, sans aucune autorisation de justice. Maintenant que tout cela est légalisé, passant en plein jour de l’amateurisme à l’industrialisation, on incitera en plus, et plutôt fermement, les acteurs de l’internet à moucharder leurs clients/utilisateurs pour ceux qui auraient échappé à la première lame.

Bien sûr, ceux qui n’ont rien à cacher n’ont aucune raison d’avoir peur. Sauf que c’est méconnaître profondément l’importance du réseau et des relations qui existent entre les individus et qu’étudient (voire les déduisent de toute pièce, comme le fait très bien Facebook) les services de renseignements. Que savons-nous de l’individu avec lequel on a échangé quelques mots dans le métro sous les filtres des caméras de surveillance ? Qu’est ce qui peut-être déduit de nous selon notre entourage alors que des pans entiers de ceux que nous fréquentons peut nous être inconnu ? Le fait de côtoyer un ami dont l’entourage propre inclus de possibles indélicats, fait-il de nous un élément à surveiller ? Sans compter que les Paul Bismuth et autres vrais méchants savent se jouer de cette surveillance, même sophistiquée avec une facilité déconcertante. Dans ces condition, on se demande quelle est la véritable raison de cette mise sous tutelle ? Ce qui reste des syndicats et associations alter n’ont plus qu’a bien se tenir, sinon…

Il y aura bien une Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR) chargée de statuer (à postériori) sur le respect des libertés fondamentales, mais on se demande bien ce qu’il reste de fondamental dans nos libertés. Pour reprendre l’exemple américain, le «Patriot Act», loin d’améliorer la vie et la sécurité de ses habitants, a conduit les États-Unis à basculer dans une forme de tyrannie où l’état de droit ainsi que les libertés publiques et individuelles ont gravement régressé. La moindre contestation vous transforme de facto en un ennemi de la nation dans un manichéisme maladif. Et en premier lieu, qu’adviendra t’il de tous les lanceurs d’alerte ? Pour eux, le dispositif est monstrueux d’efficacité : rien de mieux pour les réduire durablement au silence. Une liberté fondamentale détruite. Une de plus, avec toujours cette pure illusion de sécurité.

Il y a plus de 200 ans, Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs de la nation américaine, l’avait déjà perçu : «un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux». Parce que le fait de renoncer de la sorte à nos libertés les plus fondamentales ne nous protégera en rien d’agissements d’illuminés hors normes, parfaitement préparés à l’exercice. Mais en attendant que le pire arrive, la Word Company et ses donneurs d’ordre y trouveront leur compte. La maîtrise et l’asservissement des masses font marcher les affaires et repoussent loin les empêcheurs de faire fortune en paix. Au moment ou se trament d’étranges accords dans la plus grande opacité, ce genre de loi tombe plutôt bien…

Et dire que c’est un gouvernement de gauche qui porte ce projet, dans l’indifférence générale. Ce n’est pas pour cela que j’ai voté en mai 2012, ni marché ce 11 janvier 2015.

Bon sang, réveillons nous de ce cauchemar…

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Et maintenant ?

Quelque part, cette journée du 11 janvier s’est résumée en une avalanche de superlatifs pour décrire une nouvelle page d’histoire. De cette marche silencieuse et recueillie est montée une clameur qui exprime sans ambiguïté un attachement à une foule de valeurs qui sont loin d’être universelles partout. Au premier rang se trouvent la liberté d’expression, la liberté tout court, mais aussi le respect d’autrui, la solidarité, la tolérance, le recueillement… Le message est passé avec force, mais à y regarder de plus près, ce n’est pas aussi simple. Les bons sentiments, comme des bonnes résolutions de début d’année, ont une tendance régulière de s’étioler très rapidement.

Charlie HebdoLe consensus du temps de crise ne durera pas bien longtemps. A peine les cendres refroidies, les traces de sang effacées, le monde politique va reprendre son activité principale, c’est à dire dézinguer le camp d’en face, avec la petite phrase qui tue. Il faudra évidemment tirer les leçons de cette tragédie et aussi de la communion du peuple, mais l’histoire étant un perpétuel recommencement, je suis plus que circonspect.

En fait, on a beau clamer haut et fort qu’on se battra, qu’on est pugnace et solidaire, qu’on est peut-être atteint mais qu’on a pas peur, mais pour ma part, j’ai du mal. «Ohé ! partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme !» résonne en boucle dans ma tête, jour et nuit. Partout, depuis mercredi, dans la rue, le gens se parlent : «Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place». mais pour combien de temps ? Charlie est immortel, mais sans Charb et ses potes qui réservent à jamais leurs dessins aux nuages. Et qui seront les suivants ?

Depuis mercredi, je n’ai que des questions et assez peu de réponses. Pour l’heure, on entend déjà quelques-uns parler de cet outil de malheur qu’est internet, de la nécessité d’empiler de nouvelles lois, de démultiplier les moyens policiers et de surveillance. On vient à peine de défiler pour défendre la liberté qu’on veut déjà la restreindre… Sans parler que les lois existent déjà, et que, quelque soit l’arsenal déployé, on ne parviendra jamais à tout bloquer. Malheureusement.

Malgré l’ambiance générale dopée par la participation aux marches républicaines, mon inquiétude est renforcée par des attitudes captées un peu partout. Dans mon entourage, il y avait de l’indifférence à peine voilé, parfois appuyé de propos amers tels «ils l’ont un peu cherché». J’ai entendu et lu bien plus grave aussi. J’ai mis tout cela sur le compte de la liberté d’expression. Mais cela me fait froid dans le dos et ne me rassure pas vraiment sur la suite. On était nombreux à dire notre attachement à la liberté, à rendre hommages aux victimes, mais ailleurs, ils sont tout autant nombreux à se satisfaire de cet épisode. Dans un contexte ou l’individualisme est une nouvelle religion, qu’importe les valeurs solidaires, la liberté d’expression pourvu qu’elles ne gênent pas les affaires et l’empilement des profits. Ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est une réalité. La aussi, il y a des fanatiques.

Et maintenant ? On va continuer. Le temps passe et atténue les peines. Et facilite aussi l’oubli, et c’est bien tout le problème. Mais promis, autant que possible, on va rester vigilant, tant qu’on pourra, tant qu’on vivra.

Salut Charlie.

Marche républicaine Lyon

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Pour que Internet reste libre et ouvert

Vous avez peut-être remarqué la petite bannière dans le coin en haut à droite. Une roue bien connue y tourne indéfiniment. Elle est le symbole de l’attente de la fin d’un chargement de page lors de nos butinages sur la toile. Et sans une mobilisation de notre part, nous risquons tous de la voir trôner sur nos écrans bien plus que de raison. Lors de nos prochaines sorties sur internet, on va devoir attendre, attendre, encore attendre, à moins de payer…

Pour une fois, les plus contestataires viennent d’outre-atlantique. La-bas, la réalité d’un internet à plusieurs vitesses est sur le point d’aboutir. Dans quelques jours, la Federal Communications Commission (FCC) qui régule entr-autre l’internet américain, rendra un avis lourd de sens en terme de «neutralité du réseau», et qui risque d’avoir des répercussions essentiellement sonnantes et trébuchantes et bien au-delà du simple continent américain.

En clair, le but d’un certain nombre d’acteurs du net est de faire payer les sites web pour permettre un accès optimisé à leurs contenus. Sinon, les débits seront bridées. De l’autre côté, les fournisseurs d’accès pourraient aussi proposer plusieurs offres à leurs clients pour qu’ils puissent accéder plus ou moins rapidement aux pages. On voit sans peine la dérive du système, les filtrages et autres manipulations possibles.

Imaginons que demain, l’accès soit si lent que vos sites préférés soient illisibles. Imaginons les sites d’information obligés de payer, au risque de se faire ralentir si la ligne éditoriale déplaît. Imaginons les données désormais délocalisées quelque part sur un cloud et devenant difficilement (ou plus) accessibles. Imaginons tout ce qui fait le charme du net, les blogs, les sources alternatives, le partage, etc… Invisible, disparu ! Sauf à payer.

Je parle souvent du fondement même d’Internet qu’est la neutralité du réseau. Cette notion un peu ésotérique et qui ne passionne pas le profane est pourtant essentielle, et se résume très rapidement et en termes simples en 4 points :
– transmission de données sans examiner le contenu
– transmission de données sans altérer le contenu
– transmission de données sans examiner la source (qui émet les données) et la destination (qui les reçoit)
– transmission de données sans examiner le protocole (convention de communication).

Quand un seul de ces points est invalidé, le réseau n’est plus neutre, il interagit, ce qui n’est plus l’esprit, le principe de base d’internet. Et dans notre affaire, tous sont invalidés… Un comble au moment ou les appareils mis à la disposition des internautes sont de plus en plus puissants et rapides. D’un côté, on vend de la 4G, des monstres de technologie avec une capacité de calcul telle qu’elle pourrait envoyer une fusée sur la lune, tout en bridant drastiquement les débits.

Ce 10 septembre, beaucoup de sites, et pas des moindres (Vimeo, WordPress, Reddit, Netflix… et Alter-Oueb), vont faire semblant de tourner au ralenti. Le but est d’alerter les internautes du danger que constitue ce nouveau coup de boutoir, de leur faire prendre conscience de cette part de liberté confisquée, et qu’il ne s’agit pas d’un nouveau coup d’épée dans l’eau. D’ailleurs, ce genre de campagne a naguère déjà fait plier les décideurs pour les projets de loi SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act) particulièrement liberticides et scélérats. Dont acte.

Plus d’infos (en anglais) sur www.battleforthenet.com/sept10th/

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Stop bashing !

Ce n’est un secret pour personne, je suis impliqué dans ce projet qui, depuis quelques jours, se fait lentement une petite place parmi les sites politiques. J’avoue que cette aventure dépasse déjà largement mes attentes. Sa genèse est en soi une belle histoire, qui part de pas grand chose, comme souvent. Une idée simple, une volonté, un peu d’huile de coude…

Quand j’ai été contacté, l’idée m’a plu d’emblée. D’abord parce qu’il y avait absolument besoin d’un espace d’expression en plein milieu de la pseudo-tempête agitée par la conservato-fachosphère, parce que le dénigrement gratuit, insistant et surtout sans fondement devenait insupportable. Le blogueur que je suis ne connaît que trop ce besoin de s’exprimer, même si la portée en est toute relative. Quoique. Ensuite, il y avait pour moi un défi technique en tant que développeur : tenter de proposer dans des délais courts une solution stable et robuste qui réponde au besoin. C’est mon métier, je milite au quotidien pour le logiciel libre, et c’était l’occasion rêvée de mettre en avant mes convictions en la matière. Enfin, l’initiative provenait de personnes de milieux divers, qui sont très loin d’avoir toutes des responsabilités politiques… Cette diversité me semble d’ailleurs des plus intéressantes pour construire quelque chose de viable.

stopbashingEvidemment, les inévitables critiques ont surtout tourné autour le la proximité directe du PS dans le projet. Certains ont cherché le WHOIS du domaine pour y trouver le nom d’un élu effectivement encarté. D’autres ont remarqué, très fort, que l’hebergeur (moi…) est membre des Leftblogs, qu’un blogueur influent dit «de gouvernement» était omniprésent. D’où la conclusion sans appel : c’est le parti socialiste qui pilote cette chose…

Le PS n’est pour rien dans cette initiative. S’il l’avait voulu, il l’aurait fait sans s’adresser à un petit autoentrepreneur dont le fond de commerce est le conseil aux associations du monde alter… S’il me l’avait demandé, je n’aurais pas accepté. J’ai, à franchement parler, un peu de mal avec ce parti qui n’est pas un modèle dans son action politique. Il consomme plus d’énergie pour les intérêts particuliers de ses hauts dignitaires que pour structurer la société avec une véritable politique de justice sociale, et pour une répartition équitable de la richesse produite. Localement, il existe des baronnies insupportables qui défrayent la chronique et brouillent l’image de probité demandée par Hollande, et qui devrait s’imposer sans qu’on le rappelle. En fait, c’est le fonctionnement général de tout parti quel qu’il soit…

On me rétorquera facilement que, par ma participation dans ce projet, j’apporte un soutien implicite au PS. Eh bien non. Je soutiens ce gouvernement qui se débat dans les difficultés induites par le capitalisme dérégulé, et je préfère 1000 fois que ce soit l’équipe actuelle, composée principalement par le PS, plutôt que venant de l’UMP. Sans le changement opéré en mai 2012, les attaques contre les systèmes de solidarités seraient bien plus sévères, et les basses castes seraient priés de payer les impôts dont les classes moyennes et supérieures seraient exemptés… Rappelons-nous simplement d’où l’on revient.

Forcement, si notre jouet fonctionne, le PS peut s’y intéresser et communiquer… ce qui relancera évidemment les suspicions de collusion. Tans pis. Les aigris repartiront dans les tours. Encore une fois, l’opposant s’attaque à la forme, pas au fond. Fâcheuse habitude…

Pour l’heure, ce sont surtout des encouragements et des remerciements que nous obtenons.
Merci aussi à vous. StopBashing !

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Merci Free

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que je ponde le 1er billet geek de l’année. L’affaire buzze depuis à peine quelques heures, et si j’ai décidé d’en parler et aussi vite, c’est parce que le sujet abordé est très important et touche une question fondamentale entre toutes : la sacro-sainte «neutralité du net», un des piliers, sinon le pilier d’internet.

La chose n’apparaît pas ainsi dans la communication de Free concernant la mise à jour du firmware de la Freebox Révolution en version 1.1.9 : «ajout d’une option adblocker permettant de bloquer des publicités (bêta)». A première vue, j’aurais même plutôt approuvé tant la publicité m’apparaît intrusive et charge inutilement les pages que je consulte sur le web. De surcroît, de nombreux navigateurs (pas de pub…) disposent en natif ou sous forme d’extensions de dispositifs bloquant sélectivement ou non les fameuses réclames.

Alors pourquoi tout ce bruit ? Tout simplement parce qu’en bloquant des flux identifiés, on rompt les principes essentiels qui régissent la transmission des données sur le réseau en discriminant ou en altérant la source, ou/et la destination, ou/et le protocole, ou/et le contenu. le réseau n’est plus neutre, il interragit. Un article ancien de Rue89 illustre bien le principe, et pour aller plus loin, la Quadrature du Net tient un dossier très complet sur le sujet.

Avec ce dispositif, activé par défaut via l’interface de gestion de la freebox, aucune sélection ou personnalisation n’est possible : le blocage est total pour des systèmes de diffusion de publicité à la seule discrétion de Free, ce qui pose tout de même quelques questions. Ce n’est d’ailleurs pas une première en la matière puisque Free, en bizbille avec Google, bride les flux issus de Youtube depuis un bon moment. Cet opérateur n’est également pas le seul, d’autres, même en France ayant des pratiques similaires. L’enjeu est de taille, et le marché est colossal : on discute déjà ça et là de droits de passage, de faire payer les liens sur les contenus de presse, de taxer les moteurs de recherche, de proposer des abonnements ADSL et internet mobile «premium »… L’internaute lambda, et le blogueur que je suis n’en sortira pas gagnant, c’est une certitude.

Il y a peu, j’étais un Applemaniaque indécrottable limite sectaire, mais j’en suis revenu parce que la marque a pris plusieurs virages qui m’ont fortement déplu, notamment en pratiquant une politique d’exclusion logicielle et de flicage des comportement de leurs utilisateurs. J’ai l’impression de revivre cet épisode avec Free. Après avoir été la locomotive de l’ADSL en France, et cassé le monopole de la téléphonie mobile, je ne jurais que par Free. Mais ses présents agissements comme opérateur sont gravissimes et ternissent considérablement une belle réussite. C’est dommage.

Zéro pointé, copie à revoir, sinon je risque de dire merci, définitivement.

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Ca va déjà mieux

A peine les cendres de 2012 et de quelques malencontreuses voitures balayées, voilà qu’il faut reprendre le chemin de la mine. C’est qu’il y a un pays à redresser, quasi à reconstruire, au point de ne savoir par quoi commencer. Après 7 mois aux affaires, le gouvernement Ayrault a été sujet à des turbulences provenant plus de lobbys et de vieux corporatismes que d’une opposition par ailleurs en pleine déconfiture, laissant poindre à gauche même parmi les plus mordus une certaine part de déception.

Et pourtant, comme l’a clamé mon pote Bembelly en commentaire chez Nicolas, en se rappelant d’où l’on vient et ce qu’on a subi depuis ces dernières années, comment pourrait-on être déçu : «Je me sens bien dans la France de François, personne ne m’agresse à la télé, chez moi devant mes gosses. Mes origines « étrangères » ne sont plus l’alpha et l’oméga de la politique du gouvernement, je ne suis plus l’excuse, ni la « cause » des maux de la république, Enfin libre… Et cette liberté porte un nom : François Hollande. Pour moi, le rêve se lit aussi sur le volume quiétude gagné au jour le jour, depuis ce jour historique du 06 mai 2012». Et 7 mois ont été nécessaire pour prendre la totale mesure de la tâche en commençant par détricoter un certain nombre de lois iniques, comme la loi instituant le délit de solidarité et désormais effacé, et de mesurer la vigueur et l’endroit d’où viendrait les coups.

C’est donc une nouvelle période qui commence, une nouvelle page d’histoire à écrire. Elle est encore vierge, mais on en connaît déjà les contours : des droits, des devoirs, dans l’ordre que l’on voudra, un peu plus d’égalité devant l’adversité, de liberté, et pourquoi pas de fraternité, mais surtout plus de respect, cette valeur essentielle tellement galvaudée, piétinée, mêlée à toute les sauces au point de ne plus savoir de quoi on parle. FalconHill l’a évoqué de manière émouvante, repris fort justement par Nicolas A vrai dire, je ne crois pas que la blogosphère gauchisante, pour parler de ce que je connais le mieux, a perdu cette valeur. Elle a sensiblement glissé durant le sarkosysme délirant, comme tout le monde, sous l’influence d’un pouvoir décomplexé qui ne s’est pas gêné pour clouer au pilori toute cette plèbe grouillante et assistée qui n’a pas su se doter d’une rolex avant 50 ans. Sans aucun respect.

Il suffit d’un ou deux excités disait l’autre pour modifier la perception intrinsèque des choses. Evidemment qu’il y a des débordements, surtout sur internet. C’est le corollaire de la liberté d’expression. On peut le déplorer mais c’est ainsi. Et ce n’est nullement un raison pour remettre cette liberté en cause comme l’a tenté la droite. J’ai un jour eu l’outrecuidance de commenter chez Corto, avec des arguments sincères qui me semblaient cohérents, éprouvés. Qu’est ce que j’ai pris ! C’est inévitable. La solution est simple : qu’ils restent entre-eux ! Je comprends le sentiment désabusé du Faucon, renforcé par le fait que ses idées et ses souhaits pour la société soient maintenant relégués au second plan alors qu’elles sont incontestablement empreintes d’humanisme et de bon sens. Je serai très déçu s’il renonçait.

Et je partage avec lui la perte de cet esprit de famille qu’était la blogosphère dans son ensemble. Le classement Wikio lui donnait sa matérialité. Mais la société qui mettait en œuvre cet outil a appliqué les règles du capitalisme triomphant à la #geonpi : pognon, pognon, pognon… tout en restant sourd à l’esprit des blogs, du terrain et de ceux qui font les blogs. Je note au passage la grande similitude de ce qui se passe actuellement dans mon milieu professionnel. A bien des égards, le respect des choses et des petites mains, les forces productives qui font avancer le bateau, n’existe plus depuis belle lurette.

Devant ce constat certes assez accablant, je veux rester optimiste parce que je suis de nature optimiste. Il reviendra le temps où les passions seront moins exacerbées, et le dialogue un peu plus facile. Pour cela, il est nécessaire de passer à une société un peu moins individualiste, parce que la solution, on le voit tous les jours, est collective. Aujourd’hui, malgré tous les défauts qu’on lui prête et les quelques erreurs dans son parcours, François Hollande est le seul en capacité de le faire, avec la légitimité des urnes. C’est ainsi.

Pour moi, ce début d’année m’a déjà apporté de bonnes nouvelles. Pour 2013, je vous souhaite à tous, familiers, amis, lecteurs, blogueurs, d’être tout simplement heureux…

Allez, cadeau…

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Twitter bâillonne

«C’est ce qui arrive inévitablement lorsque l’on confie la protection de la liberté d’expression à des entreprises privées. Dans l’environnement médiatique d’aujourd’hui, le droit de parler et d’écrire librement des uns s’arrête là où commencent les intérêts commerciaux des autres.»

C’est l’évidence que décrit Dan Kennedy, professeur de journalisme à l’Université du Nord-Est à Boston à l’occasion du blocage du compte Twitter de Guy Adams. Le tort de ce correspondant aux Etats-Unis du journal «The Independant» ? Avoir critiqué via Twitter NBC pour avoir diffusé en différé certaines compétitions des JO de Londres…

Encore un compte suspendu. Demain le mien ?Comme à l’accoutumée, le site de microblogage s’est défendu avec la traditionnelle langue de bois bien adaptée en la matière, évoquant la présence d’une adresse mail dans le twit incriminé, ce qui serait formellement interdit… Imparable. Mais au delà, quand on sait que Twitter et NBC sont liés pour le contenu en ligne des Jeux Olympiques de Londres, cela change singulièrement la donne. Les esprits les plus avertis en matière de liberté d’expression y voient une forme de censure pure et simple.

La période est à la protection exclusive des marques, des ayants-droits, des actionnaires et autres profiteurs de haut-vol à grand renfort de lois, de surveillance, de restriction de libertés fondamentales. C’est ainsi. Durant les jeux, même l’expression individuelle des participants au barnum mondial est réglementée de la plus stricte façon. On y intime ce qu’il faut faire, comment le faire, et quasiment ce qu’il faut dire.

Une étrange sensation m’envahit : la fameuse toile, cet immense espace d’expression censé rapprocher les hommes et les idées, me semble de plus en plus étouffante. Accaparé par des pouvoirs de moins en moins cachés, internet échappe complètement à l’esprit initial que lui ont insufflé ses créateurs. J’ai d’ailleurs mal compris la participation à la cérémonie d’ouverture de Tim Berners-Lee, génial créateur du World Wide Web, que j’ai eu la grande chance de croiser en avril dernier à Lyon, lui qui est certes anglais, mais surtout si loin de l’état d’esprit pourri de ces Jeux. (Normalement, le CIO devrait me demander de retirer ce lien puisque, comme prévu dans les règles qu’il impose au monde, nul ne peut linker sur le site officiel des JO si les propos ne sont pas «positifs»)

Il faut que je me calme, sinon mon compte twitter risque de prendre du plomb dans l’aile.

Edit du 2 août : le compte de @guyadams a été débloqué dans la soirée, avec les excuses de Twitter. Comme quoi, rester vigilant et faire du bruit reste encore bien efficace. Qu’on se le dise !

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Le mot du jour : CMS #dicodesblogueurs

Nicolas me tague pour alimenter le dico des blogueurs avec une illustration de choucroute à faire saliver l’alsacien que je suis. C’est Bembelly qui a lancé l’idée : constituer un dictionnaire des mots, locutions, sigles ou onomatopées, tout ce jargon utilisé par les geeks, blogueurs et autres mordus des TIC. Comme j’ai un peu de retard dans l’histoire, je ne sais pas trop ce qui a déjà été défini. «TIC» est pas mal, «logiciel libre» me tente beaucoup, «memory leak» est un peu trop extrême. J’ai finalement choisi «CMS».

CMS, vous avez le choixPour rassurer tout le monde, CMS n’est pas un mot mais un acronyme. Dans le domaine informatique, on en use jusqu’à en abuser : WWW, CPU, RAM, ERP, PC, etc, et CMS pour «Content Management System», en français système de gestion de contenu… Peut-être, en tant que blogueur, êtes-vous un peu comme Monsieur Jourdain, vous utilisez un CMS sans le savoir ! Comme son nom l’indique plus ou moins, il s’agit d’un outil logiciel permettant de produire des pages web sans, en principe, avoir à tripatouiller un quelconque code. Une fois la structure du site définie et la charte graphique modélisée, il n’y a plus qu’à débiter à la ligne du contenu, et agrémenter le tout de liens, d’images, de vidéos. C’est bien ce que fait le blogueur moyen : un titre, un billet avec souvent un visuel, et des liens pour inviter les copains à boire une chopine à la Comète, sans produire la moindre balise HTML… Le CMS utilisé s’occupe de tout, en s’appropriant toutes les fonctionnalités participatives et interactives introduites par le Web 2.0.

On ne parlera toutefois pas de CMS pour les plateformes de blog comme Blogger, Typepad, Overblog, CanalBlog et quelques autres bien qu’en pratique, cela y ressemble beaucoup. Cela concerne ceux qui recourent à un hébergement chez un prestataire, voire qui, comme moi, auto-hébergent leur site. On peut vouloir tout écrire à la mimine, passer par un framework, ou avoir recours à un CMS comme WordPress, Drupal, Dotclear, Joomla, Guppy, Spip, et bien d’autres… Chacun a ses spécificités, ses points forts, des possibilités d’extension et de customisation, des communautés réactives d’utilisateurs et de développeurs, et ne se limitent pas seulement en moteur de blog.

Choisir parmi cette jungle est souvent un casse-tête, la première grande difficulté quand on veut lancer un projet. Les CMS sont pleinement utilisables par quiconque d’un peu dégourdi, et très efficaces avec les options par défaut. Mais tous requièrent, si on veut aller un peu plus loin dans la personnalisation de son site, de solides connaissances informatiques. C’est un métier, c’est mon métier. Après avoir touché du Spip, tripatouillé un peu de Joomla, je travaille essentiellement avec WordPress en raison de la réactivité de la communauté en matière d’évolution et de sécurité, du volume et de la diversité des extensions qui permet forcement de trouver son bonheur, et de la facilité à produire ses propres outils…

Si vous avez besoin, vous savez ou me trouver…

Je rappelle la règle :

Petit 1 – trouver un mot en lien avec la blogosphère et les réseaux sociaux : CMS.

Petit 2 – trouver une définition assortie d’un exemple : « CMS : sigle pour «Content Management System», ensemble de scripts agissant comme système de gestion de contenu permettant de s’affranchir de tout écriture de code pour produire quasiment tout type de pages web. Ces logiciels ont connu un fort développement avec l’apparition du web 2.0 et l’ouverture massive des blogs. Exemple : Bembelly, le père du dico, utilise un CMS pour «Ce que je Pense», et je suis à peu près sûr qu’il l’ignorait ».

Petit 3 – Faire un billet avec un lien vers chez Bembelly pour recenser plus facilement les billets (et de gagner des backlinks…).

Petit 4 – taguer des gens pour qu’ils contribuent à l’œuvre. Je ne sais pas qui a déjà été pris par la patrouille. A l’aveugle, je passe le relais à Minijupe, LeMotDuGone, Homer, Shaya et à Falconhill en précisant que j’ai laissé quelques idées de mots dans ce billet…

Petit 5 – Suivre l’évolution sur Twitter via le compte @DicoDesBlogs et le hashtag #dicodesblogueurs.

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Adieu ebuzzing

Beaucoup d’eau est passé sous les ponts depuis que Wikio s’est fait manger par ebuzzing. Le Wikio était grosso-modo LE service européen de promotion des blogs, un agrégateur bien utile, et surtout un outil fabuleux, sans équivalent, incontournable, permettant de connaître qui, parmi ses congénères, relayent vos écrits sur la toile… Tous les mois, une savante et délicate moulinette pondait un classement qui mobilisait l’ensemble de la blogosphère et alimentait bien des conversations dans les jours qui suivaient sa parution.

La Backlink Factory, avant la confiscation...La transition s’est opérée en douceur fin novembre 2011, les nouveaux tauliers ayant pris soin de ne pas modifier certaines habitudes, comme pour ne pas effrayer. Pour moi, ce changement m’indifférait. Cela ressemblait à un virage serré pour attraper du trafic en promouvant des vidéos et des marques, pour générer beaucoup de pépètes. Les blogueurs, dans cette soupe, qui ont contribué à l’image du Wikio et à son développement, sont désormais quantité négligeable.

Cette nouveauté n’était pour moi qu’un épiphénomène. Il y a 2 ans, soucieux de me faire connaître un peu, je me suis inscrit au Wikio sans vraiment savoir ce que c’était. Beaucoup de conseils qu’on glane par-ci, par-là, quand on commence à bloguer, le recommandaient. Cela m’a bien apporté un peu de monde, chaque début de mois,dès le classement des blogs publié…

Le Wikio, pour moi, outre la découverte d’autres lectures, c’était essentiellement le labs, la Backlink Factory, l’usine à mesurer les liens. J’ai toujours lutté sans trop de mal contre la dictature des chiffres, des compteurs de visites et des classements. Par contre, je ne peux me passer des informations sur qui me fait l’honneur d’un lien, c’est quasiment vital…. Depuis un mois, je suis aveugle, et comme je ne peux pas tout lire, je ne sais plus qui remercier. J’ai peut-être raté la chaîne de l’année pour aider l’UMP à trouver enfin un programme digne de ce nom.

Le service a été supprimé sans préavis, sans explication. Pierre Chappaz, fondateur du Wikio, s’était fendu d’un petit message chez Homer, expliquant qu’il «avait eu tort d’arrêter la backlink factory, et sous-estimé son utilité pour les blogueurs». J’ai perçu cet aveu comme lourd de sens, d’une grande honnêteté teinté d’une bonne dose d’impuissance. Depuis, rien, nada, le silence sidéral. Je vais donc me passer complètement de ebuzzing.

Je n’ai jamais accordé le moindre intérêt à la partie émergée de l’iceberg que constitue le fameux classement. Le seul motif vraiment valable de s’y arrêter était les blogwars que les chamboulements occasionnaient dans les hautes strates, et les techniques mises en œuvre pour grappiller des places, comme sur le boulevard périphérique bondé. D’ailleurs, nul besoin d’y figurer pour assister au spectacle…

Compte-tenu que tout le monde se fout du classement, n’est ce pas, je vous invite donc tous à vous désinscrire de ce bouzin, et de le faire savoir… ce qui n’empêche nullement de faire des liens.

La preuve.

Merci aux 2.000 visiteurs uniques qui sont passés ici en mars, merci aux blogueurs qui me les ont envoyés par leurs liens.

– Variae
– Ce Que Je Pense …
– Partageons l’addiction
– Le Blog de Gabale
– Le Pudding à l’Arsenic
– Philippe Méoule
– Les divagations NRV de cui cui fit l’oiseau.
– Carnet de notes de Yann Savidan
– Chez El Camino
– blog de David Burlot
– Le grumeau
– A toi l’honneur !, la suite…
– Du petit monde de Gildan
– Reservus’blog…
– Sarkofrance
– Partageons mon avis
– A perdre la raison
– Bah !
– Lyonnitudes
– De tout et de rien, surtout de rien d’ailleurs
– Chez Homer
– La rénovitude
– les échos de la gauchosphère
– INTO2007
– Une Autre Vie
– La Maison du Faucon
– Partageons nos agapes
– Les jours et l’ennui de Seb Musset
Sète’ici
– Le blog de Louis Lepioufle
– Ruminances
– Mon avis t’intéresse
– Trublyonne voit la vie en rouge
– Ménilmontant, mais oui madame…
– Les cénobites tranquilles
– Mon Mulhouse
– Woof it
– Homer d’alors
– Dans ma bulle
– La revue de stress

(liste faite de tête, désolé pour les éventuels oublis, je me rattraperai demain)

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Le piège est en place

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement cette semaine a été malsaine, avec un horrible arrière-goût âcre et permanent de vomi. Je n’ai jamais aimé cette ambiance de curée, ou la populace se masse frénétiquement devant son poste de télévision pour ne rien rater de l’effrayant mais fascinant spectacle. Pour les faits, face à l’horreur pure, il y avait de quoi être retourné par tant de haine et de sauvagerie. Mais ce n’est pas tout. Pour ne rien vous cacher, le malaise et l’odeur venait également du traitement médiatique de cette affaire et du gain potentiel que le pouvoir actuel pourrait en retirer.

5 ans de gachis, avec Toulouse en point d'orgue...Ce dégoût tarde à passer. Même les contenus des blogs des copains cette semaine, pourtant si brillants d’habitude, m’ont paru fades et creux, comme si eux aussi restaient scotchés, assistant incapables à l’habillage gouvernemental de l’évenement, à la confiscation habile de l’attention des futurs électeurs. La campagne présidentielle n’a pas été suspendue pour tout le monde de la même manière, et l’UMP a fait feu sur tout ce qui bougeait alentour sans discernement et sans état-d’âme. A la manière Merah.

Ce n’est pas le moment de faire une pause. Il faut vite se ressaisir et fourbir ses armes parce que l’effet Merah peut produire des conséquences dévastatrices pour l’avenir entier du pays. Ce dramatique épisode est du pain béni pour notre monarque en talonnette qui se demandait bien comment déplacer le débat sur l’aspect sécuritaire sans aide extérieure, sans un fait scabreux bien concret comme la fort opportune affaire Papy Voise en 2002 ou l’émeute causée par le contrôle musclé d’un voyageur, Gare du Nord le 27 mars 2007. Outre le message et l’impact des crimes abjectes commis ces derniers jours, il y a surtout l’omniprésence télévisuelle jour et nuit de Toto 1er ou l’un de ses sbires, se posant là comme le seul gardien des valeurs et de l’ordre, le pompier salvateur, alors que cela fait 10 ans qu’il souffle patiemment sur les braises. Vous avez dit suspension de campagne ?

Au moment de tirer un certain nombre d’enseignements d’un tel drame, le naturel est revenu au galop pour annoncer comme pour chaque fait divers une brouette de nouvelles lois, dont quelque chose qui ressemble à une nouvelle charge sur l’internaute butineur, dans la grande tradition de ce qui se fait déjà depuis 10 ans. Ce qui voudrait donc dire que LOPPSI, DADVSI, LCEN et consoeurs passées ou à venir comme ACTA seraient inefficaces ou n’iraient pas assez loin dans l’intrusion ? Lire serait ainsi devenu un délit ? Suis-je un dangereux terroriste parce qu’il m’arrive, dans ma veille internet et d’actualité, de passer sur des sites de ce type ? Sous le fallacieux prétexte de dire non à la barbarie, au mieux, cela ressemble à un nouvel grossier effet d’annonce, une nouvelle gesticulation, comme pour celle d’imposer les exilés fiscaux… Au pire, il s’agit d’une manœuvre pour obtenir, sans passer par les processus démocratiques, un contrôle complet de l’internet du pays. Et dans ce cas, traquer l’islamiste sur la toile serait bien le cadet des soucis du président-candidat. L’islamiste lui est bien trop utile, il ne va pas s’en priver comme cela, aussi bêtement… A plus d’un titre, le piège est bien en place.

J’aimerais tant que les français ne soient pas dupes une nouvelle fois. La première, c’était en 2007, au sortir des 5 ans d’agitation et d’affairisme à la tête de tous les ministères pour faciliter son dessein présidentiel. L’excuse consistant à clamer qu’on ne savait pas n’avait déjà aucune validité. Pour 2012, il y a un bilan. Celui d’un président en plein exercice. Il est consistant et désastreux. Il n’a protégé le pays ni de la crise, ni de la violence, et favorisé plus qu’il ne le dit le communautarisme, le sectarisme, le radicalisme, le ressentiment, l’exclusion, la méfiance des autres jusqu’à la crainte. Incontestablement un beau projet de société. Aujourd’hui, on ne le sait que trop. Surtout, ne retombons pas dans ce piège grossier une seconde fois.

Le changement, c’est maintenant.

PS : je retombe à l’instant sur un vieux billet, écrit au lendemain de la tragédie d’Oslo. C’est fou ce qu’il est encore d’actualité. Je dois être un peu devin…

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