Une finale qui promet

La partie vient de se terminer. Elle a été âpre, disputée. Le match s’est incontestablement joué sur des détails. Mais au coup de sifflet final, on oublie les coups bas, les regards noirs, les phases assassines et les ultimes provocations gratuites. Le vainqueur affiche un sourire de circonstance, rassuré malgré une prestation en demi-teinte, et le vaincu rend hommage à son bourreau. Mais rien n’est acquis. En coupe du monde de rugby comme dans le paysage politique français, le principal reste à faire : gagner la finale.

Hollande-Aubry, un essai à transformerMon billet arrive une fois de plus après la bataille. Tout a été dit par les copains, sur la nécessité du rassemblement, sur l’admirable organisation et le travail monumental des militants et des bénévoles pour que ce moment de démocratie soit une réussite. Cela n’a jamais été réalisé, et je suis heureux que la gauche soit pionnière en la matière. Mais cette France bruisse. Le désormais possible futur Président de la République doit savoir que cette désignation est loin de faire l’unanimité, et qu’il y a un besoin urgent de faire une synthèse qui prenne en compte, non seulement les attentes de toutes les composantes du PS, mais également au-delà, celles des rangs des écologistes, des Mélanchoniens (nistes ?)…

Je ne fais qu’énoncer de criantes vérités. Il me reste devant les yeux, comme des larmes, les images d’avril 2002, puis de mai 2007, où la constante était au-delà de l’invariable : une gauche très insuffisamment unie, jouant contre elle-même. Que de finales perdues stupidement. Que de blessures dont les cicatrisations ne sont toujours pas complètes. Hollande a été choisi démocratiquement, dans un processus admirable. Quel que soit son parcours, ses erreurs, ses manquements passés, ses calculs pour en arriver là, il est le candidat qui peut renverser notre cassoulet national (la petite saucisse et les fayots autour).

Tout est en place. Un candidat légitime, un programme, une équipe. Martine Aubry, dans son discours de dimanche, m’a d’ailleurs semblé comme rassurée par le résultat. Je trouve qu’elle ferait un excellent Premier-Ministre. Mais pour cela, il faut la gagner, cette finale, ne pas sous-estimer l’adversaire même si, plombé par son bilan, il gesticule et aboie plus souvent qu’il ne mord, dans un ridicule haka désordonné et insignifiant. Il reste peu de temps, mais juste ce qu’il faut pour la gauche, pour travailler et parfaire la posture, la solidarité, l’humilité, l’abnégation, parce qu’il n’est pas concevable de perdre à nouveau.

Comme disait Roger Couderc, allez les petits…

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A nous de choisir

Ouf, c’est fini. Depuis la mi-septembre, les débats se suivent, mais finissent par se ressembler. Je n’y ai pas appris grand chose de fondamentalement nouveau, j’ai même l’impression de m’être ennuyé par moment. En fait, je n’attendais pas le clash magistral tant espéré par Copé, Morano et les hordes d’aboyeurs de droite, je ne redoutais pas non plus l’expression de divergences flagrantes, je restais en veille, sans zapper, presque uniquement pour mesurer la manière dont chaque candidat à la candidature allait répondre à la lettre ouverte envoyée par Arnaud Montebourg.

C'est vous qui décidezTout l’enjeu était là, finalement, puisque tous les autres battus du premier tour se sont rallié sans ambiguïté à François Hollande. Le programme de chacun, leurs motivations, leur manière d’exercer le pouvoir sont exprimées depuis longtemps, et je n’ai guère entendu de grande évolutions, au point de me demander si la fameuse lettre leur est bien parvenue. J’espère qu’Arnaud a bien mis un timbre sur l’enveloppe, et qu’il ne s’est pas trompé d’adresse ou de boite aux lettres… Les candidats ont bien parlé un peu des banques, comme d’autres sujets graves qui hantent notre quotidien, qui bloquent l’ascenseur social, mais cette retenue permanente, destinée à ne pas trop faire peur au potentiel électeur du centre-droit et autre déçu du grand bonimenteur, enlève la symbolique forte des mesures proposées par Montebourg, en les diluant jusqu’à les rendre quasi invisibles. D’ailleurs, il me semble bien que ce nom n’a jamais été prononcé par Aubry et Hollande.

Avec une nuit de recul, je suis même un peu déçu. J’ai assisté à un débat technique, relativement pointu et maîtrisé de part et d’autre. En la matière déjà, cela tranche avec l’usurpateur qui nous sert actuellement de président. Mais je n’y ai toujours pas senti de flamme humaniste, celle qui place l’Homme au centre du dispositif, pour lequel l’économie est un outil à son service, et non une fin en soi. On a effleuré les banques, le mix nécessaire entre maîtrise de la dette et croissance. Mais on n’y a toujours pas parlé de logement, de la condition étudiante, de l’indigence et l’indépendance de la justice, de la gestion de la dépendance. On n’a toujours pas parlé de l’armée des travailleurs pauvres qui ont chacun besoin de deux ou trois petits boulots pour rassembler péniblement un SMIG, et sur qui on fait peser la totalité des efforts à consentir. Pendant ce temps, on rembourse les impôts de Mamie Zinzin…

Entre Aubry et Hollande, il n’y a franchement pas grand chose, les positions sont souvent partagées. Il y a un affichage constant de mettre en œuvre des mesures justes, rationnelles, sincères et réalisables. L’un et l’autre sont bien préparés et capables de battre Toto 1er, parce qu’en fin de compte, il n’y a que la victoire qui compte, quel que soit celui ou celle qui la matérialisera, et il n’y aura pas de victoire sans unité, sans rassemblement. J’ai trouvé Martine un peu mieux, plus agressive qu’à l’accoutumée, et François moins fringant, en retard, souvent sur la défensive, sans que cela change mon impression du départ : pour le moment, je ne sais toujours pas quel billet je glisserai dans l’enveloppe dimanche.

Qu’est ce que l’un va apporter de plus que l’autre à la tête du pays ? Je n’en sais rien. La différence, comme souvent finalement, est une question de ressenti de la personne, de «feeling». On choisira un individu plus qu’un programme, puisqu’il est le même, et que l’équipe qui le mettra en œuvre, sauf grande surprise, sera issue de la grande famille rassemblée…

Votez Aubry, votez Hollande, votez blanc (pas Laurent), mais votez.

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Un nouveau regard

Pas facile de s’extraire de l’actualité politique. Chaque jour apporte son lot de nouvelles pareilles à l’étale du poissonnier d’un village gaulois célèbre et irréductible : pas très fraîches. En l’occurrence, il ne sert à rien de tourner autour du pot pendant 107 ans sans discontinuer et de pousser l’analyse au paroxysme : je ne vois pas trop comment les positions exprimées par Arnaud Montebourg peuvent êtres solubles dans les programmes des deux derniers protagonistes des primaires du Parti Socialiste, François Hollande et Martine Aubry, tant ils sont eux-même convaincus de disposer d’un «package» parfait.

Le débat de mercredi risque d’être plus qu’intéressant puisqu’en fin de compte, il faudra choisir celui ou celle qui non seulement devra battre Toto 1er, mais ensuite et surtout, il ou elle devra mettre en place un nouveau contrat social, un nouveau mode de gouvernance, une nouvelle manière de faire de la politique, afin de prévoir et non subir les éléments, afin de retrouver un peu plus de liberté.

A propos de liberté, le TGI de Paris se prononcera demain pour le filtrage du site copwatchnord-idf.org, une première en France. En fait, l’audience, en tout et pour tout, se contentera de demander aux FAI français Orange, SFR, Bouygues, Free, Numericable et Darty «d’interdire, sous astreinte de 2000 € par jour de retard, l’accès aux pages…» parce que le Ministère de l’Intérieur n’a pas trouvé l’hébergeur et ne peut donc pas l’assigner directement. Une bonne blague, c’est à la portée d’un débutant comme le démontre Bruno de l’excellentissime Turblog. Allez le lire, son éclairage sur le filtrage et les excès de la LCEN en la matière est limpide et édifiant.

Anduze, 21 janvier, des hordes (de jeunes) (assis) assaillent un gendarme...Le site incriminé est un peu particulier. Le «copwatch» est une pratique qui vient des Etats-Unis, et vise à faire connaître et dénoncer les dérapages de policiers dans l’exercice de leurs fonctions. On comprend que Guéant cherche à le réduire au silence. Si le sujet est intéressant, légitime même, au vu du comportement indigne des forces de l’ordre dans les manifestations, notamment à Anduze le 21 janvier et à Lille ce 8 octobre, le procédé a ses limites, engendrant encore plus de violence au travers de représailles imbéciles. Mais dans tous les cas, le filtrage de l’accès à un site un brin marginal, très peu connu jusqu’alors, ne résoudra en rien ce problème, et les moyens de contournement doivent déjà être en place. A moins que l’objectif du pouvoir actuel ne soit ailleurs… L’affaire en question est un peu tordue, j’en conviens, mais la réalité est là : l’arsenal législatif existe pour, avec une formulation vague à souhait, réduire quiconque au silence, pour «prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage occasionné par le contenu d’un service de communication au public en ligne».

Après le récent cafouillage de Hollande sur HADOPI, j’attends aussi de vraies propositions de la part des 2 candidats sur les libertés individuelles et d’expression. Le gouvernement actuel a élaboré des lois particulièrement restrictives de liberté et répressives, dont les véritables objectifs restent inconnus du grand public. Je serai sensible à l’annonce de leur abrogation parce qu’une démocratie digne de ce nom, attachée aux grands principes de liberté et des droits de l’Homme, ne saurait supporter plus longtemps de tels errements.

Le monde change, la politique et la manière de la pratiquer doit changer aussi.

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Ce n’est pas encore gagné

Ce dimanche est à marquer d’une pierre blanche. Réaliser une telle consultation en mobilisant des ressources propres à l’exclusion de toute autre, en mettant sur pied une organisation remarquable, transparente et fiable, est incontestablement une grande réussite. Chapeau, les bénévoles, un bel exemple de démocratie, comme notre société n’en comptait plus depuis longtemps. Sur le plan politique, l’ensemble de la démarche l’est tout autant, à la seule différence que le processus n’est pas fini. Il reste le second tour, avec en ligne de mire, le plus important, les scrutins présidentiels et législatifs.

Les bulletins du premier tour des primaires PSLes résultats et les grandes analyses sont disponibles un peu partout. On parle de surprises, bonnes ou mauvaises, on s’étonne de certains scores. On entend un peu l’opposition, avec des critiques aussi crédibles que les résultats des crash-tests de Dexia et des banques françaises… Pour ma part, je ne suis pas surpris du faible écart entre François Hollande et Martine Aubry, pas surpris non plus de la poussée d’Arnaud Montebourg, que j’aurais espéré un peu plus franche, et encore moins de la dégringolade de Ségolène Royal, talonnée de très près par Manuel Valls. Jean-Michel Baylet est content, il a existé, et s’est donné du temps de parole pour exprimer les idées des radicaux. Pour une fois, j’ai vu des gens se rendre au bureau de vote pour choisir, et non pour voter «contre» quelqu’un ou quelque chose. Cela change vraiment tout.

Ce premier tour de primaire permet surtout de dresser une photographie grandeur nature des aspirations des militants et sympathisants du Part Socialiste, la composante la plus importante de ce qu’on appelle communément «le peuple de gauche», mais pas la seule. Compte tenu de la participation, cet état des lieux est particulièrement pertinent et doit éclairer les responsables socialistes. Il doit notamment permettre d’affiner le programme de celui, quel qu’il (elle) soit, qui sera chargé de renverser le monarque actuel au nom du peuple. Cette opération n’est pas une sinécure, parce qu’entre Hollande et Aubry d’une part, Montebourg de l’autre, les écarts se sont creusés, affichant des positionnements bien différenciés, presque opposés. Pour récupérer les voix du nouvel homme fort du PS, il va falloir effectuer des danses du ventre bizarres et bien des circonvolutions contre-nature. Mais c’est là tout le charme de la vie politique : se mettre au service des français, de leur aspirations, de leurs désir d’avenir…. La réussite passe par là.

Le PS vient de gagner haut la main le quart de finale. C’est très bien mais en soi, cela ne sert à rien s’il ne va pas plus loin, s’il ne parvient pas à faire la synthèse du message que lui ont envoyé les français ce dimanche d’automne pluvieux. En l’état, c’est un bulletin blanc que je placerai dans l’urne dimanche, pour le second tour, car pour l’heure, je ne me reconnais pas en Hollande, très insuffisamment positionné à gauche, et encore moins en Aubry, en technicienne froide et sans passion. J’attends de leur part, lors du débat de mercredi, qu’ils montrent leur capacité à écouter le message qui vient de leur être adressé, et le traduire en propositions, et surtout à rassembler sans céder à la démagogie. Je mettrai alors un nom sur mon papier blanc, et il sera alors temps d’aller remporter la demi-finale. Ensuite, il faudra encore remettre l’ouvrage sur le métier, cent fois, mille fois, écouter toujours et encore, proposer, rassembler, pousser et convaincre, pour la grande finale.

Parce qu’en mai 2012, il est inconcevable de la perdre…

PS : dans la foulée, vous pouvez voter pour Romain

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Dimanche, allez voter

Depuis des années, je demande aux gouvernements européens de se décider à taxer les transactions financières pour rembourser la dette créée par la crise. La reconquête de l’indépendance financière de l’Europe est la seule condition crédible et viable pour sortir raisonnablement de la crise.

Depuis des années, je milite pour l’interdiction de transactions à destination et en provenance des paradis financiers et fiscaux qui sapent les finances et le pouvoir des Etats.

Depuis presqu’un an, je propose avec constance un démantèlement des agences de notation, devenues des dangers publics, complices des marchés dans la crise économique et financière, tant il n’est plus à démontrer qu’elles portent des appréciations erronées et trompeuses et qu’elles pataugent dans le conflit d’intérêt.

Depuis plusieurs mois, je propose le rachat par la banque centrale européenne des dettes générées par la crise, la mutualisation de celles-ci et leur gestion par une agence européenne de la dette car chaque pays européen ne peut rien isolément contre la spéculation. Cette agence serait en charge de racheter une partie de la dette des Etats et d’émettre des obligations européennes (euro bonds) garanties de manière solidaire. Un tel dispositif allégerait le coût de l’endettement et consoliderait le rôle de l’euro comme monnaie de réserve. La France et l’Allemagne pourraient en initier le mouvement, sur une base bilatérale, avant d’en élargir la proposition à d’autres Etats de la zone.

Depuis plusieurs mois, je propose un plan de désendettement européen en mettant à contribution obligatoire les banques qui devront abandonner partie de leurs créances, car il est hors de question de faire payer la facture de la crise financière aux classes moyennes et populaires d’Europe. Une décote obligatoire et générale de 30 % des obligations d’Etats grecques serait pourtant facilement absorbable par les banques. La mise sous tutelle de certaines banques serait une seconde étape.

Arnaud MontebourgDepuis toujours, je dis que l’austérité n’est pas la solution et qu’elle entretient la crise au lieu de la combattre. Le respect d’un déficit de 3 % en 2013, en France, signifierait une levée d’impôts de 30 milliards d’euros dans la loi de finance à l’automne 2012. A la fois intenable socialement, elle serait de surcroît contre productive car de l’avis de beaucoup d’économistes, il convient de soutenir et non d’étouffer la reprise de la croissance et des recettes fiscales associées.

Extrait du site arnaudmontebourg2012.fr

Ce n’était, et de loin, pas mon choix initial. Je partais sans idée préconçue, et à la lumière des événements et des débats, ma position a évolué. Dimanche, je donnerai ma voix à Arnaud Montebourg.

Dimanche, vous aussi, exprimez-vous, participez à cette primaire !

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Non, pitié, pas le 8 !

La presse n’en parle guère, mais le temps est arrivé. L’accouchement tant attendu est imminent. De sources concordantes à plusieurs niveaux hiérarchiques, comme dirait l’Express, la clinique de la Muette, dans le 16ème arrondissement de Paris, est prête depuis plusieurs jours à accueillir l’enfant divin, fruit des amours vraisemblables de Toto 1er et d’une belle italienne. Le quartier est bouclé par les forces de l’ordre comme pour une visite de Barak Obama, et un étage entier, briqué de pied en cape, est à disposition de Madame. Un accouchement très banal, en somme, comme pour Madame Toutlemonde.

Tout cela est un non-événement. Vous savez tout de mon admiration pour le couple présidentiel, et en parler me coûte beaucoup. Mais il m’en coûterait encore plus si la naissance de ce pauvre gamin intervenait le 8 octobre, jour de MON anniversaire, comme Crocodile Dundee (Paul Hogan) et Sigourney Weaver. Ce jour est mon jour, le seul, l’unique, au milieu de 364 autres où je suis le Roi, le centre de l’univers, à déguster un gâteau fabriqué à ma seule intention, pour ma seule et incommensurable gloire… Je ne suis absolument pas disposé à partager mon seul jour de pouvoir avec ce futur braillard, certainement charmant au demeurant, mais qui captera immanquablement toute l’attention du monde entier, et marquera cette date de sceau indélébile. Je n’ai qu’un seul jour, et on me le prendrait ? Cela m’est insupportable.

Jusqu’à présent, la presse a tenu sa langue : on ne trouve quasiment pas d’informations sur le sujet. Mais en face des primaires à gauche et de l’image responsable qu’à donné le PS, nul doute que la ponte va provoquer une salve de hourras assourdissants et spontanés, et masquer la marche du reste du monde. Je n’irai même pas jusqu’à dire que Toto a manigancé tout ce tapage à venir. C’est un prédateur politique, un manipulateur, capable de tout, même d’échafauder de telles mises en scène. L’image d’une fabrication d’un «bébé-médicament» destiné à redorer, aux yeux d’une tranche d’âge de la population sensible à l’image du père attentionné, un blason passablement rouillé, me traverse cependant l’esprit trop souvent, et s’il en était ainsi, je trouve le procédé humainement choquant. Dans l’ignominie comme ailleurs, il n’y a plus guère de limites.

Pour l’heure, la maréchaussée attend l’arme au pied. La descendance aussi, visiblement pas trop pressé de changer de bain. Je souhaite d’avance au petit bout tout le bonheur du monde et beaucoup de courage. Pauvre petit ! Lui n’est responsable de rien, il n’a pas choisi ses parents. Il commencera sa vie en ayant déjà plus de voix que sa mère, bien moins de mouvements incontrôlés que son père, et va grandir à l’abri du besoin, ce qui n’est déjà pas si mal. Ensuite…

Choisir la Muette pour un grand bruit, c’est cocasse…

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Un peu primaire

Le premier débat entre les prétendants du PS à la succession du Lider Minimo est derrière nous. Cet exercice à peu près unique en France devait permettre aux 6 candidats de décliner à leur manière un programme déjà élaboré, d’y ajouter une touche personnelle, d’y apporter la force de leurs convictions. Après presque 3 heures de présentation et d’échanges convenus, mon impression est un peu mitigée. Un seul personnage a crevé l’écran : David Pujadas pour le format de l’émission, impropre à un vrai débat, et la pertinence de ses questions, passant sans cesse à côté des vrais problèmes de société.

Les débats au KdB, merci @intox2007 ;-)Bien préparé devant mon poste, comme pour un match de l’OL, avec en réserve la même limonade que celle servie au KdB, je n’avais aucun a-priori sur les personnalités en présence, sauf peut-être concernant Manuel Valls, aucun favori, aucun poulain à pousser. Un Président, c’est évidemment un programme (malgré ce qu’en dit Nicolas), mais c’est surtout une personnalité. Et c’est précisément cette facette qu’il me faut attraper. Pour cela, il y a bien les rencontres, les meetings, ces grands shows à l’américaine, mais tout y est formaté, préparé, minuté… donc peu spontané et objectif. En ajoutant la possible confrontation d’idées en direct, l’événement semblait intéressant à suivre.

Autant le dire tout de suite, je suis resté un peu sur ma faim. Les favoris m’ont paru un peu en dedans. Ségolène lisait sa présentation en bafouillant, visiblement tendue, mais s’est libérée ensuite. Elle me semble manquer de sérénité et de spontanéité. Elle récite scolairement son discours et laisse transpirer sa soif de vengeance : elle n’a toujours pas digéré sa défaite de 2007 et ressasse. Martine fait le job. C’est sans passion excessive, sans surprise, c’est Martine… François est pugnace, et ne se laisse pas démonter par les questions. Pour un ancien flan, il a de la tenue, du corps, de la prestance, incontestablement une stature d’homme d’état. Jean-Michel, le seul non PS, entend montrer sa différence. Son accent chantant fait sourire. Il y a des idées nouvelles, comme le fédéralisme européen. C’est un peu brouillon mais sympathique, comme le Sud. Arnaud est vif, fait un constat lucide et propose purement une révolution à laquelle je ne suis pas loin d’adhérer. Enfin Manuel… Je me demande encore comment il peut se prévaloir d’une quelconque idée de gauche.

A l’heure de savoir qui a tiré son épingle du jeu de la première confrontation, j’ai finalement un peu plus de questions à trancher. Le débat a montré quelques différences, notamment sur la proportion de sortie du nucléaire. Mais les sujets ont été mal servis. Il y avait mieux à faire que d’évoquer la légalisation du cannabis, ou le retour de DSK. Absolument rien sur l’égalité homme-femmes, sur la condition étudiante, le renoncement à se soigner, le handicap, la dépendance… En l’état, c’est Arnaud Montebourg qui m’a paru remporter la mise. Il y a beaucoup de vérité dans son discours. Son constat est implacable, et le besoin de renverser les lignes actuelles est plus que nécessaire. Il reste aussi le seul à clamer qu’il faut rassembler toutes les gauches.

Seulement voilà : il manque cruellement d’étoffe, et s’il sort vainqueur de la primaire, on repart pour un tour avec notre nabot, ce qui n’est pas un seul instant envisageable… Donc ?

On va attendre le second débat.

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Premier hors-jeu

Le maître mot actuel pour tout qualifier est invariable. Ainsi, que l’on coure en pointes sur un tartan, en crampons derrière un ballon, où que l’on discoure sous les ors de la République, tout n’est qu’austérité. Rien que cette nuit, la copie rendue par les footeux en Roumanie est aussi pâle et étriquée que celle laissée par nos parlementaires statuant sur le milliard à dégager dare-dare et préserver ainsi le triple A.

Mon rythme à moi est encore un peu ralenti, mais petit à petit, je retrouve les réflexes : écouter, lire, suivre les candidats à la primaire socialiste et les autres, surtout les autres… Ce n’est pas encore un marquage «à la culotte», mais on s’y approche, parce que les échéances arrivent, et qu’il faudra bien, le moment venu, choisir en connaissance de cause.

Manuel Valls, le regard vers la droiteCertains défendent depuis longtemps leur poulain ou pouliche. Certains vont même jusqu’à les rencontrer, mais à l’heure de la communication quasi intrusive, ce n’est plus guère utile. J’ai personnellement souvent été déçu des rencontres avec des personnalités, sourire «Ultra Brite» à tous les étages, trop soucieuses de leur image globale, mais oubliant simplement de vous regarder dans les yeux au moment de vous serrer la pogne. Ne serait-on qu’un bulletin parmi d’autres dans une urne ?

Concernant les candidats à la primaire socialiste, mon choix n’est pas encore fait. Mais l’un d’eux est déjà hors-jeu. Invité mardi du Grand-Journal de Canal, Manuel Valls n’a pas résisté longtemps au jeu des questions-réponses de la pourtant bien fade Arianne Massenet. Que l’on ne connaisse pas le vainqueur du dernier Tour de France, voire même le montant annuel de la Redevance de l’audiovisuel (j’en suis tout autant incapable, bien que travaillant au Ministère des Finances…) ne me semble pas bien important. Mais que le premier Magistrat d’un ville d’un peu plus de 50.000 âmes méconnaisse le nombre d’écoles maternelles dont il a la charge me sidère. Pire, hésiter visiblement embarrassé et avancer au hasard un ordre de grandeur comme «une dizaine» montre, outre sa méconnaissance du tissu social, son détachement de la chose publique et de sa mission d’élu au service de la collectivité. Pour la petite histoire, il y en a 17.

J’hésite entre «fin de partie», et «carton rouge». A ce niveau, ne pas se rendre compte que 10 écoles maternelles pour 50.000 habitants est un nombre particulièrement ridicule, c’est… irresponsable, et indigne d’une personnalité briguant les plus hautes fonctions de l’Etat. L’école doit être placée au centre de la société. Elle a certes un coût, mais c’est sur elle que se bâtit un pays. Un des tout premiers facteurs d’exclusion est le manque d’instruction. Comment, en grand professionnels que sont nos personnalités politiques actuels, peut-on être sec sur ce genre de sujets ?

En fait, cette élimination n’est pas vraiment une surprise. Bien à droite de la gauche au point d’empiéter presque entièrement sur son voisin, Manuel Valls exprimait des idées souvent proches de l’UMP, assez loin de l’esprit redistributif et régulateur attendu par le peuple de gauche. Pourtant, il a le mérite de soulever des problématiques peu abordées dans son camp, comme la sécurité et l’immigration, assez souvent éludées par le PS qui se contente de critiquer sans vraiment aborder le fond. Pourtant, des réponses humanistes sont possibles, et j’en reparlerai bientôt. Inutile de se cacher derrière son petit doigt : l’élection de 2012 se fera presque exclusivement sur ces sujets. Ils mobilisent plus que la crise. Le preuve ? Pas de mobilisation, pas de grève en vue. Le calme plat.

J’attends la tempête. Je m’y prépare.

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Hollande à la baguette

Je suis tagué par Nicolas. C’est ma première chaine de blog, yessss, ça s’arrose. Je suis tagué, enfin, donc cet après-midi, le sujet est imposé. Ca me change un peu des 108 précédents. Lancée par Dédalus, la question, également posée à Rimbus, Le Coucou, Cycee, Melclalex, Gabale, Arnaud, Vogelsong, Juan, Romain, Sylvie, Ronald, Abadinte, Yann, et aussi à Cuicui, Tracker, Lucia Mel, Bembelly, MHPA, Nicocerise, Marie, Zette, Nicolas, Lolo, auxquels j’ajoute Le Grumeau et Des pas perdus, est de prévoir qui va sortir ses oreilles en premier du chapeau des primaires du parti socialiste cet automne.

Wouahhh, le joli lapin...Entre ceux qui ont entamé le spectacle, ceux qui répètent leur gamme en coulisse, ceux qui se tâtent ou y vont à reculons, la situation a le mérite, selon moi, d’être limpide. François Hollande a acquis du coffre de manière inversement proportionnelle à son poids. Il est sûr de sa dextérité, il est devenu un tribun convaincant, habile et réactif, et a des propositions à faire, qu’il exposera après parution de ces lignes… Arnaud Montebourg est prêt aussi mais manque de foncier. Il est là pour se montrer, pour faire l’assistant d’un autre maitre et se préparer dans l’ombre…

D’autres grands mages peaufinent encore leur tour. Ségolène Royal sait qu’elle a affaire à plus fort qu’elle. Sa dernière prestation lui coûte encore, et la pente est vraiment dure à remonter. Manuel Valls, dont le numéro est jugé un peu extrême pour la profession, a un peu de mal à exister et ne peut guère espérer grand chose. Les quelques autres, Benoit Hamon en tête, sont anecdotiques.

Reste la question du patron du barnum et de la sommité internationale, nullement pressés de se déterminer, d’autant que tout laisse à penser que ni l’un, ni l’autre ne participeront ensemble au concours. Martine Aubry, en chef de clan ayant clairement réussi sa mission de reconstruire une espérance, serait légitime pour défier la calamité qui sert actuellement de chef d’Etat. Son attitude, ressentie comme un manque d’envie, m’apparait plutôt comme un signe encourageant, mettant de côté son ambition personnelle pour soutenir le candidat (peut-être elle) le plus rassembleur possible pour son parti et la gauche, donc capable de gagner enfin.

Dominique Strauss-Kahn doit y penser tout les matins, en se rasant. Mais il sait aussi qu’en tant que directeur du FMI, une partie du peuple de gauche ne lui donnera pas ses voix car il lui est impossible de cautionner les mesures que son organisme met en place partout dans le monde pour combler d’artificiels déficits, ce fabuleux tour de passe-passe pressurant les petites gens sans égratigner les fortunes et puissants.

Au final, si DSK reste dans les coulisses au FMI, il se pourrait bien que Hollande l’emporte d’une oreille sur Aubry, et que la distribution des médailles évoquée par Nicolas ne soit pas si farfelue que cela… Rideau, et applaudissements.

Le 10 mai 1981, j’avais 18 ans, et je ne m’en rappelle plus. Trop de bulles…. Ce serait bien à revivre.

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