Le ballon, le ballon !

C’est l’Euro de foot, c’est incontournable, personne n’y échappe. Mais le grand cirque des arènes et des fanzones méga sécurisées, avec le barnum ultra consumériste qui les accompagne, ça m’agace au plus haut point. Pas question donc de laisser à l’UEFA et ses sbires le moindre centime puisqu’ils se sont déjà servis : tout ce qu’ils gagnent ne passera pas par la case fisc… Jackpot, que du net ! Moi, je fuis.

Pour le reste, il faut avouer que pendant ces quelques jours, ce fut la fête dans les rue, les places et les jardins, à grand coup de ballons et de chopines. Jusqu’à dans les rues étroites du Vieux-Lyon, pas forcément adaptées aux dribbles chaloupés et autres « bicyclettes ». Jugez plutôt : que croyez-vous qu’il se passe quand un groupe de plusieurs centaines de supporters de diverses couleurs est privé de ballon, envoyé par mégarde – ou pas – dans une fenêtre ouverte d’un premier étage…

par @RodolpheKoller

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Champion du monde

Impossible de me défiler, il y a 15 jours, quand ma fille m’a supplié de l’emmener à l’avant-première d’un biopic sur un sportif singulier et quasi inconnu. J’ai cédé devant son insistance, mais aussi parce que la projection se faisait en présence de l’équipe du film, ce qui est somme toute fort rare et potentiellement intéressant. Me voilà donc embarqué dans une histoire dont je ne soupçonnais pas vraiment la portée.

Je ne suis pas cinéphile et vais rarement au cinéma. Depuis peu, j’ai même renoncé à certaines affiches tant la contrainte démesurée de subir les publicités d’avant projection est longue et pesante. Mais cette fois, rien. En guise d’ouverture, Jacques Ouaniche, réalisateur, et Brahim Asloum, ex-boxeur émérite et principal acteur du film sont venu présenter «Victor Young Perez», ou l’ascension fulgurante d’un enfant de Tunis à la destinée tragique, champion du monde de boxe à 20 ans dans les années 1930 mais passé dans l’oubli jusqu’à ce jour.

Brahim Asloum est Victor Young PerezLa boxe n’est pas ma tasse de thé non plus, et un film sur le sujet m’aurait plutôt laissé indifférent. Mais il faut avouer que je me suis laissé porter par cette évocation remarquablement interprétée par un Asloum surprenant. S’il reste dans un rôle sur mesure, bien dans ses cordes quand il s’agit de l’ascension vers la gloire et les exploits pugilistiques du jeune tunisien, l’ancien champion olympique et champion du monde est carrément bluffant en déporté dans les camps de la mort. Pour une première apparition à l’écran, c’est formidablement réussi.

Mais derrière l’écran, derrière l’histoire de ce jeune boxeur, il y a un message qui ne me laisse pas indifférent, qui me fait serrer les dents de rage comme un boxeur. Né juif en Tunisie, comme l’a expliqué avec justesse Brahim Asloum après la projection, Victor Younki, son vrai nom, est passé de l’ombre à la lumière pour finir prématurément sous la barbarie nazie. Français quand cela arrangeait la France, que tunisien pour d’autres, mais surtout juif, ce fond grandissant d’antisémitisme et de xénophobie de l’entre deux guerres me rappelle avec tristesse la période actuelle avec ses relents de plus en plus puants de racisme banal et ordinaire, décomplexé et gratuit. Avec un tout petit peu de recul, on y perçoit des analogies bien actuelles, cette lente mais bien réelle évolution, encouragée par l’état de crise, la misère, la peur de l’avenir. Il est plus que temps d’en prendre toute la mesure avant d’en arriver aux drames.

Reste enfin que Brahim Asloum m’a vraiment impressionné, à l’écran comme à la ville. Lors du débat, il a montré un esprit, une réflexion aboutie, une clairvoyance et une simplicité peu commune, boxeur ou pas. Pas d’esquive ou de pirouette, avec ce jeu de jambe qui m’a fait défoncer mon canapé devant ma télé lors des jeux olympiques de Sidney, il a évoqué quelques sujets du moment avec intelligence et sensibilité qui, quelque part, m’ont réconforté face à la bêtise du quotidien garni de singes et de bananes.

Un vrai champion. Chapeau bas Monsieur Asloum. Allez le voir.

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La mer à boire

La politique me saoule, et c’est peu de le dire. De toute façon, on plie les gaules non pas vendredi prochain mais samedi vers 0h30 puisque selon les écrits mayas «le cinquième soleil prendra fin le 4 Ahau 3 Kankin», soit au coucher de soleil en toute vraisemblance au Grattez-moi-la le 21 décembre 2012 qui se fera vers 17h30 heure locale, soit avec le décalage horaire le moment cité plus haut.

Alter-Oueb franchissant le cap de Bonne-EspéranceAlors, pourquoi ne pas faire une nouvelle expérience, comme, une idée parmi tant d’autres, faire un tour du monde avant de le quitter pour cause de fin du monde ? Et je me suis lancé, je suis parti. Depuis le 3 décembre, Alter-Oueb navigue avec plus de 400.000 autres bateaux autour du monde, dans cette grande course qu’est le Vendée Globe, mais bien au chaud, sans embruns, devant un écran, virtuellement… Euh oui, c’est virtuel. D’une, je n’ai pas le budget et pas franchement le courage d’un tel engagement. Et de deux, si jamais cette fin inéluctable n’avait pas lieu, j’aurais l’air malin de tout avoir laissé tomber, comme ces quelques zozos qui ont tout vendu, tout plaqué avant le jour fatidique. La course, la vraie et la virtuelle, est partie le 10 novembre des Sables d’Olonne et se déroule avec les mêmes règles et la même météo.

Mon bateau l’a prise en cours, le 3 décembre, et a été positionné vers la 260.000 ème place. Il fonce vers la Porte Crozet, au sud de Madagascar, désormais au alentour de la 187.000 ème ! Je ne suis pas marin pour 2 sous. Je n’ai jamais habité près de l’eau, mon sang est alsacien et non breton, mais j’ai vite appris à choisir la bonne voile, à prendre le vent avec le bon angle, et à aller le chercher en étudiant les prévisions météo. C’est prenant car pour avancer, il faut quelque fois modifier plusieurs fois par jour les trajectoires en fonction du vent. Pour les accros à l’imachin, il y a l’appli ad-hoc, comme le capitaine, pour suivre votre coquille de noix et déjouer les pièges des anti-cyclones.

Le bateau d’Alter-Oueb est basique, sans options qu’on peut obtenir contre monnaie, comme la personnalisation à ses couleurs, des voiles supplémentaires, un pilote automatique qui maintient l’angle au vent, etc… Comme il fallait en choisir une embarcation, Alter-Oueb a pris le monocoque aux couleurs de Saveol, de Sam Davis, fabuleuse 4ème lors de l’édition 2008, et qui a dû abandonner sur démâtage. En plus, c’était la seule fille du plateau, et je préfère ce style de compagnie plutôt que celle des mecs, de surcroît marins bourrus.

Si vous avez envie de suivre mon Alter-Oueb dans son parcours, ou même envie de participer à cette aventure, c’est sur www.virtualregatta.com. Il n’est pas trop tard.

Dans ce cas, avertissez-moi pour qu’on puisse se tirer une bonne bourre ensemble.

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Le baptême du feu

Personne ou presque ne m’a cru, un certain 1er avril, lorsque je déclarais ici même prendre ma retraite footballistique pour me tourner vers une activité sportive plus exotique : le curling. Cela a fait bien rire mon entourage, mes collègues, et même mon médecin, à qui je demandais de m’établir un certificat médical d’aptitude pour cette exigeante discipline. Peu de praticiens peuvent de vanter d’avoir délivré un tel document, et le mien ne s’en prive pas.

Massilia Curling CupC’est ainsi que depuis avril, j’ai découvert un autre monde, qui pousse avec grande application des pierres de granit poli de presque 20kg d’un bout à l’autre de la patinoire. A ma grande surprise, après quelques jets, on fini rapidement en t-shirt sur la glace, accroché à son balai. D’ailleurs, à ce qu’on dit, c’est dans ce domaine que ma marge de progression est la plus importante… Je ne peux décemment pas feindre d’être surpris.

La grande première, c’est pour demain : je vais participer à mon premier tournoi : la Massilia Curling Cup, au pied de la Bonne Mère à Marseille, en compagnie d’équipes venant de Suisse, de Canada, d’Italie, de Pologne et de République Tchèque, excusez du peu… D’une pierre, je fais d’ailleurs 2 coups puisque je vais également découvrir une ville jusqu’alors inconnue pour moi. La première, bonne ou mauvaise, ne se perd jamais, elle grave la mémoire, elle alimente ensuite nombre de conversations et de tournées au zinc. De surcroît, au vu des clients en présence, je pense que le plus dur sera de tenir son rang à la buvette. Je vais commencer mon échauffement dès ce soir : une petite bière sur la Canemousse, à la fraîche…

Ca va être chaud. Si vous passez par là, n’hésitez pas, entrez. Résultats lundi, promis.

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A quoi joue JMA ?

Après pas mal de jours loin des claviers, vacances oblige, j’entreprends un travail d’approche de prudence afin d’être prêt le jour de ma rentrée professionnelle, le 13 septembre. Il faut recommencer progressivement, la blessure bête n’arrive pas qu’aux autres. Avec l’âge, on prend de la bouteille, et en la matière, certains blogueurs (et blogueuses) que je connais ont pris une avance monstrueuse…

Jean-Michel Aulas, qui a déjà annoncé qu'il ne fera pas de politique, ouf...Je ne suis l’actualité que de loin, et je ne me risquerai pas de commenter quoi que ce soi en ce moment. Ainsi, pour reprendre le rythme, je vais faire dans du léger, quoi que : je me suis laissé inspirer par l’Olympique Lyonnais et son bouillant président qui a laissé son gardien de but filer à l’anglaise.

Je n’y connais rien à la haute finance sinon je ne serais pas fonctionnaire ni dans les petits papiers de l’OL. Mais je suis un observateur suffisamment averti pour être plus que dubitatif sur la manière récente de gérer une maison qui a été présentée il y a peu comme un modèle absolu en France tant sur le plan sportif qu’extra-sportif. Jean-Michel Aulas, dit JMA, est en passe de casser chaque jour davantage son jouet. Tombé dans son escarcelle en 1987, végétant en 2ème division, il a patiemment et intelligemment construit le club jusqu’à l’apothéose : 7 titres consécutifs, un jeu de rêve, un spectacle grandiose chaque week-end à Gerland. Du travail de président présent, omniprésent même…

Ensuite, je n’ai plus tout compris : comment un homme d’affaire à qui tout souriait et aussi averti a t-il pu faire autant d’âneries ? A la limite, je peux comprendre les erreurs de casting. Un joueur de foot, un entraîneur, comme une mayonnaise, cela ne peut pas prendre à tous les coups. Mais je ne comprends pas leur fréquences rapprochées et surtout les sommes colossales liées : Keita (16M + 2M + 2M), Makoun (15M), Gomis (15M), Cissokho (15M) pour ne citer que ceux-là, pour des joueurs pas franchement mauvais, mais pas exceptionnels non plus pour ce niveau de prix… Après Kallström bradé, c’est Lloris, un pilier de l’équipe, un des meilleurs du monde à son poste, une référence en terme d’image qui est abandonné pour 10 millions d’Euros alors que JMA en voulait 15… Je peine à comprendre la partie que mène Aulas pour son club au regard du standing et des objectifs affichés.

On est loin de la gestion «en bon père de famille». Le secteur d’ailleurs ne s’y prête guère mais quand même : l’entrée en bourse (90% de la valeur d’introduction perdue…), l’engagement d’une voiture de course il y a 2 ans, et l’avancement chaotique du dossier du Stade des Lumières s’il voit le jour, sont autant de maladresses incompréhensibles à ce niveau. Aucune erreur n’est assumée, n’est analysée et ne sert de leçon. Le succès et la gloriole lui est monté à la tête, et vraisemblablement même au delà. On continue d’invoquer les acquis et l’expérience des années 2000 mais tout a disparu. En désertant le «cœur de métier», en laissant sans encadrement à poigne les joueurs, ils se sont tous spontanément transformés en dinosaures et en pharaons, et il feint de s’en étonner ! C’est carrément drôle.

Aujourd’hui, le club est à reconstruire de fond en comble. Pour JMA, il est temps de passer la main. Vite.

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La vida es una tombola #radiodesblogueurs2012

J’ai zappé la désormais célèbre opération «la radio de l’été» de l’ami Lolo. J’étais alors très loin des blogs, loin du monde normal, loin des joies de la saison du soleil et des vacances. Mais l’été n’est pas fini, loin s’en faut. Alors je vais faire comme Vivre Au Brésil, C’est Cool, C’est Pas Cool, Une Fille à Lyon…, Très Cher(e)… , Stephanegillet.com, Simone, Shoppette, Sandra, Saint Pierre Des Corps, C’est Où ça ?, Riggs, Reservus…, Radiohern, Radiblog, Petits Propos Décousus, Perambulons !, Les pages du petit bonhomme, Oh Océane , No Surrender, Nipette Le Blog, Moimateo & Band, Mes Mecs Et Moi… Et Moi… Et Moi… Et Mouah???, Mademoiz’Elle, L’irrégulière Le Blog Cultur’elle, L’herbe Folle, L’atelier D’à Côté , Lovely Materials, Lou Caùter, Lolita, Les Secrets De Pimousse, Les Petites Choses Simples, Les Must Have De La Parfumerie, Lemonasty, Les Intrigations De Pierre D, Les Fleurs Rebelles , Les Facéties De Ceriat , Les Délices D’alice, Les Chroniques D’une Miss, Le Goût Des Livres, Le Bruit Des Pages, Le Blog De La Chauve-souris, Lady Madd, La Maison Du Faucon, Jade Aux Pieds Nus, Isabelle Passions, Humeur Du Jour, Gularu.fr, Framboize, Et Soudain…, Espaces, Instants, Enfin Moi, Du Petit Monde De Gildan, De Tout Et De Rien, De Mes P’tites Mains…, Croque Madame, Cupcakes Music Tea, Crise Peche Abricot, Coreight, Color Moon, ClumsyBaby, Chez Erwan, Ce Que Je Vis, Blog De Arnaud Mouillard, Baz’art : Des Films, Des Livres…, À La Recherche Du Temps à Perdre, Au Fil D’isa, Antiblues , Airdefilm ~ Un Cerveau Par Personne, ~*hatter June*~, La Boite à Musique De La Dame Au Couteau à Dent entr-autres, et proposer quelque chose de sympa et qui bouge.

Manu et «Papillon», un nabab et un SDF bras dessus, bras dessous...J’ai choisi un poids lourd de la musique, Manu Chao, qui me rappelle pleins de choses. L’ami Manu, j’ai eu le grand privilège de lui serrer la pogne durant l’été 2003, au grand rassemblement anti OMC organisé sur le plateau du Larzac. Bénéficiant d’un pass presse pour faire des photos de l’événement, j’ai pu échanger avec lui quelques mots après la balance de l’après-midi pour le concert du soir. Je me souviendrais longtemps de cette rencontre avec un homme simple, certes conscient de sa place particulière, mais qui porte un regard lucide sur le monde. Alors que je le remerciais d’être la voix de sans-voix en exprimant en mots simples les mêmes révoltes et les mêmes souffrances où qu’on se trouve sur la planète, il m’a simplement répondu, presque en s’excusant, que seules les masses faisaient bouger les lignes, et que nous seuls avions le poids nécessaire pour bousculer l’ordre établi, pour changer vraiment les choses…

J’y avais rencontré «Papillon», un bénévole du coin, moitié SDF, moitié cabossé de la vie, au cuir tanné par le soleil écrasant et par l’alcool aussi… J’ai fais cette photo pour lui. Il a du la garder longtemps, comme un trésor. Un nabab et un miséreux, bras dessus, bras dessous, c’est beau. J’ai gardé le contact avec lui quelques années, puis il a disparu. Si par hasard, il passait par ici, qu’il laisse un commentaire, cela me fera bien plaisir.

La vie est une tombola dit l’artiste. Comme celle de Diego Armando. Né dans la grande misère, «El Pide de Oro» a tout connu, tout gagné, tout perdu. Mal préparé à la célébrité, totalement immature et incapable de gérer sa vie, il a comme Icare, approché de trop près le soleil pour avoir voulu se confondre avec lui, pour retomber douloureusement et se briser. En fait, Maradona aura été autant acteur que victime d’un monde totalement fou qui marche sur la tête et sur lequel il n’avait que peu de prise. Devant l’évocation de sa vie tourné par Emir Kosturica, on ne reste pas insensible devant le footballeur à la fois génial et manipulateur, à l’homme qui prend conscience par moment au mal qu’il fait à lui-même, aux siens et aux autres, et au monde complètement pourri et corrompu qui l’entoure.

Vas-y Manu, joue…

Si comme moi, vous n’avez pas encore proposé votre tube de l’été pour la radio des blogueurs, il n’est pas trop tard : 1/ choisir une chanson, 2/ faire un bobillet, 3/ faire un lien sur le billet de lolobobo, 4/ linker des copains/copines, ce dont je vais me passer vu que je dois être le dernier de la chaîne…

Dès vendredi, je pose mon tablier pendant 3 semaines pour me mettre en mode «semi-off» bien mérité.
A bientôt, et soyez sages !

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Le rang de la France

Les Jeux sont finis. Ce grand miroir aux alouettes où tout le monde est grand, beau, gentil et sympa, est retourné se cacher dans son carton pour renaître dans 1300 jours au Brésil. Mais on n’a pas attendu l’extinction de la flamme pour faire le bilan de la quinzaine en terme de trophées : pas une heure n’a passé sans qu’on nous rappelle le fameux classement des médailles.

Ce n’est pas nouveau, notre monde se trouve entièrement centré sur le seul principe de compétition généralisée. Absolument tout est évalué, observé, mesuré, comparé, optimisé, classé. Rien n’y échappe, même des choses simples et insignifiantes ont droit à leur hiérarchie… On arrive à produire des choses assez incroyables : même les blogueurs ont leur classement, et à mon boulot, on en arrive à faire des évaluations et des stats de statistiques… C’en est même devenu une science tout à fait officielle : la taxinomie ou taxonomie.

Felix Sanchez, médaille d'or du 400m haies, terrassé par l'émotion. Belle image...Je ne suis pas loin de considérer l’activité humaine et le vivant comme une immense compétition où seuls les premiers profiteraient. Et pourtant, c’est bien ce qui se passe : Il y a certes quelques «méritants» dans le peloton de tête, mais il y a aussi une sacré bande de voyous, d’escrocs et de profiteurs que rien n’arrête. En sport, on appelle ces éléments des tricheurs. Dans la vraie vie, ce sont les argentiers de la planete.

Y échapper ? Vous n’y pensez pas, et d’autant plus sous nos régimes ultralibéraux qui ne fonctionnent qu’avec des marqueurs, des indicateurs, des indices, des graphes. Même les médailles olympiques se mesurent. A vrai dire, dans le cadre d’une compétition sportive, c’est un peu normal de chercher à déterminer l’ordre d’arrivée d’une discipline, c’est l’essence même du sport. Vitus, Altus, Fortus… Mais classer ensuite les nations par médaille, ce jeu à «quikalaplusgrosse» me semble stupide au possible. Pour les nations impérialistes, cela peut se comprendre : les Etats-Unis, et la Chine ne sortent pas indemnes de ce genre de guerre, parce que c’en est une. La suprématie mondiale passe aussi par le sport.

Mais que la France s’enorgueillisse de sa place, et disserte sur ses objectifs réalisés ne cesse pas de m’agacer. De toute manière, le constat finit toujours par être positif, dans la mesure où l’on fait dire aux chiffres ce qu’on veut. Oui, 34, c’est moins bien que les 41 attendues, mais 11 titres olympiques, c’est mieux que les 7 conquis à Pékin. Ensuite, que fait-on de ces chiffres, à quoi servent-ils à part se monter le bourrichon en paradant dans les salons ministériels ?

Franchement, c’est un peu lamentable. Mais au fond, je m’en fiche. En dehors de la grande messe économique, je ne veux retenir de ces 15 jours, que certaines images de vrai sport, d’émotion sans simulation, de dépassement de soi jusqu’à l’épuisement, de courage, de sincérité, d’amitié. Les Jeux, c’est d’abord la rencontre et le mélange fraternel de tous les peuples du monde. Lors de la cérémonie de clôture, j’y ai vu des participants heureux, mais triste de se quitter…

C’est triste de se quitter. Pensées et bises à @trublyonne.

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Résultat arrangé ?

Le dernier week-end a été particulièrement chargé. A Paris, on a couru de partout, frénétiquement, à la poursuite d’une coupe, d’une médaille, ou d’électeurs égarés. A l’approche de la première ligne d’arrivée, la bousculade, la saturation, est inévitable. Je n’en peux plus de parler toujours des mêmes choses, de lire invariablement les mêmes inquiétudes sans que rien ne s’améliore, d’entendre immuablement des promesses sans lendemain. Ainsi, je vais pour un billet laisser tomber la politique et raconter autre chose…

Tous les candidats ont fait du bruit dimanche, mais je n’ai rien entendu. Je ruminais. La veille, j’avais assisté à un bien étrange spectacle, une parodie, mettant en scène 22 jeunes gens sur un pré, devant 80.000 spectateurs prisonniers et consentants… Il paraît qu’on y jouait au football, que c’était un finale entre 2 équipes forcément brillantes.

Bien plus l’ont vu : l’Olympique de Marseille, pourtant peu au fait de son art, éloigné de toute possibilité de bien figurer, plombé par une série négative impressionnante, l’a emporté contre toute attente sur l’Olympique Lyonnais, alors bien plus en jambe. En principe… J’entends déjà les quolibets me traitant de mauvais-joueur. Ce n’est franchement pas le cas : l’OM a mérité sa coupe en bois, mais le spectacle a été si affligeant que bien des interrogations n’ont pas tardé à fuser dans mon esprit : et si ce match était tout simplement arrangé ?

Parce que les enjeux au coup d’envoi de cette finale sont colossaux sans que le supporter de base ne s’en rende bien compte. Le club marseillais privé de toute compétition européenne, c’est tout simplement impensable. Financièrement, c’est la fin d’un monde : impossible de conserver les joueurs majeurs pour qui le projet sportif et financier ne correspondent plus à leur attentes, difficile d’attirer joueurs, sponsors, médias, spectateurs, impossible de rebondir, même à moyen terme… L’OM le sait pour l’avoir vécu au cours des années 1994/95. De surcroît, la richissime Margarita Louis-Dreyfus, propriétaire du club, n’a jamais fait mystère de ses intentions de vente du barnum sans un minimum de retombées médiatiques. Dans la mesure ou l’OL joue une autre finale, à priori accessible face à Quevilly, pensionnaire d’un championnat inférieur de 2 niveaux, un partage n’est pas inenvisageable : la Coupe de la Ligue pour sauver financièrement Marseille, la Coupe de de France pour sauver la face de Lyon…

Comment expliquer autrement la piètre prestation, cette parodie de football ? Aucun tir, même non cadré n’a été aperçu jusqu’à la 70ème minute. Marseille n’a guère mieux joué que d’ordinaire : pas d’attaque, pas de fond de jeux, un déchet technique indigne pour des joueurs professionnels. On ne peut donc guère les accuser. Coté lyonnais, les manquements inhabituels sont par contre criants et manifestes : le milieu et l’attaque ont été complètement apathiques, fantomatiques. Comment une équipe, pas forcément toujours brillante, mais globalement assez efficace, dans une bonne dynamique, peut passer à ce point au travers si ce n’est par choix délibéré ?

Je ne serais pas outre mesure surpris qu’un joueur (au hasard N’Koulou…) apparaisse dans l’effectif lyonnais lors du prochain «mercato». Une espèce de contrepartie déguisée pour la galerie, qui s’est farcie le temps d’un week-end 16 heures de car pour une question de gros sous et une manipulation grossière… La glorieuse incertitude du sport, celle qui rend les hommes égaux un temps, et le geste magnifique, tend à disparaître aussi inexorablement qu’une promesse électorale tenue.

Je ne pense pas me tromper de beaucoup.

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C’est le moment

Après quasiment une moitié de siècle, une page se tourne. J’ai toujours accordé à la pratique sportive une grande place. Cela a commenté vers 6 ans. Après avoir tâté un peu de tout, du judo au basket en passant par le handball et la gymnastique, le foot a été au centre de ma vie jusqu’à ces jours. En fait, cela fait quelques mois déjà que les crampons sont raccrochés, parce que le corps ne suit plus.

Inutile de se cacher, le poids des ans et du ventre rendent les chevauchées sur le pré de plus en plus douloureuses pour les jambes. Il reste bien un peu de cette science du placement et une roublardise bien pratique qui compensent le manque de vitesse, mais ils n’empêchent en rien les courants d’air que la jeunesse me met sans aucune once de respect. Il est temps pour moi de tirer ma révérence à ce sport qui m’a donné quelques moments d’ivresses mémorables, et qui m’a permis de me frotter à un niveau plus que respectable avec l’équipe 1 d’Andrézieux dans la Loire dans les années 80, de faire une demi-finale de Coupe de France Militaire (contre la reserve de l’AJ Auxerre alors en école de gendarmerie) en 1985 ou 86. Ces dernières années, c’est en championnat «loisirs» que je me dépensais avec un groupe de copains bien sympathiques : pas de résultat, pas de classement, des adversaires plus ou moins choisis en fonction de leurs qualités d’organisation des «after».

Ne pouvant tout simplement pas rester en place, parce que cela n’a jamais été possible, il me fallait me tourner vers une autre activité plus calme, plus en rapport avec mes nouvelles capacités physiques. J’ai pensé tout naturellement au curling. Cela tombe bien, il y a une patinoire non loin de mon boulot qui propose, outre du patinage artistique, la manipulation experte du balai. Le curling, c’est 200 licenciés en France. Avec un peu de chance et d’entraînement, dans 2 ans, je suis sélectionné pour représenter la France aux Jeux Olympiques… Et pourquoi pas ?

Dans ce monde là, contrairement aux footeux, la bière est toujours fraîche. Il suffit de poser le pack de canettes sur la glace en arrivant, et d’éviter d’y envoyer une pierre !

Voilà qui me convient parfaitement.

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Ce n’est pas si grave

On me dit souvent que je prends les choses trop à cœur, que mes analyses du quotidien sont tronquées, partielles, pour n’en extraire presque exclusivement que les cotés négatifs, les aspects tordus, pour souligner l’astérisque, le renvoi aux toutes petites lettres dans un coin inaccessible à l’oeil… C’est un peu vrai. J’envie quelque part cette capacité de certains à trouver en toute chose du bon, du positif. J’admire ces gens sur lesquels tout glisse quand cette attitude ne résulte pas d’un manque manifeste de réflexion ou d’une attitude moutonnière et béate.

Image d'une société maladeJ’en suis actuellement incapable. Je n’ai pas toujours réagi de la sorte. Le point de rupture entre une relative insouciance, une certaine «zen attitude», se situe incontestablement depuis un peu moins de 5 ans, et n’a que très peu à voir avec l’évolution de mes conditions de vie, qui se sont assez sensiblement dégradées, comme pour tout le monde en somme. Mais ce qui s’est considérablement abîmé, ce sont les rapports des individus entre-eux dans notre société. On ne trouve plus que conflits, procès, dénigrement, stigmatisation, avec des formes d’autant plus violentes qu’elles émanent des plus hautes strates de décideurs et de politiques.

D’ailleurs, comment rester de marbre devant les grands projets qui vont structurer le monde de demain ? On sait bien que l’Histoire est un éternel recommencement, et c’est grâce à la lumière du passé qu’il faut rester méfiant et déterminé. Il m’est difficile de ne pas réagir devant la montée de l’intolérance, de la chasse au pauvre ou à l’étranger, de la dureté que constitue la vie avec un RSA, de la montée de la censure et la restriction des droits individuels élémentaires, de la généralisation du fichage, des incessants bruits de botte, de la violence généralisée et gratuite.

Notre Monarque, lui, est content. On vends des avions de guerre, on construit des prisons, on ferme des classes scolaires et des lits d’hôpitaux. On tend l’oreille aux agences de notation, et on bâillonne les grévistes dans leur seule possibilité de protestation. C’est la croissance, la modernité, le courage. Alors continuons.

Finalement me dit-on, ce n’est pas si grave. Sauf que dans ce maelström de dérégulation en tout genre, la boussole est cassée, les repères sont perdus, et comme dit un certain slogan, tout devient possible. 74 personnes venues assister à un simple match de foot sont morts. C’est certes en Egypte, un pays de «sauvages», une de ces contrées dont «l’homme n’est pas assez entré dans l’Histoire» (sic)… Nous ne sommes pas à l’abri de tels drâmes imbéciles dans notre beau pays civilisé. Au même moment, des niçois ont enduré le caillassage de leur véhicule par des marseillais en marge d’un autre match de foot. Pendant ce temps, l’agonie d’un lyonnais, sauvagement agressé par 4 individus quelques jours plus tôt, devant sa compagne et sans motif, prenait fin. Pendant ce temps là, 650.000 personnes, poussés par une société qui exclut, sont toujours dehors par -10°, alors que le riche locataire de l’Elysée avait promis 0 SDF en 2012. Pendant ce temps là, d’inutiles fortunes font des petits, et pour se prémunir de tout danger, une ombre sans nom œuvre en silence pour museler le moyen de communication et de partage universel : internet.

Non, franchement, il y a bien plus grave.

 

J’en profite pour dire merci aux 36 blogueurs m’ont linké en janvier, et merci à vous tous, lecteurs et amis pour être passé par ici. Merci aussi à tous ceux qui ont laissé par leurs commentaires quelques mots, signes et encouragements.
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et merci à Lolo pour son Jegounotron

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