Le mot du jour : CMS #dicodesblogueurs

Nicolas me tague pour alimenter le dico des blogueurs avec une illustration de choucroute à faire saliver l’alsacien que je suis. C’est Bembelly qui a lancé l’idée : constituer un dictionnaire des mots, locutions, sigles ou onomatopées, tout ce jargon utilisé par les geeks, blogueurs et autres mordus des TIC. Comme j’ai un peu de retard dans l’histoire, je ne sais pas trop ce qui a déjà été défini. «TIC» est pas mal, «logiciel libre» me tente beaucoup, «memory leak» est un peu trop extrême. J’ai finalement choisi «CMS».

CMS, vous avez le choixPour rassurer tout le monde, CMS n’est pas un mot mais un acronyme. Dans le domaine informatique, on en use jusqu’à en abuser : WWW, CPU, RAM, ERP, PC, etc, et CMS pour «Content Management System», en français système de gestion de contenu… Peut-être, en tant que blogueur, êtes-vous un peu comme Monsieur Jourdain, vous utilisez un CMS sans le savoir ! Comme son nom l’indique plus ou moins, il s’agit d’un outil logiciel permettant de produire des pages web sans, en principe, avoir à tripatouiller un quelconque code. Une fois la structure du site définie et la charte graphique modélisée, il n’y a plus qu’à débiter à la ligne du contenu, et agrémenter le tout de liens, d’images, de vidéos. C’est bien ce que fait le blogueur moyen : un titre, un billet avec souvent un visuel, et des liens pour inviter les copains à boire une chopine à la Comète, sans produire la moindre balise HTML… Le CMS utilisé s’occupe de tout, en s’appropriant toutes les fonctionnalités participatives et interactives introduites par le Web 2.0.

On ne parlera toutefois pas de CMS pour les plateformes de blog comme Blogger, Typepad, Overblog, CanalBlog et quelques autres bien qu’en pratique, cela y ressemble beaucoup. Cela concerne ceux qui recourent à un hébergement chez un prestataire, voire qui, comme moi, auto-hébergent leur site. On peut vouloir tout écrire à la mimine, passer par un framework, ou avoir recours à un CMS comme WordPress, Drupal, Dotclear, Joomla, Guppy, Spip, et bien d’autres… Chacun a ses spécificités, ses points forts, des possibilités d’extension et de customisation, des communautés réactives d’utilisateurs et de développeurs, et ne se limitent pas seulement en moteur de blog.

Choisir parmi cette jungle est souvent un casse-tête, la première grande difficulté quand on veut lancer un projet. Les CMS sont pleinement utilisables par quiconque d’un peu dégourdi, et très efficaces avec les options par défaut. Mais tous requièrent, si on veut aller un peu plus loin dans la personnalisation de son site, de solides connaissances informatiques. C’est un métier, c’est mon métier. Après avoir touché du Spip, tripatouillé un peu de Joomla, je travaille essentiellement avec WordPress en raison de la réactivité de la communauté en matière d’évolution et de sécurité, du volume et de la diversité des extensions qui permet forcement de trouver son bonheur, et de la facilité à produire ses propres outils…

Si vous avez besoin, vous savez ou me trouver…

Je rappelle la règle :

Petit 1 – trouver un mot en lien avec la blogosphère et les réseaux sociaux : CMS.

Petit 2 – trouver une définition assortie d’un exemple : « CMS : sigle pour «Content Management System», ensemble de scripts agissant comme système de gestion de contenu permettant de s’affranchir de tout écriture de code pour produire quasiment tout type de pages web. Ces logiciels ont connu un fort développement avec l’apparition du web 2.0 et l’ouverture massive des blogs. Exemple : Bembelly, le père du dico, utilise un CMS pour «Ce que je Pense», et je suis à peu près sûr qu’il l’ignorait ».

Petit 3 – Faire un billet avec un lien vers chez Bembelly pour recenser plus facilement les billets (et de gagner des backlinks…).

Petit 4 – taguer des gens pour qu’ils contribuent à l’œuvre. Je ne sais pas qui a déjà été pris par la patrouille. A l’aveugle, je passe le relais à Minijupe, LeMotDuGone, Homer, Shaya et à Falconhill en précisant que j’ai laissé quelques idées de mots dans ce billet…

Petit 5 – Suivre l’évolution sur Twitter via le compte @DicoDesBlogs et le hashtag #dicodesblogueurs.

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Merci pour tout, Dennis

Dennis MacAlistair Ritchie, 1941-2011#include <stdio.h>
main(void)
{
   printf(‘Au revoir, Dennis !’);
   return 0;
}

Voila ce qu’a inventé Dennis Ritchie. Le langage C. Il est partout, il est à l’origine de presque tous les systèmes et applications utilisées depuis 1970, il est la pierre angulaire de l’informatique d’aujourd’hui, qu’on a bien faussement attribué à Steve Jobs, disparu très récemment.

Un grand homme de l’informatique vient de nous quitter, lui aussi, mais sans aucun bruit médiatique, à 70 ans, terrassé par une longue maladie. On ne trouvera pas de fleurs déposées ça et là. Dennis était un monstre sacré à côté de Steve : inventeur de génie, père du langage C, il est aussi le principal contributeur du système d’exploitation UNIX. Windows, Linux, et la plupart des applications utilisées tant sur les ordinateurs familiaux qu’en informatique professionnelle sont écrits en C. Une flopée d’autres langages s’en inspirent, tels C++, Java, Perl, PHP. Sans lui, Jobs aurait certainement vendu des aspirateurs ou des assurances. Le K&R, livre de référence du langage C qu’il a co-écrit, a été un temps mon livre de chevet, et je me suis parfois endormi dessous…

Sa disparition semble remonter à plusieurs jours. Aujourd’hui, je suis triste, un peu orphelin, mais très heureux de manipuler son héritage, qui n’est pas près de disparaître.

Monsieur Ritchie, je vous tire mon chapeau en vous remerciant de m’avoir permis de faire un si beau métier.

Avec ma tristesse et ma grande admiration.

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Salut Steve

La nouvelle m’a secoué dès le réveil, me privant de ces quelques minutes de calme avant la tempête, avant de poser les pieds sur le parquet froid. Steve Jobs est parti, à 56 ans, laissant la Pomme orpheline de son créateur. Il aura été l’artisan de l’émergence de l’ère numérique et de son développement. Par sa seule vision, il a réalisé le rêve ultime de tout être humain : changer le monde.

Steve Jobs, fondateur d'Apple, 1955-2011Tout a déjà été dit à son sujet, et je serai bien incapable de rajouter quoi que ce soit d’original. Impossible pour moi de ne pas en faire un billet hommage. J’ai croqué dans cette pomme en 1990, et fait mes premiers pas dans ce qui allait devenir mon métier avec un Macintosh LCII sous Système 7. J’ai immédiatement aimé l’environnement, mais aussi cet esprit rebelle d’un David s’attaquant au puissant Goliath qu’était Microsoft, puis cette impression de faire partie d’une communauté d’initiés forts de leur culture et leur avance, disposant d’outils à forte connotation identitaire.

Le monde a changé. Steve Jobs y a activement contribué. En bien ou en mal, chacun est libre d’y donner le sens qu’il voudra. Il laisse un héritage lourd où le marketing supplante maintenant l’aspect technique, qui sera difficile à porter pour son successeur chez Apple. Mais son nom et sa marque sont désormais inscrits à jamais dans l’héritage commun de l’humanité, comme celui de Newton, dont Jobs s’était inspiré avec la pomme.

Salut l’artiste

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Je ne rêve plus de pommes

L’actualité politique du moment me gave. On ne fait que discuter des frasques de personnalités finalement insignifiantes en oubliant les vrais problèmes des petites gens, comme notamment celui du prix de l’énergie qui ne fait que monter même quand celui de la matière première baisse… Donc je vais parler d’autre chose. Ce week-end, une fois n’est pas coutume, j’accompagnais mes enfants dans le grand temple de la consommation moderne qu’est le centre commercial de la Part-Dieu à Lyon quand je me suis trouvé nez-à-nez avec une pomme géante…

Apple à la Part-Dieu, impossible à ne pas remarquerApple s’installe a Lyon, et récupère un des meilleurs emplacements du complexe. Annoncé un temps au tout nouveau Cours Oxygène, puis à la Confluence, l’Apple Center se sera caché longtemps. Le secret, c’est une autre marque de fabrique. L’espace laissé vide par une grande pizzeria n’a jamais affiché de nom comme il est l’usage dans le centre commercial pendant les travaux. Depuis fin mars, les palissades sont passées au noir, et la pomme est apparue cette semaine…

J’ai découvert Apple et le Macintosh en 1991, autant dire en préhistoire. Je maniais déjà le DOS, et voyais dans la pomme, comment dire ? une révolution… déjà. Un an plus tard, l’objet de toutes mes convoitises déboulait à la maison : un LCII avec 4Mo de mémoire extensible à 12 (peut être même 16), un disque dur de 80Mo, un écran couleur, du son… J’étais le roi du pétrole ! Depuis, aucun PC n’est rentré à la maison. Avec un Mac, j’avais l’impression de faire partie d’un monde d’initiés, de privilégiés, une élite peu nombreuse fière de sa différente. Jamais une anicroche, que du bonheur, simple et robuste, fiable et sophistiqué, avec «think different», j’étais geek avant l’heure.

Tout passe, tout lasse, sauf les glaces. Des Macs de toutes sortes, il y en a toujours à la maison. Mes gones ne jurent que par leurs Imacs, leurs Ipods, leurs Iphones. Et pourtant, je me suis lassé. Les produits, machines comme logiciels sont toujours d’excellentes facture, mais le besoin d’innover et de créer sans cesse de nouvelles choses induit la création de toutes sortes de nouveaux besoins, de nouveaux comportements qui me déplaisent. L’Iphone est un outil merveilleux, mais qui provoque une addiction parfois maladive. Outil communiquant à l’extrême comme son grand frère l’Ipad, son utilisation courante conduit à s’extraire de la vraie vie si on n’y prend pas garde. Il y a eu aussi cette valse sur la musique en ligne via Itunes, où Apple vous proposait de payer à nouveau pour obtenir des morceaux sans DRM, morceaux que vous avez déjà payé par ailleurs… le tout dans un format propriétaire offrant une qualité sonore pas révolutionnaire pour un sou… Il y a cette obstination à refuser toute standardisation : impossible par exemple de concevoir un chargeur commun avec les autres fabricants de téléphone ou de baladeurs. Il y a aussi le prix, ce ticket d’entrée au club, qui pour moi est devenu prohibitif et inabordable pour finalement être tracé à chaque utilisation dans des fichiers cachés. Il y a encore la manière peu éthique et transparente de produire, notamment en Chine, en imposant des contraintes supérieurs aux règles locales… sans parler de l’impact écologique au moment de la production et du recyclage. Non, Apple ne me fait plus rêver.

Depuis plusieurs années, je suis passé au libre. C’est moins clinquant, moins classe, moins geek, moins cher, mais tout aussi efficace, et peut être même plus, dépendance en moins. C’est aussi en termes philosophiques que mon évolution s’est faite, dans un monde ouvert, de partage et d’échange, où le flux n’est pas que financier… Comme dit la publicité, cela ne change pas grand chose dans l’avancée du monde, mais pour moi, c’est important.

L’Apple Store de Lyon ouvrira le 4 juin à 9h30. Et pour moi, ce sera grasse matinée…

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La fin d’un monde

Parler de fin du monde après un KdB, c’est un peu antinomique. Mais c’est sur ce sujet, que faire dans les 12 heures précédant l’apocalypse, que je suis tagué par Romain tout comme Manoz, Menilmuche, Le Faucon, Yann, le Coucou, Briavel, Vallenain, Stef, Nicolas, Sarkofrance, Bembelly, Corto, Marc Vasseur, Océane, Manue, Florent, Quartier Citoyen, Camille, Sasa, Slovar, El Camino, Homer, Pensées de ronde, Superno, Mrs Clooney, Cui Cui, Gael, Camille et Karim, tous autant que moi assez perplexe sur la question, mais certains s’en sont bien tirés…

Gilbert Bourdin, Maitre du Mandarom, qui n'a pas bu que de la bièreMine de rien, on s’en sort bien. On y a déjà échappé le 11 août 1999, et le monde a visiblement survécu à un terrible tremblement de terre qui aurait dû intervenir dimanche 22 mai à 3 heures du matin… Harold Camping, et avant lui Paco Rabanne, Gilbert Bourdin et quelques autres illuminés, est le dernier annonciateur en date d’un tel phénomène. Quelques zozos l’ont suivi, se préparant avec application, vidant leur comptes bancaires, abandonnant leur emploi, parcourant la campagne pour diffuser la nouvelle ad hoc. C’est bien difficile de répondre à la question quand le contexte ne s’y prête pas. Très vraisemblablement, je ne cèderais pas à la bestialité qui pourrait être la règle en pareil cas, je resterais à l’écart avec ceux qui me sont chers. Mais comme je ne suis pas croyant pour un sou, ce genre de question ne m’effleure pas un instant.

Pour l’heure, pas de fin collective du monde donc, parce que pour DSK, un exemple parmi d’autres, quoi qu’il se passe maintenant, c’est la fin d’un monde, le sien. La réalité du moment c’est bien l’individualisation à outrance, donc la multiplicité des mondes, distincts et étanches, jusque dans les petits recoins de la vie quotidienne, jusque dans la perception de l’actualité. La fin d’un monde pour le commun des mortels, cela pourrait être tous ces accidents de la vie, une maladie, une séparation, une décision politique, un conflit, un licenciement à un âge avancé, tous ceux dont on se remet à grand peine, que l’on gère tout seul, ou presque, ou pas…

On annonce déjà ici ou là de nouvelles dates officielles de fin du monde. J’en ai retenu aucune. Aujourd’hui, je n’ai qu’une échéance en tête : le 6 mai 2012. Et compte-tenu du clivage actuel de notre société, le résultat à 20 heures risque fort de sonner comme la fin d’un monde pour le camp défait.

D’ailleurs, Ubuntu, dans sa dernière version, a laché (le) gnome pour Unity… Tout un symbole.

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Ca ne fait que commencer

J’avais vraiment pas envie d’en rajouter sur l’actualité chaude du moment, qu’elle résulte d’une odieuse manipulation, ou d’une toute autant abjecte conception d’autrui. Je préfère parler d’une actualité tout autant brulante et mouvante : la dépendance à Google. C’est chez Lolo que j’ai trouvé le sujet de mon billet bien dans mes cordes. L’indisponibilité du Play-Station Network, puis celle de Blogger, la plate-forme blog de Google a causé quelques jolis remous dans le monde des geeks, posant clairement la question de la dépendance croissante envers les mastodontes du net.

Richard Stallman, mon papa informatique...Dans le monde informatique professionnel et grand public, le phénomène n’est pas récent. La relative perte d’influence causé par les trublions du monde libre, avec la montée en charge des systèmes et logiciels «Open Source» type Linux, Firefox, OpenOffice, etc… a fait quelques dégâts. Du coup, faute de pouvoir concurrencer les nouveaux produits «éthiques», gratuits, fiables, sécurisés et sécurisants, les grands du Net sont en passe de nous sortir toute une panoplie de nouveautés toutes aussi innovantes les unes que les autres, mais qui n’ont qu’une seule finalité : nous remettre un fil à la patte, celui même dont Linus Thorvald et Richard Stallman avaient su nous libérer. Les usages ont aussi évolué. Déjà, notamment parmi les plus jeunes, le net n’est plus vu qu’au travers de Facebook qui agit comme un prisme, et lie l’utilisateur, non à ses amis virtuels, mais au facilitateur. Sans lui, données et amis sont inaccessibles, et la jeunesse est perdue, orpheline. Le néant…

La mode actuelle, c’est le «cloud», où tout ce dont on a besoin se trouve quelque part, dans les nuages, au travers du réseau. Sur le papier, c’est idéal : l’utilisateur ne s’occupe de rien… Google vient d’ailleurs d’annoncer la sortie du chromebook, l’ordinateur 100% Cloud sous ChromeOS, où toutes les opérations passent au travers du navigateur Chrome… A ce niveau, déjà, le choix n’est plus possible. L’oncle Billou doit l’avoir mauvaise, lui qui avait fait les frais dans les années 90 d’un navigateur trop intimement lié au système…

Mais la mode actuelle est aussi la montée en puissance du contrôle des flux. Les tentatives de battre en brèche le concept de neutralité du Net aboutissent sous la pressions de lobbys divers. La première application française grand public est sans conteste le dispositif HADOPI… Et oublier la volonté des opérateurs de téléphonie d’entrer dans la danse pour facturer la bande passante qu’on dit de plus en plus limitée, serait une grossière erreur. Là aussi, les menaces sont pressantes, certains FAI ayant déjà dans leur cartons des abonnements «premium».

En somme, sous le couvert d’une révolution architecturale apportant modernité, simplicité et souplesse, on va finir par payer ce qui est utilisable gratuitement, et laisser nos données à la disposition de qui en voudra. Mais plus grave encore, en cas de panne ou coupure (volontaire ou non) du réseau, de Google, de Sony ou autre grand malin, vos données, vos statistiques, vos blogs, vos outils seront purement et simplement inaccessibles, et au pire, vendues à un hacker russe. Mais tout cela n’est que pure invention, cela n’arrive jamais.

L’illusion de liberté et de choix est parfaite, mais à la sortie, la dépendance est bien réelle, l’adhérence irréversible… C’est pour ces raisons que je n’utilise rien qui soit estampillé Google, même si certains services semblent réellement intéressants. Surtout que du côté libre (de la force), il existe bien souvent l’équivalent…

Quen pensent les geeks fréquentant ou non la Comète ?

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Ca n’arrive jamais

Il n’y a plus à discuter, tout est mondialisé, absolument tout. Dès qu’il se passe quelque chose sur la planète, d’heureux ou de malheureux, dès que quelque chose bruisse ou craque, les retentissements en sont décuplés et impactent qu’on le veuille ou non, chacun de nous. Parmi tous ces bruits, il y a le brouhaha lointain d’un mariage princier, rabâché, seriné sur tous les tons, qui selon mon expression favorite, «m’en secoue une sans toucher l’autre». Il y a aussi le crépitement toujours identique depuis 25 ans des compteurs Geiger en Ukraine, et celui encore étouffé des véritables conséquences au Japon. Il y a surtout les cris des victimes, en Lybie, en Syrie, en Afghanistan, au Maroc et ailleurs, de la folie bestiale des hommes.

La dernière secousse dont je voulais vous parler est bien insignifiante en comparaison et ne concerne que nos sociétés occidentales et opulentes. Mais l’impact et les conséquences n’en sont pas moins graves et lourdes : il s’agit du piratage du PlayStation Network (PSN), la plateforme de Sony permettant, au moyen des consoles PlayStation 3 de jouer en réseau, d’effectuer les mises à jour, et d’accéder à divers contenus dont une boutique en ligne.

Le PlayStation Network, réseau ou gruyère ?Ainsi, depuis le 20 avril, tout est fermé, laissant 75 millions de gamers par le monde sur le carreau, sans aucune possibilité de s’adonner à leur passe-temps favori que tout seul… De son côté, SONY brille pour la qualité de l’information transmise. Hacké ? oui, mais quoi ? Et là, mystère, on suppute encore. Personne ne sait vraiment ce qui se trame, et la persistance de la fermeture n’est pas de nature à réconforter tout ceux qui y ont laissé sur cette plateforme identifiant, mot de passe, numéro de carte bancaire, etc, etc…

Je ne vais pas alimenter les rumeurs sur ce qui s’est passé et les manquements en matière de sécurité de SONY. Il se trouve que je suis amené, dans le conseil que je propose aux associations, à effectuer des prestations sur la sécurité informatique. Il me semble bien que, dans le contexte actuel, il est absolument urgent de prendre des mesures pour se protéger individuellement si, selon une très forte probabilité, des données personnelles avaient fuité.

La première peut paraître un poil extrême mais pas dénué de fondement, est de demander un changement de carte-bleue, afin d’éviter toute utilisation de son numéro à votre insu… même si, en principe, on est remboursé en cas de fraude manifeste. La seconde mesure, de loin la plus importance est liée au couple identifiant/mot de passe utilisé pour accéder aux services du PSN. Chaque hackeur le sait, comme l’immense majorité des acteurs sur Internet utilisent les mêmes identifiants et plus ou moins les mêmes mots de passes, par facilité de mémorisation, par flemme, par négligence aussi, il y a gros danger pour vos comptes de messagerie (puisque l’adresse est connue), comptes bancaires, Facebook, twitter, blogs, pour vos espaces privés, sur les sites d’achats en ligne. Il convient de modifier tout cela sans délai, et au minimum des minimums, le mot de passe… et différent pour chaque site… Oui, sans aucun doute, la sécurité est contraignante. Et ne croyez pas un seul instant que je cède à la paranoïa, je ne connais que trop les conséquences de la négligence en la matière. Et si vous n’avez pas de compte sur le PSN, vous êtes tout autant concerné : un changement périodique de mot de passe est la parade la plus simple et efficace contre la majorité des tentatives d’intrusion. Enfin, il faudra rester stoïque et surtout muet aux différentes sollicitations qui ne vont pas manquer à l’avenir, connues sous le terme de phishing, cette technique frauduleuse d’hameçonnage vous invitant à dévoiler vos données «secrètes».

C’est fait les changements de mots de passe ? Alors concluons. Vous avez tous entendu parler du cloud computing, cette révolution architecturale informatique dans laquelle se jettent les mastodontes de la Silicon Valley pour capter les données privées et les envoyer dans les nuages, allégorie fumeuse du réseau idéal. Vous n’avez plus besoin de savoir ou sont stockés vos données, ni même de vous poser la question des logiciels à utiliser ou à installer, le «cloud» s’en occupe… A l’image de ce qui vient de se passer chez SONY, vous voyez le piège ? En je n’ai pas encore parlé de la neutralité et du filtrage du réseau…

En fait, l’émergence du logiciel libre ayant privé les grand éditeurs de logiciels fermés et propriétaires (type Microsoft, mais il y en a plein d’autres, dont Google, Oracle) de leur présence indispensable sur le PC familial, ils tentent par ce nouveau concept un retour en force en tentant d’imposer un nouveau standard incontournable : le «tout connecté», le réseau infaillible… Sauf que là, l’incident en cours chez SONY, touchant le coeur du système de sécurité, sur une échelle comparable au nucléaire, pourrait être classé niveau 7. Comme pour Tchernobyl, comme pour Fukushima.

Curieuse analogie : tous martellent à l’envie que ces incidents là n’arrivent jamais.

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Du rififi chez Oracle

Ca grogne de partout, même dans la sphère informatique, en apparence lisse et policée. La guerre que se livrent les éditeurs de logiciels et le monde de l’Open-Source fait rage plus que jamais. Dernière illustration, le très récent divorce entre Oracle, firme multinationale commercialisant un système de bases de données, et la communauté des développeurs d’OpenOffice.org (OOo), suite bureautique du monde du logiciel libre, qu’Oracle a récupéré en rachetant la société Sun Microsystems en avril 2009.

Dans la communauté du logiciel libre, ce rachat a suscité bien des inquiétudes. Oracle n’est pas vraiment réputé pour soutenir la cause du code libre (le fameux open-source) et la notion de partage, code comme bénéfices, lui est totalement inconnue. Mais surtout, cet éditeur opère dans le secteur fort lucratif des systèmes de gestion de bases de données et ne cache pas vouloir se lancer dans la commercialisation d’une suite bureautique en technologie propriétaire… Oracle et OOo, c’est un peu le chat et la souris, ça ne peut pas cohabiter. Outre OpenOffice.org, les logiciels et projets libres récupérés, dont Mysql, autre gestionnaire de base de données, ont tout simplement vocation à être enterrés, en silence.

C’est sans compter sur la réactivité de la communauté du monde libre, et des formidables possibilités de partage que confère la licence GNU/GPL. En réponse au massacre d’OpenSolaris, autre logiciel récupéré de Sun, les développeurs historiques ont simplement copié OpenOffice.org en le renommant temporairement LibreOffice, qui continuera désormais à vivre “indépendamment de toute société”. Oracle a juste été invité à céder la seule chose dont elle est réèllement propriétaire : le nom «  OpenOffice.org« .

Ce clash fait causer dans le landerneau du monde libre. Ca n’a pas été le cas pour les autres projets libres récupérés par Oracle. Mysql, logiciel mondialement répandu sur les serveurs web, s’est “ejecté” de sa prison sous le nom de MariaDB juste après le rachat de Sun. Quant à OpenSolaris, la grande victime, litteralement abandonné, il est revenu à la vie le 14 septembre sous le nom de OpenIndiana. Reste le cas de Java. Libre, mais jusqu’à quand…

Pour LibreOffice, les dissidents ont blindé leur opération en se prémunissant contre les possibles attaques d’Oracle, en utilisant simplement les termes de la licence GNU/GPL. Cela prouve que le monde du logiciel libre est mature, qu’il sait se protéger et s’échapper quand le danger le guette. Cela prouve surtout qu’il reste ici bas, encore beaucoup de monde pour échanger et partager. Même sans faire de bruit.

C’est plutôt rassurant non ?

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C’est la rentrée

C’est la première… Alter-Oueb, c’est un blog ou l’on cause de choses et d’autres, de tout et de rien depuis mai 2010, mais c’est surtout une auto-entreprise oeuvrant en région lyonnaise dans le domaine informatique et les logiciels libres, et qui démarre son activité.

www.alter-oueb.net conseil et accompagnement en logiciels libresAlter-Oueb s’adresse uniquement aux associations à vocation «alter», de l’économie sociale et solidaire, dans les domaines humanistes, équitables, éthiques, écologiques, syndicaux, éducatifs, culturels, de défense des droits, d’aide aux personnes.

Alter-Oueb propose un conseil dans les prises de décisions concernant l’utilisation de l’outil informatique, et un accompagnement dans l’utilisation des logiciels libres. L’objectif d’Alter-Oueb est de pouvoir donner à toutes ces associations, maillons essentiels de notre société, des moyens informatiques fiables et sécurisés leur permettant de remplir au mieux leurs missions.

Une petite question ou un grand projet ? N’hésitez pas à solliciter Alter-Oueb. Pour en savoir plus, venez faire un tour sur le site «officiel» www.alter-oueb.net.

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